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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !

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Pop Culture : Movie Maniac

Jeudi 12 août 2010 4 12 /08 /Août /2010 08:44

Entre deux articles sur ce que je lis, je vous propose un petit commentaire sur un film que j’ai vu dernièrement : Inception de Christopher Nolan. Depuis le temps que je ne me suis plus essayé à l’exercice de la critique ciné je ne promets rien hein, mais pour recommencer je n’ai pas choisi le plus mauvais film de l’année, loin de là ! Et il y en a des choses à dire sur ce Inception, je vais tenter de mettre bon ordre dans mes réflexions…

D’abord un petit résumé.
 Dom Cobb (Leonardo DiCaprio) est un voleur d’un genre nouveau. Spécialisé dans l’espionnage industriel il est capable avec ses collaborateurs d’entrer dans le subconscient des gens pour en extraire leurs secrets les mieux cachés. Pour ce faire, il s’introduit dans les rêves de ses victimes par un appareillage qui lui permet de connecter plusieurs personnes entre elles et de leur faire vivre des « rêves partagés ».
Cobb est contacté par un homme d’affaire japonais, Saito (Ken Watanabe) pour une mission inédite. Cette fois il ne s’agit pas d’aller voler les secrets d’un concurrent (Fischer Jr, interprété par Cillian Murphy), mais de lui souffler une idée et de l’ancrer suffisamment dans son subconscient pour que la victime croit l’avoir eue elle-même, et qu’elle agisse ainsi de sa propre initiative dans le sens que désire Saito. Cette opération est une inception, et si elle fonctionne c’est tout simplement le crime parfait. Mais pour que cela réussisse il va falloir que Cobb implante cette idée parasite très profondément dans le subconscient de Fischer et se rendre dans les strates les plus enfouies de l’esprit de sa cible, ce qui augmente considérablement la complexité mais aussi la dangerosité de l’opération. D’autant plus que Cobb cache à ses coéquipiers l’existence d’un élément extérieur et qui semble vouloir systématiquement saboter ses incursions dans le monde des rêves…


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Je stoppe là le résumé pour ne pas entrer trop dans les détails, mais sachez que Nolan parvient à nous plonger dans le monde de ses parasiteurs de rêves en nous expliquant clairement comment tout fonctionne sans perdre le spectateur malgré les concepts complexes qu’il aborde, et sans pour autant devenir pompeusement explicatif ce qui pourrait nuire au rythme. C’est d’ailleurs une des grandes forces du réalisateur : il met en scène très naturellement un environnement complexe régi par des règles qui demandent au spectateur d’être attentif et de faire preuve d’un peu de jugeotte tout en n’oubliant pas qu’il est aux commandes d’un blockbuster hollywoodien, qui plus est un film d’action et de suspense. Et soyons clairs : Nolan joue et gagne sur les deux tableaux !

À ce sujet d’ailleurs, ce qui m’avait poussé à aller voir ce film, c’est la présentation que j’en ai entendue sur France Inter où le journaliste rapportait ce que les critiques professionnels américains disaient quasi-unanimement à propos d’ Inception. À savoir que c’est un très bon film, mais qu’ils pronostiquaient qu’il ne fonctionnerait pas auprès du public américain : il faut trop réfléchir ! Forcément, ça m’a donné un a priori positif sur le film. Et puis ça m’a fait marrer accessoirement aussi.

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Dans les faits c’est évident, Inception se démarque du tout venant hollywoodien. Il a un scénario très travaillé et qui ne cède pas systématiquement à la facilité, mais qui se donne les moyens de ses ambitions. Le film aborde des concepts poussés, on suit des personnages qui évoluent dans un rêve imbriqué dans un rêve lui-même imbriqué dans un autre rêve, avec des règles qui veulent par exemple que le temps qui s’écoule dans la réalité se trouve décuplé dans le rêve, re-décuplé dans le rêve secondaire et ainsi de suite plus on s’enfonce dans les « strates de rêves ». C’est ainsi  que quelques heures de sommeil pour le dormeur se transforment en plusieurs jours pour le rêveur, voire en plusieurs mois ou années si on s’enfonce dans les « couches de rêve inférieures ». C’est ainsi également que l’état physique du dormeur influence l’environnement du rêveur : si le dormeur est secoué ou tombe dans son sommeil, le rêveur voit son environnement trembler ou se retrouve en état d’apesanteur !

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D’ailleurs je me permets juste un aparté sur des détails que je n’ai pas bien compris : à un moment dans le film des dormeurs font une chute vertigineuse, ce qui entraîne que dans leur rêve partagé ils se retrouvent en apesanteur. Mais dans ce rêve là ils dorment également et rêvent aussi… or leur chute qui se traduit par un état d’apesanteur dans le premier rêve ne se répercute pas sur le second rêve où ils évoluent parfaitement normalement. Pour tout dire (mais ça n’est pas ça l’important), au moment où ils chutent ils sont déjà dans un rêve, juste pour vous donner une idée de l’imbrication des événements les uns dans les autres… Mais bon j’ai un peu peur de ne pas me faire très bien comprendre par ceux qui n’ont pas vu le film là… Bref, tout ça pour dire que c’est un des points qui m’a posé problème, je chipote peut-être un peu où je n’ai pas bien compris, mais tel que c’était présenté il me semble qu’il y a un petit problème de cohérence.
Idem pour les façons de s’extraire d’un rêve. Je ne vais pas trop entrer dans les détails non plus mais dans la strate la plus profonde, celle des limbes où Saito se retrouve prisonnier une vie entière, le personnage de Ariane (Ellen Page) s’en extrait sur l’ordre de Cobb en se jetant dans le vide… et là j’ai du mal à comprendre pourquoi si c’était si simple, Cobb ne l’a pas fait quand il s’y est retrouvé coincé pendant des années lors de son premier passage là-bas…
Enfin, dernière chose qui me turlupine, c’est le rôle exact de Ariane. Elle est recrutée par Cobb pour devenir son architecte, autrement dit c’est elle qui va penser en détail l’environnement onirique dans lequel les dormeurs en rêve partagé vont évoluer. Mais à moins que je n’ai pas compris, je ne vois pas bien où elle intervient dans les rêves qui doivent aboutir à l’inception chez Fischer ? elle a créé l’environnement du rêve ? si oui, de toutes les strates ou seulement de la première ? les rêveurs ne sont-ils pas sensés évoluer dans le rêve de l’architecte pour évoluer dans l’environnement qu’il aura conçu à l’avance ? bref, je suis un peu perdu sur ce point je l’avoue…

Bien, alors après mon petit aparté, qui n’a de petit que le qualificatif que je lui donne, j’ai peur que tous ceux qui n’ont pas vu le film et qui viennent de lire ceci se disent « oulah ça m’a l’air bien prise de tête ce truc ». Qu’ils se rassurent, si ce qu’ils viennent de lire leur paraît obscur et confus c’est tout simplement parce que je n’ai pas le talent de Nolan pour exposer tout cela plus clairement. Si vous allez voir le film, je vous assure que vous ne serez pas perdu, le réalisateur est un guide de première classe ! (bon évidemment, il vous faudra éviter de piquer un roupillon au passage, ça pourrait effectivement rendre le reste du film opaque, mais sinon ça devrait rouler)

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De manière générale, si Inception réserve de très bonnes scènes d’action (le combat en apesanteur par exemple) et des effets spéciaux à couper le souffle qui s’insèrent parfaitement dans l’histoire (ils ne sont pas là juste pour la frime quoi), le film joue également à un autre niveau de lecture, et propose au spectateur qui le voudra bien (car on peut parfaitement s’en tenir à une vision « premier degré ») une réflexion sur ce qu’est la réalité, sur la dualité entre conscient et subconscient et sur la complexité de l’esprit humain. Pour ma part, pendant une bonne partie du film j’étais persuadé qu’en fin de compte toute l’histoire était en train de se dérouler dans un immense rêve de Cobb, que sa femme (Marion Cotillard) n’était pas réellement morte mais juste revenue dans le monde réel, et que Cobb rêvait qu’il avait rêvé tout cela… J’avais un peu peur à la moitié du film d’avoir compris le dénouement et je m’attendais presque jusqu’à la fin à ce retournement de situation (même si ça aurait trop ressemblé à une happy end pour le coup), qui aurait très bien pu se tenir scénaristiquement parlant. Et à vrai dire, la toute fin du film n’est peut-être pas aussi certaine qu’on le croit, rien ne permet de dire avec certitude (enfin je crois) que Cobb ne continue pas encore et toujours de rêver…

