Partager l'article ! 287. Les Petits Ruisseaux: Allez on reste dans les adaptations de BD au cinéma, mais on change de continent. Pour une fois ce n’est pas un com ...
Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Allez on reste dans les adaptations de BD au cinéma, mais on change de continent. Pour une fois ce n’est pas un comic qu’on
retrouve sur grand écran, mais une BD française, Les Petits Ruisseaux (sous-titré sex, drug and rock’n’roll) de Pascal Rabaté, qui a lui-même pris le soin de
réaliser le long métrage d’après son roman graphique.
Alors changement de
genre, changement de décor et de style de personnage aussi. Ici pas de super-héros en collants, pas de super-espion en colère, pas de super-soldat en goguette. Non, ici le héros se nomme
Émile (Daniel Prévost), septuagénaire veuf et sans permis, qui partage son temps entre les parties de pêche quotidienne avec son ami Edmond
(Philippe Nahon) et le petit canon de rouge au Pénalty, le bar-PMU du village, en compagnie de leurs collègues de bistrot. Le temps s’écoule comme les eaux de la Loire, calmement
et inexorablement.
Un jour, Edmond avoue à Émile qu’il entretient en secret une vie amoureuse et sexuelle par l’intermédiaire de petites
annonces et d’un club de dancing. Il lui montre également son péché mignon : le gaillard aime à peindre des femmes nues pendant ses loisirs (dont il trouve les modèles dans Playboy
et consorts…). Quand Edmond meurt, Émile rencontre Lucie (Bulle Ogier) l’amante de son compère. Il lui prend alors des envies de changer son quotidien. Des
envies de bouger, des envies d’aimer, des envies de jeunesse… C’est à bord de sa petite voiturette sans permis qu’il va partir à l’aventure…
Pascal Rabaté reprend ce qu’il avait déjà très bien développé dans sa bande dessinée et le transpose au cinéma. Et ça marche
plutôt bien ! Il mélange et alterne avec talent situations cocasses, passages mélancoliques, petits plaisirs savoureux, moments touchants et ceci avec un naturel confondant. Bien entendu, il
est grandement aidé dans sa tâche par les comédiens, qui sont tous parfaits dans leurs rôles. Quel bonheur de voir Philippe Nahon sortir de son registre habituel de salopard et de méchant de
service ! on se marre bien avec Edmond, il sait vivre le bougre ! et puis les potes de bistrots sont truculents, depuis Gérard (l’inimitable Bruno
Lochet) jusqu’au patron de bar (Charles Schneider), en passant par le charcutier et le poissonnier… Côté jeunots on notera surtout Julie-Marie
Parmentier dans le rôle de Léna, une jeune hippie que Émile va croiser sur sa route.
Et puis bien entendu, il y a Daniel Prévost, génial papy qui apprend à revivre des sensations depuis trop longtemps oubliées.
À l’extrême opposé du registre dans lequel on a l’habitude de le voir, alors qu’à l’accoutumée il fait le clown et le pitre, toujours dans l’exagération et jouant souvent trop de sa voix unique
et de son rire bien spécial, dans le rôle de Émile il est surprenant de calme, de lenteur, de justesse. Il n’en fait ni trop ni pas assez, il est juste excellent. Que ce soit pour aller se baquer
à poil dans la rivière, se déhancher sur le dance floor d’un club du troisième âge ou fumer un bédot avec un jeune hippie autour d’un feu de camp, Prévost trouve le ton juste à chaque fois et on
ressort du film avec une idée entêtante et le sourire. L’idée, c’est qu’on peut continuer à vivre malgré la vieillesse. Que tant que le corps accepte de bouger pour nous mener où on en a envie,
le reste ne dépend que de notre tête.
Car oui, quand on est vieux on n’attend pas juste de mourir. On a aussi des envies, on rit, on sait s’amuser, on baise, on
aime et tant pis pour les tabous. Dans ce film tout est montré simplement, rien n’est caché, on touche à des sujets pas souvent abordés au cinéma tels que le sexe par exemple (je m'entends : le
sexe du troisième âge hein) et on se fiche pas mal des conventions morales et esthétiques qui sévissent habituellement dans ce domaine. Sans choquer d’ailleurs, juste avec beaucoup de naturel et
de sincérité.
Émile réapprend l’essentiel alors que la plus grande partie de sa vie est derrière lui, et tout en suivant ses pérégrinations
on ne peut s’empêcher de penser que grâce à des films tels que celui-ci, des personnages tels que ceux-là, on a un peu moins peur de vieillir. Ça déplaira peut-être à quelques esprits chagrins
qui trouveront toujours à redire, car oui évidemment le réalisateur a choisi de nous montrer une vision positive de la vieillesse, mais c’est un beau film, vecteur d’un beau message, empli de
joie et d’optimisme sans pour autant se voiler la face. Oui, vraiment, Les Petits Ruisseaux est un chouette petit film (et j’en ai tout autant pour la BD), drôle, frais et qui fait du
bien au moral.
Oh? L'info m'était inconnue ... J'avais bien apprécié la bd de Rabaté qui aborde un sujet bien réel mais qui semble tabou. Je regarderai le film à l'occasion.
Merci Steph!
Tu n'en as pas du tout entendu parler avant aujourd'hui ? C'est vrai qu'il n'est pas resté longtemps à l'affiche et que je l'avais raté à cause de ça lors de sa sortie au ciné, mais c'est sorti en dvd depuis au moins 2 mois je dirais.
En tout cas si tu as apprécié la bd nul doute que tu aimeras également le film !
Moi j'avais bien aimé la BD, et c'est vrai que ce serait une bonne idée de location, ce DVD... Parce que là, des deux films qu'on a loués aujourd'hui, j'ai rpéféré la petite Sirène 2 à Tournée...
Tournée je vois pas ce que c'est, La Petite Sirène 2 j'imagine... en tout cas oui, je t'encourage à voir le film de Rabaté (et à me dire ce que tu en auras pensé aussi !).