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Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !

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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 08:44

Ce deuxième article consacré à la série Californication, je voudrais l’axer autour de LA figure féminine du show.
Tout du long des épisodes, des gonzesses on en compte treize à la douzaine. Voire un peu plus. Faut dire que le gars Hank, qui entraîne dans son sillage de maître-séducteur son pote apprenti-dragueur Charlie Runkle (qui ne boxe pas dans la même catégorie faut dire), les nanas il les enchaîne à tour de bras. Et pas un cageot dans le tas, que du premier choix.

Il y en a pour tous les goûts : blondes, brunes, rousses, jeunes, moins jeunes, timides, dévergondées tendance SM, étudiante-strip-teaseuse … en veux-tu en voilà.

Et pourtant, au milieu de ce flot de canons jamais farouches à dévoiler leurs charmes, il y a une femme qui surnage, qui survole même le reste de la horde féminine accrochée aux baskets de Hank. C’est Karen, l’ex-femme de Hank et mère de leur fille Becca. Avec elle les rôles sont inversés : c’est Hank qui est à ses pieds. Et pour cause : elle est la femme idéale. Rien de moins.

312 hank karen1
Karen, c’est l’actrice Natascha McElhone. Comédienne pas très connue dans nos contrées, j’avais déjà eu un gros flash sur elle la première fois que je l’avais remarquée. Elle jouait la femme décédée de George Clooney dans Solaris (le remake de 2002), celle qui hantait ses pensées et à l’image de laquelle il ne pouvait échapper. Je me rappelle qu’à l’époque le film n’avait pas eu très bonne presse, ni auprès de la critique ni auprès des spectateurs, mais moi il m’avait complètement subjugué. On lui reproche en particulier un rythme extrêmement lent et un manque total d’action. Et c’est précisément parce que le film est avant tout un film d’ambiance et de ressenti qu’il m’a plu. J’avais été littéralement hypnotisé par ses images somptueuses et ses scènes d’une beauté froide, presque figée. Il n’a pas marché avec beaucoup de monde c’est sûr, mais moi j’y ai été très réceptif. Et Natascha McElhone n’y a pas été pour rien : elle y avait (à mes yeux) l’image d’une femme fatale à laquelle on aurait ôté la violence qu’un tel statut peu sous-entendre. Fatale mais d’une douceur extrême. Une combinaison inédite et imparable. J’avais déjà pu la voir plus tôt dans Ronin et Truman Show, mais sans qu’elle sorte du lot, et c’est vraiment dans Solaris que pour moi elle était devenue une icône de féminité. Je n’ai d’ailleurs pas pu résister à l’envie de revoir le film avant d’écrire cet article...

312 Natascha McElhone
Et donc c’est sous les traits de Karen Van Der Beek, architecte d’intérieur, que la belle Natascha illumine la série Californication. Et je dois avouer que les mecs qui ont fait le casting chez Showtime ont eu le nez fin, parce qu’elle a le profil rêvé pour incarner LA femme, celle que Hank, celui qui peut avoir toutes les autres, élève au rang de déesse. Car c’est bien de cela qu’il s’agit dans la série. On a affaire à un séducteur né qui a trouvé celle qu’il croyait chimérique. Celle qui dépasse ses attentes, celle dont il ne se sentira jamais à la hauteur, celle qui l’élève de type irresponsable et qui cède à toutes les tentations en Homme. L’Homme avec un H, celui qu’on voudrait être, qui fait peur et envie à la fois, que le Hank qui enchaîne les conneries cherche à éviter de devenir tout en sachant que c’est ce vers quoi il doit tendre pour passer au statut d’adulte.

Cela dit, en se mettant deux secondes dans la peau de Hank Moody, on ne peut que comprendre qu’il succombe à ce point aux charmes de la belle Karen. Observons objectivement. Elle est magnifique. Elle a de l’esprit. Elle a un solide sens de l’humour et de l’autodérision. Elle a des qualités humaines certaines. Elle est über-sexy. Elle est compréhensive à l’extrême (et avec Hank c’est un minimum indispensable). Elle possède un charme fou. Elle est une mère, une femme et une amante passionnée. Et je stoppe là cette liste non-exhaustive sinon on risquerait de m’accuser d’être tombé amoureux d’un personnage de fiction.

312 Karen1
Bref, tout cela pour dire qu’en la personne de Karen, on tient un personnage fascinant. Car il est l’archétype de la perfection faite femme. En tout cas la perfection vue d’un point de vue masculin actuel. Bon d’accord, peut-être que tous ne seront pas d’accord avec cette affirmation, en tout cas c’est l’avis de Hank et le mien, je pars donc de cette vision là de l’héroïne. Elle attire et fait très peur à la fois. Elle fait peur… ou plutôt devrais-je dire, elle impressionne énormément. En fait Karen telle qu’on la voit dans cette série, est la femme qui incarne à la fois une espèce d’absolu (irrésistiblement attirante donc) mais aussi la flamme à laquelle le mâle bêta (on va l’appeler comme ça) risque à tout moment de se brûler les ailes. Celle qui lui donne l’impression d’être un petit garçon à côté d’elle. Celle dont il ne se sentira jamais à la hauteur, bien qu’il en crève d’envie. Celle capable de lui ôter tous ses moyens et toute sa confiance en soi d’un revers de la main, ou de faire de lui un demi-dieu d’un simple sourire.

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À ce titre d’ailleurs je me demande bien comment le personnage de Karen est perçu par les spectatrices. Tout comme Hank d’ailleurs, même si dans son cas à lui j’ai une idée un peu plus précise de la réponse. Est-elle un personnage de fiction réaliste ? une idéalisation purement sortie d’un esprit masculin ? un exemple à suivre ? une source d’identification ou de jalousie ? une pétasse à rouer de coups ?


En tout cas, boys and girls, n’hésitez pas à me donner votre vision du couple Karen / Hank, ça m’intéresse !!

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Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 08:38

Allez on va se la péter un peu. Oui amis lecteurs ici débute non pas un article, mais le premier d’une série de trois consacrés à la série télévisée Californication, que j’ai donc décidé d’appeler pompeusement triptyque Californication. En toute humilité.

Pourquoi trois articles ? d’abord parce que j’ai des choses à dire sur cette série que j’aime beaucoup, et que je voudrais éviter de tartiner des lignes et des lignes dans un seul article. Ça sera moins pénible pour vous de le lire découpé en trois parties qu’une seule ! À l’arrivée ça fait autant de blabla mais vous le sentirez moins passer, promis.

Ensuite parce que je voudrais aborder la série sous plusieurs angles d’attaque différents, qui se prêtent donc bien à un découpage en trois parties.
Et puis comme je le disais en début d’article, ça me permet de me la péter un peu.

Je ne vais donc pas aborder la série par saison. J’en ai vu les trois premières pour l’instant, et si j’ai trouvé la troisième un peu en-dessous des deux premières côté rebondissements et péripéties, elle possède une fin cataclysmique qui m’a marqué et qui m’a inspiré le titre de ce premier article, Moody le maudit.

311 hank porsche
Bon, replaçons d’abord dans le contexte : Californication est une série de la chaîne Showtime (ce sont eux qui produisent également les excellents Dexter et Weeds par exemple) qui raconte les aventures de Hank Moody (David Duchovny), un écrivain trash à succès dont le charme très m’enfoutiste est dévastateur auprès des femmes.

