Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Moleskine et Moi
  • : de la Pop Culture, un peu d'actualité, pastafarismes et autres petites choses...
  • Contact

Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !

Recherche

Série(s) en cours

17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 08:29

Très gros succès littéraire de l’année 2011 en France, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est aussi le premier roman de son auteur, le suédois Jonas Jonasson.

 

Avec ce roman, on peut dire qu’on est face à un OLNI, un Objet Littéraire Non Identifié, tant ce livre suscite de surprises et de réactions en tous genres (à en croire les nombreux avis que j’ai pu lire, la plupart du temps les lecteurs succombent à son charme ou le rejettent purement et simplement).

Moi qui ne m’attendais pas à grand-chose mais qui avais cependant été très intrigué à la fois par le titre accrocheur et par la couverture pour le moins extravagante, j’avoue faire partie de ceux qui ont été surpris, et même très agréablement surpris. Alors soyons honnête : je crois vraiment qu’il faut être dans un état d’esprit particulier pour bien apprécier ce bouquin. L’esprit ouvert. Ouvert à la facétie, au loufoque, à l’incroyable, au second degré, au cynisme un peu aussi… Ceci dit, il ne suffit pas d’être ouvert, encore faut-il que ce qu’on nous donne à lire soit bien raconté. Et là pour le coup, j’ai trouvé que Jonas Jonasson a su plus que parfaitement mener sa barque. Pour un premier roman, chapeau bas ! Parce que manier l’improbable c’est ultra-casse-gueule : mal ficelé il n’y a pas mieux pour vous sortir d’un récit et vous flinguer une histoire. Pourtant si on fait la somme des aventures burlesques du héros centenaire de ce roman, on doit bien avouer que c’est complètement saugrenu et totalement abracadabrantesque, et pourtant on accroche bien et on suit même l’histoire avec une certaine gourmandise non feinte. Preuve que du côté de celui qui tient la plume, il y a un talent indéniable.

 

Mais avant d’en dire plus, je vais tenter de résumer de quoi il s’agit. Le vieux du titre, c’est Allan Karlsson. Dans sa maison de retraite où il s’ennuie ferme, il s’apprête à fêter son centième anniversaire. Et si les genoux coincent pas mal à cet âge-là, l’esprit, lui, reste vif. D’ailleurs Allan l’a décidé, il est hors de question de rester une seconde de plus parmi ses colocataires séniles. La seule solution qui s’offre à lui c’est la fugue ! Chaussé de ses plus belles charentaises il saute par la fenêtre de sa chambre. Par chance elle est au rez-de-chaussée. Direction la gare, aussi vite que ses jambes le lui permettent, avant qu’on ne s’aperçoive de sa disparition… Sur place, par un concours de circonstances (le premier d’une longue série), Allan se retrouve avec une valise qui n’est pas la sienne, remplie de billets de banque. Billets qui appartiennent aux Never Again, un gang local dont les membres ne sont pas du tout enclins à tirer un trait sur leur butin. Pendant ce temps, à la maison de retraite on finit par s’apercevoir de l’absence du centenaire, et la police est chargée de l’affaire, on n’exclut pas un possible kidnapping ! Commence alors une course-poursuite à travers tout le pays (en charentaises donc) où l’on suivra tour-à-tour Allan, les gangsters qui veulent récupérer leurs biftons et la police suédoise. Et c’est ainsi au gré des rencontres d’Allan qu’on en apprendra plus sur son passé, lui l’enfant du XXème siècle qui aura eu une vie trépidante et connu tous les grands événements historiques d’un siècle riche et mouvementé…

 

Vous vous en doutez rien qu’à en lire le résumé, il y a beaucoup à dire sur cette histoire invraisemblable. D’abord, bravo à l’auteur d’avoir choisi pour héros un centenaire ! C’est non seulement original, mais aussi sacrément gonflé, car dès le départ il se met un handicap du point de vue de la narration : rares seront les potentiels lecteurs qui pourront s’identifier ou même se sentir proche d’un tel personnage ! Et pourtant ça marche. Il faut dire que le papy Allan on le voit à quasiment tous les âges, au travers des différents flashbacks auxquels recourt Jonas Jonasson. On n’a donc pas à faire « qu’à » un centenaire au cours du récit. C’est même plutôt malin, car cet artifice permet à l’auteur de sauter de période en période, et de relier ainsi son héros à tout un tas d’événements majeurs du XXème siècle. Et quel siècle : du point de vue géopolitique, sociétal ou scientifique, il aura connu de bien nombreux bouleversements. Auxquels Allan aura souvent pris part, quand ce n’est pas carrément lui qui en fut à l’origine…

