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Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 10:37

Amateurs de nostalgie, bonjour. C’est ici que ça se passe, vous ne pouviez pas mieux tomber.
Comme le fait remarquer un des auteurs en début d’ouvrage, il y a deux écoles : ceux qui prononcent Strange à la française et ceux le prononcent à l’anglaise (Stren-dge) (oui je suis naze en phonétique) (m’en fous). Moi je ne m’étais jamais posé la question avant ce bouquin, persuadé que ma prononciation était la seule (et donc la bonne). Je suis définitivement de ceux qui prononcent à la française, tout simplement et très certainement parce que j’ai découvert ce titre à un âge où je n’avais encore jamais fait d’anglais à l’école. Ça donne peut-être un petit côté désuet au titre (et à moi) mais je ne me vois pas prononcer ça autrement.


Avec Nos Années Strange donc, Sébastien Carletti et Jean-Marc Lainé nous offrent une rétrospective de 1970 à 1996 centrée autour du célèbre magazine Strange mais débordant plus largement sur tout ce qui concerne la présence des Super-Héros américains dans nos vies de jeunes lecteurs d’alors. Le livre des deux compères ne traite donc pas uniquement du magazine Strange, le plus emblématique de tous, mais passe en revue l’ensemble des parutions qui lui ont été contemporaines et où ont été éditées les aventures des super slips made in America. C’est ainsi que les auteurs nous replongent dans un océan de magazines divers et variés, depuis les productions Arédit et Artima ou Sagédition, jusqu’aux dérivés de Strange qu’ont été Titans, Nova, Spidey, Spécial Strange, les RCM (Récits Complets Marvel), Top BD, VI (Versions Intégrales) et j’en passe parus chez Lug (l’éditeur lyonnais historique de Strange) puis chez Semic (après le rachat de Lug par le groupe suédois du même nom).

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Et comme les super-héros n’ont pas attendu les franchises cinéma des années 2000 pour s’extirper de leurs pages, Lainé et Carletti nous causent avec enthousiasme, je dirais même avec gourmandise, de tous ces autres supports qui les ont accueillis eux et leurs proches cousins qui surfent sur les mêmes thèmes. J’ai adoré voir cités par exemple Steve Austin (Lee Majors en homme bio-ionique et non pas Stone Cold le catcheur) ou encore  le palmé Homme de l’Atlantide (Patrick Duffy en slip de bain quelques années avant sa période Bobby Ewing) qui ont bercé mon imaginaire de petit garçon au même titre que Peter Parker et Ben Grimm. Les auteurs rendent bien évidemment hommage au Superman de Richard Donner qui imposa en 1978 l’inconnu Christopher Reeve comme icône absolue des types en collants, le premier super-héros à s’imposer au cinéma. Batman avec ses différentes incarnations sur grand et petit écran n’est pas en reste, et c’est avec plaisir qu’on découvre ou redécouvre des films un peu plus obscurs et/ou oubliés tels que Condorman, le Spider-Man de 1977 (mais aussi le dessin animé beaucoup plus ancien qui passait dans Croque-vacances de Claude Pierrard … ah bordel comment j’adorais ça !), le tristement mésestimé Dick Tracy de Warren Beatty, le Fantastic Four de 1994 produit par le pape des zèderies Roger Corman, ou encore mon très cher Dolph Lundgren dans ce qui fut certainement son meilleur rôle et dont je vous rebats les oreilles ici : le Punisher de 1989. J’en passe et des meilleurs.

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Et puis on fait également un détour par les jeux vidéos, grâce auxquels on retrouvait nos héros tous pixellisés sur à peu près tous les supports qui ont existé depuis les Atari en passant par les Amstrad CPC 6128 et consorts, les consoles de jeux type Super Nes de Nintendo ou les Mega Drive de Sega et toute l’évolution technologique qui a suivi…
D’ailleurs côté jeux, les jeux vidéos sont loin d’être les seuls mentionnés dans le bouquin, puisqu’on a un gros morceau consacré aux jouets de toutes sortes qui ont ensoleillé nos journées d’enfants. Ah ! que n’ai-je passé d’heures et de jours à m’éclater en vase clos moi et mes figurines Guerres Secrètes de Mattel. Combien de fois Fatalis a-t-il fini vaincu par Captain America au fond de l’évier comme dans la pub à la télé ? Combien de forteresses ai-je érigé à mes jouets favoris, à base de cartons, boîtes à chaussures et rouleaux de PQ ? Bien plus encore que mes playmobils, mes robots Transformers et Goldorak ou mes figurines Star Wars, c’était bien mes jouets Guerres Secrètes qui m’auront fait le plus rêver…


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Vous avez vu comme j’ai dérivé l’espace de quelques paragraphes ? Au départ j’ai commencé par vous dire ce qu’on trouve dans Nos Années Strange et quelques lignes plus tard je ne peux pas m’empêcher de vous parler de mes jouets de gamin. Et bien c’est ça le super-pouvoir de ce livre. Si vous avez connu cet univers dans vos jeunes années, ce bouquin ne sera pas qu’une mine d’informations et une rétrospective historique et culturelle ultra-documentée : Lainé et Carletti parleront directement à votre âme d’enfant, et ça non seulement c’est imparable mais c’est aussi foutrement bon.

