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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 07:51

Il y a deux pays qui me fascinent par leur immensité, leur aura et leur façon de conjuguer modernité et nature sauvage, ce sont les États-Unis et l’Australie.
Après avoir lu avec délectation American rigolos de Bill Bryson dans lequel il taille amicalement un short à ce beau et grand pays qu’est l’Amérique, je me suis donc précipité pour lire ce qu’il avait à dire sur ce continent aux antipodes de tout, l’Australie.

Bien que la présentation reste la même et qu’on les trouve au sein de la même collection aux éditions Payot, les deux livres ne sont pas du tout formatés à l’identique. American rigolos est un recueil de chroniques relativement courtes et bien senties sur les States, alors que Nos voisins du dessous est un véritable récit de voyage où Bryson raconte son périple à travers le pays en découpant ses chapitres « géographiquement » au fur et à mesure de l’avancée de son voyage. D’une lecture beaucoup plus classique donc, moins aérée et moins légère on sent parfois l’auteur moins à l’aise pour les transitions que dans ses courts billets du livre précédent.
Cela étant, on ne s’ennuie pas pour autant, le rythme est simplement plus lent et Bryson prend plus de temps à décrire l’Australie telle qu’elle lui apparaît. Sur le fond la formule reste la même : on apprend énormément de choses sur cette contrée éloignée, et on mélange allègrement faits historiques, informations de première importance et petites anecdotes amusantes et instructives.
Pour nous faire découvrir le pays, Bill Bryson aime se décrire dans toutes sortes de situations où il n’est pas forcément à son avantage, et sait faire rire à ses dépends. Il manie les traits d’humour avec finesse et talent, sans jamais toucher à la vulgarité ou à l’exagération outrancière, tel le parfait anglais d’adoption qu’il est. Son récit ne se départit que très rarement de l’humour qui le caractérise et quand il le fait c’est pour aborder des sujets graves et douloureux, comme par exemple le problème d’intégration au sein de la société australienne de la population aborigène.

L’image qu’il donne de l’Australie c’est avant tout sa démesure en toute chose. Sa taille, son climat, sa végétation, sa faune et ses habitants, absolument tout semble verser dans l’extrême. On a l’impression en le lisant que si l’Australie peut par bien des aspects ressembler à un petit paradis préservé de la folie occidentale, elle peut aussi bien basculer à tout moment dans l’enfer total pour qui n’y prendrait garde en s’y aventurant à la légère.
Bryson ne donne pas de l’Australie un visage idyllique, loin s’en faut, mais malgré la somme de dangers potentiels qu’il énumère et le nombre de mises en garde qu’il nous assène, sa description de ce pays-continent et le récit de son voyage à travers les divers territoires australiens donnent une irrésistible envie de découvrir cette terre du bout du monde, loin des prospectus de papier glacé à l’intention du touriste en mal de station balnéaire. Et au-delà même des paysages hors-normes et de la faune et la flore à nulles autres pareilles, on sent que l’intérêt principal de l’auteur aura été capté par les habitants, eux aussi exceptionnels à bien des égards. La description qu’il fait des australiens laisse transparaître une vraie tendresse de Bryson envers eux, sans pour autant que sa vision et son jugement en soient altérés ou ne manque d’objectivité.

Dans un tout autre style que American rigolos, Nos voisins du dessous est une plongée très intéressante et légèrement moins centrée sur les débordements loufoques que les aventures américaines de Bill Bryson. Quoi qu’il en soit, le bouquin reste une lecture en tout point recommandable !

245 nos voisins dessous

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 07:25

 Bill Bryson, l’auteur de ce livre, est un journaliste / écrivain américain, né dans les années 50 en Iowa. Parti à la découverte de l’Europe dans les années 70, il s’y installe, s’y marie, fonde une famille de quatre enfants, et travaille en tant que journaliste économique pour des titres aussi prestigieux que le Times ou The Independent.

C’est en 1995 que Bryson revient vivre en Amérique avec toute sa petite famille. Devenu un étranger dans son pays natal, il raconte dans ce livre avec un humour non dépourvu d’autodérision tous les petits tourments et tracas qu’il rencontre dans ce pays qui est le sien mais dont il a été coupé depuis plus de vingt années. Le livre est un recueil des chroniques qu’il a écrites et qui ont été à l’origine publiées dans un hebdomadaire anglais. De ce fait il se découpe en très courts chapitres de trois à quatre pages chacun traitant tour à tour d’un thème qui aura frappé l’esprit de l’auteur.
Il y aborde des sujets très variés et touchant principalement la vie de tous les jours du Wasp moyen qu’il est redevenu depuis son installation dans le New Hampshire. Les transports, les supermarchés, la culture, la publicité, la télévision, l’éducation, la malbouffe, la santé, l’administration, le confort moderne, Bryson passe au crible la vie quotidienne et la société américaine. Le tout entrecoupé également de chroniques plus légères et personnelles parlant de sa vie de famille ou de ses souvenirs d’enfance.

