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Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !

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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /Oct /2006 10:44

Voilà un bon moment que je n’ai plus parlé de bande-dessinée ici ! Ce blog commence à fortement pencher du côté cinéma, je vais donc essayer de rétablir quelque peu l’équilibre…

Aujourd’hui place à l’une des œuvres phares de Frank Miller : 300.


Dans le monde des comics, Frank Miller est un auteur reconnu et complet, il illustre aussi bien qu’il scénarise, ou peut-être est-ce l’inverse. L’homme a roulé sa bosse dans l’univers des super-héros, et ceci dans les deux grandes écuries que sont Marvel et DC. Le relaunch complet d’un Daredevil aux ventes alors moribondes a été son premier succès. Il est à l’origine de plusieurs nouveaux personnages dont le plus connu est sans doute Elektra. Puis il a revisité par deux fois Batman en personne, pour accoucher d’un sublime Batman : Dark Knight Returns où il était à la fois au stylo et aux pinceaux, et du non moins réussi Batman : Year One où il scénarisait les débuts du héros de Gotham mis en image par David Mazzucchelli.
Laissant pour un temps les super-héros de côté, Miller s’est alors investi dans des projets plus personnels, dont le sublime Sin City, polar urbain ultime, et 300, un récit mêlant faits historiques et légende au temps de la Grèce Antique.

Après le Noir & Blanc somptueux de Sin City, Miller revient à la couleur pour mettre en image l’histoire de la bataille des Thermopyles. 300 raconte comment en 480 avant J.-C., le roi des spartiates Léonidas à la tête de 300 valeureux guerriers, va seul tenir tête à l’invasion de l’armée perse forte de milliers d’hommes. Les spartiates qui ont la réputation d’être les guerriers les plus farouches du monde vont devoir défendre le passage des Thermopyles, par lequel le roi Xerxès 1er compte passer pour envahir et annexer la Grèce toute entière. La légende veut que l’héroïque résistance des hommes de Léonidas va non seulement conduire toutes les cités grecques à s’unir contre les perses, mais bien plus encore, devenir l’élément fondateur ni plus ni moins de la démocratie occidentale.

Le combat fait rage : vue du champ de bataille à travers les yeux d'un spartiate.
Bien sûr d’un point de vue purement historique, Miller se permet des libertés scénaristiques, mais dans l’ensemble il reste exact dans les grands faits. Il présente les spartiates comme de purs guerriers, nés et élevés pour se battre, à la science de la guerre extrêmement développée, à la discipline de fer et totalement hermétiques à la moindre idée de capitulation. L’honneur est leur motivation principale, mue en grande partie par l’orgueil d’un peuple spartiate qui se considère comme supérieur à toutes les autres citées grecques et s’érige dès lors comme le seul modèle à suivre.

Entre cruauté et grandeur d’âme, le roi Léonidas est l’exemple ultime de l’héroïsme et du sacrifice. Loin de l’humanisme qui caractérise la notion de héros de nos jours, il est avant tout un roi conquérant et implacable, qui pour vaincre utilise indistinctement la violence la plus brutale, la tactique militaire en fin stratège, la cruauté extrême et surtout la peur qu’il installe dans le cœur de ses ennemis afin de les affaiblir. Miller souligne habilement et sans forcer le trait qu’entre Xerxès et Léonidas qui se veulent tous les deux civilisés (dans le sens antique du terme), le plus barbare des deux n’est pas forcément toujours celui que l’on croit.

Le roi Léonidas : force et honneur avant toute chose.
Graphiquement, Frank Miller parvient avec brio à se distancier de son style si particulier qu’il a développé pour sa série Sin City. S’il en garde la force brute et un visuel percutant, il y ajoute en même temps que la couleur un souffle épique qui va à merveille à l’histoire qu’il développe. Impression renforcée par le choix d’un format à l’italienne du plus bel effet qui augmente encore l’aspect spectaculaire des batailles enragées qu’il met en images. Si ce n’est qu’on pourrait lui reprocher un rangement difficile dans une bibliothèque du fait de son format, cette BD est l’adéquation quasi-parfaite entre le fond et la forme.

