Partager l'article ! 267. Le Bruit des Glaçons: Nouveau film de Bertrand Blier, Le Bruit des Glaçons a fait parler de lui sur bien des points. D’abord parce q ...
Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
Nouveau film de Bertrand Blier, Le Bruit des Glaçons a fait parler de lui sur bien des
points.
D’abord parce que c’est son retour derrière la caméra après cinq années d’absence des salles de cinéma.
Blier, parfois légèrement surestimé à mon avis, c’est tout de même le type qui a réalisé Les Valseuses, Tenue de Soirée ou encore Trop Belle Pour Toi. Un réalisateur à
l’habit anticonformiste marqué. Un type qui a côtoyé les plus grands du cinéma français, des grands anciens comme Georges Lautner, des icônes comme Patrick
Dewaere ou Jean-Pierre Marielle, des stars comme Gérard Depardieu, et je ne parle même pas de l’héritage paternel du génialissime Bernard
Blier. Bref, dans le paysage cinématographique français, Bertrand Blier est quelqu’un qui compte.
Ensuite parce que pour son nouveau long métrage, Blier réunit deux poids lourds de l’humour, aux styles pourtant très
différents, Jean Dujardin abonné aux rôles de beaux gosses un peu cons et frimeurs (OSS 117, Un Gars Une Fille, Brice de Nice) et Albert
Dupontel à l’humour grinçant du sale gosse qu’on laisse tout faire parce qu’il est brillant (Bernie, Enfermés Dehors, Le Créateur). La confrontation promettait
d’être intéressante.
Enfin parce que le thème lui-même du film de Blier a fait controverse. Je vous en fais un rapide résumé.
Charles (Jean Dujardin) est un écrivain à succès. Cet ancien prix Goncourt n’écrit plus une ligne
depuis des années. Sa femme Carole (Audrey Dana) l’a quitté, elle est partie avec son fils. Il vit dans sa propriété de campagne, avec sa dévouée servante
Louisa (Anne Alvaro) et la langoureuse Evguenia (Christa Theret), belle plante qu’il entretient pour noyer son chagrin. Mais sa
plus fidèle compagne est sa bouteille de vin blanc dont il ne se départit jamais, la traînant avec lui du matin au soir dans un seau rempli de glaçons… Mais un jour, un homme à la dégaine bizarre
vient sonner à la porte de Charles. Il se présente : il est son Cancer (Albert Dupontel), et désire faire connaissance avec lui. Ce visiteur étrange, engoncé quelque part
entre fausse politesse et cruauté glaçante, est bien résolu à s’incruster dans sa vie.
Voici donc pour le postulat de départ, plutôt original et inédit, on en conviendra. Casse-gueule aussi, parce que faire un
film d’un sujet aussi ardu n’est pas chose aisée. Blier parle de mort, et l’aborde par un biais difficile : le cancer. Cette fichue maladie qui fait peur, qui fait horreur, et dont on
préfère ne pas parler de crainte de l’attirer… et bien Blier lui a choisi de la mettre en scène, de la rendre burlesque et de s’en moquer. Si l’humour est noir, c’est bien plus encore dans la
mise en situation que dans les dialogues.
Forcément, en adoptant cette posture, Blier perdra l’adhésion d’un certain nombre de ses spectateurs, et je peux tout à fait
le comprendre, tout le monde n’a pas envie de voir un tel spectacle. D’autres ne sont pas armés pour cela. Et je ne parle pas de ceux pour qui le cancer a été une réalité froide, et qui ne
peuvent tout simplement pas accepter l’idée de le voir traité d’une façon burlesque.