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L’espace d’un instant je me suis replongé dans cette époque. Je me suis revu découvrir le monde unique des super-héros alors que je devais avoir 7 ou 8 ans. Bloqué au lit par je ne sais plus quelle maladie infantile, on me donna un vieil exemplaire à moitié disloqué de Titans 28, avec Captain Marvel en couverture. Ça a été ma première rencontre avec Captain Marvel donc, mais aussi Iron Fist qui combattait Serval (le nom francisé de Wolverine en ce temps là) Colossus et Diablo des X-Men. Ça a été mon coup de foudre pour un héros très old-school, 35ème couteau de l’écurie Marvel, apparaissant dans une poignée de parutions mais justement présent dans l’épisode des Envahisseurs (The Invaders) de Titans 28 : Le Diamant Bleu qui reste aujourd’hui encore l’un des personnages qui m’aura le plus marqué (c’est à se demander comment et pourquoi vu le personnage et l’usage restreint qu’on fait de lui dans la série, mais ça fait partie de la magie de l’enfance et ça ne répond évidemment à aucune logique).

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Et vous avez vu encore une fois ? J’ai dérivé sans m’en rendre compte !

 Nos Années Strange c’est ça : une palanquée de souvenirs d’enfance dans la tronche à chaque page qu’on tourne. Et de tellement bons souvenirs qu’on en est presque à regretter de clore définitivement le bouquin après sa dernière page, en se disant qu’on n’aurait pas été malheureux que le livre de Carletti et Lainé fasse une centaine de pages supplémentaires, histoire de retarder un tout petit peu l’heure de refermer la fenêtre qu’ils ont ouverte sur notre enfance.

Bref, vous l’avez compris, j’ai adoré. Et je recommande plus que vivement. C’est un must, il FAUT le lire et s’offrir une petite plongée revigorante dans notre passé, du temps où on était encore jeunes, beaux et insouciants (si, si).

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Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 10:02

Bon, ça fait un bail que j’ai pas causé de bouquin par ici. Pourtant j’en ai une petite quinzaine sous le coude, que j’ai lus sans encore en avoir parlé. On va tenter de rattraper un peu le retard pris…

Aujourd’hui donc, c’est au tour de Paradis Perdu, de Gudule. Du haut mon ignorance crasse, j’avoue qu’avant de tomber sur ce bouquin (qui m’a attiré par sa couverture où l’on voit trois cochons aux yeux exorbités flotter nonchalamment parmi les nuages) je n’avais jamais entendu parler de son auteur. Pourtant la quatrième de couv décrit Gudule comme « la reine des romans d’humour » ayant déjà publié 400 livres, destinés pour la plupart à la jeunesse (ceci explique peut-être cela). Toujours sur la quatrième de couv on nous promet un « roman pour adultes vraiment déjanté, politiquement pas correct et complètement délirant », la présentation se terminant par « humour, dérision, irrespect sont les maîtres mots de ce road-movie posthume, où les valeurs sacrées sont allègrement piétinées » ponctuée d’un avertissement : « Esprits chagrins s’abstenir ! ».

Moi, des accroches pareilles ça me met la salive à la bouche, forcément. D’autant que le départ de l’intrigue laisse présager des développements sympathiques.

Dans Paradis Perdu, la narratrice nous raconte la mésaventure de sa mère, Andrée Vandermeulen née Devries, fervente catholique, croyante et pratiquante, morte d’une attaque cardiaque et promise à coup sûr au paradis. Sauf qu’une malencontreuse erreur a lieu, et qu’en lieu et place du paradis catholique tant attendu, la pauvre Andrée se retrouve au mont Olympe où elle va faire la connaissance à son grand étonnement d’une partie du bestiaire mythologique grec et des Dieux hauts en couleurs qui vont avec. Polie mais décidée, elle compte bien réclamer ce qui lui est dû : un séjour éternel au paradis des chrétiens, dans la félicité et la paix, refusant tout net de rester dans ces lieux de débauche païens où elle vient d’atterrir. Au paradis d’ailleurs on a eu vent de l’erreur d’aiguillage et on envoie un ange récupérer la brebis égarée. Mais l’ange en question va découvrir que l’Olympe c’est sympa aussi, on y déconne même un chouïa plus que chez Saint Pierre…