311 hank lit
Hank picole sec, fume, ne crache pas sur quelques substances interdites et euphorisantes de temps à autres et ne peut s’empêcher de tringler tout ce qui passe à sa portée. Cause ou conséquence… toujours est-il qu’il est séparé de Karen (Natascha McElhone) avec qui il a une fille de treize ans Becca (Madeleine Martin). Karen a refait sa vie avec un autre homme et Hank broie du noir car sous ses dehors de type qui n’en à rien à cirer de rien, qui pisse sur les conventions et le politiquement correct, son seul et unique problème c’est qu’il a beau être le type le plus cool de l’univers, il n’en est pas moins amoureux d’une femme qui ne veut pas de lui. Bon d’accord ça ne l’empêche pas de batifoler à droite à gauche (et on peut même raisonnablement dire qu’il ne se prive pas le saligaud), de jouer les jolis-cœurs et de ramasser à la pelle les nanas qui lui tombent toutes cuites dans le pieu et de faire comme si sa vie était une perpétuelle fête. Son meilleur ami et agent littéraire Charlie Runkle (Evan Handler) l’aide bien dans cette tâche d’ailleurs, toujours partant pour un truc déviant ou un peu pervers, surtout si c’est à base d’alcool et de jolies pépées.

311 attention ca deborde
C’est là toute la dualité du personnage de Hank Moody, ce qui en fait un personnage touchant et très attachant malgré sa foultitude de défauts dont le dixième devrait pourtant suffire à faire fuir n’importe qu’elle personne vaguement sensée et raisonnable. Hank est invivable, dragueur, insouciant, irresponsable, en un mot : Hank est auto-destructeur (merde, ça fait deux mots). Mais sous sa carapace de mec à la cool, de type que rien ne touche, sous sa répartie implacable et sa fâcheuse tendance à dire à tout va les vérités les plus dérangeantes possibles, il y a un autre Hank. Meurtri, sensible, capable de sentiments très profonds, irrémédiablement amoureux de sa Karen qu’il considère (à raison si je peux me permettre) comme la femme parfaite et idéale. Car Hank joue également de malchance, même s’il n’en laisse rien paraître. Ses qualités sont ses défauts : il est irrésistible mais lui a beaucoup de mal à résister à la tentation… les femmes le haïssent d’abord, ne peuvent s’empêcher de l’aimer ensuite (ce qu’elles trouvent à la fois charmant et irritant), … pour la plupart du temps finir par le haïr à nouveau. Capable du meilleur comme du pire, c’est un peu comme si de manière inconsciente (mais est-ce vraiment totalement inconscient ?) Hank ne pouvait s’empêcher de se saborder lui-même.

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Je ne veux pas spoiler le déroulement de la série, je vais donc éviter de parler de certains événements qui émaillent les trois saisons que j’ai pu voir jusqu’ici, mais ce qu’on peut dire c’est qu’à plusieurs reprises Hank en bave, puis touche du doigt le bonheur tant convoité avant de retomber (la plupart du temps de son propre fait) de plus belle et de remonter la pente lentement, et ainsi de suite… à cet égard la fin de la troisième saison est réellement triste et déchirante si on se place du point de vue de Hank. Lui qui manie l’ironie comme un maître dans ses saillies verbales et ses écrits à succès, le moins qu’on puisse dire c’est que l’ironie du sort il connaît aussi… et qu’il n’y échappe pas malgré tout son talent et ses tactiques d’évitement.

311 mia
Hank Moody c’est le type même de l’anti-héros auquel on a directement et irrésistiblement envie de s’identifier. Pensez-donc : il est beau, il possède un vrai génie littéraire, il ne bosse quasiment jamais et vit sur ses droits d’auteur, il est impertinent, drôle, il roule en Porsche 911 Carrera vieux modèle un peu destroy (dont il se préserve avec soin de réparer le phare cassé), toutes les femmes flashent sur lui et il fait pour ainsi dire tout ce qui lui passe par la tête et surtout jamais rien qui lui soit imposé. Le rêve pour tout spectateur mâle lambda non ? Mais je pense sincèrement que ce n’est pas pour toutes ces raisons là qu’il est vraiment touchant et qu’on ne peut s’empêcher de se voir un peu en lui. Car sous son apparence mister cool-attitude, il laisse par moments s’échapper bien malgré lui toute la fragilité dont il est en réalité fait (voir l’épisode traitant de sa relation à son père, entre autres, pour s’en convaincre). C’est un type qui parle de cul comme de météo au petit-déj, surtout pour cacher que c’est face à l’amour qu’il est sans défense. Les femmes sont pour lui des proies, mais il dépose les armes sans même combattre face à La Femme. Et il a beau travailler son image de mec qu’on aimerait tous être, lui tout ce qu’il voudrait c’est être le mec qu’Elle aimerait voir en lui. En fait durant tout la série, ses deux identités contraires ne cessent de s’opposer : l’icône du mâle et la fragilité du petit garçon. Si ça c’est pas en fait la marque d’un grand romantique…


311 hank karen
Mais chut ! Hank a une réputation de queutard à préserver, allez pas lui casser la baraque…

(en tout cas, moi qui suis un mec, je l’aime vraiment ce type, dans le genre loser magnifique qui essaie de sauver les meubles j’ai rarement vu mieux)


Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Génération TV
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 11:37

S’il est un acteur dont on peut dire qu’il aura trusté les salles de cinéma et les sorties dvd cette année, je crois bien que c’est Michael Fassbender.
Pour ma part en 2011 je l’ai vu cavaler en jupette romaine dans Centurion de Neil Marshall, assister en stetson au naufrage artistique de Jonah Hex, soulever des sous-marins nucléaires en tant que maître du magnétisme dans X-Men : Le Commencement* de Matthew Vaughn, se prendre la tête avec Sigmund Freud dans A Dangerous Method de David Cronenberg, et donc également tenter de satisfaire sa libido insatiable dans Shame de Steve McQueen (rôle pour lequel il a décroché le prix d’interprétation masculine à la Mostra de Venise).

D’ailleurs vous n’avez pas fini d’entendre parler du bonhomme, puisque rien qu’en 2012 il sera à l’affiche du prochain Steven Soderbergh (Haywire), du futur Jim Jarmusch (une histoire de vampires…), du nouveau Joel Schumacher (Blood Creek), du dernier projet de Darren Aronofsky en date (Noah) et surtout de la préquelle à Alien mise en boîte par Ridley Scott himself, Prometheus**.
Excusez du peu. Et encore je passe sous silence les projets plus confidentiels et pas liés à de grands noms du septième art comme ceux qui précèdent. Bref, Michael Fassbender a le vent en poupe, et à mon humble avis il le mérite.

310 shame brandon metro
J’en reviens donc à Shame. Vous en aurez peut-être entendu parler ou vous aurez peut-être remarqué son affiche toute en suggestion. Il fait partie de ces « petits » films totalement inattendus et à l’habit discret mais qui par leurs qualités auront su se créer un buzz positif chez les amateurs de cinéma. Fassbender y incarne Brandon, new-yorkais dans la trentaine, cadre dynamique qui travaille beaucoup, vit dans un appartement très classe où tout est clean et très sobre, et qui est atteint d’une réelle addiction au sexe. Solitaire dans l’âme, son obsession l’accompagne partout et à chaque instant. Quand sa sœur Sissy (Carey Mulligan) débarque sans prévenir et s’installe pour quelques temps chez lui, Brandon va devoir composer avec l’intruse à laquelle il va essayer tant bien que mal de dissimuler sa part d’ombre.

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Pas évident comme thème, et plutôt casse-gueule. Ici pas de place pour l’humour ou la dérision, on n’est clairement pas dans une comédie. On y traite de sexe oui, mais aucune blague potache à l’horizon, afficionados des American Pie et consorts ce film n’est pas fait pour vous. L’addiction au sexe de Brandon est montrée crûment certes mais d’une manière extrêmement froide. Le film qu’on aurait pu penser sulfureux de par sa thématique, s’avère en réalité plus dérangeant et glaçant qu’excitant. On y voit du sexe, on y montre des déviances, des obsessions, des fantasmes mais aucune sensualité, aucune douceur, pas d’amour. Brandon baise, il ne fait pas l’amour. Il semble totalement dénué de sentiments, même dans la scène où on le voit pleurer pendant que sa sœur chante New-York, New-York, il semble d’une froideur extrême. En fait, on devine en Brandon quelque chose bouillir, et tout se passe comme si lui qui garde le contrôle en permanence devait par moment s’autoriser des soupapes d’évacuation sous la forme d’actes sexuels. Masturbation, prostituées, sexe sans lendemain, sites pornographiques, tout est bon pour assouvir les besoins immédiats qui prennent de plus en plus de place et de temps dans sa vie. Car hormis son addiction, Brandon ne montre aucune faille, semble solide comme un roc, insensible, invariable, intouchable. En un mot, inhumain.