Sans compter également, sur la forme de son histoire. Des personnages caricaturaux et extrêmes, des situations improbables,
une logique malmenée de bout en bout : Blier ne nous livre pas un film en fait, mais une fable, un conte moderne qui aura gardé la noirceur d’un conte de Perrault mais en aura perdu l’aspect
merveilleux. Le film navigue en eaux troubles, le message est parfois opaque car on ne comprend pas toujours où le cinéaste veut nous mener. D’autant que non content de mettre en scène Albert
Dupontel et Myriam Boyer en personnifications perverses de tumeurs malignes, Blier colle par-dessus tout cela une histoire d’amour un peu glauque et pas vraiment glamour,
en la personne de Louisa la servante secrètement éprise de l’écrivain ivrogne. De là à placer l’amour comme seul recours à la maladie il n’y a qu’un pas symbolique que Blier semble vouloir
franchir. Irait-il jusqu’à dire qu’il n’y a qu’une femme pour sauver un homme ? C’est peut-être un poil exagéré de prêter cette intention à un réalisateur en d’autres temps attaqué pour
machisme voire misogynie (avec les deux héros des Valseuses en témoins de l’accusation). Mais l’idée semble flotter dans l’air…
En fait je suis bien ennuyé au moment de donner mon avis sur Le Bruit des Glaçons. Par bien des aspects le film est
inclassable, même en termes basiques de « bon » ou « mauvais ». C’est très théâtral, et son côté fable coupe le film d’un réalisme auquel on essaie pourtant de se raccrocher
pour ne pas trop perdre nos repères de spectateurs. En même temps, si Blier avait mis la pédale douce là-dessus, il sciait de fait la branche sur laquelle reposait son script. On ne peut pas
reprocher à un film de manquer de réalisme si on accepte au départ qu’un homme puisse discuter le bout de gras avec un mec qui incarne son cancer. Bref c’est déroutant, mais c’est le postulat de
départ qui le veut. Les dialogues aussi abritent un étrange paradoxe. Les échanges entre Dupontel et Dujardin sont savoureux, ça s’invective, ça se dispute, ça essaie de jouer au plus malin, en
somme c’est plutôt bien écrit. Bien écrit mais pourtant ça sonne parfois faux. Comme quand on lit un bouquin trop bien écrit à voix haute. Bien écrit mais « trop » écrit, c’est
peut-être ce qu’on pourrait reprocher aux textes. Les mots sont beaux, les phrases bien trouvées, c’est juste que l’on se voit mal parler ainsi dans la réalité…
J’ai un peu lu les critiques du film ça et là sur internet. Évidemment on y trouve de tout, mais la plupart du temps les
critiques professionnelles sont assez positives en ce qui concerne le retour de Blier derrière la caméra. Et il y a aussi de très nombreux témoignages de spectateurs qui ont détesté le film, jugé
trop dérangeant, trop décalé. J’avoue que ça me semble assez logique finalement, que les détracteurs s’expriment plus que les autres. Parce qu’il est facile d’expliquer tout ce qu’on n’a pas aimé
dans ce film et pourquoi, bien moins d’arriver à saisir tout ce qui plaît malgré tout. Pour moi Le Bruit des Glaçons n’est pas un mauvais film, et pourtant je ne sais pas vraiment
comment le défendre, je ne sais même pas si j’aurais vraiment envie de le revoir. Le film de Blier est perturbant, aucun doute là-dessus.
S’il est un point qui ne souffre pas de discussion à mon sens, c’est la qualité de l’interprétation. Qu’on n’aime peut-être
pas les personnages est possible, mais les comédiens les interprètent à la perfection. Dujardin à ce titre m’a plutôt étonné, car c’est lui qui a le rôle le plus difficile je pense.
Dupontel en cancer mauvais et teigneux, j’allais dire que ça coule presque de source (et ça n’est en rien méchant, bien au contraire j’adore ce type). Celui qui avait plus à perdre dans l’affaire
c’était Dujardin. À force de jouer au con dans ses films, ça devient coton de jouer un rôle plus sérieux, surtout dans un film qui lui à un traitement burlesque. Pourtant Dujardin tire son
épingle du jeu, il parvient à rester crédible dans le rôle malgré certaines scènes limites. Il n’aurait pas fallu grand-chose pour qu’il tombe dans le ridicule à l’une ou l’autre reprise, sa
performance d’équilibriste mérite donc d’être soulignée. Quant à Anne Alvaro, là on est dans un autre registre. C’est simple je ne l’imagine même pas autrement dans la vie que comme elle apparaît
à l’écran (ce qui si cela s’avérait vrai serait un sort bien peu enviable) tant elle est dans le rôle.
Alors quoi faire ? Vous conseiller d’aller voir le film ou non ? Franchement je n’en ai aucune idée encore
maintenant que j’écris ces mots. J’ai d’ailleurs failli laissé tomber l’idée de chroniquer ce film tant je suis dans l’incapacité de me prononcer là-dessus.
Disons que si le thème ne vous rebute pas, si vous n’avez pas peur d’entrer dans une fable aux accents incommodes (rien à
voir avec un Burton par exemple), si vous avez un faible pour Dupontel comme moi, si vous êtes curieux de nature, essayez ce film. Mais je décline toute responsabilité si vous
deviez le détester !!
Ce film m'intrigue, et je pense que je le louerai quand il sortira en DVD. Quant au talent de Dujardin, je n'en ai jamais douté, pour moi il est la preuve éclatante (et Dupontel aussi, finalement), qu'un comédien qui a commencé comme "comique" (Dujardin a fait partie des Nous C nous, avant d'incarner chouchou à la télé) peut tout jouer, s'il s'en donne les moyens.
Autant ça fait bien longtemps que je n'ai plus aucun doute sur le talent de comédien de Dupontel qui me faisait mourir de rire en one man show, m'a régalé avec des films comme Bernie et m'a ému comme peu dans Deux jours à tuer, autant Dujardin je le classe encore dans une catégorie "doit faire ses preuves". Les Nous C Nous j'aimais bien, Chouchou et Loulou ouais pas mal, un peu plus de mal avec ses OSS ou Brice, le genre de rôles très vite saoulant à mon goût. Et puis je l'ai vu dans l'un ou l'autre rôles plus "dramatiques", et je dirais presque que c'est là que je le préfère en tant qu'acteur.