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Bref vous l’aurez compris, ce film fait marcher les neurones, et amène à se poser des questions. Ce qui est un très bon point selon moi.
Pour autant, je n’arrive pas vraiment à lui accorder le qualificatif de « culte » que j’entends et lis à son propos assez régulièrement. C’est vrai qu’il est original et marquant. Mais il lui aura manqué un petit quelque chose malgré tout pour me marquer encore plus et passer dans mon panthéon de films cultes. Je n’ai pas encore exactement réussi à cerner quoi, mais je pense que les personnages et leurs interprètes y sont en partie pour quelque chose. Manque de bol pour moi, deux des personnages principaux me posent problème : Leonardo DiCaprio et Marion Cotillard. Quels que soient les films où ils apparaissent, j’ai une certaine retenue à leur égard (c’est complètement idiot je sais bien mais c’est ainsi). DiCaprio, qui pourtant a prouvé depuis longtemps son talent d’acteur et sa capacité à jouer des rôles adultes (dans Les Infiltrés de Scorsese par exemple), me reste de façon indélébile en tête avec une énorme étiquette d’éternel grand ado. Je ne peux m’empêcher dès que je le vois de le revoir dans son rôle de Titanic, et encore plus tôt dans la série Growing Pains (Quoi de neuf docteur ? en VF). Impossible de m’en détacher. Pour Marion Cotillard c’est encore autre chose, c’est plus la personne qui m’insupporte et je n’arrive presque jamais à la voir comme un personnage mais toujours comme Marion Cotillard (à l’exception notable d’ Un long dimanche de Fiançailles de Jeunet, où son personnage avait réussi à prendre le pas sur l’actrice à mes yeux).
Au chapitre des bonnes surprises j’ai cependant beaucoup aimé Cillian Murphy (loin de son personnage diabolique d’Épouvantail dans The Dark Knight du même Nolan) et Tom Hardy dans le rôle de Eames le baroudeur brut de décoffrage. Quant à Ellen Page, là encore j’ai eu du mal à la voir comme une adulte. Même comme étudiante pour moi ça ne le fait pas. Son physique lui donne l’air d’être une gamine de 14 ans, ce qui pour son rôle d’architecte de la bande m’a un peu gêné…

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C’est amusant, je me rends compte en essayant de terminer mon article de deux choses : d’une je suis bien bavard pour ma « reprise » d’article ciné. Ça ne va pas vous donner l’envie que j’en fasse d’autres. De deux Inception est un film que j’ai vraiment beaucoup aimé et que je ne saurais que recommander à tout le monde, et pourtant la majeure partie de mon article est critique vis-à-vis de lui ! Alors je ne voudrais surtout pas donner une mauvaise -et fausse- image du film : Inception est un excellent film, intelligent et divertissant à la fois ce qui n’est pas si courant que cela, très bien écrit et génialement réalisé (Christopher Nolan est devenu l’une des valeurs sûres du cinéma américain actuel). Il faut absolument le voir, comme ça vous pourrez comme moi en reparler longuement et vous poser plein de questions à son sujet. Car finalement n’est-ce pas cela l’intérêt principal d’un film : vous marquer suffisamment pour y repenser une fois la porte du cinéma refermée… ?

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Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
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Mercredi 16 janvier 2008 3 16 /01 /Jan /2008 10:41
L’année 2007 a été certainement l’une des années où l’on a le plus pris conscience de l’état d’urgence écologique dans lequel se trouve notre planète… Cela fait maintenant bien longtemps que le message est véhiculé par quelques uns mais pour on ne sait quelle raison exactement, il est enfin pris au sérieux par la majorité d’entre nous. Les farfelus d’il y a une quinzaines d’années qui annonçaient le réchauffement climatique, la fonte des glaces ou encore la raréfaction des poissons dans les océans ont vu leurs avertissements enfin reconnus comme légitimes.
Quand il y a à peine une demi-douzaine d’années des « experts » mettaient encore en doute le lien entre la pollution atmosphérique due à l’homme et le réchauffement de la planète, on assiste aujourd’hui à un revirement de situation espérons-le salvateur, tout au moins la prise de conscience semble-t-elle se généraliser.

Notre planète vue de l'espace : belle et fragile...
Cette tendance à remettre l’écologie en avant se manifeste entre autres par la production de films documentaires par l’intermédiaire desquels l’humanité est mise face à ses responsabilités. C’est clairement l’objectif de films tels que Une Vérité qui Dérange de Al Gore par exemple. Plus contemplatif, un peu moins alarmiste dans le discours, Un Jour sur Terre de Alastair Fothergill et Mark Linfield est un documentaire germano-britannique d’une qualité rare qui aura nécessité 5 années de production avant d’arriver sur les écrans.

Les mastodontes des mers engloutissent des milliers de kilomètres à la nage lors de leur migration...
Le concept en est assez simple : le film débute au Pôle Nord et entraîne le spectateur au cours d’un voyage qui va le faire traverser les latitudes du Nord au Sud, découvrant ainsi toute une variété de climats, de territoires, de végétations, d’environnements et d’animaux, et formant un tableau magnifique de notre planète. Car c’est la très grande force de ce film : les images sont tout bonnement superbes, réellement exceptionnelles de beauté. La nature y est montrée dans toute sa simplicité mais également dans toute sa majesté, tour à tour touchante, drôle, cruelle, étonnante, impressionnante…

Après la sécheresse vient le temps de la baignade pour les éléphants !!
Tourné en caméra Haute Définition, on en prend plein les yeux et vues sur grand écran les images n’en sont que plus fortes encore… depuis l’ours polaire qui peine à trouver sa pitance jusqu’à l’éléphanteau qui combat de toutes ses forces pour survivre au soleil et aux tempêtes de sable en passant par la parade amoureuse de l’oiseau de paradis, le ballet majestueux des espadons qui se font un festin de poissons, la migration de la baleine et de son baleineau ou encore le survol de l’Himalaya par les oies sauvages… Le film regorge d’images toutes plus sublimes les unes que les autres, certaines dures d’autres plus tendres, mais toutes marquantes.

L'oiseau de paradis sait faire ce qu'il faut pour plaire à sa dame...
Le spectacle est au rendez-vous de chaque séquence et on ressort de ce film avec la démonstration magistrale que notre planète abrite un nombre incroyable de merveilles. Et c’est là qu’est le paradoxe du film : j’en suis personnellement ressorti heureux d’avoir vu d’aussi somptueuses images mais aussi assez déprimé par l’envers de la médaille, cette impression affreuse que tout ceci n’en a plus pour longtemps. Et le commentaire des réalisateurs au cours d’une interview qu’ils ont donnée est éloquent, s’ils sont très fiers de ces images qu’ils ont mis des années à tourner, ils disent également que d’ici quelques années (et ils entendent par là « entre 10 et 20 ans ») ils n’auraient tout bonnement plus pu faire un tel film. Qu’à très courte échéance des scènes complètes montrées dans leur documentaires ne pourront plus être filmées car elles auront simplement cessé d’exister. Le constat est amer mais indiscutable : notre planète est aussi belle qu’elle est fragile.