Bill Bryson manie l’humour avec élégance et pertinence, et je me suis plus d’une fois retrouvé à rire de bon cœur en le lisant. Ce qui est d’autant plus agréable qu’on a le net sentiment d’apprendre tout en s’amusant à la lecture de son livre qui peut paraître léger de par sa forme, mais n’en est pas moins une mine d’informations sur l’American Way of Life moderne (les chroniques datent de 1996-97). Parmi ces billets que j’ai beaucoup aimés et qui me reviennent en mémoire (ça fait un an maintenant que j’ai lu le bouquin) je citerais volontiers celui qui traite génialement de cet animal méconnu mais hautement charismatique qui vit dans les forêts de la Nouvelle-Angleterre : l’élan. Ou encore l’hilarant mode d’emploi et notice d’installation d’ordinateur, simplement excellent. Et si vous voulez savoir tout ce dont un broyeur à ordures ménagères est capable, Bill Bryson l’a testé pour vous également.
Bref, moi qui suis fasciné par les États-Unis depuis toujours, et qui adore ce style d’écriture qui donne à réfléchir autant qu’à rire, j’ai été conquis par le livre de Bryson. Il conjugue avec brio tout ce que j’aime : la connaissance parfaite de son sujet, les informations importantes mêlées d’anecdotes amusantes et l’art de raconter avec légèreté et humour.

Pour moi American rigolos : Chroniques d’un grand pays est à lire pour apprendre et se divertir en même temps (ce qui devrait toujours être le cas dans mon idéal), et je vous le conseille vivement !

244 american rigolos

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 08:00

 Swap de Antony Moore (aux éditions Liana Levy), c’est l’histoire de Harvey, un trentenaire de la génération des geeks. Fan de super-héros et de Star Trek il tient un comic-shop à Londres et vivote tant bien que mal de sa passion. Évidemment, comme tout type qui se rêve en Superman ou en James Bond il en est l’exact opposé. Un peu gras, pas sportif pour un sou, le crâne qui commence à se dégarnir, un bouc qui tente de donner de la personnalité à un visage trop banal et une dégaine d’éternel adolescent attardé à base de basket, jean pourri et t-shirt à l’effigie d’un groupe de hard-rock ou de héros de bande-dessinée. Célibataire plus par fatalité que par choix, Harvey fantasme sur les femmes fatales mais est un piètre séducteur : la femme est un animal bizarre bien trop compliqué à comprendre et à intégrer dans sa vie. Et côté moral ce n’est pas le top non plus. Il traîne avec lui un regret qui pourrit toutes ses pensées et lui donne l’impression d’être maudit et la victime innocente d’une injustice sans nom. Depuis des années il est obsédé par l’exemplaire de Action Comics #1 qu’il possédait enfant, le fameux comics de 1929 où est apparu pour la première fois Superman,  qui est devenu un véritable objet de culte et a aujourd’hui une valeur commerciale énorme (pour info, un exemplaire en très bon état s’est négocié début 2010 à 1 Million de $, NdS). Harvey maudit ce jour fatidique où, alors qu’il n’avait qu’une dizaine d’années, il avait échangé son Action Comics #1 contre un vulgaire jouet en plastique. Ce jour où l’enfant débile a privé l’homme qu’il est devenu de la richesse et de la gloire… avec ce Action Comics #1 tout serait pourtant tellement plus simple, sa vie serait si belle, il serait un héros lui aussi ! Harvey ne peut se débarrasser de cette pensée envahissante, obsédante…

Arrive une réunion d’anciens élèves où il est invité et où il sait qu’il va retrouver Bleeder, qui passait pour un demeuré et était le souffre-douleur de sa classe quand ils étaient gosses. Celui-là même avec qui il avait fait cet échange qui a ruiné sa vie, son comics inestimable contre un bout de plastique débile, alors certain de faire une bonne affaire qui plus est !! Harvey est persuadé que ce crétin de Bleeder ne sait même pas qu’il a peut-être encore quelque part dans son grenier ou au fond d’un carton ce trésor de comics qui le ferait accéder au bonheur ultime, Bleeder n’en soupçonne d’ailleurs certainement même pas la valeur… Mais cette fois Harvey est décidé à tordre le coup à ce regret qui pourrit sa vie depuis trop longtemps. Il va forcer son destin, aller voir Bleeder et récupérer ce qui lui revient de droit, et la belle vie commencera enfin pour lui, celle qu’il mérite tant…  Sauf que rien ne se passe comme il le prévoyait, et qu’il va très vite être embarqué dans une affaire qui va totalement le dépasser. Action, suspense, amour, sexe, meurtre… tous les ingrédients d’une aventure de super-espion de cinéma vont bousculer la vie de ce petit libraire au physique de bouteille d’orangina…

Évidemment un tel thème ne pouvait me laisser de marbre ! Moi-même à moitié geek et à 200% fan de comics (je passe cependant mon tour pour la bouteille d’orangina hein ! … enfin je crois…) j’étais en terrain connu et familier dès le départ. Et quasiment d’office, dès la description de Harvey passée, mon esprit avait mis en lieu et place du personnage principal un type que je connais et croise régulièrement depuis des années aux festivals de BD auxquels je me rends parfois. Le visage, le physique, le comportement, tout collait si bien que ça avait été une évidence à la lecture (désolé pour lui, c’est un peu salaud de ma part mais c’est venu naturellement et sans méchanceté, promis !). La lecture du roman n’en a été que plus agréable pour moi, je visualisais tout parfaitement. Les péripéties s’enchaînent, l’engrenage machiavélique se précise et on se rend compte que décidément, Harvey est vraiment soumis à la fatalité, réellement maudit, et confirme page après page son statut de loser de première catégorie (forcément un peu attachant du coup… pitié quand tu nous tient…). Jusqu’au dénouement qui je l’avoue m’a un peu surpris, bien qu’il reste parfaitement logique et cohérent avec le reste.