Les spartiates ne reculent jamais, même à 300 contre des milliers...
Vraiment, avec 300, Frank Miller signe une de ses œuvres maîtresses, et je ne peux que vivement conseiller la lecture de ce comic. Et pour les plus hermétiques à la lecture ou pour ceux qui n’arriveraient pas à mettre la main sur cet album des éditions Rackham, je vous annonce que le tournage de l’adaptation au cinéma a débuté il y a peu et que les premiers extraits sont tout simplement fabuleux.


La couverture de l'édition française chez Rackham  

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /Oct /2006 17:25

Voilà qui va ravir l’ensemble des ménagères de moins de 50 ans (et soyons fous, celles de plus de 50 ans également !) : Philips, la marque hollandaise d’électro-ménager et à l’origine du CD entre autres choses, lance pour fêter les 50 ans de ses produits de repassage un événement tout à fait inédit et follement… excitant !

Mesdames, Messieurs, je suis heureux de vous annoncer la création de la compétition du Fer d’Or.

Kézaco ?
Rien de moins que le premier championnat de France de repassage !

L’opération va se dérouler sous la forme d’une tournée dans six grandes villes de France (Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Lille et Paris) et donnera l’occasion aux sportives (et sportifs, ne soyons pas sexistes !) d’intérieur de démontrer de quoi ils sont capables avec un fer à la main. Le détail des compétitions ne m’est pas encore connu, mais je ne doute pas un instant que ça va être spectaculaire.

Il paraîtrait même que des personnalités telles que Michael Schumacher, qui manie son engin comme personne, ou encore Rocco Siffredi, qui ne craint jamais de s’aventurer en terrain glissant, pourraient participer à l’événement. Et on se prend déjà à rêver du repassage en tant que discipline olympique (avec des compétitions de repassage de vitesse, de repassage artistique, de repassage d'endurance et même pourquoi pas de repassage tout-terrain).

Pour celles et ceux qui se sentent l’âme d’un champion et qui pensent avoir suffisamment d’heures d’entraînement derrière eux, vous pouvez toujours vous rendre à l’adresse suivante pour plus d’informations : http://www.leferdor.philips.fr/

Ça va chauffer !!!


J'implore l'indulgence de mes fidèles lectrices pour cette blague pas drôle. Ah... on me dit que je n'ai plus de fidèles lectrices...  

 

 

 

Par Stéph - Publié dans : Ces petites choses
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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /Oct /2006 15:26

Drôle de film que ce Président, réalisé par Lionel Delplanque, qui avait déjà commis un Promenons-Nous dans les Bois de sinistre mémoire (bien que mû de bonnes intentions) en 2000.

Ici, on navigue quelque part entre le thriller politique, l’essai sur les méandres du pouvoir, et l’itinéraire d’un jeune homme intelligent mais d’origine modeste au sein des hautes sphères de direction d’un pays… le tout saupoudré d’une histoire d’amour conflictuelle, de morale et d’éthique, de programme politique et de relations familiales difficiles.
Bref, on le voit, non seulement ce genre de film n’est pas facile à résumer ni à décrire, mais on sent également que cette envie d’exhaustivité dans le traitement des personnages et des situations dévoile rapidement ses limites. De fait, à trop vouloir aborder de choses, on finit par faire d’une ambition respectable la faiblesse d’un film.

Loin d’être mauvais cependant, Président souffre d’un manque de ligne directrice qui ne permet pas au scénario de dégager une colonne vertébrale sur la base de laquelle il pourrait se construire et se développer solidement. Du coup le film se risque à perdre le spectateur à force de ne pas choisir sur quel pied danser. On ne sait pas exactement par exemple qui est le personnage principal. Le titre et l’affiche laissait penser que Albert Dupontel dans le rôle du Président français serait au centre du film et finalement l’histoire s’attache autant voire plus au parcours du jeune Mathieu (Jérémie Renier) au sein de l’équipe de conseillers présidentiels.

Le Président (Albert Dupontel), un homme qui essaie de concilier les affres du pouvoir et ses convictions
Le film de Lionel Delplanque me fait étrangement penser à Syriana de Steve Gaghan, qui lui aussi aborde un sujet éminemment politique au travers d’une multitude de personnages dont aucun ne se dégage pour prendre le pas sur les autres, qui lui aussi possède une trame et un scénario exigeants si ce n’est compliqués. Mais là où Gaghan parvient à une certaine alchimie qui confère au film une force de narration inattendue, Delplanque peine un peu plus à arriver à ses fins sur Président. Pourtant le film est émaillé de très bonnes scènes et de passages vraiment intéressants, c’est je pense surtout de liant qu’il manque.

