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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 08:00

 Swap de Antony Moore (aux éditions Liana Levy), c’est l’histoire de Harvey, un trentenaire de la génération des geeks. Fan de super-héros et de Star Trek il tient un comic-shop à Londres et vivote tant bien que mal de sa passion. Évidemment, comme tout type qui se rêve en Superman ou en James Bond il en est l’exact opposé. Un peu gras, pas sportif pour un sou, le crâne qui commence à se dégarnir, un bouc qui tente de donner de la personnalité à un visage trop banal et une dégaine d’éternel adolescent attardé à base de basket, jean pourri et t-shirt à l’effigie d’un groupe de hard-rock ou de héros de bande-dessinée. Célibataire plus par fatalité que par choix, Harvey fantasme sur les femmes fatales mais est un piètre séducteur : la femme est un animal bizarre bien trop compliqué à comprendre et à intégrer dans sa vie. Et côté moral ce n’est pas le top non plus. Il traîne avec lui un regret qui pourrit toutes ses pensées et lui donne l’impression d’être maudit et la victime innocente d’une injustice sans nom. Depuis des années il est obsédé par l’exemplaire de Action Comics #1 qu’il possédait enfant, le fameux comics de 1929 où est apparu pour la première fois Superman,  qui est devenu un véritable objet de culte et a aujourd’hui une valeur commerciale énorme (pour info, un exemplaire en très bon état s’est négocié début 2010 à 1 Million de $, NdS). Harvey maudit ce jour fatidique où, alors qu’il n’avait qu’une dizaine d’années, il avait échangé son Action Comics #1 contre un vulgaire jouet en plastique. Ce jour où l’enfant débile a privé l’homme qu’il est devenu de la richesse et de la gloire… avec ce Action Comics #1 tout serait pourtant tellement plus simple, sa vie serait si belle, il serait un héros lui aussi ! Harvey ne peut se débarrasser de cette pensée envahissante, obsédante…

Arrive une réunion d’anciens élèves où il est invité et où il sait qu’il va retrouver Bleeder, qui passait pour un demeuré et était le souffre-douleur de sa classe quand ils étaient gosses. Celui-là même avec qui il avait fait cet échange qui a ruiné sa vie, son comics inestimable contre un bout de plastique débile, alors certain de faire une bonne affaire qui plus est !! Harvey est persuadé que ce crétin de Bleeder ne sait même pas qu’il a peut-être encore quelque part dans son grenier ou au fond d’un carton ce trésor de comics qui le ferait accéder au bonheur ultime, Bleeder n’en soupçonne d’ailleurs certainement même pas la valeur… Mais cette fois Harvey est décidé à tordre le coup à ce regret qui pourrit sa vie depuis trop longtemps. Il va forcer son destin, aller voir Bleeder et récupérer ce qui lui revient de droit, et la belle vie commencera enfin pour lui, celle qu’il mérite tant…  Sauf que rien ne se passe comme il le prévoyait, et qu’il va très vite être embarqué dans une affaire qui va totalement le dépasser. Action, suspense, amour, sexe, meurtre… tous les ingrédients d’une aventure de super-espion de cinéma vont bousculer la vie de ce petit libraire au physique de bouteille d’orangina…

Évidemment un tel thème ne pouvait me laisser de marbre ! Moi-même à moitié geek et à 200% fan de comics (je passe cependant mon tour pour la bouteille d’orangina hein ! … enfin je crois…) j’étais en terrain connu et familier dès le départ. Et quasiment d’office, dès la description de Harvey passée, mon esprit avait mis en lieu et place du personnage principal un type que je connais et croise régulièrement depuis des années aux festivals de BD auxquels je me rends parfois. Le visage, le physique, le comportement, tout collait si bien que ça avait été une évidence à la lecture (désolé pour lui, c’est un peu salaud de ma part mais c’est venu naturellement et sans méchanceté, promis !). La lecture du roman n’en a été que plus agréable pour moi, je visualisais tout parfaitement. Les péripéties s’enchaînent, l’engrenage machiavélique se précise et on se rend compte que décidément, Harvey est vraiment soumis à la fatalité, réellement maudit, et confirme page après page son statut de loser de première catégorie (forcément un peu attachant du coup… pitié quand tu nous tient…). Jusqu’au dénouement qui je l’avoue m’a un peu surpris, bien qu’il reste parfaitement logique et cohérent avec le reste.

Alors bien sûr vous n’avez pas besoin d’être fan de comics ou geek indécrottable pour apprécier l’histoire, n’empêche que c’est un petit plus qui permet certainement d’être un peu plus dans l’ambiance. L’intérêt principal du roman réside dans sa galerie de personnages, finement observés et aux caractères réjouissants (Antony Moore est psychanalyste dans le civil), et l’intrigue lorgne avec bonheur du côté du thriller à accents comiques.
Pas de quoi se relever la nuit certes, mais assez fraîche, divertissante et originale, je vous encourage à découvrir l’histoire de Harvey, le type qui a fait du long et profond soupir son arme secrète de héros de roman…

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