Beau, majestueux, fort... et si fragile pourtant.
La voix-off du film (en français les commentaires sont dits par la chanteuse Anggun en VO par Patrick Stewart) n’est jamais défaitiste ou exagérément grave, mais je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que pour la plupart des espèces ou des paysages montrés au cours du documentaire la fin était proche, et que c’était déjà cuit, que l’on fasse ce genre de films de mise en garde ou non. Et ça, tout somptueux que le film soit, ça fout un peu le bourdon faut bien le dire…

La très belle affiche française du film.
Les photos sont issues du site officiel que je vous engage à aller visiter : www.loveearth.com/fr/film
Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac - Communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 00:47
Avec La Vengeance dans la Peau, voici le troisième film du tryptique consacré à l’agent secret qui a pour initiales J.B. Non, il ne s’agit pas du so british James Bond, ni du toujours pressé Jack Bauer, mais de Jason Bourne, héros créé par le romancier américain Robert Ludlum. Jason Bourne (Matt Damon) est un agent de la CIA sur-entraîné, une arme létale des plus dangereuses, capable de se fondre dans n’importe quel environnement et auquel on confie les missions les plus extrêmes. Enrôlé dans le programme top-secret Treadstone permettant à la CIA de commander à distance des assassinats politiques, Jason Bourne va perdre la mémoire au cours d’une de ses missions. Livré à lui même, handicapé par son amnésie mais encore doté de tous ses réflexes de tueur et de tout son savoir-faire d’agent spécial, il va devoir lentement remonter la piste de son passé pour découvrir qui il est réellement. Devenu un électron libre gênant, ses anciens supérieurs n’auront de cesse de tenter de l’éliminer une bonne fois pour toutes…

Jason Bourne, ou Matt Damon au top de sa forme physique.
C’était le point de départ du premier film, La Mémoire dans la Peau à la fin duquel Bourne arrivait à disparaître en compagnie de sa compagne Marie (interprétée par l’allemande Franka Potente). Dans le second volet, La Mort dans la Peau, ils étaient repérés en Inde par des tueurs agissant secrètement pour d’obscurs dirigeants de la CIA. Après l’assassinat de Marie, Bourne s’était lancé à la poursuite de son ancien chef avant de disparaître à nouveau dans la nature. On retrouve donc dans ce troisième film Jason Bourne aux prises avec ses anciens commanditaires qui ont décidé de l’éliminer pour de bon dans le cadre du programme Blackbriar, une évolution du projet Treadstone dont il est l’un des derniers survivants et à ce titre, une menace pour ce qu’il est supposé savoir d’embarrassant… Bourne va être au centre d’une course-poursuite au cours de laquelle il sera tour à tour chasseur et chassé.

Le trop rare Scott Glenn
Autant dire que le scénario est assez dense, les rapports entre les personnages et leurs motivations officielles et/ou officieuses rendent bien compte de la complexité de certains enjeux, faisant de la CIA un véritable nid de vipères où hiérarchie et intérêts personnels entrent parfois en conflit… On retrouve parmi les personnages récurrents l’agent Pamela Landy (Joan Allen) qui enquête sur Bourne et Treadstone avec pour ferme intention de clarifier la situation et remettre de l’ordre dans les affaires parfois bien sombres fomentées à Langley. Il y a également Nicky (Julia Stiles), ancienne collaboratrice et informatrice de Bourne du temps du programme Treadstone. Le casting s’enrichit sur ce troisième film de l’excellent David Strathairn dans le rôle de Noah Vosen et du toujours impeccable Scott Glenn dans le rôle de Erza Kramer, les supérieurs de Pamela Landy. À noter également la prestation de Edgar Ramirez alias l’implacable tueur Paz lancé sur les traces de Bourne.

Nicky sera d'une aide précieuse pour Jason...
Encore une fois derrière la caméra, le réalisateur Paul Greengrass reprend son style très personnel et assez peu conventionnel pour un film hollywoodien de cette envergure. Il filme souvent caméra à l’épaule, en plans serrés, avec des mouvements de caméra parfois assez chaotiques pour insuffler encore plus de réalisme à l’action. La lumière est froide, l’image parfois granuleuse, bref Greengrass travaille sa mise en scène et reste dans l’esprit de ce qu’il avait fait dans le second volet de la trilogie. J’avoue que je ne suis pas fan de ce genre d’images, bien que je lui concède que cela donne une véritable personnalité forte au film et sert de manière générale plutôt bien le propos. Mais à trop vouloir bousculer les habitudes de spectateur de film aux images léchées et glamour telles que celles des aventures de James Bond, Greengrass tombe un peu dans l’excès inverse. Privilégier le réalisme c’est bien, que l’on ne comprenne plus ce qu’il se passe à l’écran par moment, ça l’est moins. Et c’est malheureusement une des choses qu’on peut reprocher au film. Cela étant les conditions de visionnage influent beaucoup. Avant d’aller voir La Vengeance dans la Peau j’avais regardé la veille le précédent film de la série à la télévision, pour bien me replonger dans l’histoire. Et j’avoue que de regarder le film sur un écran de télé a été bien plus agréable visuellement que cela ne l’avait été lorsque je l’avais vu au cinéma. Autrement dit l’inconfort était bien moindre, presque gommé, sur petit que sur grand écran pour La Mort dans la Peau, il en sera donc peut-être de même pour La Vengeance dans la Peau

David Straithairn alias Noah Vosen, règle les opérations de traque de Bourne à Langley
De façon plus générale, la trilogie Bourne reste un objet hollywoodien assez peu commun, qui casse les codes graphiques habituels des films d’espionnage et qui est d’une indéniable qualité. Bon, pas de quoi s’en relever la nuit non plus pour y repenser, mais ça fait partie de ces films bien faits, qui ne nous prennent pas pour des imbéciles et qui ont en eux une vraie authenticité. Alors je ne sais pas si j’irai voir le prochain (car Matt Damon n’exclut pas de signer à nouveau sur la franchise Jason Bourne) mais avec ce troisième film la boucle entamée lors du premier est bouclée, et laisse plutôt sur une bonne impression.

L'affiche assez réussie tout en étant clasique du film.
Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac - Communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 00:00
Cet été est sorti en catimini sur les écrans un petit thriller tout ce qu’il y a de plus classique, fonctionnant sur un canevas on ne peut plus simple et commun.

 Amy et David Fox (Kate Beckinsale et Luke Wilson) forment un couple tout proche de la rupture. Sur la route depuis toute la journée, ils sont contraints de s’arrêter dans un coin paumé pour la nuit. Heureusement pour eux, il y a un motel tout près de l’endroit où leur voiture tombe en panne. Heureusement ?… pas si sûr…
Outre le fait que le motel en question soit miteux, son gérant (Frank Whaley) est un type à l’air bizarre… Quand David tombe sur une cassette vidéo où l’on voit des meurtres commis dans la chambre même qu’ils occupent pour la nuit les choses se confirment : l’endroit est plus que malsain. Amy et David ont toutes les chances de devenir les prochaines victimes des snuff movies que le gérant tourne dans son motel avec quelques compères aussi déjantés que lui. Barricadés dans leur chambre, ils vont tenter de faire face à leurs assaillants…

Il a vraiment un truc de louche ce motel...
Comme je le disais, rien d’extravagant dans le propos du film : un couple est pris au piège dans un motel et doit survivre aux assauts de quelques timbrés du fin fond de la campagne américaine. Il est clair que le film ne cherche pas à jouer sur l’originalité, et son jeune réalisateur Nimrod Antal récite avec soin sa leçon en nous servant un concentré qu’on dirait tout droit sorti du manuel du bon petit thriller horrifique des familles. Autrement dit classique mais efficace. On y retrouve les ficelles habituelles mais bien exploitées, quelques scènes anxiogènes plus ou moins réussies, des solutions désespérés, des victimes qui se rebellent, un dénouement attendu. Mais si le film ne brille pas par son exubérance, il n’est pas pour autant ennuyeux. Court (même pas 1h30), assez nerveux, on est bien dans l’histoire et l’action ne laisse pas le spectateur sortir du film. Bref on a là un film honnête, modeste et réaliste, qui ne prétend pas jouer dans la cour des grands, loin des promesses racoleuses d’un Hostel au patronyme proche et à la réputation bien surévaluée par rapport à sa qualité réelle.