À son crédit on notera une galerie de personnages réussis et emblématiques, à commencer par le Président en personne, interprété par un Albert Dupontel étonnant, qui joue ici dans un registre que non seulement on ne lui connaissait pas, mais dans lequel on ne l’imaginait même pas. Le pari était osé tant on a l’habitude de le voir dans des rôles moins « institutionnels » (quoiqu’il avait déjà fourni une très bonne prestation dans un rôle difficile de médecin pour La Maladie de Sachs en 1999) et contre toute attente il parvient à composer un président tout à fait crédible qui pioche à la fois dans le dynamisme médiatique et la nervosité d’un Sarkozy, la force tranquille et les certitudes d’un Mitterrand, et la science des discours d’un Jospin ou d’un Chirac. Le personnage de Dupontel se voit empêtré dans ses contradictions, cherche à concilier convictions politiques, responsabilités, ses intérêts personnels et ceux de la nation, et finit par se rendre compte que même celui qui détient le pouvoir doit parfois composer avec ce qui va à l’encontre de sa morale et de ses envies. Malgré tout, même ici, on ne peut s’empêcher de remarquer, que les personnages qu’interprète Albert Dupontel ont tous en eux une fêlure, plus ou moins importante, qui les distingue toujours des hommes ordinaires.
Est-ce l’acteur qui insuffle cette part de sa personnalité décalée dans ses rôles ou les personnages pour lesquels on le choisit qui ont cette spécificité en eux ?

La fille du Président (Mélanie Doutey) est amoureuse de Mathieu (Jérémie Renier) qui ne tardera pas à intégrer l'équipe des conseillers du Président
Jérémie Renier en jeune premier a évidemment moins de charisme qu’un Dupontel, mais tire son épingle du jeu tout en servant une performance juste mais sans réelle saveur. À noter les sympathiques prestations dans des seconds rôles de Claude Rich en ancien ambassadeur et maître à penser du président, de Jacky Berroyer qui tourne en dérision le poste de chargé de com, et de Mélanie Doutey en fille du président.

Le film de Delplanque, s’il manque un peu de personnalité, a pour lui l’avantage d’explorer des directions vers lesquelles le cinéma français ne s’aventure que rarement voire jamais, et est à ce titre très intéressant. Si les réflexions autour de l’exercice du pouvoir en France restent parfois embrouillées ou insuffisamment explorées, elles ont le mérite d’exister et d’être soulevées par le film. Président n’est certes pas le film de l’année, mais vaut toutefois le coup d’œil.

  L'affiche du film et ses énigmatiques suites de chiffres premiers...

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
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Vendredi 13 octobre 2006 5 13 /10 /Oct /2006 11:23

À force d’articles de ce genre on va finir par croire que je suis de ceux qui se complaisent dans des a priori négatifs sur le monde des hommes et femmes politiques, des raccourcis faciles du genre « tous pourris »…
Pourtant c’est loin d’être le cas, je pense plutôt qu’il est nécessaire de s’occuper de politique (sinon la politique s’occupera de toi dirait l’autre), d’en parler, de confronter des idées, bref d’ouvrir des débats. Ce que je n’aime pas en revanche, ce sont les attitudes purement politiciennes, les basses manœuvres et les discours populistes et démagos qui émaillent l’actualité politique de notre pays.

Serait-ce donc si idéaliste (utopiste ?) de considérer la politique comme l’art de faire vivre ensemble des gens différents au sein d’une même et seule Nation ?
Ce n’est pourtant pas l’image que j’en ai ces derniers temps, à mesure qu’approche l’échéance présidentielle de 2007. Il me paraît évident que pour les principaux candidats, la politique prend une toute autre définition que la mienne, plutôt dans le genre « politique : art de se faire élire ».
Je sais bien que pour réussir à mettre en œuvre ses idées et concrétiser son projet il faut d’abord être élu, accéder au pouvoir. Mais là on assiste à un retournement pervers de la situation, un renversement total : aujourd’hui pour réussir à être élu on modifie et module ses idées.

Les deux exemples les plus parlants sont, et c’est un triste constat, justement les deux personnes qui ont le plus de chances d’être élues en mai 2007, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, ennemis naturels mais tellement proches dans leurs comportements que c’en est à se demander ce qui les sépare.