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C’est du reste tout le contraire de sa sœur du point de vue émotionnel. Sissy est hyper-émotive, cœur d’artichaut, fleur-bleue, extravertie, expressive et en recherche permanente d’amour. Mais les deux sont des paumés de première, des laissés pour compte des sentiments, elle avec un trop plein de sensibilité et lui d’une aridité suffocante. Brandon et Sissy formant finalement les deux faces d’une seule et même pièce : la solitude.

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Leur confrontation est à ce titre dévastatrice. Ils ne se comprennent pas, ils se détestent car ils voient en l’autre exactement ce qui leur manque en eux-mêmes. Brandon en particulier, qui ne veut laisser place à aucune faiblesse mais qui voit bien que sa frêle petite sœur, toute insignifiante à ses yeux qu’elle est, lui renvoie à la figure à quel point il est lui-même fragile, sa présence intempestive chez lui la transformant en ce grain de sable qui enraye la machine si bien huilée de sa vie, qu’il s’évertue pourtant à maintenir à flots. Sissy est la preuve vivante et irréfutable que Brandon est en fuite perpétuelle. Comme s’il se réfugiait dans le sexe pour ressentir des choses si fortes et furtives, qu’elles l’empêcheront et lui éviteront de ressentir d’autres choses par ailleurs. Le sexe est la barrière qui le protège, le cache, mais aussi qui l’isole du monde extérieur, des autres. Le sexe ne se traduit pas dans les yeux de Brandon par la brillance du plaisir, mais bien par le voile de la douleur.

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(Attention mini-spoiler)
Une des scènes les plus emblématiques, les plus touchantes mais aussi certainement les plus déprimantes étant celle où après un début de flirt avec sa (magnifique) collègue de travail Marianne (Nicole Beharie) qui s’annonce prometteur (sur le plan sentimental j’entends, très bons dialogues dans la scène du restaurant au passage), ils commencent à faire l’amour sans que Brandon ne parvienne à aller plus loin. Lui le bandard fou accro au sexe débande dès lors qu’un soupçon de sentiment s’immisce dans la relation…
… et pour fuir cet échec cuisant que fait-il ? il commande dans la foulée une escort-girl qu’il prendra sauvagement à l’endroit même où sa virilité s’est fait la malle face à un mot d’amour. Frustration, désespoir et fuite éperdue en avant sont là admirablement mis en images en quelque plans et en très peu de mots.
(Fin du mini-spoiler)

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Vous l’aurez certainement deviné, Shame n’est pas un film léger, et encore moins un film divertissant. Le film est dur, parfois difficile à regarder (quand Sissy surprend Brandon en pleine partie de cinq contre un dans la salle de bain, la réaction de ce dernier est telle qu’on craint un moment le pire), mais très intéressant, intelligent et hypnotisant. Fassbender, qui a mon sens n’a pas volé son prix d’interprétation à Venise, m’a plus d’une fois fait penser au personnage de Patrick Bateman dans American Psycho, incarné au cinéma par Christian Bale. Le même détachement inquiétant à toute forme de sentiment (en dehors de la colère). Le même regard froid de psychopathe (bien que Brandon n’ait rien d’un tueur pour sa part). La même incapacité à se soustraire à leurs obsessions.

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 Shame est un film d’ambiance, sombre, glauque même par moments, exigeant mais viscéralement attirant. Les comédiens y sont très certainement pour beaucoup. Un film qu’on ne peut pas vraiment « aimer » au sens premier du terme je pense, mais dont l’aura dégage quelque chose d’interpellant. Et en poussant la réflexion un peu plus en profondeur, c’est un film qui nous parle aussi un peu de nous-mêmes et de ce que nos existences peuvent avoir de part d’ombre. Un film à ne pas mettre devant tous les yeux et encore moins dans n’importe quelles conditions, mais un film à voir cependant.


* Je n’ai pas parlé de ce film sur le blog, comme certains autres du reste, car je l’ai vu à une période de l’année où j’avais bien du mal à aligner trois mots suffisamment intéressants pour essayer d’en tirer un article digne de ce nom. Je le considère cependant comme l’un de mes préférés sur l’année, et sans hésiter comme le meilleur film de super-héros de 2011.

** Cherchez l’intrus. C’est pas compliqué : homonyme d’un gardien de but et d’un pilote de F1, tous deux teutons. Ils partagent tous les trois un amour infini pour la finesse et le bon goût.

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Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 14:36

Il y a des montagnes qui accouchent de souris. Il y a des livres qui promettent beaucoup et qui tiennent peu. Il y a ceux qui s’annoncent pour ce qu’ils ne sont finalement pas. Et puis il y a ceux qui passent inaperçus mais qui recèlent pourtant de véritables trésors. Qui se cachent dans l’anonymat mais qui se révèlent être de très belles surprises.
Ce livre, Instructions pour sauver le Monde de Rosa Montero, est de ces derniers. Un roman espagnol d’un auteur que je ne connaissais pas du tout, qui ne paye pas de mine, qui n’a pas fait beaucoup parler de lui mais qui est un vrai petit bijou de lecture.


Rosa Montero nous invite dans la vie morne et d’une profonde tristesse de quatre personnages hétéroclites. Il y a Matias, un chauffeur de taxi qui a perdu sa femme morte d’un cancer et dont la vie s’est arrêtée, mise en suspens, en même temps qu’il est devenu veuf. Matias est un homme bon, pourtant il est obsédé par l’idée de venger son épouse. Il y a Cerveau, une vieille femme, ancienne scientifique déchue qui se réfugie toutes les nuits dans l’alcool. Elle passe inaperçue mais a pourtant tant à dire, tant à enseigner à qui voudra bien l’écouter. Il y a Daniel, médecin urgentiste qui ne croit plus en rien. Ni en son couple, ni en son métier, ni en son avenir. Pour redonner un tout petit peu d’intérêt à sa vie, il se réfugie dans le virtuel de Second Life. Il y a Fatma, magnifique prostituée africaine qui a traversé l’horreur et qui ne se sépare pas de son lézard totem, celui qui prend soin d’elle.
Il y a quatre survivants dans cette tentaculaire ville de Madrid qu’on n’imaginait pas prendre un tel visage la nuit tombée. Et puis il y a en fond narratif les exploits macabres de l’assassin du bonheur, surnom donné par la presse au tueur en série qui sévit dans la ville, laissant à ses victimes qu’il tue sans violence un sourire figé sur le visage.
Ces quatre personnages cassés, éclopés de la vie, vont voir leurs destins s’entrecroiser d’une façon inattendue, pris dans la grande toile que tisse la vie.

Ce roman est une énigme. Il traite de choses très dures, de situations horribles, de souffrances profondes, de frustrations intenses, d’échecs et de désespoir. Certains passages sont vraiment difficiles à lire tant ils nous décrivent des images violentes et des moments de pure tristesse. Et pourtant… Pourtant il ressort de ce livre un vrai optimisme ; d’une base de roman noir Rosa Montero nous livre un récit lumineux. Totalement dénué de morale  et sans étalage aucun de bons sentiments, ce livre reste malgré tout une ode à la vie. La vraie vie, celle qui est parfois si cruelle et impitoyable. Si douloureusement belle.