Alors bien sûr vous n’avez pas besoin d’être fan de comics ou geek indécrottable pour apprécier l’histoire, n’empêche que c’est un petit plus qui permet certainement d’être un peu plus dans l’ambiance. L’intérêt principal du roman réside dans sa galerie de personnages, finement observés et aux caractères réjouissants (Antony Moore est psychanalyste dans le civil), et l’intrigue lorgne avec bonheur du côté du thriller à accents comiques.
Pas de quoi se relever la nuit certes, mais assez fraîche, divertissante et originale, je vous encourage à découvrir l’histoire de Harvey, le type qui a fait du long et profond soupir son arme secrète de héros de roman…

243 swap

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 16:33

Unité de temps : pas de date précise, dans un avenir pas trop lointain, quelques années après un cataclysme mondial, peut-être de type nucléaire mais sans qu’on en sache plus à ce sujet.
Unité de lieu : nord des États-Unis, côte Pacifique, un monde dévasté d’où quasiment toute vie a disparu. Un monde gris, recouvert de cendres et de poussière, un monde où le soleil a disparu derrière les nuages, un monde où le froid, la pluie et l’obscurité sont le quotidien des rares survivants.

Un homme et son fils marchent vers le sud avec l’espoir fragile de trouver un endroit plus propice à la survie dans un monde devenu totalement froid et stérile. Ils suivent le ruban d’asphalte de la route, avec pour seuls bagages ce qu’ils ont trouvé en chemin et entassé dans leur chariot de supermarché et dans leurs sacs à dos. Ils évitent soigneusement les villes qu’ils trouvent sur leur itinéraire : l’état du monde est tel qu’il vaut mieux fuir les éventuels survivants qu’on pourrait croiser… sous peine de risquer de se faire voler, dépouiller, tuer voire même… manger…

L’enfant n’a jamais connu le monde autrement que tel qu’il est, et son père fait de son mieux pour le protéger et l’élever tout en lui inculquant les valeurs d’une humanité disparue et d’un monde révolu. À la poursuite d’un rêve, d’un paradis perdu, le père et son petit garçon avancent lentement, péniblement, vers le sud et l’océan. Il y fera peut-être plus chaud. Ils y trouveront peut-être de quoi subsister. Il y aura peut-être des gens « gentils » dont on n’aura pas à se méfier. Car la survie a ceci de cruel qu’ils souffrent de solitude mais que la prudence et la méfiance leur interdisent tout contact avec d’autres êtres humains. Se cacher pour ne pas être tué…

 La Route c’est un court roman de Cormac McCarthy qui se lit assez vite, mais pas pour autant facilement. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas été à ce point touché par un bouquin. Le récit est froid et dur. Pour illustrer mon propos sachez par exemple que jamais dans le livre les deux personnages principaux ne sont désignés autrement que par « l’homme » et « l’enfant » ou « le petit ». On ne connaît ni leur nom ni leurs prénoms, ce qui accentue encore la dureté du récit. Car ce qui m’a bouleversé dans le roman de McCarthy c’est ce désespoir total et définitif dont est faite la vie des survivants. L’homme et l’enfant vont au sud et le père sait bien que c’est sans espoir. Qu’ils n’ont quasiment aucune chance d’y parvenir, et que si par miracle ils y arrivaient quand même, ils y trouveraient la même désolation que partout ailleurs. Mais il se refuse à sacrifier l’espoir qui anime son petit garçon, il maintient l’illusion pour son enfant. Et aussi pour ne pas succomber à la tentation d’en finir en mettant lui-même fin à leurs jours.
 La Route c’est réellement l’esprit de l’homme confronté à la survie dans son incarnation la plus totale. Jusqu’où peut-on tenir ? Jusqu’à quelle extrémité peut-on aller pour survivre ? Et que deviennent nos valeurs dans un contexte aussi désespéré ? La morale, la conscience, le bien, le mal…  tous ces concepts sont autant malmenés que les corps…
À quel moment bascule-t-on, la survie peut-elle nous faire abandonner notre humanité et nous transformer en animaux ?

Au-delà d’un périple où le père et son enfant sont en perpétuelle lutte pour ne pas mourir de faim, de froid et de fatigue, le danger est tout aussi grand pour eux de perdre leur identité, leur sensibilité, leur âme au sens spirituel et non-religieux du terme…

À plusieurs reprises au cours de ma lecture j’ai dû m’arrêter. Pour souffler. Pour me ressaisir tellement le récit m’a profondément touché et ému. Tant l’auteur m’a fait vaciller sur mes certitudes et mis face à l’horreur la plus absolue en me faisant me demander « et moi que ferais-je… et surtout aurais-je la force de le faire ? ».
Le cas est suffisamment rare pour que je le dise sans honte, ce bouquin m’a fait monter les larmes aux yeux plus d’une fois.
 La Route est assurément très dur à lire sur le plan émotionnel, mais il fait partie à mon sens de ces livres indispensables, cultes, un de ceux qui vous construisent.