Motel : un film où on regarde par là fenêtre !
Au point même qu’on se demande si le film avait une chance de faire une carrière au cinéma. En tout cas le réalisateur prouve qu’il a de bonnes bases, et qu’il est capable de fournir un travail sérieux et appliqué qui répond au cahier des charges du film de genre. Les comédiens quant à eux jouent juste et n’en font pas des tonnes ce qui est toujours appréciable tant ça peut être un travers facile dans ce genre de film.

... et pas que par les fenêtres !
Alors si vous vous retrouvez un soir, toutes lumières éteintes, seul devant votre écran de télé, Motel peut faire son petit effet. Sans prétention mais efficace, le film fera un parfait dvd à louer pour vos soirées d’hiver.

L'affiche du film.
Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac - Communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 11:28
Vous me connaissez, je suis un grand amateur de super-héros, et j’avoue que depuis quelques années je suis particulièrement gâté car ces derniers sont très à la mode et donnent lieu à toute une tripotée d’adaptations au cinéma. Enfin « gâté » c’est peut-être vite dit parce que pour un Spider-Man ou un Superman Returns exceptionnels dans l’année, vous avez droit aussi à des trucs aussi insipides et ratés que Ghost Rider ou Elektra.

Toujours est-il que cette année, l’événement de l’été chez les super-héros sur grand écran c’était la suite de la franchise des Quatre Fantastiques. Non pas que le premier film eut été une telle réussite que la suite attise à ce point les attentes (à vrai dire le premier film des Quatre Fantastiques était clairement orienté film d’action familial et en avait déçu plus d’un car très édulcoré et gentillet), mais la grande attraction de ce second volet c’est l’invité d’honneur qui se joint à l’équipe du Baxter Building : le Surfeur d’Argent himself.

Norrin Radd est le Surfeur D'argent, un être aux pouvoirs immenses...
Le Surfeur d’Argent est un personnage mythique issu de l’imagination du duo non moins mythique Stan Lee / Jack Kirby. Extra-terrestre humanoïde de la planète Zenn-La, Norrin Radd de son vrai nom se sacrifie pour préserver sa planète de Galactus, une entité cosmique sans âge, surnommé le Dévoreur de Mondes (et pour cause : il se nourrit de toute l’énergie d’une planète ne laissant qu’un caillou sans vie après son passage). En échange de la clémence de Galactus pour sa planète natale, Norrin devient le Surfeur d’Argent, un être d’une puissance inouïe pourvu du « pouvoir cosmique » que lui confère son nouveau maître. Sillonnant l’espace infini, il est le héraut de Galactus, chargé de lui trouver ses repas à travers les galaxies et de prévenir les éventuels habitants des planètes-cibles de l’arrivée du dévoreur.

Façonné graphiquement par son créateur Jack Kirby et John Buscema qui sera le dessinateur attitré du comics à ses débuts, le Surfeur est un des personnages fétiches du scénariste Stan Lee qui en fait un héros atypique, mêlant au sein de ses aventures voyages cosmiques, puissance illimitée et réflexions philosophiques sur l’existence, la condition humaine, le bien et le mal.

Son pouvoir cosmique permet au Surfeur de traverser la matière solide comme s'il s'agissait d'un liquide..
Autant dire que l’annonce de sa présence dans le second volet des Quatre Fantastiques a excité l’imagination des fans du personnage et des connaisseurs de l’univers Marvel.
Dans le film, les Fantastiques vont donc être confrontés à cet être tout-puissant venu sur Terre annoncer l’arrivée imminente de Galactus… et le Docteur Fatalis revenu d’entre les morts voit l’arrivée de cet extra-terrestre comme une aubaine, l’occasion inespérée d’acquérir un pouvoir quasi-illimité qui lui permettrait de se venger de l’équipe des Fantastiques qui l’avaient bien ridiculisé dans le précédent film. Mais quand on voit de quelle manière les Quatre Fantastiques se font malmener par le Surfeur, on se demande comment ils pourront parer au danger mille fois supérieur que représente son maître Galactus qui s’apprête à fondre sur la Terre…

Les 4 Fantastiques face au Surfeur : feront-ils le poids ?
Voilà pour le scénario. Simple, concis, mais diablement alléchant. On se dit qu’avec une histoire pareille on va enfin pouvoir admirer les Fantastiques dans toute leur splendeur, parce que avouons-le le premier film nous avait un peu laissés sur notre faim de ce côté là. Et effectivement, les promesses sont tenues ! Toujours à la barre, le réalisateur Tim Story paraît plus à l’aise avec ses personnages et en tire tout le spectaculaire qu’on était en droit d’attendre. Les images sont tout simplement superbes, le Surfeur (interprété par Doug Jones et héritant de la voix caverneuse de Laurence Fishburne) est d’une beauté et d’une majesté sidérantes (un mec à poil sur une planche de surf volante et peint de la tête aux pieds en argent, ça pouvait faire craindre le pire !). Il eut été facile de se planter visuellement et de faire du Surfeur un truc bizarre voire ridicule, mais bien au contraire, le personnage souffre d’un design absolument parfait ! Et les manifestations de ses pouvoirs sont elles aussi plus que soignées : à l’image c’est un vrai régal. À ce titre d’ailleurs la course poursuite aérienne Surfeur d’Argent / Torche est un pur bonheur visuel.

Johnny est le premier des Fantastiques à réussir à approcher le Surfeur... pour son plus grand malheur !
Les Quatre Fantastiques quant à eux sont également bien servis du point de vue des effets spéciaux, et leurs capacités bien mieux exploitées dans ce film que dans le précédent à mon avis. La Chose (Michael Chiklis) est un peu moins mis en avant (normal, le Surfeur lui pique son statut de star du film), la Torche (Chris Evans) reste insupportable mais son pouvoir continue d’émerveiller la rétine, Mr Fantastic (Ioan Gruffudd) est mieux servi que précédemment et passe de faire-valoir à personnage à part entière, il n’y a guère que l’Invisible (Jessica Alba) qui reste assez insipide (je persiste à dire qu’elle est la grosse erreur de casting de cette franchise). Julian McMahon pour sa part en rajoute une couche dans le cabotinage dans le rôle du Docteur Fatalis dont les menaces font pâle figure devant celle que représente le Surfeur et Galactus.
Galactus qui d’ailleurs est peut-être l’une des déceptions du film car… on ne le voit pas autrement que sous la forme d’une espèce de nuage interstellaire menaçant (il y a bien vers la fin la forme caractéristique de son casque que l’on aperçoit, mais c’est plus un clin d’œil aux fans du comics qu’autre chose). Dans les pages des Fantastic Four, Galactus est un personnage immense, de plusieurs centaines de mètres de haut, à l’aspect humanoïde, un géant aux côtés duquel les héros font figure de moucherons. On comprend que de le voir sous la forme d’une nuée de poussière galactique ait pu désappointer voire en décevoir certains. L’explication officieuse est que tout l’investissement en effets spéciaux a été concentré sur le Surfeur d’Argent et qu’il n’y avait plus suffisamment de budget pour matérialiser un Galactus crédible et fidèle à sa version papier. Plus j’y pense et plus je me dis que finalement ce n’est peut-être pas plus mal comme ça. Il valait mieux se concentrer sur le Surfeur pour relever et remporter aussi magnifiquement le défi de sa matérialisation, que de diviser les efforts sur deux personnages (le Surfeur et Galactus) et à l’arrivée être déçu par les deux. On peut certes toujours faire mieux, mais moi j’ai trouvé mon compte dans ce film tel qu’il est.

