Partager l'article ! 89. Inside Man: Inside Man est le nouveau film du réalisateur engagé Spike Lee. Mais une fois n’est pas coutume, il s’agit ici p ...
Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !
Inside Man est le nouveau film du réalisateur engagé Spike Lee. Mais une fois n’est pas coutume, il s’agit ici pour lui d’un film de commande. On aurait pu craindre un certain manque d’implication du réalisateur
noir-américain, d’autres auteurs avant lui avaient déjà livré des œuvres de commande sans grande conviction ni personnalité (je pense à la décevante Planète des Singes de Tim Burton en particulier).
Et
bonne surprise, Spike Lee s’est appliqué à concocter un thriller classieux, ménage scrupuleusement ses effets et prend visiblement du plaisir derrière la caméra à faire quelque chose de
« nouveau » pour lui. Pour ce faire, il s’entoure d’une brochette de comédiens triés sur le volet et fait bien attention à respecter tous les codes du film de braquage de banque tout en
menant le spectateur par le bout du nez.
Tout
commence par un hold-up donc, dans la grande tradition hollywoodienne. Dalton Russell (Clive Owen dans le
rôle d’un braqueur impassible, déterminé et pas tombé de la dernière pluie) est le cerveau d’une fine équipe de voleurs qui attaque en plein jour une agence d’une grande banque de Manhattan, et
en prend le contrôle avec une facilité surprenante et un professionnalisme impressionnant. Les braqueurs brouillent d’entrée les pistes en contraignant les clients et le personnel de la banque
qu’ils retiennent en otages, à revêtir la même combinaison intégrale qu’eux.
Vite
alertée, la police de New-York envoie sur l’affaire l’agent Keith Frazier (Denzel Washington, aux goûts
vestimentaires … spéciaux !) en tant que négociateur, et le capitaine Darius (Willem Dafoe dans un
second rôle un peu transparent) en tant que commandant du groupe d’intervention. De son côté, Arthur Case (Christopher Plummer, en banquier incroyablement guindé) le propriétaire de la banque est également mis au courant, et engage Madeleine White (Jodie Foster, working girl à la froideur paralysante), mercenaire de la haute société, spécialiste
des affaires troubles, pour assister Frazier et protéger certains intérêts obscurs que Case préfère garder secrets.
Voilà
pour les protagonistes de départ. Mais attention, vous êtes prévenu dès le début du film : ce braquage n’est pas un « simple hold-up », c’est le « casse parfait », rien
de moins.
Durant
les deux heures que dure le film, Frazier, White et Russell vont s’affronter sur le terrain de l’intellect, tentant de se piéger mutuellement, à coups de manipulations psychologiques, de leurres
et de bluff. Et celui qui aura le plus de coups d’avance dans ce jeu d’échec l’emportera.
Je
ne suis pas un grand connaisseur de la filmographie de Spike Lee dont c’est toutefois déjà la quatrième collaboration avec un acteur que j’apprécie beaucoup, Denzel Washington. J’avais vu
Malcolm X qui ne m’a pas laissé beaucoup de souvenirs, Do the Right Thing plutôt intéressant, et j’avais
adoré la 25è Heure avec une autre tête d’affiche de premier ordre, Edward Norton.
Ce
qui m’a décidé avant tout à aller voir Inside Man, c’est clairement le casting, Denzel Washington étant d’emblée pour moi un gage de qualité (même si
j’en conviens, il n’a pas fait que des chef-d’œuvres, il est d’une remarquable constance dans la qualité de son jeu d’acteur, et choisit de mieux en mieux ses projets).
A
l’arrivée je n’ai pas été déçu, bien au contraire, je dirais même que je n’attendais pas tant de ce film. Un scénario bien ficelé, de bons dialogues (bien que certains le trouvent trop
« bavard »), des effets réussis et des personnages bien cernés par des acteurs convaincus et convaincants.
Inside
Man est le parfait exemple de film de genre assumant totalement son statut et mis en scène avec le talent qu’il faut pour happer l’attention du spectateur et le mener sans qu’il ne s’en
rende compte, exactement là où le réalisateur le décide. Bref, un exercice de style parfaitement maîtrisé.
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