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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 19:28

Avant de lire Comment je suis devenu stupide, de Martin Page, j'en avais lu l'adaptation en BD, il y a de cela déjà assez longtemps. Et ça ne m'avait pas plus marqué que cela puisque je n'en avais que très peu de souvenirs.

C'est donc presque comme si je le découvrais que je me suis plongé dans la lecture de ce bouquin très court (de l'ordre de 120 pages environ en version poche).

 

L'histoire est celle d'Antoine, 25 ans, incapable de trouver sa voie vers le bonheur. Il se sent à part, décalé, inadapté. Lui-même se considère comme un handicapé du bonheur. En revanche, Antoine n'est pas la moitié d'un con. Et c'est justement là qu'il situe l'origine de son problème. Après y avoir réfléchi, il en est venu à la conclusion que c'est son intelligence qui le rend inapte au bonheur. A force de toujours cogiter, il passe à côté de l'essentiel. Pour pallier ce problème, il envisage d'abord de devenir alcoolique, pensant que l'oubli et la réalité ouatée procurés par l'alcool à haute dose pourrait le rapprocher du bien-être. Manque de bol, il ne supporte pas l'alcool et fait un coma éthylique à son premier verre de binouze. Il s'inscrit alors à des cours qui ont pour objet de l'aider à bien se suicider. Sauf que là encore, ça n'est pas vraiment satisfaisant : s'il ne connaît pas la joie de vivre, il n'en ressent pas plus celle de mourir.

Reste alors ce qui lui apparaît comme la solution la plus logique, combattre le mal à la racine, devenir un imbécile et profiter ainsi des bienfaits de l'ignorance. Antoine s'attelle dès lors à la tâche...

 

Allez, disons-le, c'est plutôt chouette comme idée de départ. Malin, un peu iconoclaste, et ça permet à l'auteur de se faire plaisir avec quelques situations savoureuses au cours desquelles il peut se laisser aller à de belles tournures de phrases et de belles répliques.

Pourtant ce roman m'a un peu fait l'effet d'une bonne idée que l'auteur n'aurait pas creusée jusqu'au bout. Un beau potentiel, un bon début de développement, mais un petit manque de profondeur. Dommage.

 

Il y a cependant des passages vraiment réussis, durant lesquels l'auteur met dans la bouche de ses personnages quelques idées intéressantes, quelques vérités bien senties, quelques sujets à méditer sur la réalité de notre monde actuel, et sur les relations entre les gens. Il y a par exemple cet échange avec Raphi, le pote courtier un peu caricatural (mais pas tant que ça non plus), au sujet des femmes, qui est plutôt criant de vérité. D'ailleurs il s'en suit une rencontre d'Antoine avec une gérante d'agence matrimoniale, et là encore un échange assez savoureux en résulte.

 

Alors si ce livre se veut plutôt amusant il n'en est pas pour autant comique. Je ne me suis pas esclaffé à chaque page, l'ambiance est plutôt à une certaine forme de cynisme et de constat pince-sans-rire du monde d'aujourd'hui. Il reste cependant à classer dans les divertissements, tout en vous fournissant de bonne pistes de réflexion sur la vie de tous les jours, et sur votre propre condition.

 

Là où j'adhère moins, c'est sur le fond. Du moins quand on s'y attarde un peu et qu'on ne prend pas juste le bouquin comme une petite fable amusante sans plus. L'idée de présenter l'intelligence comme un handicap, j'ai un peu du mal. Pour moi la bêtise en est un bien plus imposant si on va par là. Et la lucidité n'est pas plus une tare selon moi. Ce qui peut poser problème éventuellement, c'est ce qu'on fait des infos qu'on a une fois qu'on les a récoltées et analysées, les conclusions qu'on en tire. Mais réfléchir (si on ne se contente pas seulement de cela, ça va de soi) c'est pour moi indispensable pour être heureux. Apprendre, comprendre, étudier, s'instruire, chercher et trouver des réponses à ses questions : ce sont quand même de très belles choses non ?

 

Et puis si on veut vraiment pousser la réflexion sur le rapport entre intelligence et bonheur, à un cran largement supérieur à ce que permet de le faire le livre de Martin Page*, je ne peux que vous conseiller très très vivement Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, qui aborde ce sujet frontalement et avec une grande force. Sur un ton clairement plus dramatique cependant. Mais si vous préférez vous contenter d'une version plus courte, plus soft et plus légère, Comment je suis devenu stupide conviendra parfaitement.

* Dans un tout autre registre du même auteur, je vous conseille La Nuit a dévoré le monde...

 

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