Le roman est construit à la manière d’un puzzle. Ce qui commence comme une histoire chorale prend lentement forme pour devenir le récit de rencontres improbables et pourtant parfaitement naturelles, rencontres qui vont cependant changer le monde de chacun des protagonistes. Le cheminement de chacun des personnages sera difficile, mais conté avec un étonnant équilibre entre humour, dérision, violence et sensibilité. C’est là tout le talent d’écrivain de Rosa Montero. Elle nous prend dans la toile de son récit et le lecteur se laisse emporter dans cette spirale sans opposer la moindre résistance tant c’est bien écrit. Ça bouscule parfois mais c’est agréable. À ce titre les passages où Cerveau fait part de ses anecdotes scientifiques avec une pédagogie à faire pâlir d’envie pas mal de vulgarisateurs scientifiques, sont autant d’occasions de relativiser la vie et se permettre de la considérer sous un éclairage différent de ce dont on a l’habitude. Se décaler un peu pour voir différemment le monde, changer l’angle pour découvrir une face restée jusqu’alors dans l’ombre alors qu’elle est là depuis toujours. Coïncidence amusante : l’auteur adresse en fin de roman ses remerciements à Bill Bryson pour son ouvrage Une Histoire de tout, ou presque qui lui a inspiré les anecdotes scientifiques de Cerveau. Amusante car justement ce gros bouquin de Bryson attendait depuis quelques mois déjà sur ma Tour de Pise de livres d’être lu. J’en reparlerai donc ici prochainement …

 Instructions pour sauver le Monde aura été une vraie belle surprise et mon premier coup de cœur littéraire de 2011*. Un petit roman qui mérite d’être découvert et que je recommande.



* Oui il y en aura d’autres, et oui je suis un tantinet en retard** pour la rédaction de mes articles.

** En fait c’est assez simple : sauf cas exceptionnel, je mets environ un an entre le moment où j’acquiers un livre et le moment où je le lis, et il s’écoule à peu de choses près un an*** entre la lecture et la mise en ligne de l’article qui lui est consacré. Ce qui a pour principale conséquence que mon blog n’est jamais, jamais, jamais en phase avec l’actualité littéraire. Rien de bien grave en somme.


*** Délai que je vais tâcher de réduire un peu tout de même, ça fait pas sérieux …

309 instructions pour sauver monde couv

Par Stéph - Publié dans : Lire ou écrire ?
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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 11:22

Plus de 15 millions de spectateurs après sa sortie en salle, je me suis dit qu’il faudrait que moi aussi je me penche sur le film phénomène du moment : Intouchables. Cela dit j’ai hésité un peu, le nombre d’entrées n’ayant jamais été garant de la qualité d’un film. Pour preuve, je garde un souvenir mitigé du précédent gros carton au cinéma que fut le Bienvenue chez les Ch’tis de Danny Boon. Je l’avais trouvé moyennement drôle malgré tout le talent de Kad Merad (et je dois dire aussi que la participation de Michel Galabru m’avait vraiment fait marrer) et j’avais trouvé sa dernière demi-heure complètement ridicule.
Mais bon, Intouchables avait quand même l’air fait d’un tout autre bois, le pitch et les comédiens en outre m’attiraient beaucoup.


308 Intouchables seance habillage
Et puis voilà, j’en suis sorti en me disant que finalement je n’avais pas que des goûts si bizarres que ça. Parce que pour citer François Cluzet dans le film, j’ai kiffé grave.
Du début à la fin, ce film sonne juste. Il est la plupart du temps très drôle, mais il touche également à des sujets sérieux et graves, voire tristes (du handicap évidemment, mais aussi de la précarité et de la pauvreté en France, du racisme ordinaire ou encore des inégalités sociales) tout en se gardant bien de se vautrer dans le piège du misérabilisme et du pathos.
Une fois n’est pas coutume, je vous fais grâce du résumé du film de Éric Toledano et Olivier Nakache, on en a tant parlé ailleurs que tout le monde sait de quoi ça cause je pense.

308 Intouchables surprise
Ce que j’ai vraiment adoré dans ce film, c’est la rencontre improbable de deux personnages que tout sépare : physique, morale, origines, génération, condition sociale, culture… mais qui ont en commun deux choses essentielles : un solide sens de l’humour et un esprit ouvert. Ce qui est d’ailleurs assez étonnant de la part de deux types qui, pour des raisons très différentes, auraient toutes les raisons d’être aigris et d’en vouloir à la Terre entière plutôt que de  prendre la vie avec le sourire comme ils s’efforcent de le faire.

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Ce qu’on retient avant tout du film, c’est évidemment la prestation géniale de Omar Sy (Driss) et de François Cluzet (Philippe), tous les deux habités par leurs rôles, et d’un naturel effarant à l’écran.
On a d’un côté l’enthousiasme délirant et la bonne humeur communicative de Omar Sy et de l’autre la sensibilité et la finesse de jeu de Cluzet qui films après films s’affirme vraiment comme un des acteurs les plus complets et talentueux du moment.

308 Intouchables 12kmh
Le duo fonctionne à merveille et ils nous embarquent avec eux dans leur histoire et dans leurs délires. Les seconds rôles sont presque anecdotiques tant les deux acteurs principaux bouffent l’écran, mais on retiendra en particulier Anne Le Ny (Yvonne) en bourgeoise gentiment coincée et Audrey Fleurot (Magali) en bombe incendiaire à la classe ultime et à l’humour piquant. On se marre beaucoup dans ce film, c’est rien de le dire, et on en ressort avec une banane énorme.
Je n’irais pas jusqu’à crier au génie absolu comme j’ai pu l’entendre ici ou là, mais vraiment, Intouchables est un excellent film et une comédie très réussie. Le cinéma français aura été gâté ces derniers temps.

308 Intouchables aff

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 10:37

Amateurs de nostalgie, bonjour. C’est ici que ça se passe, vous ne pouviez pas mieux tomber.
Comme le fait remarquer un des auteurs en début d’ouvrage, il y a deux écoles : ceux qui prononcent Strange à la française et ceux le prononcent à l’anglaise (Stren-dge) (oui je suis naze en phonétique) (m’en fous). Moi je ne m’étais jamais posé la question avant ce bouquin, persuadé que ma prononciation était la seule (et donc la bonne). Je suis définitivement de ceux qui prononcent à la française, tout simplement et très certainement parce que j’ai découvert ce titre à un âge où je n’avais encore jamais fait d’anglais à l’école. Ça donne peut-être un petit côté désuet au titre (et à moi) mais je ne me vois pas prononcer ça autrement.


Avec Nos Années Strange donc, Sébastien Carletti et Jean-Marc Lainé nous offrent une rétrospective de 1970 à 1996 centrée autour du célèbre magazine Strange mais débordant plus largement sur tout ce qui concerne la présence des Super-Héros américains dans nos vies de jeunes lecteurs d’alors. Le livre des deux compères ne traite donc pas uniquement du magazine Strange, le plus emblématique de tous, mais passe en revue l’ensemble des parutions qui lui ont été contemporaines et où ont été éditées les aventures des super slips made in America. C’est ainsi que les auteurs nous replongent dans un océan de magazines divers et variés, depuis les productions Arédit et Artima ou Sagédition, jusqu’aux dérivés de Strange qu’ont été Titans, Nova, Spidey, Spécial Strange, les RCM (Récits Complets Marvel), Top BD, VI (Versions Intégrales) et j’en passe parus chez Lug (l’éditeur lyonnais historique de Strange) puis chez Semic (après le rachat de Lug par le groupe suédois du même nom).

