Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !
Le voilà.
Je l’attendais depuis longtemps et c’est lui : le manga qui s’impose à moi comme l’une des plus belles bandes dessinées que j’aie pu lire. Ce n’est pas le premier manga que je lis mais presque, mais c’est le premier à me faire un tel effet. Il entre par la grande porte au sein des œuvres cultes, des bouquins qui ont su me marquer de façon indélébile.
Le postulat de départ est très excitant … ne vous êtes vous jamais posé la question de ce que vous feriez si vous pouviez revenir en arrière ? Ce que vous changeriez dans votre vie si vous aviez l’occasion de revivre des périodes-clés, ces moments où certains choix déterminent l’itinéraire d’une vie et où s’estompent comme des rêves les réalités qui auraient pu être, les chemins différents qui resteront à jamais de l’ordre du conditionnel passé ?
Jiro Taniguchi nous prouve ici à quel point la réponse classique « moi je ne changerais rien » n’est pas si évidente que ça.
Voilà très exactement le genre de sujet qui me fascine (cf. Non, rien de rien). Parce que tout en lisant l’histoire de Hiroshi, son retour à l’adolescence alors qu’il a gardé tous ses souvenirs d’homme mûr, on se pose des questions sur soi-même. Sur sa vie, sur ce qu’on regrette d’avoir fait. Sur ce qu’on regrette de n’avoir pas fait.
Taniguchi nous entraîne avec lui dans l’histoire intimiste d’un homme ordinaire. Ça peut
paraître un brin rébarbatif dit comme ça… et pourtant c’est tout le contraire.
Le récit est passionnant, parsemé de ces détails qui font d’une histoire une
bonne histoire. Et, bien que situé dans le Japon des années 60 la majorité du temps, le récit a quelque chose d’universel, ce quelque chose qui fait qu’il touche tout le
monde.
L’auteur prend le temps de poser son décor, ses personnages, il
évite de se précipiter dans le déroulement de son intrigue et c’est tant mieux. Car au fil des pages on évolue en même temps que Hiroshi.
D’abord l’étonnement, le refus d’y croire.
Ensuite vient l’expérimentation, on est heureux de voir le personnage profiter de son expérience
d’adulte pour améliorer sa vie d’adolescent. On se prend à espérer le voir réaliser telle ou telle chose, on se dit « moi à sa place je ferais ça ! », on vit l’expérience
pleinement.
Et enfin on se pose les questions de fond avec lui. A-t-il le
droit d’influencer son passé, de prendre des chemins qu’il n’avait pas pris la première fois qu’il avait 14 ans ? Le peut-il seulement ?
Le suspense monte tandis que Hiroshi cherche à résoudre le mystère de son père…
Bref, ce manga est captivant du début à la fin.
Côté dessin, Taniguchi sait faire jouer ses deux principales qualités : la simplicité et le
réalisme de son trait tiennent un grand rôle dans le fait qu’on se plonge sans la moindre retenue dans son histoire.
Quartier lointain est un de mes plus
gros coups de cœur de ces dernières années, et je le range sans hésiter parmi les chefs d’œuvre du 9ème art.
(ça se lit en deux tomes dans la collection écritures chez Casterman)
Tu me le prêtes quand ? ;-P
hé hé, j'ai plusieurs articles en prépublication sur Jiro Taniguchi, ils paraitront dans les prochains jours.
J'adore ce mangaka et moi c'est par le journal de mon père que je l'ai découvert.
J'ai déjà vu ça quelque part !?!?
Oui dans l'excellent bouquin de Ken GRIMWOOD "REPLAY", ou le héros revit plusieurs fois sa vie en gardant le souvenir de ses vies antérieures (merci STL).
Par contre je changerais bien quelques petites choses à ma vie, enfin quelques éléments clés de ma vie. Mais c'est impossible, car si je change un élément clé, ceux qui suivent n'existeront peut être plus et ma vie pourrait être complètement chaotique ou exotique ou fantastique ou maléfique ou tout simplement s'éteindre ...
Trop dur comme thème philosophique !!!
Mais j'aime bien
Je suis d'accord avec toi. Une des BD les plus émouvantes que j'ai lue à ce jour. Je me suis pas encore procuré Le Journal de mon père de Taniguchi que tu m'avais conseillé.
Goldesch >> quand tu veux !
Bakemono >> j'ai encore d'autres titres de lui à lire, peut-être de nouveaux articles en perspective également...
Xtof >> Eh oui, il arrive à STL d'avoir très bon goût :o) Par contre c'est vrai que tu as quelques menus progrès à faire en philosophie...
Joe >> en beauté et émotion, je crois que les deux titres se valent, tu peux y aller sans souci.
-dur dur de le lâcher, ce qui est difficilement compatible avec les fonctions de mère de famille...).
C'est un complot !
Nomad's Soul >> j'avoue n'avoir jamais entendu parlé de ce manga, mais je vais tâcher de me rencarder là-dessus. Merci du tuyau ;o)
Myriam >> eh oui maintenant que tu le dis, Muriel Barbery cite plusieurs fois Taniguchi dans son bouquin ! Bon, ben tu sais déjà quoi lire une fois que tu auras fini L'élégance du Hérisson !! ;o) Bonne lecture à toi !