Partager l'article ! 299. Le Complexe du Castor: Quelle ne fut pas ma surprise l’autre jour quand, divaguant sur un trottoir, en passant devant un cinéma et lorgna ...
Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Quelle ne fut pas ma surprise l’autre jour quand, divaguant sur un trottoir, en passant devant un cinéma et lorgnant
distraitement sur la collection d’affiches des films projetés et à venir, j’en repère une avec Mel Gibson en gros plan, affublé d’un peluche en forme de castor.
Je m’approche, je regarde. Le Complexe du Castor, film de et avec Jodie Foster, rôle principal tenu
par Mel Gibson.
Quand je parle de surprise… j’en étais resté aux frasques de l’acteur australien qui a fait bien plus parler de lui
dernièrement dans la presse à scandales que dans celle consacrée au septième art. J’ai vaguement entendu parler d’affaires d’antisémitisme, d’ivrogneries diverses et de violence conjugale. De
quoi blacklister le Mel pour tout ce qui est carnet mondain hollywoodien en somme. D’où mon étonnement de le voir à l’affiche d’un film. Ne niant pas un instant que Mel Gibson puisse n’être dans
la vie qu’un sombre connard, pour moi il est et reste surtout un putain d’acteur, un gars qui m’aura marqué durablement pour tout un tas de raisons, dont les deux principales se nomment
Martin Riggs et Apocalypto. Alors au-delà des scandales people qu’il suscite, le Mel Gibson acteur et
réalisateur m’a toujours intéressé, et continue d’exercer sur moi une certaine curiosité, si ce n’est de l’attirance. Le film sortait le lendemain. Fallait bien que je vois ça…
Alors Le Complexe du Castor met en scène Walter Black. Walter a, a priori, tout pour être heureux.
Il est marié à Meredith (Jodie Foster), père de deux garçons, l’aîné Porter (Anton Yelchin) et le petit Henry (Riley
Thomas Stewart), il dirige une marque de jouets qu’il a héritée de son père. Pourtant Walter est sujet à la dépression. Une dépression si forte qu’il se détache de tout et de tous,
irrémédiablement. Au point qu’après des années d’efforts et pour le bien de tous, Meredith décide de se séparer de son époux. Touchant le fond, Walter veut en finir. Mais le hasard le fait tomber
un soir sur une marionnette de castor, qui va changer son existence. Walter va s’accrocher avec l’énergie du désespoir à cette marionnette, qui va lui permettre d’exprimer tout ce qu’il n’ose pas
dire, et de devenir une autre personne : positif, volontaire, entreprenant, drôle, charmeur, bref : sûr de lui. Mais ce n’est plus Walter qui est aux commandes, c’est le
Castor. Walter ne parle plus, c’est le Castor qui s’exprime par sa bouche. Faisant passer cela pour une thérapie de la dernière chance que lui a prescrite son psychiatre qu’il ne
voit plus depuis belle lurette, Walter va développer une toute nouvelle personnalité à travers sa marionnette, au point de ne plus pouvoir s’en passer un seul instant…
Étrange film que ce Complexe du Castor… Difficile à cerner surtout. Parce qu’on a là plusieurs angles d’attaque,
plusieurs traitements possibles de l’histoire (humoristique, dramatique, moraliste, mélo) qui sont tous empruntés à un moment ou un autre sans forcément exclure les autres. Évidemment la
situation d’un Mel Gibson qui parle avec une marionnette au bout du bras prête à rire et Jodie Foster ne se prive pas d’en profiter un peu dans son film, tout comme elle parvient à donner dans le
drame dès lors qu’elle aborde la relation conflictuelle père-fils de Walter et Porter. Parfois c’est too much (l’interview télévisée par exemple), parfois on est à la limite du mélo, mais sans
jamais vraiment s’y lâcher complètement. À l’arrivée, je classerais tout de même ce film en comédie dramatique (ok, c’est un terme fourre-tout c’est pas faux non plus), mais ce flou artistique
qui l’entoure n’a pas été pour me déplaire. Si je ne cautionne pas forcément tout dans le film, j’ai tout particulièrement été intéressé et touché par la relation, ou plutôt la non-relation
devrais-je dire, entre Walter et son fils aîné. Il y a de belles idées : la liste des ressemblances que l’adolescent cherche à effacer est une jolie trouvaille, le trou dans le mur idem. De
manière plus générale, si j’ai trouvé l’ensemble des comédiens plutôt bons et inspirés dans leurs rôles, c’est certainement Mel Gibson et Anton Yelchin justement qui s’en sortent le mieux.
L’écriture des personnages n’y étant évidemment pas pour rien, Walter et Porter sont les deux piliers de cette histoire, qui a mes yeux se résume surtout et avant tout à cela : la relation
père-fils.
Sans vouloir trop en dévoiler sur l’intrigue, je dirais juste que la fin ne donne pas dans la facilité, le scénario garde une
certaine logique qui peut paraître dérangeante dans les faits, mais tout à fait défendable du point de vue de la cohérence globale de l’histoire. On oublie la happy-end mais on ne plonge pas non
plus dans le pessimisme à tout crin, et je trouve ça plutôt bien vu finalement.
Pour en revenir brièvement à ce que je disais en introduction, je n’ai aucune idée de la manière dont Le Complexe du
Castor a été accueilli, ni par le public ni par les professionnels. Je me demande bien si le film réhabilitera (ou pas) Mel Gibson aux yeux du tout Hollywood, mais en tout cas il confirme
pour moi que l’interprète de Mad Max en a encore sous la semelle, et qu’il n’est pas si mort qu’on voudrait bien le faire croire. En tout cas j’ai aimé le voir dans ce rôle,
là-dessus aucun doute.
J'ai pour la première fois entendu parler de ce film lors de la venue de Jodie Foster (miam !) lors d'une émission du Grand Journal, et malheureusement je n'ai pas ressenti l'envie de voir ce film ; pour les raisons que tu as évoquées plus haut concernant Gibson, mais aussi pour le sujet du film. Je me dis que c'est vraiment une sorte de déchéance pour l'acteur (qui s'est un peu flingué tout seul aussi, il faut bien le dire)... Bon, allez, on va dire que si j'ai le choix entre un film ouzbek et celui-là, je prendrai celui-là. Mais juste pour Jodie hein.
Ah visiblement je ne t'ai pas convaincu... on ne peut pas gagner à tous les coups hein
C'est vrai que moi j'ai évacué toute l'aura sulfureuse qui entoure Gibson ces derniers mois pour aborder le film. Le sujet m'a franchement intéressé, son traitement également. En ce qui concerne la "déchéance"... je ne dirais pas que ce film signe celle de l'acteur, par contre il est vrai qu'on peut faire une sorte de parallèle entre le personnage de Walter et Mel Gibson dans sa "vraie vie", double-personnalité, tendance auto-destructrice, dépression... mais ça ne m'intéresse que très moyennement en fait. Sorti de ces considérations un peu périphériques au film, j'ai trouvé le long métrage en tant que tel plutôt surprenant et réussi.
Personne d'autre ne l'a vu ?