Évidemment les âmes sensibles vont être mises à mal. Les autres aussi.
Peu importe, lisez La Route.

240 la route

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 08:57
Amateurs de la bibliothèque rose passez votre chemin ! (ou alors en rose avec des menottes et un fouet)
 Lapin est l’œuvre d’un agité du bulbe nommé Patrick Day. « C’est qui Patrick ? » me demanderait Karine (cherchez pas, c’est de la pure private joke, NdS), et j’imagine que vous aussi vous vous demandez qui peut bien être ce Patrick Day…
C’est un type qui traînait ses guêtres au onzième étage du bâtiment ou je bosse, un type qui a développé l’art du camouflage à un niveau qui force l’admiration, jugez plutôt : il est à ce point en mode furtif qu’il arrivait à se la couler douce alors qu’il avait son bureau à pas plus de 20 mètres de celui du directeur… Patrick Day c’est un peu comme un Dahu en moins bancal et en beaucoup plus râleur : tout le monde le connaît mais personne ne le voit jamais…

Bon, plus sérieusement, vous l’aurez certainement deviné, Patrick Day c’est un collègue de travail avec lequel je m’entends d’autant mieux qu’on évite soigneusement de parler boulot lui et moi ! Et ce type-là est un touche-à-tout qui a une existence over-bookée dès qu’il quitte le bureau (c’est-à-dire à 16h00 tapantes). Donc, entre les formations qu’il donne, les pièces de théâtre qu’il écrit-monte-dirige-interprète, les jeux vidéos dont il se gave, les tableaux plus grands que lui qu’il peint, et le temps qu’il passe à se repaître des diverses nourritures audio-visuelles que lui prodigue son home-cinéma, le gars Patrick a trouvé le temps de nous pondre un roman. Le roman de Lapin, aux éditions du Manuscrit.

 Lapin c’est le surnom de Félicien Poulard, un publicitaire quarantenaire revenu de tout et qui se débat seul contre tous pour ne pas sombrer dans la banalité et l’inconsistance de monsieur tout-le-monde. Pourquoi ce surnom « Lapin » ? Je vous laisse faire preuve d’un peu d’imagination à ce sujet pour trouver seul, mais comme je ne suis pas chien je dirai simplement que ça n’a aucun rapport avec un quelconque goût immodéré pour les carottes…

Lapin est un homme d’action et s’est fixé un challenge : butiner sa 2000ème fleur avant la fin du millénaire. Pour ceux que la poésie à grand renfort de métaphores romantiques laisse sur le bord de la route, je traduis : Lapin s’est promis de coucher avec 2000 femmes avant la fin de l’an 2000. Est-ce pour l’amour des chiffres ou juste un pari idiot avec lui-même je ne me prononcerai pas, toujours est-il que quelques jours avant la date fatidique, alors que le but est presque atteint puisqu’il ne lui reste plus qu’une conquête à honorer pour atteindre son objectif, c’est le drame : la panne sexuelle, le blocage, la défaillance technique ! Littéralement : la débandade !! Lui, le routard du pieu, le Rocco anonyme, l’éleveur de bêtes-à-deux-dos, lui Lapin n’arrive plus à rien avec le beau sexe.
Est-ce un problème physique ? est-ce un blocage psychologique ? est-ce une crise d’identité ? Lapin n’est pas du genre à se contenter d’une demi-molle tous les 15 jours, il s’active donc pour trouver une solution à son problème, et ne néglige aucune possibilité : passant tout à tour entre les mains de son pote psy, de son toubib, d’un gourou pour gogos ou encore d’un acuponcteur peu pointilleux, Lapin fera tout pour se sortir de son « bug de l’an 2000 » à lui…

Voilà donc pour le pitch du bouquin. Vous l’aurez compris, c’est pas du Proust, on va droit au but et on appelle une chatte une chatte. C’est d’ailleurs une des principales caractéristiques du livre : ça se lit bien et il n’y a pas de longueur, le langage utilisé est fleuri mais pas vulgaire et l’auteur se fait plaisir en parsemant l’histoire et les dialogues d’expressions imagées savoureuses qui rendent la lecture d’autant plus drôle.