Chevauchant sa planche cosmique, le Surfeur en jette !
Percutant, beau, spectaculaire, fun voilà à mon sens les qualités du film, le tout soutenu par une bande son très efficace. Et le côté grand-public m’a paru moins gênant que dans le premier film, ce qui me fait considérer ce deuxième épisode comme étant plus réussi et enthousiasmant que le premier de la série. Bref pas un grand film, mais divertissant et répondant parfaitement à son cahier des charges. Je le regarderai à nouveau avec plaisir, juste pour revoir le Surfeur traverser au ralenti des buildings liquéfiés sur un son de cloche glaçant…

L'affiche du film : un peu simpliste...
Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac - Communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Lundi 17 décembre 2007 1 17 /12 /Déc /2007 20:02
Après les adaptations de bandes-dessinées (de Batman à Superman en passant par Spider-Man, les Bidochons, Astérix et tant d’autres), après les adaptations de jeux vidéos (Tomb Raider, Silent Hill, Resident Evil, etc…), voici venir une nouvelle mode : l’adaptation de dessins animés en longs métrages live (annoncés prochainement : Cosmocats, une nouvelle version des Maîtres de l’Univers, ou encore Dragon Ball  -qui est c’est vrai avant toute chose une BD). En tête de file arrive ce projet un peu fou, celui de porter sur grand écran le dessin animé des années 80, Transformers !

Pour ceux qui ne situent pas, Transformers c’est un véritable objet de culte pour tous les petits garçons qui avaient une dizaine d’années durant la seconde moitié de la décennie des 80’s. J’ai quelques souvenirs émus des samedis soirs où s’enchaînaient sur cette merveilleuse chaîne qu’était la toute nouvelle Canal + deux émissions cultissimes en clair et sans décodeur que pour rien au monde je ne ratais : l’hebdomadaire du Top 50 présenté par Marc « salut les p’tits clous » Toesca et le dessin animé le plus in de l’époque, les Transformers !
Le contexte ? des robots extra-terrestres scindés en deux clans, les gentils Autobots et les méchants Decepticons s’affrontent sur la Terre et ont la capacité de se transformer à volonté (dans un bruitage caractéristique mi-métallique mi-synthé) qui en voiture de sport, qui en avion de combat, qui en camion. Ne me demandez pas comment ni pourquoi un robot ultra-moderne venant d’une autre planète pouvait avoir la forme d’un combi-van Volkswagen, à 10 ans ce genre de détails vous passent loin au-dessus la tête. Toujours est-il que c’était fun, totalement nouveau comme concept et furieusement classe ! D’autant qu’à l’époque tout cela se déclinait également sous la forme d’une ligne de jouets high-tech qui ont garni bon nombre de sapins de Noël tellement ça avait de succès.

Baston de robots !!
Donc Transformers a été et reste un  dessin animé mythique pour toute une génération, comme l’avaient été avant eux Goldorak ou Albator. Mais de là à en faire un film live, le pari semblait risqué pour ne pas dire totalement fou. Voir un truck américain se transformer en gros robot rouge qui se met sur la gueule avec un autre qui avait la forme d’un tank cinq minutes avant, ça le faisait en dessin animé mais « en vrai » on n’y croyait pas trop…
Mais deux choses ont rendu les choses possibles et envisageables : l’arrivée sur le projet d’un certain Michael Bay (réalisateur bourrin-en-chef, mais poids lourd hollywoodien des blockbusters d’action) à la réalisation et du non moins célèbre Steven Spielberg à la production. L’un était gage de spectacle, l’autre gage de sérieux (dans cet ordre !). Et puis est arrivé un mini-événement qui a fait basculer les plus sceptiques … certaines pubs Citroën et quelques clips de fans mettant en scène des robots ultra-réalistes se transformant en voiture de façon très convaincante qui ont fait le tour du monde… Tout à coup on avait la preuve que techniquement parlant, les effets spéciaux digitaux dernier cri permettaient de voir de vrais Transformers grandeur nature et tout à fait crédibles.

Faut pas faire chier Optimus Prime hein !!
D’objet de moquerie et de râtage annoncé, le film Transformers est passé à un statut de film très attendu et prometteur.

Alors qu’en est-il au bout du compte ?
Eh bien Transformers s’avère être parfaitement conforme à ce qu’on attendait du film : une réussite technique, une débauche d’effets spéciaux de grande qualité, un film pop-corn qui se revendique comme tel. C’est tout. Attention, ça peut paraître lapidaire ce que je dis, mais ne l’interprétez pas de façon trop dure, parce que lorsque je dis que du point de vue des effets spéciaux le film est magnifique, ce n’est pas peu dire et c’est vraiment une très grosse réussite. Mais voilà, pour moi l’intérêt du film commence et s’arrête là, et reste finalement assez limité.

Tiens, un robot soudeur...
Côté scénario, la trame générale est celle du dessin animé : les gentils robots combattent les méchants robots, l’avenir de la planète est en jeu, et l’issue de la confrontation dépendra en grande partie d’un lycéen un brin loser (Shia LaBeouf, qui a la tête de l’emploi) pris dans la bagarre robotique dont il profitera pour emballer la bombe anatomique du lycée (Megan Fox, qui a la tête –et le reste- de l’emploi aussi). Voilà pour les enjeux, c’est plutôt simple mais on ne demandait pas plus de toute façon, on sait ce qu’on va voir avant d’y aller, faut pas jouer les hypocrites non plus.

Megan et Shia, vraiment la gueule de l'emploi non ?
Non, ce qui m’a beaucoup plus déçu, pour ne pas dire carrément gonflé, c’est le traitement général du film. Oui je sais bien que c’est le blockbuster de l’été et qu’à ce titre ça doit être le plus spectaculaire et grand public possible mais j’ai beau faire, j’ai du mal avec l’humour, les personnages et le carcan scénaristique de ce type de films. Des passages tels que la partie de cache-cache de robots grands comme des maisons dans le jardin des parents du héros moi ça ne me fait pas rire une seconde, bien au contraire. Oui vous avez raison je ne suis qu’un vilain rabat-joie. Mais ça me gonfle une telle débauche de fric et d’effets spéciaux pour en faire un film fadasse sauce débile.

euh chéri, je crois que ça va couper...
Autre gros défaut : le film est in-ter-mi-na-ble. Il dure environ 2h30 et je vous assure qu’il y a une bonne heure en trop. Au bout d’un moment ça devient plus que répétitif, les bastons de robots se suivent et se répètent au point d’ennuyer ce qui est quand même paradoxal pour un film grand spectacle qui en met plein la vue, vous en conviendrez. Surtout que malgré tout le soin apporté aux scènes d’action et aux effets spéciaux, il y a des passages si rapides, si sophistiqués qu’on n’y voit tellement de choses à l’écran qu’on n’y comprend plus rien. Encore un sacré paradoxe… c’est très beau, impressionnant, réaliste et détaillé mais à l’arrivée en lieu et place de baston entre deux robots géants, on a un amas de ferraille en mouvement à l’écran. Très beau, réaliste et détaillé mais un amas de ferraille quand même.

Bref, il paraît que le mieux est l’ennemi du bien, demandez à Michael Bay une démonstration, il se fera un plaisir. Sans compter qu’avec tout ça le réalisateur épileptique reste le maître incontesté de la multiplication frénétique des plans de coupe et des scènes clipesques, et il est hors de question pour lui d’abandonner sa « marque de fabrique »…

A mon avis c'est la courroie d'alternateur...
Alors voilà, pour résumer, Transformers en met plein la vue, et si vous aimez les robots et la belle mécanique, vous serez servis, pas de doute là-dessus. Pour ma part je n’étais pas mécontent de voir la fin du film enfin arriver, parce qu’on a beau aimer les effets spéciaux qui en jettent personne n’est à l’abri d’une overdose. En tout cas moi j’ai saturé. Ça m’a fait l’effet inverse de celui escompté. C’est un peu comme du hard-rock plan-plan à fond pendant trop longtemps : d’abord ça pète bien mais au bout d’un moment ça devient monotone et ça m’endort. Ben ouais que voulez-vous, j’arrive à me passionner pour des films tout en lenteurs comme Solaris de Soderbergh, et je suis à deux doigts de m’endormir sur du Michael Bay. Je sais, je suis bizarre.