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Et comme les super-héros n’ont pas attendu les franchises cinéma des années 2000 pour s’extirper de leurs pages, Lainé et Carletti nous causent avec enthousiasme, je dirais même avec gourmandise, de tous ces autres supports qui les ont accueillis eux et leurs proches cousins qui surfent sur les mêmes thèmes. J’ai adoré voir cités par exemple Steve Austin (Lee Majors en homme bio-ionique et non pas Stone Cold le catcheur) ou encore  le palmé Homme de l’Atlantide (Patrick Duffy en slip de bain quelques années avant sa période Bobby Ewing) qui ont bercé mon imaginaire de petit garçon au même titre que Peter Parker et Ben Grimm. Les auteurs rendent bien évidemment hommage au Superman de Richard Donner qui imposa en 1978 l’inconnu Christopher Reeve comme icône absolue des types en collants, le premier super-héros à s’imposer au cinéma. Batman avec ses différentes incarnations sur grand et petit écran n’est pas en reste, et c’est avec plaisir qu’on découvre ou redécouvre des films un peu plus obscurs et/ou oubliés tels que Condorman, le Spider-Man de 1977 (mais aussi le dessin animé beaucoup plus ancien qui passait dans Croque-vacances de Claude Pierrard … ah bordel comment j’adorais ça !), le tristement mésestimé Dick Tracy de Warren Beatty, le Fantastic Four de 1994 produit par le pape des zèderies Roger Corman, ou encore mon très cher Dolph Lundgren dans ce qui fut certainement son meilleur rôle et dont je vous rebats les oreilles ici : le Punisher de 1989. J’en passe et des meilleurs.

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Et puis on fait également un détour par les jeux vidéos, grâce auxquels on retrouvait nos héros tous pixellisés sur à peu près tous les supports qui ont existé depuis les Atari en passant par les Amstrad CPC 6128 et consorts, les consoles de jeux type Super Nes de Nintendo ou les Mega Drive de Sega et toute l’évolution technologique qui a suivi…
D’ailleurs côté jeux, les jeux vidéos sont loin d’être les seuls mentionnés dans le bouquin, puisqu’on a un gros morceau consacré aux jouets de toutes sortes qui ont ensoleillé nos journées d’enfants. Ah ! que n’ai-je passé d’heures et de jours à m’éclater en vase clos moi et mes figurines Guerres Secrètes de Mattel. Combien de fois Fatalis a-t-il fini vaincu par Captain America au fond de l’évier comme dans la pub à la télé ? Combien de forteresses ai-je érigé à mes jouets favoris, à base de cartons, boîtes à chaussures et rouleaux de PQ ? Bien plus encore que mes playmobils, mes robots Transformers et Goldorak ou mes figurines Star Wars, c’était bien mes jouets Guerres Secrètes qui m’auront fait le plus rêver…


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Vous avez vu comme j’ai dérivé l’espace de quelques paragraphes ? Au départ j’ai commencé par vous dire ce qu’on trouve dans Nos Années Strange et quelques lignes plus tard je ne peux pas m’empêcher de vous parler de mes jouets de gamin. Et bien c’est ça le super-pouvoir de ce livre. Si vous avez connu cet univers dans vos jeunes années, ce bouquin ne sera pas qu’une mine d’informations et une rétrospective historique et culturelle ultra-documentée : Lainé et Carletti parleront directement à votre âme d’enfant, et ça non seulement c’est imparable mais c’est aussi foutrement bon.

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L’espace d’un instant je me suis replongé dans cette époque. Je me suis revu découvrir le monde unique des super-héros alors que je devais avoir 7 ou 8 ans. Bloqué au lit par je ne sais plus quelle maladie infantile, on me donna un vieil exemplaire à moitié disloqué de Titans 28, avec Captain Marvel en couverture. Ça a été ma première rencontre avec Captain Marvel donc, mais aussi Iron Fist qui combattait Serval (le nom francisé de Wolverine en ce temps là) Colossus et Diablo des X-Men. Ça a été mon coup de foudre pour un héros très old-school, 35ème couteau de l’écurie Marvel, apparaissant dans une poignée de parutions mais justement présent dans l’épisode des Envahisseurs (The Invaders) de Titans 28 : Le Diamant Bleu qui reste aujourd’hui encore l’un des personnages qui m’aura le plus marqué (c’est à se demander comment et pourquoi vu le personnage et l’usage restreint qu’on fait de lui dans la série, mais ça fait partie de la magie de l’enfance et ça ne répond évidemment à aucune logique).

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Et vous avez vu encore une fois ? J’ai dérivé sans m’en rendre compte !

 Nos Années Strange c’est ça : une palanquée de souvenirs d’enfance dans la tronche à chaque page qu’on tourne. Et de tellement bons souvenirs qu’on en est presque à regretter de clore définitivement le bouquin après sa dernière page, en se disant qu’on n’aurait pas été malheureux que le livre de Carletti et Lainé fasse une centaine de pages supplémentaires, histoire de retarder un tout petit peu l’heure de refermer la fenêtre qu’ils ont ouverte sur notre enfance.

Bref, vous l’avez compris, j’ai adoré. Et je recommande plus que vivement. C’est un must, il FAUT le lire et s’offrir une petite plongée revigorante dans notre passé, du temps où on était encore jeunes, beaux et insouciants (si, si).

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Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 10:02

Bon, ça fait un bail que j’ai pas causé de bouquin par ici. Pourtant j’en ai une petite quinzaine sous le coude, que j’ai lus sans encore en avoir parlé. On va tenter de rattraper un peu le retard pris…

Aujourd’hui donc, c’est au tour de Paradis Perdu, de Gudule. Du haut mon ignorance crasse, j’avoue qu’avant de tomber sur ce bouquin (qui m’a attiré par sa couverture où l’on voit trois cochons aux yeux exorbités flotter nonchalamment parmi les nuages) je n’avais jamais entendu parler de son auteur. Pourtant la quatrième de couv décrit Gudule comme « la reine des romans d’humour » ayant déjà publié 400 livres, destinés pour la plupart à la jeunesse (ceci explique peut-être cela). Toujours sur la quatrième de couv on nous promet un « roman pour adultes vraiment déjanté, politiquement pas correct et complètement délirant », la présentation se terminant par « humour, dérision, irrespect sont les maîtres mots de ce road-movie posthume, où les valeurs sacrées sont allègrement piétinées » ponctuée d’un avertissement : « Esprits chagrins s’abstenir ! ».

Moi, des accroches pareilles ça me met la salive à la bouche, forcément. D’autant que le départ de l’intrigue laisse présager des développements sympathiques.

Dans Paradis Perdu, la narratrice nous raconte la mésaventure de sa mère, Andrée Vandermeulen née Devries, fervente catholique, croyante et pratiquante, morte d’une attaque cardiaque et promise à coup sûr au paradis. Sauf qu’une malencontreuse erreur a lieu, et qu’en lieu et place du paradis catholique tant attendu, la pauvre Andrée se retrouve au mont Olympe où elle va faire la connaissance à son grand étonnement d’une partie du bestiaire mythologique grec et des Dieux hauts en couleurs qui vont avec. Polie mais décidée, elle compte bien réclamer ce qui lui est dû : un séjour éternel au paradis des chrétiens, dans la félicité et la paix, refusant tout net de rester dans ces lieux de débauche païens où elle vient d’atterrir. Au paradis d’ailleurs on a eu vent de l’erreur d’aiguillage et on envoie un ange récupérer la brebis égarée. Mais l’ange en question va découvrir que l’Olympe c’est sympa aussi, on y déconne même un chouïa plus que chez Saint Pierre…

Franchement j’ai trouvé le pitch super sympa, l’idée de départ maligne, et exposé comme ça, ça promettait beaucoup. Peut-être un peu trop d’ailleurs, question promesses. Honnêtement je cherche encore l’irrespect et les valeurs sacrées piétinées. Pour tout dire oui, je vois bien à quoi il est fait allusion, mais bon voilà quoi, à l’arrivée j’ai trouvé ça un peu fade et pas bien relevé en fin de compte. Si l’irrespect c’est de choisir de narrer les aventures de sa propre mère dans l’au-delà faisant son coming-out avec la reine des Amazones alors ok, mais pour ma part cet artifice n’a pas fait mouche, désolé. J’admets bien volontiers que pour un fervent catholique bien conservateur ce bouquin peut paraître choquant, mais pour tous les autres… bof quoi. Si vous voulez du politiquement incorrect qui touche à la religion, la morale et les valeurs sacrées lisez le Preacher de Garth Ennis et Steve Dillon, là vous en aurez pour votre argent, mais j’ai été bien peiné de constater qu’on n’en retrouve pas le dixième dans Paradis Perdu qui en promet tant pourtant.