Pour être honnête, je suis bien obligé d’admettre que je n’arrive tout bonnement pas à aborder ce livre de façon objective et neutre, même après deux lectures. J’ai aimé ce bouquin d’abord parce qu’il a un côté « déviant », mais surtout parce que dans mon esprit le personnage principal avait la tête de Patrick et que ce ne sont pas les pérégrinations de Lapin-le-personnage que je lisais mais bien celles de Lapin-Patrick-mon-collègue-de-bureau. D’ailleurs sur pas mal de points l’auteur est proche de son personnage : même façon de causer, même façon d’être, même comportement asocial, le prototype même du mec qu’on classe du côté des connards superficiels et arrogants tant qu’on n’a pas appris un minimum à le connaître. Le genre de personne qui se fait un point d’honneur à se faire passer pour quelqu’un de détestable rien que pour voir qui a les couilles et l’intelligence d’aller voir au-delà des apparences. (Au passage, puisque j’apprécie le sieur Day, je réalise que ce que je viens d’écrire là fait de moi au choix : un type couillu et intelligent ou un connard comme Patrick ! ben merde alors…)

Bref, Lapin m’a fait marrer mais je suis conscient que ce ne sera peut-être pas le cas de tout le monde. Je ne sais pas si ça fait le même effet quand on ne connaît pas l’auteur… en tout cas moi j’adhère et je soutiens Lapin dans sa quête ! (non, n’insistez pas, je ne vous ferai pas le coup du bégaiement sur le dernier mot.)


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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 07:45
Second livre prêté par Delphine-qui-n’a-toujours-pas-vu-Deadwood, L’Enchanteur de Barjavel m’aura laissé beaucoup plus sur ma faim que le précédent. Petite explication préalable au choix du livre : Barjavel étant un écrivain que Delphine apprécie particulièrement, et n’ayant pour ma part jamais rien lu de cet auteur, je lui demandai donc de m’indiquer celui qu’elle voudrait pour me faire découvrir son œuvre. Et elle a choisi pour moi L’Enchanteur.

L’Enchanteur, ce n’est ni plus ni moins que la légende du roi Arthur et de ses Chevaliers de la Table Ronde à la sauce Barjavel. Et c’est bien là tout le problème… évidemment elle ne pouvait pas le savoir, mais tout ce qui touche les légendes celtiques, le petit peuple de la forêt, les druides, les fées et les chevaliers qui luttent contre des magiciens ce n’est pas, mais alors pas du tout mon truc. L’Heroic Fantasy de manière générale d’ailleurs ne m’a jamais trop accroché (bon d’accord, je ne dis pas : la trilogie du Seigneur des Anneaux au cinéma ou Schwarzy en Conan le barbare j’ai aimé, mais vous ne me verrez pas me farder l’intégrale de JRR Tolkien pour autant !). Et là, manque de bol, l’Enchanteur ça n’est que ça du début à la fin. Et même sans prendre en considération le contexte arthurien, ce que nous conte Barjavel n’est pas très palpitant, pour tout dire je me suis plutôt ennuyé à la lecture.

Le point positif, c’est le découpage du récit en courts chapitres, ce qui fluidifie le tout. Dès lors on peut s’arrêter assez souvent sans perdre le fil de l’histoire pour autant. Mais bon, ça n’ajoute pas à l’intérêt du récit pour autant.

Donc voilà, je dois bien le dire, je n’ai pas aimé ce bouquin, et du coup ça a un peu calmé mon enthousiasme à découvrir d’autres œuvres de cet auteur pourtant reconnu comme un des incontournables de la littérature française contemporaine.

Désolé Delphine, j’aurais dû te dire que j’étais un peu hermétique au thème du livre…

237 enchanteur
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 07:32
Voici maintenant une année que j’ai décidé de lire davantage. Non pas que je n’en eut plus le goût auparavant, mais au fil des années ma bibliothèque se remplissait quasi-exclusivement de bandes-dessinées… au point que je ne trouvais plus de temps à accorder à la lecture de romans.
Or, tout le monde le sait, lire des BD à longueur de temps ça ne fait pas très sérieux et rend analphabêbète (ironie inside). J’ai donc trouvé qu’il était temps de ralentir ma cadence de lecture de BD (qui du coup s’amoncellent en attente d’être lues) pour remettre un peu plus de romans à mon régime littéraire.

Premier problème dès lors : par quoi commencer ?
Heureusement pour moi, j’ai dans mon entourage beaucoup de lecteurs assidus qui me conseillent souvent des bouquins. Et parmi eux il y a Delphine qui m’avait prêté deux livres depuis plusieurs mois sans qu’à ma grande honte je n’avais trouvé le temps de m’y plonger (ce qu’elle a en représailles compensé en n’arrivant pas à s’attaquer au coffret de la saison 1 de Deadwood que je lui avais échangé contre ses livres, ne sachant pas ce qu’elle ratait là la pauvresse !). J’ai donc décidé de commencer par là.

