Partager l'article ! 105. X-Men 3 : The Last Stand: Après le succès des deux premiers opus des aventures sur pellicule des mutants vedettes de la Marvel , le t ...
Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !
Après le succès des deux premiers opus des aventures sur pellicule des mutants vedettes de la Marvel , le troisième et
dernier volet de la trilogie débarque en grandes pompes dans les salles (présentation hors compétition à Cannes et promotion assurée par les stars du film). Bien qu’au départ la version
cinématographique des X-Men n’était pas prévue sous la forme de trois films, le succès public aidant, les producteurs Avi Arad et consorts ont succombé à la mode actuelle des trilogies. Et force est de constater que les films se suivent et s’imbriquent correctement, avec
suffisamment de cohérence pour former un tout relativement homogène dont chaque partie reste visible indépendamment des autres.
On
retrouve donc les X-Men quelques temps après la fin du deuxième volet. Cyclope ne se remet pas du décès de Jean
Grey, Tornade et Wolverine ont pris sa suite à la tête du groupe et de l’école pour jeunes surdoués du
Professeur Xavier. L’intégration des mutants parmi les humains « normaux » est de plus en plus difficile et le racisme
« génétique » se fait plus présent et virulent. Dans ce contexte, l’annonce par l’industriel Warren Worthington II et le docteur Rao, selon lesquels la condition de mutant n’est pas une évolution naturelle de l’homo sapiens mais une maladie, fait l’effet d’une bombe, d’autant
qu’est annoncée dans la foulée la découverte d’un vaccin capable de faire redevenir humain n’importe quel mutant.
Au
sein même de la communauté mutante, la nouvelle est diversement accueillie. Il y a ceux qui rejettent cette idée, prônant leur droit à la différence, et ceux pour qui ce vaccin apparaît comme une
solution à leurs problèmes d’intégration, voire même une véritable libération pour ceux qui connaissent des mutations « handicapantes » ou problématiques.
Magnéto
et sa confrérie des mutants ne tardent pas à prendre la tête du mouvement anti-vaccin et voient là une occasion supplémentaire de donner le pouvoir à l’Homo
Superior au détriment de l’Homo Sapiens. Les X-Men quant à eux sont partagés : ils ne désirent pas renier leur condition de mutants, mais refusent de laisser Magnéto s’en prendre aux
humains. La réapparition surprise d’une Jean Grey mystérieusement ressuscitée et dotée d’une double personnalité répondant au nom de Phénix vient
encore ajouter à la confusion ambiante…
Scénaristiquement,
X-Men 3 développe la confrontation mutants / humains qui reste la thématique principale du comics depuis toujours. Pour ce faire, les scénaristes
reprennent en partie une intrigue récente de la série Astonishing X-Men, l’idée de Josh Whedon selon
laquelle on peut « guérir » les mutants grâce au vaccin du docteur Rao.
Succédant
à Bryan Singer parti à la concurrence pour mettre en scène le nouveau Superman Returns, c’est Brett Ratner qui dirige ce troisième opus. Le départ de Singer avait été un coup dur pour les fans des deux premiers films, car le réalisateur avait réussi à
convaincre aussi bien les amateurs du comic d’origine que les amateurs de cinéma par ses qualités et sa capacité à transposer à l’écran les super-héros considérés comme difficilement adaptables
tels que Wolverine ou Diablo par exemple. L’arrivée sur le film de Brett Ratner avait même fait craindre le pire, car en comparaison de Bryan Singer,
le réalisateur des deux Rush Hour et de Dragon Rouge faisait bien pâle figure pour ne pas dire plus…
C’est
donc avec la crainte que Ratner ne dénature ce que Singer avait réussi à construire que je suis allé voir le film. Et finalement je dois avouer que Brett Ratner s’en sort plutôt pas mal. Bien sûr
il n’a pas la vision et la classe naturelle de Bryan Singer, mais il est loin de déshonorer le matériau d’origine. Certes les personnages sont moins développés que dans les précédents épisodes,
et l’accent est mis sur les scènes d’action et les affrontements entre mutants. Mais tout bien considéré, Ratner peut se permettre, sans que cela nuise trop au film, d’être moins axé sur la
psychologie des personnages puisque ceux-ci ont déjà été présentés et développés précédemment par Singer. Malgré tout, les nouveaux personnages introduits ici en pâtissent quelque peu. Parmi eux,
seul le Fauve, alias Hank McCoy, ministre délégué aux affaires mutantes tire bien son épingle du jeu, alors
que Kitty Pryde et Colossus (qu’on avait déjà aperçus dans les précédents volets), Angel, Madrox, le Fléau, Callisto (dans des versions plus ou moins éloignées de celles du comic) sont très sommairement présentés et développés.