Je passe rapidement sur le cas Sarko, qui est un exemple vivant depuis deux ans environ de ce qui se fait de mieux en discours démagogue. Le bonhomme n’est d’ailleurs pas dénué de talent, puisqu’il parvient avec des idées populistes, simplistes et tout sauf neuves à faire croire qu’il est l’homme de la « rupture », celui qui n’a plus rien à voir avec ses prédécesseurs, celui qui va tout révolutionner et donner un nouveau visage à la politique.

Mais je voudrais me pencher un peu plus sur son vis-à-vis socialiste, celle qui selon les sondages est la seule à pouvoir l’emporter face au rouleau compresseur Sarko, je veux bien entendu parler de la femme politique du moment, Ségolène Royal. Car cette semaine, elle a fait encore mieux que son concurrent direct dans le domaine de l’opinion à géométrie variable.

Là où le petit Nicolas va prendre la température de l’opinion publique avant de se ranger du côté de l’idée la plus populaire (il a eu d’ailleurs cette phrase superbe et néanmoins  révélatrice : « Aller contre moi, c’est aller contre l’opinion publique »), Ségolène le bat (je ne pensais pas cela possible et pourtant…) en se rangeant d’office du côté de l’idée la plus partagée à l’avenir, quelle qu’elle soit.

Lors de son tout récent voyage en Belgique, elle a, au cours d’une conférence de presse, fait un beau discours sur l’importance de l’Europe et la collaboration entre pays de l’espace Schengen. Une journaliste la questionne alors en lui demandant ce qu’elle pense d’une éventuelle intégration à l’Union Européenne de la Turquie. Ségolène, dans ce que j’ai pris pour de la langue de bois classique tout d’abord, élude la question en expliquant que les français seront interrogés dans quelques années sur la question par référendum. La journaliste, pas dupe, insiste en lui demandant quelle est sa position personnelle sur la question. Et là on se rend compte que c’était bien plus que de la langue de bois, puisque Ségolène Royal répond en ces termes : « mais je vous ai déjà répondu : je suis de l’avis des français » !!
Je trouve ça d’autant plus énorme comme déclaration que ça a l’air d’être tout à fait naturel et normal comme réponse à ses yeux.

Je crois que là on atteint vraiment le degré zéro de la politique, comme j’ai pu l’entendre très justement dans les commentaires de certains journalistes politiques sur les ondes de France Inter et Europe 1.
C’est donc ça la nouvelle façon de faire de la politique : surfer sur l’opinion, aller dans le sens du vent, prendre la position la plus populaire. En un mot : caresser l’opinion dans le sens du poil.

Suis-je à ce point dépassé ? j’étais pourtant persuadé que faire de la politique c’est avoir des idées, les défendre auprès de l’opinion, rassembler autour de soi et convaincre les gens, avoir des convictions et s’en faire des valeurs auxquelles on est fidèle. Aujourd’hui Sarko et Ségo c’est le même combat : c’est à celui qui sera du côté des plus nombreux, point barre. Ils observent ce qui se passe, ce qui se dit, et vont dans le sens de ce qui l’emporte sur le reste, sans la moindre hésitation et sans faire le moindre cas d’éventuelles « opinions personnelles ».

Nous avons bien plus que deux populistes tout en haut des sondages d’intentions de votes, nous avons deux girouettes ultra sophistiquées.

Et pourtant il va bien falloir choisir entre ces deux là. Ça promet…

 

 

Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ?
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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /Oct /2006 15:22

Deuxième article de ma série consacrée aux organismes génétiquement modifiés, les fameux OGM dont on vous rebat les oreilles ces dernières années.

Je rappelle que ces articles n’ont pas pour objet de prendre parti pour ou contre l’utilisation des OGM, je me contente de recenser quelques OGM (végétaux ou animaux) étonnants. Et ce ne sont pas de vagues projets ou des scénarios de science-fiction… ça existe vraiment !

Aujourd’hui donc, je vais vous parler de dents.

L’évolution naturelle vous connaissez ? chère à Darwin, cette théorie énonce le principe selon lequel les espèces évoluent (pour s’adapter à l’environnement principalement) et changent petit à petit de caractéristiques jusqu’à déboucher sur de nouvelles espèces. Une idée qui convainc de plus en plus de scientifiques avance que les oiseaux seraient les lointains descendants des dinosaures. Autrement dit, les oiseaux auraient eu dans un lointain passé des dents.