L'affiche, très classique, du film.
Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac - Communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Lundi 12 novembre 2007 1 12 /11 /Nov /2007 16:32
Quand je disais que j’avais cumulé un certain retard (pour ne pas dire un retard certain) en ce qui concerne mes chroniques de films je n’avais pas menti… et pour preuve j’en suis aujourd’hui à chroniquer un film que j’ai vu en salles alors qu’il sort déjà en dvd !!

Alors pas de perte de temps supplémentaire, parlons du Spider-Man 3 de Sam Raimi.
Tout d’abord précisons que s’il a été présenté comme l’ultime volet d’une trilogie sur le tisseur de Marvel, personne n’était dupe et tout le monde se doutait bien qu’avec le succès de la franchise, on n’en resterait certainement pas là. C’est ce qui se confirme en ce moment avec le buzz autour du quatrième volet et l’engagement des uns et des autres (Sam Raimi, Tobey Maguire, Kirsten Dunst, …) pour tourner la suite des aventures de Peter Parker

Le troisième long métrage consacré à Spider-Man était plutôt attendu. En effet, considéré par beaucoup comme parmi les toutes meilleures adaptations de comics à l’écran, Spider-Man 3 se devait d’être à la hauteur des films précédents. D’autant plus que le programme était alléchant : la présence du costume noir, Venom, L’Homme Sable, l’arrivée de Gwen Stacy, le retour du Bouffon Vert… bref du lourd pour tout arachno-fan qui se respecte, moi le premier !
Il faut dire aussi qu’avec les deux premiers opus Sam Raimi avait fait fort, très fort, il se devait donc de faire au moins aussi bien.

Cette belle blonde n'est autre que Gwen Stacy, rivale de Mary-Jane...
Mais je dois bien dire que ce troisième film n’est pas exactement ce que j’attendais et n’a pas atteint l’excellence des deux premiers, se situant un cran nettement en-dessous.
Loin de moi l’idée de le jeter aux orties et de lui nier toute qualité, c’est juste que la déception est parfois disproportionnée quand les attentes sont grandes.

Au chapitre des déceptions donc, voyons ce qui ne va pas dans ce film.
En premier lieu Venom. Ennemi emblématique et parmi les plus impressionnants que compte le tisseur, Venom était très attendu par les fans. Sam Raimi pourtant dès le départ l’avait dit : il n’a pas d’affinité avec ce personnage pourtant plébiscité par les lecteurs. En effet Venom est apparu fin des années 80 début 90’s alors que Sam Raimi est un fan de la première heure, plus attiré par les vilains « historiques » existants depuis les années 60-70 comme le Bouffon Vert ou Octopus. Cédant à la pression des fans et de la production ou ayant réellement changé d’avis à son sujet, Raimi avait finalement accepté la présence de Venom dans le troisième volet.
Mais à l’écran le personnage semble totalement sous-exploité, pour ne pas dire délaissé par le réalisateur. Ses origines (il est vrai compliquées à expliquer si on avait voulu s’en tenir à celles du comics) sont bâclées comme rarement on l’a vu (un météore s’écrase sur Terre et un organisme parasite extra-terrestre noir s’en échappe pour contaminer le premier venu qui s’avère être, oh coïncidence, Peter Parker), ses apparitions à l’écran en tant que double maléfique de Eddie Brock (Topher Grace) sont peu enthousiasmantes, bref Venom est ouvertement mis au second rang par le réalisateur.

Venom en arrière plan et flou : allégorique !
En second lieu, on ne peut pas ne pas parler de ce qui est sensé être le nœud dramatique du film, à savoir la double-personnalité de Peter Parker. Au naturel doux, gentil et sympathique, le jeune homme se transforme au contact du parasite alien et laisse apparaître sa face noire. Il devient arrogant, violent, sombre. Et là rien ne va plus… En lieu et place de changement de personnalité, on a droit à un Peter Parker qui s’habille en noir pour montrer qu’il n’est pas content, qui se fait une raie sur le côté gominée avec grosse mèche sur le front digne du plus ringard des Clark Kent, qui marche en roulant des épaules pour montrer que non seulement il n’est pas content mais qu’il est aussi très méchant, qui se prend pour Travolta échappé de Saturday Night Fever pour montrer qu’il n’est plus le pauvre petit Peter tout timide (et ça bouh… ça fait pitié peur !)…

l'y vous fait-y pas peur comme ça ?

Bref, du grand n’importe quoi tendance bouffonnerie alors que ce changement est sensé être un profond chamboulement, quelque chose de noir, de profond, de sérieux et de grave. Autant dire que non seulement on n’y croit pas, mais en plus le personnage devient ridicule plutôt qu’inquiétant. Certains ont d’ailleurs émis l’idée que Raimi l’a fait exprès pour souligner qu’il n’était lui-même pas libre de montrer le véritable mauvais côté de Spider-Man du fait que la franchise de films était plus orientée grand public et enfants pour cause de succès des deux premiers. Peut-être. Mais de là à plomber complètement l’intérêt dramatique de l’histoire, je trouve ça exagéré, pour ne pas dire suicidaire.

Enfin et pour en terminer avec les mauvais points, Spider-Man 3 donne de plus en plus dans le gnan-gnan, la guimauve, le sentimentalisme, le soap-opéra (on avait déjà remarqué cette tendance s’amplifier dans le second film). Ça donne des longueurs, des scènes cucul la praline, des dialogues un peu fleur-bleus (moi j’aurais même plutôt tendance à dire tout simplement niais), et ça ralentit le film au point même qu’on se prend à s’ennuyer un tantinet par moment. Là où dans les deux premiers films Raimi avait évité l’exagération en étant toujours un peu sur la corde-raide, dans celui-ci il semble avoir perdu ses talents d’équilibristes et met les pieds dans le plat à l’une ou l’autre reprise. Bien sûr c’est depuis toujours une des composantes du comics Amazing Spider-Man ce côté aventures de super-héros mâtinées d’imbroglios sentimentaux, mais on a connu Raimi plus inspiré et plus fin dans les précédents films.

Aaaaaah Mary-Jane...
Avec tout ça vous allez finir par croire que je n’ai pas aimé du tout Spider-Man 3… et c’est faux ! Parce que si je déplore ses défauts, je lui trouve également de bien belles qualités.

D’un point de vue purement technique c’est toujours aussi beau et réussi. Effets spéciaux, scènes de combats, actions spectaculaires : on retrouve tout ce qu’on a déjà aimé dans les deux premiers, parfois même en mieux.
L’introduction du personnage de Gwen Stacy (Bryce Dallas Howard), à rebours chronologique par rapports aux histoires d’origine du comic, est finalement plutôt réussie alors que j’avais eu de sérieux doutes sur la cohérence scénaristique à son annonce.

Spidey face à l'Homme-Sable version montagne !

Mais surtout LE point positif du film, la chose à retenir avant tout, c’est l’introduction du personnage de Flint Marko (Thomas Haden Church) alias l’Homme-Sable. Si Raimi a flingué Venom, il a donné à l’Homme-Sable une envergure exceptionnelle et en a fait un des plus beaux personnages de la galerie cinématographique du tisseur. On sent clairement dans son traitement que Sam Raimi aime de tout son cœur Flint Marko. Il y a une énergie, une poésie, une beauté, et une force enthousiasmante dans chaque apparition du personnage à l’écran. Contrairement au cas Venom, Raimi prend tout son temps pour développer et expliquer les origines du Sandman, peaufine la personnalité de Marko en exposant son histoire et son drame, il en fait en quelque sorte son monstre de Frankenstein à lui (toute proportion gardée évidemment). Un méchant qui n’en est pas vraiment un, ou alors par la force des choses. Un homme qui seul contre tous fait parfois les mauvais choix avec les meilleures intentions. Bref, on sent que Sam Raimi aurait aimé faire de l’Homme-Sable le personnage principal du film (et ce dernier aurait tout à fait bien pu être le seul ennemi du tisseur sans que le film n’en eut souffert).