Ces deux comédiens m'intéressent ... je regarderai le film à l'occasion (Spooky, on s'fait une p'tite soirée DVD?) :)
Attention les gars, je vous aurai prévenus, c'est quand même assez spécial...
Pierig > Quand tu veux... tu amènes les chips ?
Spooky>>Volontier, mais pas de chips, c'est pas bon pour ma ligne (à moins que des sans sel?). Un petit Nikka? (ou un yamakazi de 10 d'âge) :)
Je vais passer pour un ignare, mais... c'est quoi un Nikka ?
Steph > Un Nikka est un whisky produit au japon, l'un de smeilleurs qu'il m'ait été donné de goûter jusqu'ici. Madame m'a fait un énorme plaisir en m'en offrant une bouteille l'année dernière (je crois). Pierig a eu la chance de pouvoir y goûter (ou alors je lui en ai tellement parlé qu'il a retenu le nom) :)
Ah ben voilà j'aurai appris qqchose aujourd'hui
Spooky>>Je l'ai goûté chez toi puis j'en ai acheté une bouteille depuis. J'ai aussi goûté le Yamakazi (autre whisky japonais) qui est pas mal dans le genre ... (on va passer pour des buveurs) :)
Du Yamakazi ? Luc Besson se met à produire de la bibine maintenant ?
Steph aussi est un amateur de whisky... Tiens, ma dernière découverte : Eddu, whisky breton au blé noir (ce qui est d'ailleurs l'exacte traduction en français du nom : eddu). Pas mauvais, une saveur un peu différentes des whiskies traditionnels... En fait je fais en sorte d'avoir en permanence chez moi 2 ou 3 bouteilles sur des gammes différentes : du bon voire très bon, mais pas tourbé, du "moyen" comme du canadien ou du Bourbon, et une autre bouteille "découverte". Sans parler du J&B pour les invités qui veulent un whisky-coca ou un whisky-orange.
Hum je n'irais pas jusqu'à là... un collègue m'a un peu initié il y a quelques années, mais ça fait longtemps que je n'en ai pas bu, et j'ai peur de n'avoir pas retenu tout ce qu'il m'avait raconté à l'époque... En ce moment j'apprécie plus de boire une bonne bière par exemple, au grand désarroi de mon tour de bidon...
Spooky est finalement plus buveur que moi :)
Ah... un grand concours dans l'air peut-être ?
Contrairement à vous deux je ne bois pas de bière, par contre. mais pas de concours, juste le plaisir de partager un spiritueux voluptueux :)
"contrairement" "par contre" ; je devrais me relire moi...
ou reboire un verre !
Et pourquoi ne pas rédiger un article sur le whisky ?
Ce sujet semble passionner les foules !
Alors ça j'en serais bien incapable ! Mais ça peut faire une bonne idée d'article pour le blog abandonné de Spooky !
Heu... désolée de venir troubler cette petite fête ! Les com's sont finalement aussi palpitants que l'article (pardon Steph ;-) !
Blier, ce sera sans moi, malgré une sacrée belle distribution, je n'y arrive pas, et celui-là encore moins que les autres, je pense...
Ah je crois que Mimi cherche la bagarre
Allergique à Blier ? je ne savais pas... ça date de longtemps ? et même Dupontel ne parviendrait pas à te faire essayer ?
Ah oui là Myriam, c'est une déclaration de guerre ! Oser gâcher une discussion sur cet élément de haute culture qu'est le whisky... ;)
Quant à en faire un article pour mon "second" blog, oui, pourquoi pas...
Ah mais sur ce point je suis d'accord avec Spooky : le whisky (tout comme la bière ou le vin) c'est un sujet tout à fait sérieux, et parfaitement culturel (sauf si on met du coca dedans).
Oh, je veux bien croire que le whisky puisse faire un sujet tout-à-fait honorable et culturel... je me contenterai de vous lire !
Quant à Blier, allergique depuis toujours... Je n'arrive pas à entrer dans son univers artificiel et surjoué. Ca ne me procure aucune émotion autre que de l'agacement. J'ai essayé, mais vraiment, c'est pas ma tasse de thé !
Bah pourtant :
On n'est pas bien là ? tranquille, à la fraîche. Décontractés du gland. Et on bandera quand on aura envie de bander !
C'est pas culte ça ?
Héhé, c'est pas parce que c'est culte que je suis obligée d'aimer ! ;-)
Il fut un temps ou mon homme me sortait régulièrement... cette réplique. Un temps lointain où il l'était un peu plus, décontracté (pfff).
C'est sûr, mais quand même, Les Valseuses quoi !
Bon, va falloir qu'avec Éric on le reprenne en main ton homme, histoire d'aller se décontracter le gl... enfin aller boire ensemble et rigoler un bon coup !
(tu lui donnes une autorisation de sortie ?
)