La communauté scientifique n’est pas encore unanime sur le sujet, mais en attendant qu’ils se mettent d’accord pour élucider définitivement le passé des volatiles, une équipe de chercheurs universitaires de l’École Normale Supérieure de Lyon, avec à leur tête le professeur Efthimios Mitsiadis (preuve vivante que la Grèce ne produit pas que des animateurs de Star Académie), a réussi à faire pousser des dents à des poules !

En transplantant des cellules souches dentaires de souris sur des embryons de poulets, l’équipe de l’ENS de Lyon a réussi en 2003 ce qui passait pour impossible voire farfelu aux yeux de nos grands-parents. Le but de ces essais est de parvenir à terme à faire pousser des dents sur des patients humains souffrants d’anomalies dentaires et de révolutionner par la même occasion la discipline des soins dentaires.

En attendant que les sourires édentés soient de l’histoire révolue, on peut d’ores-et-déjà supprimer du dictionnaire des expressions et proverbes la formule « quand les poules auront des dents », elle est devenue obsolète.

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pastafarisme & Co
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Mercredi 11 octobre 2006 3 11 /10 /Oct /2006 00:33

Voilà un film assez inhabituel et qui pourtant est passé un peu inaperçu. Le héros, Nick Naylor (interprété par un Aaron Eckhart remonté à bloc) est un lobbyiste de grand talent. Et du talent il lui en faut pour défendre les intérêts et l’image de son employeur, la société Big Tobacco, l’un des plus gros vendeur de cigarette du pays. Alors que dans le passé la cigarette a eu une image classe, séduisante voire glamour, de nos jour la roue a tourné en même temps que le tabac est devenu la cible de la prévention anti-tabagisme et des organismes de protection de la santé publique.

Mais l’industrie du tabac a bien l’intention de ne pas se laisser faire et contre-attaque en suivant une stratégie offensive : réinvestir les cercles décisionnaires d’Hollywood et contrecarrer le sénateur Ortolan Finistirre (le toujours impeccable William H. Macy) fervent défenseur de l’aposition d’un symbôle en tête de mort sur les paquets de cigarettes. Et pour mener à bien ces missions, l’homme de la situation est tout trouvé : Nick Naylor est capable de tout. Les termes « indéfendable » et « impossible » ne lui font pas peur au contraire : rien de mieux pour l’inciter à exceller encore plus qu’à l’accoutumée. Il est moins à l’aise face à son ex-femme et dans son rôle de père…

Nick ne recule devant aucun cynisme : devenir l'ami d'un jeune cancéreux sur un plateau télé tout en vantant les mérites de la cigarette ne lui pose pas de problème
Le film de Jason Reitman manie le cynisme avec intelligence, à l’image de son héros (si l’on peut parler de héros), qui est fier de faire partie du MOD Squad (Merchants Of Death) au même titre que ses collègues représentants du marché de l’alcool et du lobby des armes.
Basé quasiment uniquement sur la force de ses dialogues, on pourrait reprocher à Thank You For Smoking un certain manque d’action, mais ce déficit est largement compensé par la virtuosité des textes ainsi que les performances des comédiens.
Il peut y avoir par moment un côté dérangeant dans ce film, une dose de poil-à-gratter, de politiquement incorrect qui range Thank You For Smoking dans la catégorie de films tels que Lord Of War.

La MOD Squad se réunit pour parler chiffres d'affaires, nombre de victimes et stratégies commerciales...
Le scénario a l’intelligence de ne pas prendre définitivement part pour l’un ou l’autre camp, mais se situe plutôt dans la défense des libertés personnelles. Tout en soulignant la perversité du système marchand d’un côté et les limites de la protection sanitaire des gens malgré eux de l’autre…

Ce qui fait vraiment la force de ce film, outre son scénario malin, c’est aussi le casting quatre étoiles, jugez plutôt : Maria Bello, Sam Elliott, Katie Holmes, Robert Duvall, Rob Lowe, J.K. Simmons… qui s’en donnent tous à cœur joie pour apporter leur talent à cette comédie acerbe.

Un film vraiment intéressant, original et une comédie réussie sur un thème a priori pas si évident que ça. Et la coïncidence veut qu’il sorte en France au moment où il est question d’interdire complètement la cigarette dans les lieux publics. Le film pourrait même s’avérer un élément de réflexion supplémentaire et bien venu dans le débat pro / anti interdiction du tabac.