Pourquoi j’ai mangé mon père est un petit roman assez court qui date de 1960 et que j’ai vraiment lu avec bonheur. L’auteur britannique Roy Lewis nous plonge dans la vie d’une « famille » néanderthalienne (au sens de l’époque : le mâle dominant, ses femelles et leurs petits) et nous fait partager leurs préoccupations quotidiennes axées au départ autour de deux idées principales : manger et ne pas être mangés. De ce point de vue il faut bien dire que le bouquin de Roy Lewis est bourré d’informations sur le sujet et on apprend au fil des pages beaucoup de choses sur ce que devait être les conditions de vie de ces hominidés encore au balbutiement de l’évolution humaine. Mais là où n’importe quel préhistorien aurait pu nous débiter tout son flot de connaissances d’une manière scolaire, l’auteur choisit de le faire par un biais assez inattendu, celui de l’humour et de l’autodérision.
Ses personnages sont en total décalage avec leur temps. Ou plutôt leurs pensées et leurs réflexions le sont, car dans les faits et les agissements ils restent tout à fait raccord avec leur époque. Par exemple, Roy Lewis fait s’exprimer ses protagonistes, et en particulier le mâle dominant prénommé Édouard, érudit et scientifique dans l’âme, dans un langage très châtié, usant d’un vocabulaire soutenu et partant dans de grandes considérations théoriques, philosophiques, scientifiques voire parfois même humanistes selon l’envie. Édouard lui-même d’ailleurs se plaignant et pestant de n’avoir qu’une centaine de mots à sa disposition dans son proto-langage à base de grognements et de cris pour se faire comprendre !!
Ce décalage culturel, bien que potentiellement très casse-gueule, passe en fin de compte admirablement bien et s’avère un pari réussi. Non content d’apprendre des tas de choses au lecteur sur la vie au pléistocène moyen de nos lointains ancêtres, le bouquin est aussi très drôle et parsemé de nombreuses scènes et réflexions hilarantes au second degré. Bien sûr l’auteur se permettra quelques raccourcis dans le temps et condensera sur cette famille préhistorique des faits et découvertes qui auront pris plusieurs millénaires aux pré-hommes en réalité, mais c’est avec un réel plaisir qu’on suit les pérégrinations néanderthaliennes qui passent de l’apprentissage de la maîtrise du feu à la chasse améliorée, la conquête de nouveaux espaces, la découverte de l’amour (et le début des problèmes NdS), l’invention de nouveaux outils, la cuisson des aliments, les prémisses de l’art pictural et jusqu’au questionnement sur la mort et l’au-delà…

Alors si vous aussi vous désirez découvrir qu’en – 450 000 avant JC, la plus belle preuve d’amour était de poursuivre une jeune femelle d’un clan voisin pour l’assommer à grand coup de massue avant de l’enlever à tout jamais et lui faire une dizaine de marmots dont la moitié iront nourrir les hyènes du coin, lisez Pourquoi j’ai mangé mon père, vous ne serez pas déçus !!

236 pourquoi mange mon pere
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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 14:48
L’an dernier, le film de Guillaume Canet Ne le dis à Personne a eu un beau succès non seulement critique et professionnel (il a remporté bon nombre de récompenses prestigieuses), mais également public avec un score plus qu’honorable en terme d’entrées.
Le film est adapté d’un roman réputé comme étant le meilleur de son auteur Harlan Coben. Ne l’ayant pas vu lors de sa sortie en salles, je me suis dit que l’occasion était bonne de me plonger dans le bouquin que je ne connaissais absolument pas, avant de le voir en DVD ou sur Canal +.

Doublement bonne même, puisque je faisais d’une pierre deux coups : non seulement ça me permettait de lire un best-seller à la renommée excellente, mais en plus de cela je m’initiais ainsi à un genre littéraire que je n’avais quasiment jamais approché : le polar / thriller.
En effet, je me désespère de ne lire que si peu de romans au cours de l’année, et souvent je reste un peu cloisonné dans les mêmes genres, plutôt orientés S-F ou Fantastique la plupart du temps. D’où ma décision de me lancer dans la lecture de Ne le dis à Personne de Harlan Coben.

Le pitch de départ est, il est vrai, intriguant et donne envie d’en savoir plus.
 David Beck, un médecin d’une trentaine d’années a perdu sa femme Elisabeth, tragiquement assassinée huit ans auparavant. Mais voilà qu’il reçoit des mails anonymes, mails qui lui donnent tout lieu de penser que contre toute logique, Elisabeth est bel et bien vivante et cherche à entrer en contact avec lui. Mais elle est formelle dans ses messages : « Ne le dis à personne » est la condition impérative s’il veut un jour la revoir… C’est aussi à ce moment que la police suspecte à nouveau très sérieusement le docteur Beck d’avoir tué sa femme. David va devoir mener son enquête pour savoir si les mails qu’il reçoit sont un canular ou non, tout en étant à la fois dans le collimateur des inspecteurs du FBI et surveillé par deux mystérieux hommes qui ont tout l’air d’en savoir beaucoup sur son passé…

J’avoue que moi qui avais des petites réticences à lire un thriller, ce roman m’a un peu fait changer d’avis. Avec ces 430 pages en format poche, le récit est  fluide, bien mené, sans temps mort ni ellipse artificielle. L’histoire progresse vite, et le lecteur découvre petit à petit la vérité au fur et à mesure que le héros démêle le sac de nœuds dans lequel il s’est retrouvé bien malgré lui, jusqu’à un final plutôt réussi, qui donne toute sa cohérence au roman. L’action et la réflexion sont habilement entrelacées tout au cours du récit, et il n’est pas étonnant que cela ait donné un très bon film d’action à l’arrivée.
On ne s’identifie pas forcément au personnage principal mais on partage indéniablement son envie de découvrir la vérité, et ce bouquin a en tout cas cette qualité : il éveille, et parvient à maintenir tout du long, la curiosité du lecteur. Parmi les autres points forts du livre, il y a la galerie de personnages très charismatiques et bien écrits, des personnages qui donnent envie de mieux les connaître, ce qui est toujours bon signe pour une fiction, quel qu’en soit le genre. Au point d’ailleurs que j’ai un peu regretté de ne pas voir certains d’entre eux un peu plus développés, tels que l’homme de main Éric Wu, le caïd des rues Tyrese ou l’enquêteur du FBI Carlson. C’est d’autant plus dommage qu’on sent au détour de certains chapitres que l’auteur entame une description plus en profondeur de ses personnages-là, mais tout se passe comme s’il était pris par le temps ou comme s’il ne voulait pas dépasser un certain nombre de pages de peur de ralentir son roman. J’ai eu l’impression par moment qu’il s’arrêtait en plein élan, laissant un peu ses personnages les plus prometteurs en friche. J’aurais bien aimé en savoir plus sur l’asiatique Wu et l’obsessionnel Carlson par exemple, ils avaient un réel potentiel à être plus mis en avant.

