Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !
Premier film super-héroïque de l’année 2007 qui en comptera un certain nombre et pas des moindres (un certain Spider-Man 3 ça vous dit quelque chose ?),
Ghost Rider finit enfin par arriver dans les salles de cinéma. Je dis « enfin » parce que cela va faire plus d’un an que la sortie du film, pourtant tourné depuis belle
lurette, était repoussée (officiellement pour des raisons techniques), pas parce que je l’attendais impatiemment.
Pour
être franc, je n’ai jamais été fan du personnage de comics (désolé Rico) dont le film est tiré, le trouvant un tantinet too much. Mais par principe, j’essaie de ne pas rater les
adaptations ciné de comics, donc j’avais la ferme intention de ne pas passer à côté de ce Ghost Rider…
Barton
Blaze (Brett Cullen) et son fils Johnny (Matt Long) sont des cascadeurs à moto qui travaillent en duo. Pour sauver son père atteint d’un cancer, le jeune Johnny va
accepter de vendre son âme à Méphistophélès, l’incarnation du Diable (Peter Fonda). Ce n’est que bien des années plus tard, une fois devenu adulte, que Johnny Blaze (Nicolas
Cage) va devoir en payer le prix. Pour combattre son fils Blackheart (Wes Bentley), le Diable fait du motard son guerrier chargé de mater la révolte de son fils. Blaze est donc
condamné à se transformer une fois la nuit venue et en présence du mal en Ghost Rider, l’esprit de la vengeance, un motard à tête de mort commandant aux flammes de l’enfer… Évidemment
cette transformation infernale intervient juste au moment de sa vie où Johnny renoue avec son amour de jeunesse, Roxanne Simpson (Eva Mendes), ce qui ne sera pas sans mettre en
danger la jeune femme. Johnny rencontre également lors d’une de ses virées vengeresses un mystérieux fossoyeur (Sam Elliott) qui semble en savoir beaucoup sur lui et pourrait bien l’aider
à se sortir de sa malédiction…
Bon
alors autant le dire tout de suite, Ghost Rider est loin de n’avoir que des qualités ! Pour tout dire, il en est même très très loin…
À
la nomination de Mark Steven Johnson, qui avait déjà officié sur Daredevil (à la réalisation) et Elektra (à la production), au poste de réalisateur mais également de
scénariste, on pouvait déjà légitimement être inquiet. Le bonhomme avait réussi à plomber malgré de beaux effets et quelques éclairs esthétiques salvateurs la licence pourtant prometteuse de
Daredevil le super-héros aveugle. Au point d’échauder Ben Affleck lui-même de se fourvoyer dans une suite (c’est dire !). Avec Ghost Rider, il récidive en livrant un
film sans envergure et plutôt mou du genou, et ce malgré la présence d’un acteur de premier plan tel que Nicolas Cage.
Passons
rapidement sur le scénario : celui-ci parvient à être à la fois ultra-simpliste et embrouillé à la fois ! Bel exploit ! En gros Blaze combat les méchants, sauve la belle et se
rebelle contre son employeur parce que c’est un bon gars quand même. Et pourtant plusieurs fois au cours du film, j’ai eu du mal à bien comprendre les raisons qui motivaient certaines de ses
actions (sa chevauchée avec Sam Elliott qui disparaît une fois arrivé à destination, l’histoire des contrats revendiqués par Blackheart…) tellement c’était clair.
Ou
alors peut-être qu’à force de m’ennuyer j’ai décroché de l’histoire… Parce que le second gros reproche qu’on peut faire au film de Mark Steven Johnson c’est qu’il est long et qu’il ne s’y passe
pas grand-chose malgré cela ! Avec trente minutes de métrage en moins, le film aurait certainement gagné en nervosité, ce qui aurait au moins pu peut-être sauver le côté action-movie qu’on
attendait et auquel on n’a même pas eu droit ! L’histoire pourtant pas bien compliquée à la base s’enlise dans des nunucheries sentimentales à deux balles et qui plus est jouées avec les
pieds, qui font perdre un temps fou pour n’arriver à rien d’autre qu’à décrocher des bâillements de la part du spectateur.
Bref
il ne se passe quasiment rien à l’écran, on s’ennuie profondément. Même les scènes d’action laissent froid, quant aux combats ils sont affreusement torchés en moins de temps qu’il ne faut pour le
dire. Aucune imagination, pas de créativité, zéro surprise, que dalle. Il ne reste que de très beaux effets spéciaux, quelques scènes furtives (la chevauchée dans le désert, la moto infernale sur
le pont ou sur le building) et quelques plans (les acolytes de Blackheart, le Ghost Rider) esthétiquement très réussis qui rappellent furieusement … de belles planches d’illustrations du comic.
Mais au cinéma ça ne suffit pas malheureusement pour convaincre sur toute la durée d’un film (1h50 tout de même !).