Question
rythme, on sent que Ratner veut jouer avant tout la carte de l’action, et on a droit à plusieurs scènes qui permettent de voir les personnages user et abuser de leurs super-pouvoirs, ce qui je
l’avoue m’a réjoui. C’est bien fait, pas génial mais efficace (sauf à mon avis la scène d’introduction des X-Men dans la salle des dangers qui est très
décevante : on espérait une scène d’anthologie où l’on verrait à la fois la fameuse salle d’entraînement des mutants et un mythique robot Sentinelle, et à l’arrivée on se retrouve avec quelques éclairs, quelques explosions et une pauvre tête de robot en ferraille pas bien impressionnante, bref,
avec trois fois rien…).
On
peut aussi déplorer quelques raccourcis gênants et/ou illogiques : la scène où Magnéto disparaît de la maison des Grey par on ne sait quel tour de passe-passe avec tous ses acolytes et
Phénix, ou encore la nuit qui tombe sur Alcatraz plus vite qu’il ne faut pour le dire !
Au
chapitre des déceptions, j’ajouterais également la sous-utilisation du personnage de Malicia (c’était déjà le cas dans le précédent film), le manque de
charisme de Colossus (même quand il balance Wolverine comme un obus dans la bataille), l’utilité très anecdotique de Angel dans l’intrigue et surtout la disparition de l’effectif des X-Men du
pourtant très réussi Diablo, qui m’avait vraiment enchanté dans le second épisode.
Du
côté positif, je retiendrais avant tout un bestiaire élargi de mutants, même si certains sont des versions très librement revisitées de leurs équivalents papier. L’intrigue autour du Phénix est
elle aussi assez éloignée de celle du comic, mais reste à mon avis cohérente et plutôt bien menée (et je trouve Famke Jansen en Phénix visuellement
très réussie). Les effets spéciaux restent de bonne facture, et je ne peux réprimer un plaisir un peu enfantin à chaque fois que je vois les personnages utiliser leurs pouvoirs si
extraordinaires, qui avaient tant marqué mon esprit de jeune lecteur des X-Men à l’époque où je les lisais religieusement dans Spécial Strange… Cela
reste évidemment une réaction très personnelle et éminemment subjective j’en suis conscient, mais rien que pour ça, voir les X-Men sur grand écran est à chaque fois très excitant pour moi.
Le
dernier point positif que je veux évoquer ici (mais j’ai cru comprendre qu’il n’est pas considéré comme tel par tous les amateurs des X-Men), c’est la liberté prise par les scénaristes en ce qui
concerne la destinée de certains personnages. En effet, il semble acquis aujourd’hui qu’il n’y aura pas de quatrième film dédié aux X-Men (par contre un film consacré à Wolverine avec quelques
guest-stars mutantes est d’ores et déjà sur les tablettes des producteurs), et de ce fait certains personnages principaux sont sans vergogne sacrifiés et connaissent des fins tragiques (je vous
laisse découvrir lesquels). Non seulement ça rajoute un côté sombre à l’histoire, mais à mes yeux cela permet de gagner en crédibilité (des gugusses qui se battent à longueur de film à coup de
super-pouvoirs terrifiants et qui s’en sortent toujours tous sans le moindre problème, ça lasse à force et surtout ça manque d’intérêt). Je trouve que
cette liberté scénaristique par rapport au comic d’origine est ici bienvenue, et sert parfaitement l’intérêt du film, même si cela insupporte les allergiques aux adaptations qui ne sont pas d’une
fidélité parfaite.