Côté humour, là encore on va dire que ce n’est pas la cascade de poilades annoncée non plus. C’est plaisant sans plus, on sourit parfois de certaines situations ou dialogues mais rien qui ne m’ait fait m’esclaffer. Alors on a bien quelques personnages réussis comme un Ulysse complètement obsédé sexuel pas déplaisant du tout par exemple, quelques idées amusantes par-ci par-là, mais rien de vraiment retentissant.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été convaincu du tout par ce livre, je m’attendais certainement à autre chose, mais je n’arrive pas à me sortir de l’idée que ce qui est annoncé en quatrième de couverture est un brin exagéré et trompeur quant au contenu réel du récit. Moi qui m’attendais à tomber sur une petite perle d’humour grinçant et d’ironie, c’est à un pétard quelque peu humidifié que j’ai eu à faire. Décevant. Ou peut-être suis-je un de ces esprits chagrins mis en garde plus haut, auquel cas je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.

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Par Stéph - Publié dans : Lire ou écrire ?
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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 11:03

Après avoir vu Polisse, je m’étais dit à moi-même (oui je me parle) que le prochain film que je verrai serait bien mal loti de passer après. Faut dire que le film de Maïwenn m’a tellement marqué que j’avais peur de trouver fadasse à peu près tout ce qu’on me proposerait dans la foulée.
Et j’ai hésité avant d’aller voir Toutes nos Envies de Philippe Lioret dont j’avais eu de lointains mais bons échos. Par crainte de ne pas le juger à sa juste valeur. Eh bien je me suis planté et c’est tant mieux : Toutes nos Envies a bel et bien tenu toutes ses promesses.


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Dans le film on suit Claire (Marie Gillain), jeune juge fraîchement arrivée en poste à Lyon, et jeune maman de deux enfants. Elle traite entre autres d’affaires de surendettement, et c’est ainsi qu’elle va être amenée à s’occuper du cas d’une femme, Céline (Amandine Dewasmes) qui s’avère être la maman d’une petite fille qui est une amie de ses propres enfants. Décidée à aider Céline, elle va s’engager dans un combat contre les sociétés de crédit. Combat jugé perdu d’avance et vain par l’ensemble de sa profession. Mais Claire sort elle-même d’une famille qui a connu les privations et les problèmes d’argent, et se sent doublement concerné par ce genre de situations. C’est lâchée et même menacée par sa hiérarchie qu’elle va rencontrer Stéphane (Vincent Lindon), un juge chevronné, conscient des injustices légales mais qui a perdu ses illusions et semble désabusé quant à ses capacités à y changer quelque chose. Pourtant entre Claire et Stéphane va se créer une réelle complicité, une relation forte et particulière, une connexion qui va les lier dans leur combat contre le surendettement. Mais le combat de Claire n’est pas qu’altruiste, elle se bat également contre un mal intérieur qui la pousse à vivre dans l’urgence et à agir vite. Bientôt, sauver Céline devient pour Claire le but ultime, une façon pour elle de sauver sa propre famille.

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C’est très difficile d’en dire plus sur le film sans en dévoiler certains aspects qu’il vaut mieux découvrir au visionnage. Toujours est-il que le film joue sur deux tableaux dont les interconnexions sont très fortes : d’une part l’aspect très juridique qui concerne la défense des particuliers face aux sociétés de crédits qui usent de méthodes insidieuses et malhonnêtes pour faire raquer les gens à des taux impossibles. D’autre part un combat intime, personnel, que mène Claire contre la fatalité et pour maintenir le bonheur au sein de sa petite famille.
Elle va entraîner avec elle Stéphane, d’abord sur le plan purement juridique puis dans son combat personnel. Ce film c’est aussi d’ailleurs l’évolution du personnage incarné par Vincent Lindon, désenchanté au début puis revigoré par l’enthousiasme et la volonté de Claire qui va le pousser à se révolter et ébranler un ordre établi contre lequel personne ne cherche plus à s’élever.

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C’est justement grâce à ce parallèle incessant entre combat juridique (pour le bien de tous) et combat personnel (pour le bien de nos proches) que Philippe Lioret parvient à créer un lien très fort entre le spectateur et les personnages à l’écran. Ils sont vrais, ils sont sincères, volontaires mais faillibles, en un mot : humains. Et donc on adhère, on y croit, on est impliqué avec eux. Pourtant le constat est amer : il est ici très clairement démontré que la Justice ne privilégie pas ce qui est juste, mais uniquement ce qui est légal. Les sentiments et la morale n’ont pas prise sur un contrat. Et comme en écho à l’injustice légale, on réalise que dans nos vies intimes aussi, la justice n’a pas sa place. Les choses arrivent, peu importe qu’on les considère comme justes ou non, elles nous dépassent et s’imposent malgré tout.
Si le film ne laisse pas de doute ni d’illusion sur la Justice, il décortique le processus et la logique judiciaire jusqu’à en toucher les limites, et c’est finalement avec un certain cynisme qu’on se rend compte que les solutions, quand elles existent, sont détournées, pleines d’ironie. À défaut de tuer tout espoir en la société, Toutes nos Envies ne laisse pas pour autant sur un sentiment très positif ni optimiste à son sujet. On est plutôt dans la sensation qu’on reste définitivement englué dans un système extrêmement complexe et potentiellement très hostile dans lequel la plupart du temps « se battre pour changer les choses » a cédé sa place à « combattre pour survivre ». Tout n’est pas forcément perdu d’avance, mais l’idée de « vouloir c’est pouvoir » en prend un sérieux coup dans l’aile (pour ma part ça fait un bail que j’en suis revenu de cette philosophie de la vie gentiment naïve).

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Mais ce qu’on retient avant tout de ce film, c’est que quelle que soit la situation, difficile ou même désespérée, même si on perd à la fin une chose prime : se taire c’est accepter et perdre doublement. Toute la force et toute la volonté du monde ne suffisent pas toujours à gagner, mais faire de son mieux est la seule façon de rester debout. À ce titre, la scène de Claire donnant son parfum à Céline est à mon sens peut-être la plus belle preuve de volonté et de force (ceux qui verront le film comprendront ce que je veux dire).


Vraiment, Toutes nos Envies n’est pas le film le plus gai qui soit mais n’en conserve pas moins une aura positive à mes yeux. Je ne peux que le conseiller, voilà encore un très bon film français en cette fin d’année.

