Partager l'article ! 26. Quatre mains contre trois pieds: 2005 a été l’année de deux films à grand spectacle qui ont bien plus de points communs qu’on ne ...
Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !
2005 a été l’année de deux films à grand spectacle qui ont bien plus de points communs qu’on ne pense à première vue. Les films auxquels je pense sont King
Kong et La Guerre des Mondes. Je me suis amusé à faire un petit comparatif.
King
Kong et La Guerre des Mondes sont deux films qui ont le même but : en mettre plein la vue du spectateur. Et l’un comme l’autre tient ses promesses. Techniquement ils sont très
travaillés, truffés d’effets spéciaux parfaits en tous points : crédibles et impressionnants à la fois. Le nec plus ultra.
Dans
les deux cas il s’agit de remake de vieux films mythiques, qui ont marqué l’inconscient collectif et évidemment contribué à poser certaines bases des genres qu’ils représentent. Le King
Kong d’origine date de 1933 alors que La Guerre des Mondes au cinéma remonte à 1953, mais le roman de H.G. Wells de 1898 avait déjà connu une première diffusion à succès sous
forme de fiction radiophonique en 1938 par Orson Welles.
À
la barre de ces deux blockbusters hollywoodiens, on retrouve des réalisateurs exceptionnels. La méga-star et ultra-bankable Steven Spielberg, et le multi-oscarisé et couronné de succès
pour sa monumentale trilogie tolkienne, Peter Jackson. Ils ont tous les deux déjà signé des films cultes dans leurs genres (les SDA, E.T., les Indiana Jones,
Bad Taste, etc…) et ont décidé de s’attaquer à des monuments de leur jeunesse, des films qui ont modelé leur univers cinématographique.
Leurs
films mettent en scène des icônes du cinéma fantastique. Le gorille géant et les tripodes destructeurs pilotés par des martiens, s’imposent comme des classiques des films de
« monstres » (les tripodes, bien que mécaniques, possèdent toute la sauvagerie et la puissance d’un King Kong, et incarnent tout autant –sinon plus encore- la peur aux yeux des frêles
humains).
Dans
les deux histoires, les protagonistes principaux vont évoluer pour changer du tout au tout. Ann Darrow (Naomi Watts), tout d’abord victime sacrifiée et prisonnière du simien géant,
va s’y attacher et finir par nouer une relation complice avec lui. Ray Ferrier (Tom Cruise), père inconstant et inconsistant va devenir pleinement responsable et adulte (au point de
choisir à un moment entre ses enfants, ou encore tuer de sang froid un homme pour protéger sa fille).
Les deux longs métrages nous proposent des scènes d’anthologie : King Kong qui combat trois tyrannosaures simultanément, la sortie de terre du
premier tripode géant, la fuite du troupeau de diplodocus, les plaines ensanglantées jonchées de ruines et de végétaux extra-terrestres, l’attaque de King Kong dans la salle de spectacle, la
scène de cache-cache dans la cave entre l’œil mécanique et les survivants terrorisés…
Mais
ils ne sont pas non plus dépourvus de défauts : la fin de La Guerre des Mondes est tout de même très décevante avec sa happy-end qui semble plus que déplacée (tout le monde est
sauf, tout le monde se retrouve dans la joie, plus aucune trace des attaques extra-terrestres). Et j’ai été passablement bassiné par le ballet sur glace de Ann et Kong en plein Central Park ou
encore les fameux échanges belle-bête ponctués de « c’est merveilleux » (surlignés au marqueur fluo pour qu’on comprenne bien surtout) en regardant le coucher de soleil sur l’horizon
lointain (d’abord sur l’île, ensuite à Manhattan). On a connu plus fin.
Bref,
beaucoup de points communs donc. Pourtant je dois avouer une nette préférence pour La Guerre des Mondes. Si les deux films se valent du point de vue spectaculaire, celui de Spielberg a
éveillé en moi quelques petites choses en plus.
Quand
je vois King Kong en action dans sa jungle je suis scotché. C’est très bien foutu, c’est fun et les images sont hyper-crédibles.
Mais
quand je vois surgir du sous-sol et tout détruire sur son passage le premier tripode de Spielberg, je peux aussi dire que je suis scotché à mon siège tellement les images sont bluffantes, mais en
plus j’ai sérieusement la trouille. Spielberg a su recréer cette même angoisse sourde que lorsque je regarde Les Dents de la Mer par exemple. Non seulement on s’en prend plein les yeux
et les oreilles (d’ailleurs la bande son est extraordinaire et participe à hauteur égale avec les images à l’ambiance du film), mais ce vieux briscard de la pellicule qu’est Spielberg sait
ménager ses effets et prendre le spectateur aux tripes avec tant de force qu’on est soulagé quand enfin l’action se calme à l’écran.
Voilà
la différence selon moi qu’il y a entre les deux films. Là où Peter Jackson fait preuve d’une grande technicité, d’une gestion des effets spéciaux impressionnante et d’une mise en scène musclée
qui sait rendre l’action avec force, Steven Spielberg cumule les mêmes qualités que son homologue néo-zélandais, avec en plus un talent de conteur hors-norme, qui fait qu’on est bien plus
impliqué dans son film que « simplement spectateur ».
À
qualité d’images identique, Spielberg insuffle un supplément d’âme à son métrage, et ça, ça change
tout.
Comparaison très intéressante!
Je n'ai pas vu King Kong, mais pour La Guerre des Mondes je suis tout à fait d'accord! L'angoisse est un des personnages principaux, c'est vraiment bien foutu.:)
Spooky >> Je n'ai pas été déçu par la façon dont les extra-terrestres périssent, mais vraiment par la scène finale, où toute la famille se retrouve comme si de rien ne s'était jamais passé. Je sais que sur ce coup Spielberg a été parfaitement fidèle à Wells, n'empêche que j'ai trouvé dommage de finir sur ce qui me semble être une "fausse note".
Quant à Doña, n'hésite pas à la faire dériver par ici... ;o)
Je partage complètement cette analyse. Avec Creep, La guerre des mondes est certainement le film qui m'a le plus fait flipper en 2006. Et quelle bande son... J'ai franchement adoré, et la fin ne m'a pas plus dérangé que ça. Dans un film aussi apocalyptique, une happy end ne fait peut-être finalement pas de mal...
Quant à Jackson, l'histoire a démontré que lui aussi savait impliquer le spectateur dans ses films. La trilogie du SDA en est le