Pour
conclure, je dirais que X-Men 3 n’est pas le film de l’année. Je pense même qu’il est inférieur au deux premiers films de la trilogie mutante.
Cependant il est et reste un film spectaculaire et divertissant, qui reprend à son compte les meilleurs moments du comic d’origine tout en les adaptant intelligemment sur l’écran. Je sais que je
suis certainement plus indulgent à son égard que je ne le serais avec d’autres, tout simplement parce que les X-Men sont des monuments inébranlables de ma jeunesse. Mais bon, ce n’est pas grave,
j’assume :o).
J'ai adoré les deux premiers films, j'espère que la suite me plaira !
Mis à part ça, le scénario "extrème" a le mérite de ne pas laisser indifférent dans ses partis pris quant aux principaux personnages... Et de ce point de vue là, je suis d'accord avec toi, la liberté scénaristique vis à vis du comics est surprenante mais agréable à l'écran, disons qu'on ne sait pas à quoi s'attendre, et c'est chouette !
Si vraiment on veut chipoter, je dirais que les déplacements aériens de Tornade sont à revoir, que Colossus aurait mérité mieux que ça, que Mystique a une fin cruelle, que Malicia n'est plus ce qu'elle était, que certaines ficelles et raccourcis sont tirés par les cheveux...
Du coté des très bons moments : l'affrontement Iceberg/Pyro et celui Wolverine/Le Fléau, et enfin, flash ball special pour le Fauve, mon chouchou du film !!! :oD
NoNo >> Oui, toujours se faire son opinion soi-même sur un film qu'on a envie de voir, c'est la meilleure méthode. Pour les collants, ma foi il ne suffit pas non plus d'en avoir pour être un super-héros !
Mooutche >> Oui Jamie Madrox apparaît somme toute très peu, et pourtant il m'a beaucoup plu aussi ! Et Colossus aurait gagné à être physiquement plus imposant, et un tout petit peu plus bavard aussi :o).
Comme tu le sais, j'ai vu le film aussi... Normal, puisqu'on y était ensemble, aaaahahaha....Hum bon, bref, tout ça pour dire que j'ai la même analyse du film que toi, j'aurais pas dit mieux, à part un petit détail : même si je suis d'accord sur le fait que la mort des personnages crédibilise souvent une histoire, là, quand même, ils y sont allés forts, aussi bien sur le nombre de disparus que sur le choix des morts... Là, franchement, pour moi, c'était trop !
Je ne peux malgré tout rester un peu sur ma faim, surtout par rapport à X2 et son fantastique Nightcrawler.
Rico >> oui ils y sont allés fort comme tu dis, et c'est justement ça que j'ai bien aimé, ce côté "ultimate" qui reste cependant cohérent avec l'histoire. Le problème c'est que sur ce point il faut vraiment se "déconnecter" du comic pour voir l'histoire sous un nouvel oeil, celui du cinéma. Le Phénix est le pouvoir ultime, normal qu'il fasse de très gros dégats, du coup il y en a qui trinquent dans le film ! :o) Si tout le monde s'en sortait la bouche en coeur, c'est que le "danger" n'était pas si effroyable qu'on voulait nous le faire croire, donc le scénario sur ce point gagne en crédibilité j'en suis persuadé.
Après c'est vrai qu'il y a le côté "affectif" que tu portes à l'un ou l'autre personnage, mais c'est aussi en relation avec ton (loooooong) background de lecteur des X-Men, relation que le spectateur de cinéma n'a pas forcément (et c'est bien lui la cible donc on sacrifie les personnages sans trop de remord).
Quant à Diablo, 1000 fois d'accord avec toi, il manque cruellement au troisième opus :o(