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Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 17:09

Je regarde beaucoup la télévision. De moins en moins pour y voir les programmes que nous proposent la pléthore de chaînes qu’on capte depuis la TNT, hormis quelques séries. La majeure partie du temps, quand mon téléviseur est allumé, mon lecteur Blu-Ray l’est aussi. Je suis un gros consommateur de film et de séries sur supports Blu-Ray et dvd. Du reste mon salon commence à être envahi de dvd qui débordent de partout.
Et comme je ne suis pas du genre à sortir dans le froid le soir pour aller me louer un film, la plupart du temps je sors dans le froid en rentrant du boulot pour aller en acheter. Ouais je sais, pas logique, pas économique. Mais que voulez-vous, on ne se refait pas.
D’ailleurs plus d’une fois je me suis laissé attiré par un titre intriguant ou une jaquette prometteuse qui m’auront laissé sur ma faim au visionnage avec le sentiment très net de m’être fait rouler. Mais comme le papillon de nuit qui revient sans cesse vers la lumière (merde, quel style poétique à deux balles j’ai quand je veux), je reviens vers mon dealer de films attitré à la recherche de quelque nouveauté alléchante ou vieillerie rééditée.
À ce titre, un film plus que tout autre revêt le costume de Saint Graal tant je le recherche depuis longtemps, fébrilement, sans jamais parvenir à le trouver. J’ai de ce film une antique cassette vhs chez moi, que je chéris inconditionnellement, prenant bien garde à la maintenir loin du soleil, la protéger des sources de chaleur et d’humidité, rangée bien verticalement dans le plus grand respect des règles de conservation otpimales des bandes vhs. Des années que j’attends sa réédition en format dvd. De quel film je parle ? Du Punisher* de 1989  de Mark Goldblatt bien évidemment, celui où Dolph Lundgren en personne s’est teint les cheveux en noir pour incarner Frank Castle. Ah j’en entends déjà ricaner, rire sous cape, se gausser de moi en me désignant d’un doigt moqueur et accusateur. M’en fous, je fais ce que je veux encore. Je suis fan de ciné et de comics, je n’ai jamais prétendu être détenteur du bon goût universel. Et puis d’abord laissez moi continuer mon article, oh.


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J’en étais où moi ? Ah oui, je causais de ma tendance à acheter beaucoup (trop) de dvd et Blu-Rays. Passionné et dépensier certes, mais pas complètement débile non plus, je fais en sorte d’acheter au meilleur prix, ce qui élimine d’office certains magasins qui exercent une politique de prix à se demander parfois si leurs dvd sont plaqués or. La RNAC** en tête par exemple. Mais depuis quelques temps, avait ouvert tout à côté de chez moi un magasin d’une nouvelle enseigne sur la région : Neptun***. Et chez Neptun, à ma grande surprise, mais aussi à mon grand contentement, ils pratiquent des prix sympas, étant en général 5 euros moins cher que les prix moyens chez la concurrence. Et vu la quantité de films que j’achète, ce n’est pas négligeable. J’étais donc devenu un fervent client du Neptun de Wittenheim, société de consommation quand tu nous tiens…
Mais patatras ! Neptun s’est fait racheter depuis peu par Pâtissier****… et c’est non sans curiosité que je m’y suis rendu pour la première fois sous leur nouvelle enseigne la semaine dernière. Fallait s’y attendre : mêmes rayonnages, mêmes produits, mêmes dvd et Blu-Rays, mais pas les mêmes prix du tout. Hop, valse des étiquettes, hausse des tarifs. On se retrouve avec un prix qui n’a plus rien de la bonne affaire comme auparavant. Déçu, je quitte le magasin, en me disant qu’à toute chose malheur est bon : peut-être que ça m’incitera à faire des économies en achetant moins de films à l’avenir.

Ou pas.
Comme je ne suis pas du genre à lâcher le morceau aussi vite, je me dis que quand même, je jetterais bien un œil au Neptun de Mulhouse, juste pour voir si là-bas aussi la hausse des prix a frappé. Je m’y rends donc fin de la semaine dernière, sans grand espoir et… pas d’enseigne Pâtissier à l’horizon. Encore Neptun. J’entre. Et je retrouve bien les prix dont j’ai l’habitude, de 5 à 10 euros (quand même !) de moins sur les Blu-Rays. Puisque je suis là-bas je fais un scan rapide des rayons, je passe en coup de vent dans les étalages de dvd, l’étiquette « bonnes affaires » trône au-dessus de l’un d’eux et là je m’arrête net. Fais demi-tour, incrédule. J’avais bien vu : le dvd du Punisher avec Lundgren est là, sous mes yeux. Seul, perdu au milieu d’infâmes bouses sans nom, en exemplaire unique, portant une pastille jaune fluo sur laquelle est inscrit le prix : 3.99€ !
Je m’en empare prestement, prêt à en découdre s’il le faut, au cas où un soudard viendrait me le disputer au dernier moment. Oui c’est bien lui, je le tiens enfin. Celui que même sur internet je n’avais jamais trouvé. Direction la caisse. Vite.

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Arrivé chez moi je déballe l’animal. La pochette est noire, la jaquette ressemble à une photocopie un peu pixellisée de la jaquette originale de la cassette vidéo. Aucune trace d’éditeur, pas de nom, rien. À l’intérieur le disque avec juste le titre du film sur fond noir, aucun flyer, que dalle. Au dos c’est encore plus énigmatique : on pourrait croire qu’il s’agit d’une copie du verso de la jaquette de la vhs, mais deux des trois vignettes du bandeau supérieur laissent apparaître non pas Dolph Lundgren comme les autres, mais … Ray Stevenson, autrement dit le dernier acteur en date à avoir endossé le rôle dans le film Punisher : War Zone de Lexi Alexander en 2009 (pas mal aussi soit dit en passant). Quant au résumé de l’histoire, c’est celui du film The Punisher de Jonathan Hensleigh qui date de 2004 avec Thomas Jane dans le rôle titre et John Travolta en gros vilain méchant mal coiffé. Le mec qui a composé cette jaquette de dvd devait être sous l’emprise de stupéfiant je pense.

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Je mets la galette dans le lecteur et j’attends. Oui, au cas où vous ne le sauriez pas, les lecteurs Blu-Rays des premières générations sont très longs au démarrage (je sais, c’est le genre d’info cruciale dont vous rêviez)(on est geek ou on l’est pas hein). Ça démarre : écran d’avertissement sur les droits et la diffusion en public, blabla. Le pavé de texte est truffé de fautes et en termes bizarrement mal appropriés (droits phonographiques réservés pour un film… rien sur les images, space). Et puis directement le film, zéro menu, même pas de chapitrage ou de choix des langues possible : bascule de l’écran en mode 4/3, image dégueulasse très clairement repompée à l’arrache et sans vergogne depuis la vidéo, son à l’avenant. Sur un home cinéma ça donne un truc assez improbable faut bien le dire. Mais c’est bel et bien le bon film, celui de 1989, c’est déjà ça.

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Vous me direz, mais pourquoi nous raconte-t-il ça ?*****
D’abord parce que j’avais envie de causer. Ensuite parce que c’est un des trucs les plus palpitants que j’ai vécu dernièrement (on rigole pas au fond). Et puis surtout pour dire que je ne savais pas qu’on pouvait acheter légalement en magasin des films piratés, mais que rien que pour ça, Neptun c’est décidément vachement mieux que Pâtissier !



* : les plus fidèles de ce blog se souviendront peut-être que j’ai déjà plusieurs fois fais référence à ce film dans de précédents articles tout aussi passionnants que celui-ci il va sans dire.

**, *** et **** : il se peut que j’aie très légèrement modifié les noms d’enseignes de magasins cités. Mais je ne doute pas un instant de votre don de perspicacité pour retrouver les vrais noms. Bande de petits malins.

***** : je tâcherai d’aborder des sujets un peu plus intéressants pour mes prochains articles, promis.

Par Stéph - Publié dans : Ces petites choses
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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 14:39

Ça y est, je pense avoir vu ce qui restera pour moi le meilleur film de l’année 2011. Bon d’accord je n’en ai pas vu des tonnes, et puis j’en ai raté quelques uns qui avaient l’air pas mal du tout, mais avec Polisse, le dernier film en date de Maïwenn, je crois avoir fait bonne pioche et tiré le grand gagnant de l’année.
Ça faisait un bail que je n’avais pas été à ce point touché, ému, bousculé par un film. Alors certes, selon la définition de chacun, un bon film sera tantôt un film qui vous divertira, tantôt un film qui vous fera rêver, tantôt un film qui vous fera réfléchir. Si ce Polisse à l’orthographe enfantine fait à coup sûr réfléchir et se poser beaucoup de questions sur notre société que d’habitude on préfère ignorer et ne pas mettre sur le tapis, il fait avant toute autre chose ressentir une foultitude de choses. Car Maïwenn, gourmande et gonflée, a truffé son film de dizaines de choses, d’idées, de scènes, de réflexions, qui traitées séparément aurait pu aisément donner lieu à plusieurs films. Et elle peut l’être, gourmande et gonflée, car Maïwenn assure derrière la caméra, devant la caméra et devant sa feuille blanche. Parce que la nénette réalise, tient un des rôles principaux (je suis d’ailleurs tenté de dire qu’il n’y a que des rôles principaux dans ce film) et se permet le luxe de signer le scénario et les dialogues (co-signer en fait, avec Emmanuelle Bercot). C’est très certainement d’ailleurs à ce poste-ci qu’elle m’aura le plus bluffé : ses dialogues sont juste parfaits. Ou parfaitement justes, c’est égal.