Quant à l’interprétation… ça laisse là aussi à désirer. On a envie de mettre des baffes à Nicolas Cage pour qu’il se réveille tellement il compose
un personnage apathique, et Eva Mendes, la belle plante du film (et encore… une espèce de croisement improbable entre J-Lo et Cindy Crawford tout sauf classe), n’a visiblement pas
été choisie pour ses talents de comédienne. Ou alors c’était voulu et son jeu affligeant (une grande pro des mimiques faciales visiblement, ce qui d’ailleurs contrastait fortement avec
l’inexpressivité du visage de Cage) était à prendre au second degré et je n’ai rien compris. Je ne l’exclus pas hein. Les méchants eux… bah ils sont vraiment très méchants. Ils auraient eu un
papier sur le front avec la mention « Very, very bad guy » que ç’eut été pareil… Et puis la palme revient au copain de Blaze (Donal Logue)à mi-chemin entre le sidekick
humoristique et le parasite scénaristique (ce qui bien souvent revient au même d’ailleurs). On se demande quel autre rôle que d’enfoncer encore plus le film il pouvait bien avoir…
Je
n’épilogue pas trop non plus sur l’affreuse affiche du film (vous pouvez juger par vous-mêmes plus bas) où Nicolas Cage arbore une tête qu’il est tout bonnement impossible de prendre au sérieux
tant l’expression du visage est caricaturale… (et on passera sous silence cette coupe de cheveux sortie dont ne sait où…). Je préfère, et de loin, sa tête de Ghost Rider toute en os et en
flammes ! Cela fait au moins un point positif : je craignais un peu que le Ghost Rider fasse pitié, voire pire, fasse rire, mais agréable surprise, il est très réussi et crédible dans
ses mouvements.
Et
sachez que malgré tout ça, Ghost Rider a été un carton au box-office américain et même français (enfin il faut relativiser : c’est un carton par rapport au four auquel il était
promis quasi-unanimement par la critique avant sa sortie). En même temps la série des Taxi aussi, alors… le grand public reste cohérent dans ses choix au moins.
Bref,
Nicolas Cage qui voulait depuis si longtemps tourner dans une adaptation d’un comic de super-héros (il était fortement question de lui au cours du développement des récents Batman
Begins, Superman Returns et du futur Iron-Man dont à chaque fois il a été écarté au dernier moment) a tiré le mauvais numéro avec ce Ghost Rider. Mais qu’à cela ne
tienne, il est déjà engagé sur un nouveau projet d’adaptation de super-héros et pour cause : c’est lui-même avec son fiston Weston Cage qui sont les scénaristes du comic-book !
(ça s’appelle Enigma chez Virgin Comics). Sans parler du premier rôle qu’il devrait tenir dans l’adaptation d’un autre comic, The Sadhu (toujours chez Virgin Comics).
Pour
la petite histoire, l’acteur est depuis très longtemps un fan invétéré de comics (il ne peut donc être tout à fait mauvais). Il a choisi son pseudonyme (alors qu’il aurait pu prendre son vrai nom
Coppola, et ainsi bénéficier de l’aura de son oncle Francis Ford Coppola) en rapport avec son super-héros Marvel fétiche, Power-Man alias Luke Cage. À présent
il est lui-même co-scénariste de comics et encore plus fort : il a prénommé son fils né en 2005 Kal-El, du prénom kryptonien de Superman !
Si
ça ce n’est pas une preuve de sa passion je ne sais plus ! Il ne lui reste plus qu’à trouver un rôle dans une bonne adaptation, digne de ce nom. Courage Nicolas, je suis avec
toi !
Pour ma part, je vais m'en tenir éloigné. C'est plus prudent, je crois.
Je me réserve pour 300. ;-)
Bon, sinon, Ghost Rider, c'est du moyen - (il faudrait que je revoies daredevil pour savoir lequel j'aime le moins...). J'ai pas tellement compris l'histoire (en voyant la scène, j'étais persuadé que Méphistophélès egratigne le doigt de Blaze pour valider son pacte, mais sans son accord...), j'ai pas tellement compris l'utilité de tous les personnages (dont le fameux pote de Blaze dont tu parles), j'en ai un peu soupé du décolleté d'Eva Mendes (sérieux, la costumière a été brieffé à fond : "on veut en voir un max sur tous ses plans !"), j'ai particulièrement peu aimé Blackheart et ses trois gugusses en manteau long (je les ai pas trouvé ni crédibles, ni menaçants, bref, des guignols qu'une paire de baffes suffiraient à calmer !)...
J'ai trouvé que Nicholas Cage n'était pas si mal, que les effets spéciaux du rider étaient chouette (notamment cette fameuse double chevauchée, qui, certes, ne sert à rien mais est superbe !) et aussi que la fille qui tient le rôle de Roxanne jeune ressemble vachement à Eva Mendès (bon casting quoi !). Voilà, voilà...