  L'affiche du film : on lui donnerait le bon Dieu sans confession...

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
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Vendredi 6 octobre 2006 5 06 /10 /Oct /2006 16:38

Ce week-end se tiendront les élections municipales anticipées dans la ville de l’ancien Premier Ministre Alain Juppé, Bordeaux. Ces élections interviennent suite à la démission en bloc de la majorité municipale (UMP-UDF-DVD) fin août (à l’exception du maire et des deux premiers adjoints, restés en place pour gérer la ville jusqu’à l’élection du nouveau conseil municipal).

Le but de la manœuvre est clair, avoué et pleinement revendiqué par les concernés : permettre à Alain Juppé, redevenu éligible, de reprendre SA place de maire de Bordeaux, mandat qu’il avait été contraint d’abandonner en décembre 2004.

Petit rappel des faits : en 1998, Alain Juppé est mis en examen pour abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt dans le cadre de ses fonctions de secrétaire général du RPR, et maire adjoint de Paris aux finances jusqu’en 1995. En janvier 2004 il est reconnu coupable des faits et des malversations qui lui sont reprochés (à cette époque les commentaires vont bon train, en particulier ceux qui sous-entendent que Juppé est condamné en lieu et place d’autres responsables, plus hauts placés, suivez mon regard…) et condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à une peine de 18 mois de prison avec sursis et de 10 ans d’inéligibilité. L’affaire est portée en cour d’appel, qui en décembre 2004  confirme le jugement mais réduit la peine à 14 mois de prison avec sursis et une année d’inéligibilité, jugeant que l’ancien Premier Ministre était coupable aux yeux de la loi, mais qu’il ne devait pas endosser pour autant le rôle de bouc émissaire. Soit.

Alain Juppé démissionne de ses derniers mandats et s’exile à Montréal où il enseigne à l’École Nationale d’Administration Publique, malgré la polémique dont il est à l’origine (de nombreux universitaires québécois s’étonnent qu’un homme politique condamné à une peine d’inéligibilité puisse enseigner à des futurs hauts-fonctionnaires).
Maintenant que sa peine est purgée, le voici donc qui revient, bien décidé à reconquérir son trône dans sa bonne ville de Bordeaux.

Je trouve tout cela non seulement attristant mais aussi emblématique des raisons pour lesquelles la politique déçoit autant les français. Il ne se passe pas un jour sans que des responsables politiques ou des commentateurs et autres journalistes spécialisés se plaignent du désintérêt grandissant, voire même du désamour des citoyens français pour la politique. Et pourtant tout ce qui fait que les gens se détournent de leurs élites et de leurs décideurs continue encore et encore comme si de rien n’était. Les manœuvres politiques à la mairie de Bordeaux en sont un parfait exemple.

Voilà un homme politique de premier plan qui est jugé et reconnu coupable d’avoir, je cite le tribunal correctionnel, « trompé la confiance du peuple souverain ». Il effectue sa peine (et quelle peine…), revient comme si de rien n’était, et provoque des élections anticipées dans un seul intérêt : le sien. Comme si le mandat de maire de Bordeaux lui était adjugé de droit divin.
Où est l’esprit républicain là-dedans ? et je ne parle même pas d’un quelconque sens de l’éthique ou de la morale…

Qu’une personne qui a purgé sa peine ait une seconde chance je le conçois. Par contre, dans le cas d’un homme politique, de quelque bord qu’il soit, je ne lui accorderais pour ma part plus ma confiance s’il devait se trouver coupable de malversations avec l’argent public, même après qu’il ait purgé sa peine. Mais ça n’engage que moi, légalement il a tout à fait le droit de se représenter à une élection une fois sa période d’inéligibilité passée.

En revanche, dans ce cas précis cela va bien au-delà de ces simples considérations. Alain Juppé revient et on lui déroule le tapis rouge en provoquant des élections anticipées, juste pour que monsieur puisse retrouver la place qui était la sienne avant de partir. Croyez-vous qu’il aurait pu attendre l’échéance nationale en 2008 ? Non, il faut que ce soit tout de suite bien entendu. Et tant pis si cela coûte quelques 300 000 euros aux contribuables bordelais (ce sont les estimations moyennes que j’ai pu trouver sur différents sites d’informations) pour moins de deux ans avant de recommencer en 2008 avec les élections municipales normales.