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Bon d’accord, mais si je vous touchais quand même un mot de ce dont ça cause ?
Le film se déroule au sein de la Brigade de Protection des Mineurs (BPM) de la Police de Paris. Mélissa (Maïwenn) est une photographe missionnée par le ministère pour faire un reportage photo sur ce service, et va donc suivre pendant un mois une équipe de flics dans leurs enquêtes, leurs interpellations, leurs interrogatoires, et leur vie quotidienne. L’équipe à laquelle elle est intégrée est formée d’hommes et de femmes hauts en couleurs, en gueule et en caractère. Il y a le chef d’équipe Baloo (Frédéric Pierrot), Fred le dur au grand cœur (Joey Starr), Nadine (Karin Viard), Iris (Marina Foïs), Mathieu (Nicolas Duvauchelle), Chrys (Karole Rocher), Nora (Naidra Ayadi), Sue Ellen (Emmanuelle Bercot) et Bamako (Arnaud Henriet). Elle les suivra dans toutes sortes d’affaires, depuis la maltraitance parentale, aux affaires de pédophilie en passant par l’exploitation des mineurs, les viols ou encore les dérives d’internet… Mais ces hommes et ces femmes qui côtoient le pire de notre société et en font leur routine n’en restent pas moins des êtres humains à part entière, avec leurs failles, leurs faiblesses, leurs fous-rires, leurs passions, leurs vies privées. Et bien souvent quand on est flic à la BPM on ne peut pas « juste décrocher du boulot » à l’heure de rentrer chez soi. On porte ça en soi et on en est profondément marqué. Polisse est à ce titre un incroyable portrait, d’une rare finesse, pas seulement des policiers au contact quotidien des pires horreurs, mais des hommes au sens large.


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Avec Polisse, vous plongez pendant deux heures dans un film qui baigne littéralement dans la réalité. Du reste on est briefé d’entrée : le film s’inspire de faits réels. Le traitement de l’image joue là-dessus d’ailleurs, puisqu’il n’est pas sans rappeler celui d’un documentaire ou d’un docu-fiction. D’où peut-être son pouvoir magnétique hors du commun : c’est bien simple j’ai été tout bonnement happé par le film et moi-même intégré à cette équipe de flics, incapable de me distancier de ce qui se passait à l’écran. On est là, en plein dans l’histoire, dedans jusqu’au cou avec les personnages, à ressentir tout ce qu’ils ressentent, à se prendre en pleine poire leur quotidien, à pouffer de rire parfois avec eux sans pouvoir se retenir, à se rebeller contre l’indicible cruauté de notre société, à se désespérer de ne pouvoir faire plus devant tant d’injustice et de misère. Et comme ces flics qui rentrent chez eux et ne parviennent pas toujours à « décrocher » de leur boulot, on sort de la salle de cinéma sans pouvoir décrocher de ce qu’on vient de voir, tellement c’est fort, tellement ça impacte la rétine et le cœur.

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D’ailleurs j’en veux beaucoup à Polisse pour ça. Parce qu’après ce film ça y est, c’est officiel, j’ai la confirmation que je suis devenu une vraie chochotte alors qu’avant je pouvais voir les pires horreurs sans m’en soucier outre-mesure. Je me suis retrouvé à chialer comme une gamine, lors de la scène absolument déchirante d’une maman qui laisse son gamin de cinq ans à la BPM parce qu’elle est sans domicile fixe depuis six mois et qu’elle préfère s’en séparer pour le propre bien de l’enfant. Ce môme dont le désespoir et la colère vous explose à la figure, et en face de lui des flics impuissants dont un Joey Starr tout en émotions qui n’a que ses bras à offrir en réconfort … c’est juste un des moments les plus intenses que j’ai pu vivre dans un cinéma. Cette scène était si forte qu’il m’a été impossible de retenir mes larmes. Je n’avais aucune envie de les retenir d’ailleurs (heureusement entre midi et deux ce jour là j’avais la salle de ciné quasiment pour moi tout seul, sinon adieu la réputation de dur du Stéph)(comment ça « quelle réputation » ?).

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La dite scène qui, soit dit en passant, est une des preuves les plus éclaboussantes du talent de comédien du chanteur de NTM. J’avoue, avant ce film je n’avais que peu de sympathie pour Didier Morville (ça le fait moins comme patronyme dans le genre caillera). Et si je l’avais trouvé assez convaincant dans des petits rôles comme celui qu’il a tenu dans la série Mafiosa de Canal +, j’avais quand même des doutes quant à son talent, sorti des rôles de gangsters et mauvais garçons. Oui je sais, un a priori de merde de ma part, mais bon voilà. Mais dans Polisse il est tout simplement exceptionnel. Il m’a scotché. Chopé par les roustons et laissé comme deux ronds de flan. Bluffé. Il n’y a pas meilleur rôle qu’un contre-emploi réussi, et là on y est en plein : Joey Starr en flic plus vrai que nature, débordant d’humanité et de douceur sous la carapace de dur à cuire. C’est pas pour autant que je vais me mettre tout à coup à aimer sa musique, mais en tout cas je n’ai plus aucun doute sur le fait que ce type déborde de talent. Maïwenn a eu du flair quand elle a composé son casting, et à n’en pas douter engager le rappeur pour ce rôle pouvait s’apparenter à un sacré coup de poker. Coup gagnant, l’acteur et la réalisatrice raflent la mise.


303 polisse dispute
Et puisque j’en suis à parler de talent d’acteur et de scènes phares, je ne peux pas m’empêcher de citer le clash entre Iris et Nadine au bureau. Ça part d’un rien, ça monte en flèche vitesse grand V et ça explose en véritable hargne, témoignage de tonnes de ressentiments, de vexations et de reproches lancinants accumulés depuis des années. Les deux protagonistes de la dispute, Marina Foïs et Karine Viard qui pète littéralement un plomb, sont d’une justesse et d’une force… c’est à croire qu’elles se haïssent pour de vrai ces deux là ! Je pourrais aussi citer la scène de la prise de déposition d’une adolescente qui tourne en fou-rire incontrôlable, les interrogatoires d’hommes, pères ou grand-père, accusés d’actes sexuels envers leurs enfants, de cette femme qui maltraite son nouveau-né sans même se rendre compte de la portée de ses gestes, du raid des forces de polisse (oups, de police pardon) dans le camp de roumains au moment de séparer les enfants de leurs parents, et tant d’autres encore…
Tout ça pour dire que des preuves de talents il y en a à revendre dans ce film, et c’est une des caractéristiques principales de Polisse : tout y sonne juste.

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Vraiment, j’ai adoré ce film, et je n’ai qu’une crainte c’est de le survendre. J’y suis allé sans en avoir vu une seule image auparavant, ni interview ni promo, j’avais juste entendu dire que c’était un bon film mais n’avais lu aucune critique ni article de presse à son sujet. Et j’ai été cueilli. Allez-y, je vous souhaite d’avoir une aussi belle et grande surprise que moi en le voyant.

Le film de l’année 2011, et de loin. L’année n’est pas finie ? M’en fous, c’est tout comme à mes yeux.

303 polisse aff

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
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