Flint Marko, le personnage incontournable du film
Ce qui est valable dans les comics est valable au cinéma : c’est la qualité du méchant qui détermine tout le reste. Et justement c’est là tout le problème de Spider-Man 3 : vous avez d’un côté un Venom inconsistant et une face sombre de Parker ridicule, et de l’autre côté un Homme-Sable fascinant et majestueux. Et par conséquent une partie de film ratée et une autre exceptionnellement réussie.
Autant dire que dans un bon jour vous verrez avant tout le bon côté de Spider-Man 3, et dans un mauvais jour le film ne fera que vous énerver un peu plus par tous ses aspects gavants. Finalement le film est à l’image de son héros : il a une double-personnalité plutôt troublante !!

L'affiche du film à l'accroche à prendre au propre comme au figuré
Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac - Communauté : Comics, BD d'outre-atlantique
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /Oct /2007 22:41
Le film Le Scaphandre et le Papillon est l’adaptation par Julian Schnabel du livre du même nom de Jean-Dominique Bauby, qui raconte son histoire et le combat d’un homme dont l’esprit est littéralement enfermé dans son corps. Le livre avait beaucoup fait parler de lui, en grande partie du fait que son auteur, mort peu de temps après la sortie du livre, était atteint du « locked-in syndrome ».

 Jean-Dominique Bauby (Mathieu Amalric, tout simplement incroyable) est le rédacteur en chef du magazine féminin Elle. Entre déboires amoureux, un divorce, un père dépendant (l’inoxydable Max von Sydow) et un engagement professionnel de chaque instant, sa vie est très rythmée, et il est ce qu’on peut appeler un homme actif. Mais un accident cérébral va cruellement changer tout cela.

Mathieu Amalric et Max von Sydow : un fils qui s'occupe de son père dépendant
Du jour au lendemain, Jean-Dominique se réveille dans un lit d’hôpital sans trop savoir au départ ce qu’il y fait, atteint du locked-in syndrome, une pathologie grave et irréversible. Il réalise avec effroi qu’il a perdu à jamais tout contrôle de son corps, devenu une masse inerte sans même la possibilité de s’exprimer. Seul un œil encore répond à sa volonté. Plus aucun autre mouvement que celui de l’œil et de la paupière, plus de sens du toucher, plus d’expression par la parole. Il lui reste l’ouïe, un champ de visibilité très restreint et un esprit intact, pris au piège d’un corps-prison.
Effondré, détruit moralement et infiniment seul, Jean-Dominique va finir par se lancer dans la rédaction d’un livre-témoignage, un dernier acte de création alors qu’il n’a plus aucun contrôle sur lui et sur sa vie. Car Jean-Dominique perd progressivement le peu qu’il lui reste de liberté : le nerf optique décroît et il n’a aucun temps à perdre. Chaque nuit il va mentalement rédiger son livre, le mémoriser et le dicter le jour venu, lettre après lettre à l’une de ces soignantes (Marie-Josée Croze), par un système simple mais fastidieux de clignements d’œil.

Marie-Josée Croze dans le rôle de celle qui va redonner la parole à Jean-Dominique
Évidemment la situation de Jean-Dominique Bauby est horrible, d’autant plus lorsqu’on sait qu’il s’agit d’une histoire vraie. L’auteur du livre (et personnage principal du film) a écrit sa propre histoire, sa propre condition, sa propre souffrance.
Le film nous présente sa vision des choses, le monde vu par son unique œil, ses pensées, son infini désespoir, sa solitude intense. Émotionnellement très forte, l’histoire racontée à la première personne évite cependant ce que je craignais avant d’aller voir le film. On ne tombe à aucun moment dans le larmoyant ou le pathos. Pourtant l’histoire aurait pu très facilement s’y prêter. Le scénario et la mise en scène ne jouent pas à tirer les larmes au spectateur, le film est  d’une sensibilité et d’une justesse rare, sans aucune exagération, sans aucun artifice facile.

Le thème est grave, l’histoire atroce mais le ton est sans concession. Privé de parole, Jean-Dominique n’est pas privé de pensée, c’est même tout ce qui lui reste. C’est en voix-off qu’on entend toutes ses réflexions intérieures, tous ses monologues avec lui-même, toutes ses réponses à ses interlocuteurs qui ne peuvent pas l’entendre.
Dans cet exercice, Mathieu Amalric parvient brillamment par sa seule voix à faire passer dans son jeu tous les sentiments et nuances que l’absence de jeu corporel lui interdit.
Les moments certainement les plus touchants et forts du film sont d’ailleurs portés par cette voix-off exceptionnelle, criante de vérité, déchirante de désespoir, de solitude, de tristesse, de cynisme mais d’une profonde humanité. Quoi de plus triste que cet homme qui ne peut crier son amour à celle qui fait vibrer son âme…

Mathieu Amalric et Emmanuelle Seigner, un amour plus fort que le silence ?
En grande partie filmé en caméra subjective le film n’est pas toujours « agréable » à regarder, car on est réellement placé dans la peau et dans l’inconfort de Jean-Dominique. Comme lui, on ne voit que d’un œil, comme lui on est impuissant sur tout ce qui nous entoure, on ne maîtrise ni lumière ni son, on ne peut pas répondre aux sollicitations, et cette sensation affreuse d’impuissance totale est si bien rendue que l’on peut s’en trouver mal à l’aise même en tant que simple spectateur.

Alors oui, le film est dur mais ne tombe jamais dans les excès.
L’interprétation est magistrale et le film touche par sa mise en scène chaque spectateur, car il nous place dans la peau du personnage, sa souffrance devient la nôtre.
Un film fort et poignant, dur à regarder, mais dont on sort grandi.

L'affiche du film.
Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac - Communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 19:29
Comme je viens de voir Les 4 Fantastiques et le Surfeur d’Argent il y a quelques jours, je vais vous parler de Zodiac. Et puis c’est tout (© et ® Philippe Lucas).

Un nouveau film de David Fincher est toujours un petit événement en soi. L’auteur prodige du fameux Se7en, l’homme qui a réussi à rendre Michael Douglas intéressant dans le très efficace The Game, et qui a donné à Edward Norton et Brad Pitt leur heure de gloire avec l’excellent et controversé Fight Club avait pourtant commis un léger faux-pas lors de son dernier métrage, Panic Room avec Jodie Foster et Forrest Whitacker. Non pas que le film fut mauvais, mais il était sans conteste très en-deçà de ces longs métrages précédents. Tout au plus Fincher y avait-il montré sa dextérité caméra à la main, son amour des images léchées, des plans impressionnants et des mouvements de caméra fun et esthétisants, mais il manquait au film une véritable implication de son réalisateur, au-delà de la pure démonstration technique.

Autant dire que son nouveau film était attendu au tournant. Fincher allait-il redresser la barre ou sombrer dans la facilité et le tape à l’oeil ?
L’attente générée par Zodiac était d’autant plus fiévreuse que le réalisateur revenait au genre qui a fait sa renommée aux yeux du grand public avec Se7en : le film de tueur en série.
Mais cette fois David Fincher s’est attaqué à un personnage réel, le tristement célèbre tueur du Zodiac qui a sévit en Californie dans la région de San Francisco entre 1966 et 1978, et dont l’identité reste aujourd’hui encore mystérieuse. Pour ce faire, Fincher a abordé l’histoire sous trois angles d’approche différents, à travers trois personnages principaux qui ont eu un grand rôle dans l’affaire.