Rappelons rapidement que des élections anticipées sont évidemment possibles et prévues dans certains cas : défections d’un élu pour raison de santé ou pour condamnation pénale, voire pour convenances personnelles si l’élu en question considère ne plus être en mesure de remplir correctement sa tâche. Mais il s’agit ici ni plus ni moins d’une abdication au profit de quelqu’un qui estime que le poste lui revient de droit.

Comme s’il ne s’agissait pas d’une élection démocratique mais d’un sacre.
Comme si le résultat du vote était acquis d’avance.
Comme si… cela ne servait à rien d’aller voter !

Étonnez-vous ensuite, messieurs les politiques, que l’abstention progresse encore et encore.

 

 

Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ?
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Mardi 3 octobre 2006 2 03 /10 /Oct /2006 09:33

Comme promis voici le retour du quizz musical !
Le dernier en date avait été proposé par NoNo et explorait les grands classiques du rock anglo-saxon, cette fois-ci je vous propose de vous replonger avec moi dans la chanson française.

Pour cette sélection, j’ai fait assez facile je pense, à une ou deux exceptions près peut-être, mais du coup on peut les trouver par élimination et déduction…
Mais bon, c’est toujours plus facile quand on a les réponses je sais !

Je vous rappelle le concept rapidement : je vous donne 20 artistes et 20 titres de chansons, à vous de faire le lien « qui chante quoi » dans les commentaires. Comme d’habitude, ce sera plus intéressant si vous ne vous aidez pas de google ou autres moteurs de recherche mais uniquement de votre mémoire…

Voici les 20 interprètes :

 Fred Blondin, Bernard Lavilliers, Cookie Dingler, Axelle Red, Étienne Daho, Matmatah, Sandy, Jean-Jacques Goldman, Stephan Eicher, Art Mengo, Laurent Voulzy, Jacques Dutronc, Enzo Enzo, Niagara, Négresses Vertes, Philippe Risoli, Michel Fugain, Noir Désir, Mylène Farmer & Jean-Louis Murat, Pigalle.


Et voici les 20 titres de chansons à leur associer :

 Quelqu’un de BienLes Parfums de sa VieUn Jour en FranceEmmaL’opportunisteJ’voudrais Voir les ÎlesBonne IdéeJe n’aurai pas le TempsFemme LibéréeJ’ai Faim de ToiDans la Salle du Bar-Tabac de la Rue des MartyrsLe Monde Tourne MalVoilà l’ÉtéDes Attractions DésastreCuitas les Bananas15ème RoundElle Vient me VoirRegretsPendant que les Champs BrûlentLe Rêve du Pêcheur.


J’espère que ça vous plaira : à vous de jouer !

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Music on the Air
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 /10 /Oct /2006 17:06

Après un été somme toute assez morose question sorties en salles, la rentrée, comme l'ensemble de la fin de l'année, se voit bardée de sorties de films tout à fait intéressants. Little Miss Sunshine n'en est pas des moindres, bien que ce ne soit pas celui qui a fait le plus parler de lui avant de débarquer sur les écrans...
Très remarqué lors de son passage au festival du film américain de Deauville (il y a remporté le Grand Prix), ce petit film indépendant apporte une vraie vague de fraîcheur avec lui, et se démarque très nettement et surtout très avantageusement des blockbusters hollywoodiens actuels.

Co-réalisé par Jonathan Dayton et Valerie Faris (époux à la ville et réalisateurs de nombreux clips vidéos), Little Miss Sunshine raconte l'odyssée d'une famille américaine dont la benjamine a été retenue pour concourir dans une élection de miss pour enfants. Un peu « justes » financièrement, les Hoover vont être contraints de voyager d'Albuquerque jusqu'en Californie dans le vieux van familial, faisant fi des pannes et autres incidents techniques, et tout en essayant de concilier les personnalités très disparates formant cette famille hors du commun.