Très bonne impression donc à la lecture de ce thriller, mais cela étant si je lui trouve bien des qualités, je ne dirais pas pour autant qu’il s’agisse là d’un roman incontournable. L’histoire est bien ficelée, on sent que l’auteur est à l’aise dans la mécanique du récit qui avance à coup de mystères et de révélations successifs, qu’il ne veut à aucun prix laisser le temps à ses lecteurs de s’ennuyer (tant mieux) quitte à passer un peu vite sur certains personnages (tant pis). Mais est-ce parce que finalement ce genre littéraire m’intéresse moins, toujours est-il que ce n’est pas un roman que j’ai eu du mal à lâcher pour aller me coucher. Pas non plus le genre à me faire relever la nuit pour connaître la suite. Un bon bouquin donc, intéressant et plaisant à lire, mais pas la révélation que de nombreuses critiques promettaient en quatrième de couverture.

Je le conseille toutefois, parce que l’intrigue est bonne, le livre est facile à lire, fluide et divertissant. Et le roman m’a donné encore un peu plus envie d’en voir l’adaptation, vivement que le film passe sur Canal…
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1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 20:25

Je dois le confesser, je ne lis plus assez.
Je parle de lire des romans.
Il fut un temps où la lecture était bien plus qu’un passe-temps ou une passion, c’était une composante principale de ma vie. Jusqu’à mes 20 ans, j’engloutissais bouquins sur bouquins avec un appétit qui confinait à l’insatiabilité.

Et puis, la vie. Le boulot, les obligations et les responsabilités grignotent l’essentiel du temps-libre qui nous était pourtant promis au travers l’indépendance acquise avec le statut « d’adulte ».

La paresse, l’internet et la télévision se chargent d’occuper ce qui reste. Si bien que malgré la curiosité et l’envie, qui elles au moins ne m’ont jamais quitté, les livres dont la succession jalonnait mon existence, sont vite devenus la portion congrue de mes loisirs. La lecture n’en est par pour autant totalement bannie, bien au contraire, car ma passion dévorante pour la BD a tenu bon, secondée de manière tout à fait honorable par mon intérêt pour quelques magazines spécialisés allant du cinéma aux comics, en passant par les sciences. Et pour tout dire, la tenue de ce blog, même s’il n’y paraît rien, est également quelque peu vorace en temps et en investissement.
Mais de romans, si l’année m’en voit lire trois ou quatre, c’est déjà une belle performance.

Je dois bien avouer cependant que j’ai été assez veinard malgré cette quasi-désertion des rayonnages littérature. Car presque à chaque fois que j’ai replongé dans un roman, il s’est agit d’un bon bouquin.

Mais celui que je viens de lire la semaine passée dépasse la définition de « bon bouquin ». Est-ce parce que je l’ai lu dans le calme le plus absolu d’une maison isolée au fin fond de la campagne verdoyante du Lot que l’effet sur moi en a été décuplé, je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que L’Élégance du Hérisson de Muriel Barbery (aux éditions Gallimard) m’a profondément touché, à un point qu’il ne m’avait pas été donné de ressentir depuis longtemps. Au point même que j’hésite à trop en dire de peur de ne pas en parler assez bien. Je m’y risque cependant.

Tout se passe au 7 rue de Grenelle à Paris, au sein d’un immeuble bourgeois. Renée Michel, 54 ans, en est la concierge. Veuve, laide et un peu enrobée, elle est l’image d’Épinal de la concierge. À ceci près qu’elle est dotée d’une intelligence et d’une sensibilité rares, qu’elle cache volontairement derrière une façade de bonne femme morne et sans instruction. Pour vivre heureuse, vivons cachée pense-t-elle. Être à la fois pauvre, laide et intelligente ne lui apporterait que des ennuis selon elle, aussi s’ingénie-t-elle à gommer son intellect supérieur à la moyenne à la vue des autres.
 Paloma Josse a 12 ans et habite l’immeuble du 7 rue de Grenelle. Elle est exceptionnellement intelligente et porte un regard sans concession sur le monde. Les adultes la désespèrent, et tandis qu’elle cache elle aussi son esprit hors-norme à son entourage, elle ne voit qu’une solution à la vacuité de la vie : le jour de ses 13 ans, elle se suicidera.