Robert Graysmith et David Toschi enquêtent sur la même chose, mais ne partagent pas la même vision
C’est Robert Graysmith (interprété par Jake Gyllenhaal qui continue de collectionner des rôles à la fois intéressants et diversifiés), dessinateur employé au San Francisco Chronicle, le journal dont le tueur se sert pour faire passer ses messages au public et à la police, qui fait office de personnage central. C’est d’ailleurs sur les deux livres qu’a écrit Graysmith au sujet de cette affaire que Fincher s’est principalement appuyé pour écrire le scripte de son film. Graysmith, passionné dès le début par l’affaire, entre autre pour l’aspect graphique du mystère des messages codés envoyés par le tueur, va mener des années durant une enquête parallèle à celle des autorités et explorer et éclaircir des pistes intéressantes.
Autre protagoniste central, l’inspecteur David Toschi (interprété par un Mark Ruffalo très en vogue en ce moment) est le policier en charge de l’affaire pendant plusieurs années avant de se faire dépasser par les événements et de jeter l’éponge, brisé. Passionné lui aussi, il croit à plusieurs reprises tenir des pistes solides mais se casse les dents à chaque fois sur des incohérences troublantes.
Enfin il y a Paul Avery (interprété par le décidément incontournable et excellent Robert Downey Jr), journaliste vedette du San Francisco Chronicle, spécialisé dans les affaires criminelles et qui va lui aussi buter contre le mystère du Zodiac et y laisser en partie sa santé…

Les enquêteurs de la police pensent enfin tenir leur homme... le Zodiac est-il démasqué ?
Que dire du film ?
Eh bien tout d’abord qu’il est dense. Il dure plus de 2h30 et est un condensé d’informations, un suivi minutieux d’une enquête sans fin, et fait la part belle aux protagonistes et à leurs états d’âmes. À l’opposé de Panic Room, on ne pourra pas reprocher à Fincher un manque d’implication dans le film, c’est même par l’excès inverse qu’il pêche serais-je tenté de dire. En effet, l’affaire est si complexe, et l’unité de temps si diluée (on prête au Zodiac entre 37 et 200 meurtres en 12 ans, l’enquête quant à elle se poursuivra encore bien plus longtemps après les faits) que dans son souci d’exhaustivité et de précision le réalisateur englue quelque peu son film dans les méandres de l’affaire. Malgré quelques effets réussis (les meurtres, ou encore la vue aérienne d’un véhicule circulant dans les rues de San Francisco), la maestria de Fincher ne suffit pas à garder le spectateur dans un état d’implication suffisant pour ne pas trouver le film à un moment ou un autre long.
Les acteurs non plus ne sont pas en cause d’ailleurs. Ils paraissent visiblement très impliqués dans leurs rôles respectifs, et chacun d’entre eux s’en sort parfaitement par des interprétations impeccables.
Un autre point décevant réside dans le fait que l’affaire reste et restera non-élucidée. Inévitablement on ressort du film avec une petite déception (entendons-nous bien, il s’agit de faits réels et historiques, il est évident que Fincher n’allait pas nous proposer une conclusion sous forme de résolution de l’énigme), et on ne peut s’empêcher de penser à quelque chose comme « tout ça pour ça » en constatant qu’une enquête aussi dense se termine sur autant d’inconnues. David Fincher aura probablement voulu parer à ce sentiment en appuyant un peu plus la thèse sous-jacente de Graysmith sur l’identité du tueur, mais tout cela reste au conditionnel et ne verra certainement aucune réponse définitive depuis la mort du suspect principal.

Paul Avery écrit pour la vérité, et pour la gloire...
Alors cela étant, faut-il conseiller la vision de Zodiac ?
Étant donné que j’écris ceci bien après la sortie en salles du film, je pense que le film mérite d’être vu en location au gré d’une soirée dvd. Car je dois bien avouer, malgré tout le bien que je pense et du réalisateur et des acteurs, que le film est intéressant sans être passionnant, et qu’il ne donne pas forcément l’envie d’être vu plus d’une fois. Il est très intéressant d’un point de vue purement factuel, pour l’exposé précis des faits et le suivi minutieux de l’enquête. Mais l’histoire reste touffue et complexe, et donne cette impression d’inachevé dont je parlais plus haut.

Et pour ce qui concerne la réalisation, là où Fincher avait été accusé d’en faire trop sur Panic Room et de privilégier la forme sur le fond, ici c’est exactement l’inverse qui se produit. Zodiac est certainement le film de David Fincher pour lequel il s’efface le plus derrière la caméra et où sa « patte » se fait le moins sentir. Si le thème le nécessitait peut-être, pour ma part j’ai quelques regrets de n’avoir pas retrouvé un peu plus au cours du métrage le talent si spécial du réalisateur fascinant qu’il est.

À vous donc, de voir ce que Zodiac vous inspirera.

L'affiche du film, inspirée des messages codés du tueur
Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac - Communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Lundi 6 août 2007 1 06 /08 /Août /2007 16:39

Je suis allé voir tout récemment Transformers et Motel, je vais donc vous parler du 4ème Morceau de la Femme Coupée en 3.
D'abord parce que je suis trèèèèèès en retard sur mes critiques de films et que celui-ci je l'ai vu il y a déjà longtemps ! (que celles et ceux qui craignent que ma critique  souffre de tout ce temps passé depuis le visionnage se rassurent : il n'y a pas grand-chose à retenir de toute façon...)
Ensuite parce que ce film est court et qu'il ne s'y passe rien, ça fait moins à raconter et je proute toutes celles et ceux qui se plaignent de ma non productivité de ces derniers jours dernières semaines, parce que oh, faites-y un blog vous d'abord.
Enfin parce que je fais ce que je veux, nan mais des fois.

Alors attention, préparez-vous au record du monde du sprint de critique ciné... prêt ? Top !

Louise a de très beaux escarpins rouges
 Louise est une maman trentenaire qui essaie d'apprendre à conduire parce que bon, c'est bien utile quand même. Mais Louise est un peu décalée, du genre mi-rêveuse, mi-gaffeuse, mi-blonde (et mimignonne aussi, c'est au moins ça). Qu'à cela ne tienne, elle aura son permis malgré tout (je me rends compte en écrivant cela que je viens de déflorer le seul début de commencement de suspens du film : oui elle obtient son permis...), et ce faisant va partir à l'aventure dans sa belle auto de location. Direction le centre commercial ! (comme vous le constaterez on n'a pas lésiné sur les moyens pour faire vibrer le spectateur dans ce film) Un petit ennui de clés va la replonger dans son enfance via une longue, très longue, interminable séquence de flash-back dont on retiendra que chez les blondes l'inadéquation à l'univers automobile est héréditaire.

Voilà, pour le résumé. D'ailleurs vous avez là en quelques lignes tout le film. Parce qu'il ne s'y passe rien d'autre. Bah si, soyons honnête et rendons à César ce qui est à César, il y a tout de même une scène trépidante de resto-self où l'héroïne négocie un yaourt supplémentaire avec la caissière. Du lourd quoi.

Vous pouvez passer la seconde...

Bon, vous me connaissez, j'essaie toujours de trouver au moins un point positif aux films que je vois et que je chronique, donc il n'y a pas de raison que je ne m'y colle pas ici aussi. Et puis j'aime les défis.
Alors à retenir : Laure Marsac, scénariste-réalisatrice et actrice principale, est jolie. Denis Podalydès en moniteur d'auto-école est très crédible. Mais je le soupçonne de facilité : joue-t-il à la perfection le type qui s'ennuie, ou s'ennuie-t-il réellement ? Je me pose encore la question. Enfin, il y a le titre qui, il faut bien le dire, est plutôt bon, c'est même d'ailleurs sur cette promesse d'originalité qu'il contenait que je me suis basé pour aller voir ce film (on ne gagne pas à tous les coups hein).

Ben finalement j'ai trouvé trois points positifs, on ne me reprochera donc pas d'être un critique assassin. Pour le reste, Le 4ème Morceau de la Femme Coupée en 3 m'a laissé... comment dire... dubitatif. Le genre de film qui peine à débutter, qui peine à se finir, et au milieu inexistant. Petit exploit tout de même : il réussit à paraître très long alors qu'il dure 1h10, générique compris. Faut dire qu'en étoffant un peu il y aurait eu assez d'idées pour faire un court-métrage sympa...

Bref, vous l'aurez compris, j'ai du mal à vous conseiller la vision de ce film. Même si vous êtes en conduite accompagnée et fan de puzzle. Maintenant, vous êtes avertis, faites comme vous le sentez.

L'affiche plutôt réussie du film

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac - Communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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