Le voyage en van : tout un programme...
Il y a le père de famille, Richard (le très bon Greg Kinnear), un américain pur jus convaincu que tous ceux qui ne sont pas premiers sont d'honteux losers, et qui essaie de publier un livre dans lequel il développe un programme en 9 étapes qui mène au succès.
Il y a la mère Sheryl (la trop rare Toni Collette), qui contente comme elle peut chacun des membres de la famille et se place autant que faire ce peut en médiatrice familiale.
Il y a Frank (l'excellent Steve Carrell) le frère de Sheryl, spécialiste universitaire de Proust et qui vient de tenter de se suicider après sa rupture d'avec un de ses étudiants...
Il y a le Grand-Père (Alan Arkin, décadent au possible), père de Richard, obsédé sexuel au dernier degré, qui sniffe de la coke et dont la philosophie se situe quelque part entre « Carpe Diem » et « Je vous emmerde tous autant que vous êtes ».
Il y a Dwayne (Paul Dano, flippant), le fils aîné de Sheryl, qui a fait voeu de silence jusqu'à ce qu'il puisse devenir pilote de chasse et qui passe sa crise d'adolescence entre l'adulation de son maître à penser Nietzsche et une haine mal contenue envers tous les membres de sa famille.
Et enfin il y a Olive (la géniale petite Abigail Breslin), la plus jeune, rêveuse et un peu boulotte mais qui se voit en reine de beauté. Elle est la seule malgré ses excentricités de petite fille à être « normale » dans cette famille de fous...

Pause repas : l'ambiance est au beau fixe !!
Le film est avant tout un film de comédiens, dont le talent éclatant est le principal intérêt de cette comédie familiale pas si grand-public que cela... Car l'autre intérêt de cette comédie c'est aussi son humour caustique, parfois très méchant, parfois juste moqueur, mais qui touche toujours très juste et qui ne laisse jamais de marbre, qu'on aime ou pas ce type d'humour. À travers les relations très spéciales entre les personnages, le scénario se permet quelques charges directes contre l'american way of life tel qu'il est communément décrit. Toujours bien vues, les piques envers la société américaine et ce qu'elle a de plus pernicieux, donnent un ton très particulier au film, et apportent une profondeur (pour ne pas dire une gravité) inattendue et bonifiant encore un peu plus l'ensemble.

Olive, une petite fille normale au milieu de mini-miss qui font peur !
Peut-être l'effet a-t-il été amplifié par le côté « surprise » du film, toujours est-il que Little Miss Sunshine a été pour moi le premier vrai grand éclat de rire au cinéma depuis bien longtemps. À ce titre, la fin exceptionnelle et délirante vous laisse avec une pêche d'enfer alors que retentit le générique de fin. Un très, très bon moment, à voir absolument.

  L'affiche du film.

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
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Mardi 12 septembre 2006 2 12 /09 /Sep /2006 17:42

 Rémy Belvaux, réalisateur belge, est décédé le mardi 5 septembre à l’âge de 40 ans.
Le namurois avait connu le succès en 1992 avec la bombe cinématographique qu’il avait co-écrit, co-réalisé et co-interprété avec André Bonzel et la future star Benoît Poelvoorde, C’est arrivé près de chez vous.
Le film d’art et essai mettant en scène Ben le tueur en série belge et poète à ses heures, est devenu instantanément culte pour toute une génération et reste depuis un jalon incontournable du cinéma belge et de l’irrévérence sur grand écran.

Alors que Benoît Poelvoorde menait sa carrière avec brio (de Monsieur Manatane sur Canal+ jusqu’à Podium de Yann Moix), son compère Rémy s’est imposé comme l’un des meilleurs réalisateurs de spots publicitaires actuels. On lui doit entre autre la série des spots SFR mettant en scène Arié Elmaleh et Frédéric Quiring.

En 1998, Rémy avait également accroché à son tableau de chasse Bill Gates qu’il est parvenu à entarter en compagnie de Noël Godin dit le Gloupier, un autre belge des plus déjantés.

En vrac quelques photos : André, Rémy et Ben sur les plages de la Mer du Nord, l’équipe en promotion de C’est arrivé près de chez vous au Japon et Ben qui propose à Rémy un bon gros plat de moules avec des frites. T’aimes bien les moules toi Rémy ? Ben quoi, arrêtes de sourire bêtement comme ça !

Avec la Mer du Nord, le long des golfes clairs, et des vagues dodues...

Promo niponne, superstars !


Rémy n’aura pas vécu vieux, mais on peut dire sans trop risquer de se tromper qu’il se sera bien marré. C’est déjà ça.

Buvons à ta mémoire. Qu’est-ce que tu prends ? Un p’tit Grégory, comme tout le monde.


 

 

Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ?
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