Tout le roman est écrit à la première personne, ce qui n’est pas pour me déplaire, bien au contraire. Il y a deux narrateurs différents, la concierge et la jeune fille, qui se succèdent de chapitres en chapitres. Ces derniers d’ailleurs sont très courts, donnant un rythme soutenu à l’histoire et une fluidité agréable à la lecture.
Au travers de ces deux visions décalées et originales du monde, Muriel Barbery construit deux personnages riches, attachants et diablement intéressants. Dans ce cas précis, l’usage de la narration à la première personne ne permet pas pour autant l’identification aux personnages principaux (du moins pas dans mon cas !), mais l’auteure (ça se met au féminin ce terme non ?) parvient à les rendre touchants, vrais et parfaitement crédibles. Et Muriel Barbery en profite pour laisser déferler au gré des pages quelques traits d’esprits fulgurants et certaines idées et réflexions tout à fait réjouissantes.

Mais, et c’est là l’essentiel et le cœur du bouquin, l’intelligence exacerbée des deux héroïnes ne rend pas le roman froid, analytique ou conceptuel, elle est tout au contraire le catalyseur inattendu et imparable d’une histoire toute en émotions et en sentiments.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas été transporté ainsi par deux personnages de fiction aussi attachants. Chaque page du roman nourrit l’impatience de découvrir le devenir de ses deux esprits exceptionnels camouflés dans des corps a priori incompatibles avec l’intellect qu’ils renferment. Cette incongruité corps/esprit augmentant d’autant l’impact des réflexions et de la vision du monde  de Renée et de Paloma.

Vraiment, L’Élégance du Hérisson est une lecture marquante et certainement l’un des meilleurs romans (si tant est que mon maigre panel récent de lectures puisse valider la pertinence de cette affirmation) que j’ai pu lire dernièrement.
J’adresse donc un immense merci à la personne qui m’a fait découvrir ce livre (coucou Stella… je ne peux même plus te mettre en lien maintenant que tu n’as plus de blog…). Ce fut un très beau et très inspiré cadeau.

Mais à propos, ça veut dire quoi exactement l'élégance du hérisson ? Pour le savoir, lisez ce bouquin ! 

 

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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 07:12

L’ami ChrisMic a récemment porté à mon attention un petit bouquin bleu au titre bizarre. Faut dire que ChrisMic aime le bleu et les trucs bizarres.
Le livre en question c’est Pourquoi les manchots n’ont pas froid aux pieds ? – et 111 autres questions stupides et passionnantes, publié aux éditions du Seuil dans leur collection Science ouverte.

Ces 112 questions totalement inutiles et donc parfaitement indispensables, sont un best-of de questions posées par les lecteurs de la revue anglaise de vulgarisation scientifique New Scientist, et dont les réponses plus ou moins pertinentes sont apportées par d’autres lecteurs experts dans les domaines concernés. Le tout enrobé d’humour à l’anglaise et d’un vrai enthousiasme à se pencher ave un esprit scientifique et analytique sur des problèmes banals touchant à la vie de tous les jours.

Classées par grands thèmes (notre corps, les animaux et plantes, les objets d’usage domestique, la nourriture, etc…), les questions forment autant de chapitres rendant la lecture très libre, fluide, ludique et rapide. On peut papillonner de question en question, sauter des pages, revenir en arrière, sélectionner d’après nos centres d’intérêts,…

Moi qui aime bien l’insolite et l’inattendu, au point de parfois vous faire partager ce qui a réveillé ma curiosité au travers de mes articles de la catégorie Pastafarisme & Co, j’ai été passionné par ces énigmes de la vie de tous les jours et leurs explications parfois évidentes, parfois surprenantes, mais toujours intéressantes.
Évidemment la lecture de ce bouquin nécessite d’avoir un minimum de curiosité et une petite tendance à analyser les choses les plus communes sous un angle scientifique.

Comment font les moucherons pour voler sous la pluie sans être assommés par les gouttes ? Pourquoi un biscuit sec ramollit hors de son sachet alors que la baguette de pain durcit ? Pourquoi les flocons de céréales ont tendance à s’agréger au bord de votre bol de lait ? Pourquoi la superglue ne colle-t-elle pas dans son tube ? Quelle heure est-il au Pôle Nord ? Pourquoi le ciel est-il bleu ? Quel est le diamètre d’un éclair ? Pourquoi sur les escaliers roulants la bande sur laquelle on pose la main n’a pas la même vitesse que les escaliers ? Est-il dangereux de tirer en l’air avec une arme à feu ? pourquoi les poissons rouges sautent-ils hors de leur aquarium ? Pourquoi les oiseaux ne tombent-ils pas quand ils dorment ? Quelle est la formule chimique d’un être humain ? Pourquoi a-t-on tendance à tirer la langue quand on fait quelque chose de difficile ? Pourquoi cela ne fait-il rien quand on se chatouille soi-même ? Pourquoi les cheveux deviennent-ils gris avec l’âge ?

Voilà quelques exemples de questions vitales que ce livre n’hésite pas à poser !

Si comme ChrisMic et moi, les réponses à ces questions vous intéressent, lisez donc Pourquoi les manchots n’ont pas froid aux pieds ?
Si ça se trouve, ils ont super froid aux pieds, et on n'en sait rien ! 

 

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