Partager l'article ! 295. Le Combat: 10, 20, 50, … Encore une série. 10, 20, 50, … Souffler, respirer, recommencer. 10, 20, 50, 100. Ça devient ...
Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !
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10, 20, 50, …
Encore une série.
10, 20, 50, …
Souffler, respirer, recommencer.
10, 20, 50, 100.
Ça devient plus difficile.
Les bras se font lourds. La peau rougit et se tend sous l’effort.
10, 20, 50, 100.
Encore une. Se reposer un instant, souffler lentement, chercher l’air frais.
La fonte monte et descend dans un mouvement rapide. Ralentir c’est s’arrêter.
Les avant-bras durcissent. Les épaules souffrent. Les muscles tétanisent et crient leur refus de continuer.
10, 20, 50, 100, 150.
De plus en plus dur.
C’est tellement lourd à porter. La fatigue ne vient pas, c’est la lassitude de l’esprit, l’épuisement du corps qui prennent
sa place. Mais la fatigue ne viendra pas. Elle ne vient jamais. La transpiration aussi se fait désirer. Au lieu de cela une intense sensation de chaleur et d’étouffement.
10, 20, 50, 100, ...
Il faut arrêter.
Le rythme cardiaque se calme. La chaleur insoutenable prend le front et les tempes d’assaut, les bras pendent comme deux
branches de bois raides.
Dans le miroir pourtant rien ne change. L’œil reste insatisfait, il continue de voir ce qu’il n’aime pas.
La rage reste là. La colère ne s’altère pas. Juste plus assez de force pour s’exprimer, alors elle fait moins de difficultés
pour se taire.
Allez, dernier essai : 10, 20, 50, 100, 200.
Las.
Les tonnes ont défilé, le corps a encaissé, l’esprit est las. Anesthésié, pas endormi. Réduit au silence, pas
apaisé.
L’eau de la douche est agréable, mais lever les bras pour atteindre le pommeau relève de la torture.
Il faudra recommencer. Plus fort. Plus dur. Plus longtemps. Sans la moindre envie, mais par nécessité. Pour ne pas que le
noir explose. Le refouler aussi loin que possible. Vaincre et gagner un jour de plus.
Il y en a qui soulèvent des haltères par plaisir.
Le plaisir de se regarder prendre du volume. Gonfler ses muscles et s’admirer dans le miroir. Frimer. Atteindre leur
définition du beau.
Pas moi.
C’est parce que je n’ai rien trouvé d’autre pour expulser ce qui doit l’être.
Ce n’est pas la solution parfaite, mais pour l’instant, ça fonctionne.
Et alors, toute solution qui fonctionne est bonne à prendre, non ?
Si ça te fait du bien, continue, en attendant de trouver peut-être mieux...
Ah mais je n'ai pas prévu d'arrêter ne t'en fais pas, j'ai même tout un petit programme d'exercices de prévu prochainement !
Tu as la lucidité de considérer cette solution comme provisoire. Un jour, peut-être faudra-t-il parler...
Tu sais, il y a d'autres modes d'expression : faire du sport, tenir un blog ou même se plonger dans un bon bouquin révèle aussi des choses qui n'ont pas forcément besoin d'être dites.