 

C’est donc ainsi qu’au gré de l’imagination (pour le moins débordante) de l’auteur, Allan va croiser les plus grands de l’histoire récente. Staline, Truman, Mao, Churchill, Nixon, Kim Jong-Il, Franco, de Gaulle, Einstein (enfin le frère un peu spécial du célèbre physicien tireur de langue)… j’en passe et en oublie.

Et à chaque fois Allan va les côtoyer de près. La plupart du temps il les tutoie même, c’est dire. Pourtant qui a déjà entendu parler de ce petit suédois anonyme ? Personne, et au fur et à mesure de ses pérégrinations dans l’Histoire (celle avec un H majuscule) on comprend cependant quel a été son rôle. C’est d’ailleurs un point intéressant du récit, car si Allan a connu tous ces grands noms de l’Histoire, outre les circonstances improbables qui ont rendu possible cet exploit, il le doit à certaines particularités de sa personnalité hors-normes. D’origine modeste, sans éducation mais loin d’être idiot pour autant, Allan est athée mais aussi apolitique. La religion et la politique ne l’intéressent tout simplement pas. Relation de cause à effet ou non, de manière générale, le pouvoir ne l’attire pas du tout non plus. D’ailleurs après un séjour en hôpital psychiatrique, il deviendra insensible à un autre sujet : le sexe. Et c’est justement cette combinaison : pas de politique, pas de religion et pas d’attirance pour le pouvoir ni le sexe, qui va lui permettre d’approcher tous ces monuments de l’histoire et surtout de se sortir de bien des rencontres qui tournent mal. Enfin pour tout dire, j’ai omis de citer une autre de ses particularités qui l’aide à sociabiliser avec tout le monde : il aime bien manger et s’en jeter une petite derrière la cravate. Et il est bien connu qu’on fraternise plus facilement autour d’une bonne boutanche…

 

Le personnage d’Allan, que ce soit dans sa personnalité ou par sa capacité à traverser l’Histoire n’a pas été sans me rappeler un autre héros incontournable, Forrest Gump. Comme lui c’est un « vrai gentil », un mec qui ne pense jamais à mal, qui n’a pas forcément un avis sur tout et qui ne juge pas, qui agit simplement en fonction des événements, sans forcément beaucoup réfléchir à tout ce qui se passe et sans intellectualiser à outrance. En fait avec Allan comme avec Forrest, la vie est finalement très simple. Allan n’est pas aussi simplet que l’est Forrest, mais c’est bien là tout ce qui les différencie sur le fond.

 

Alors comme je le disais en début d’article, il faut avoir une certaine propension à accepter l’improbable pour ne pas bloquer sur la série de péripéties qui vont rythmer la vie incroyable du héros. Mais dès lors qu’on accepte cela, dès lors qu’on sait faire preuve d’un minimum de lâcher-prise le récit nous emporte loin, vite et fort ! L’humour est ici omniprésent, et on ne peut pas s’empêcher de se marrer régulièrement face aux différents personnages hauts en couleurs qu’on croise (et il y en a un sacré paquet, je n’en citerais qu’une pour que vous compreniez bien que l’auteur suédois n’a aucune limite : Sonja l’éléphante qui vit dans la grange d’une ferme suédoise…), aux rebondissements incessants comme aux aller-retours entre le passé et le présent, et au cynisme de certaines situations (à replacer dans leur contexte historique)… La fessée au jeune Kim Jong Un, gamin intenable et capricieux, m’a à ce titre beaucoup fait rire !

 

Bref, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est à lire avec une certaine légèreté, et si vous savez vous laisser emporter malgré l’énormité de certaines situations vous serez très largement récompensé par un vrai bon moment de divertissement littéraire. Ah une dernière chose : le bouquin a eu un tel succès qu’il a déjà connu une adaptation cinématographique. Je n’ai pas vu le film, mais le simple fait de me remémorer le roman me donne envie de tenter d’y jeter un œil pour voir si je serai autant amusé à l’écran qu’à travers le papier...

 

Partager cet article

Repost0

commentaires