Franchement j’ai trouvé le pitch super sympa, l’idée de départ maligne, et exposé comme ça, ça promettait beaucoup. Peut-être un peu trop d’ailleurs, question promesses. Honnêtement je cherche encore l’irrespect et les valeurs sacrées piétinées. Pour tout dire oui, je vois bien à quoi il est fait allusion, mais bon voilà quoi, à l’arrivée j’ai trouvé ça un peu fade et pas bien relevé en fin de compte. Si l’irrespect c’est de choisir de narrer les aventures de sa propre mère dans l’au-delà faisant son coming-out avec la reine des Amazones alors ok, mais pour ma part cet artifice n’a pas fait mouche, désolé. J’admets bien volontiers que pour un fervent catholique bien conservateur ce bouquin peut paraître choquant, mais pour tous les autres… bof quoi. Si vous voulez du politiquement incorrect qui touche à la religion, la morale et les valeurs sacrées lisez le Preacher de Garth Ennis et Steve Dillon, là vous en aurez pour votre argent, mais j’ai été bien peiné de constater qu’on n’en retrouve pas le dixième dans Paradis Perdu qui en promet tant pourtant.

Côté humour, là encore on va dire que ce n’est pas la cascade de poilades annoncée non plus. C’est plaisant sans plus, on sourit parfois de certaines situations ou dialogues mais rien qui ne m’ait fait m’esclaffer. Alors on a bien quelques personnages réussis comme un Ulysse complètement obsédé sexuel pas déplaisant du tout par exemple, quelques idées amusantes par-ci par-là, mais rien de vraiment retentissant.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été convaincu du tout par ce livre, je m’attendais certainement à autre chose, mais je n’arrive pas à me sortir de l’idée que ce qui est annoncé en quatrième de couverture est un brin exagéré et trompeur quant au contenu réel du récit. Moi qui m’attendais à tomber sur une petite perle d’humour grinçant et d’ironie, c’est à un pétard quelque peu humidifié que j’ai eu à faire. Décevant. Ou peut-être suis-je un de ces esprits chagrins mis en garde plus haut, auquel cas je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.

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Par Stéph - Publié dans : Lire ou écrire ?
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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 11:03

Après avoir vu Polisse, je m’étais dit à moi-même (oui je me parle) que le prochain film que je verrai serait bien mal loti de passer après. Faut dire que le film de Maïwenn m’a tellement marqué que j’avais peur de trouver fadasse à peu près tout ce qu’on me proposerait dans la foulée.
Et j’ai hésité avant d’aller voir Toutes nos Envies de Philippe Lioret dont j’avais eu de lointains mais bons échos. Par crainte de ne pas le juger à sa juste valeur. Eh bien je me suis planté et c’est tant mieux : Toutes nos Envies a bel et bien tenu toutes ses promesses.


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Dans le film on suit Claire (Marie Gillain), jeune juge fraîchement arrivée en poste à Lyon, et jeune maman de deux enfants. Elle traite entre autres d’affaires de surendettement, et c’est ainsi qu’elle va être amenée à s’occuper du cas d’une femme, Céline (Amandine Dewasmes) qui s’avère être la maman d’une petite fille qui est une amie de ses propres enfants. Décidée à aider Céline, elle va s’engager dans un combat contre les sociétés de crédit. Combat jugé perdu d’avance et vain par l’ensemble de sa profession. Mais Claire sort elle-même d’une famille qui a connu les privations et les problèmes d’argent, et se sent doublement concerné par ce genre de situations. C’est lâchée et même menacée par sa hiérarchie qu’elle va rencontrer Stéphane (Vincent Lindon), un juge chevronné, conscient des injustices légales mais qui a perdu ses illusions et semble désabusé quant à ses capacités à y changer quelque chose. Pourtant entre Claire et Stéphane va se créer une réelle complicité, une relation forte et particulière, une connexion qui va les lier dans leur combat contre le surendettement. Mais le combat de Claire n’est pas qu’altruiste, elle se bat également contre un mal intérieur qui la pousse à vivre dans l’urgence et à agir vite. Bientôt, sauver Céline devient pour Claire le but ultime, une façon pour elle de sauver sa propre famille.

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C’est très difficile d’en dire plus sur le film sans en dévoiler certains aspects qu’il vaut mieux découvrir au visionnage. Toujours est-il que le film joue sur deux tableaux dont les interconnexions sont très fortes : d’une part l’aspect très juridique qui concerne la défense des particuliers face aux sociétés de crédits qui usent de méthodes insidieuses et malhonnêtes pour faire raquer les gens à des taux impossibles. D’autre part un combat intime, personnel, que mène Claire contre la fatalité et pour maintenir le bonheur au sein de sa petite famille.
Elle va entraîner avec elle Stéphane, d’abord sur le plan purement juridique puis dans son combat personnel. Ce film c’est aussi d’ailleurs l’évolution du personnage incarné par Vincent Lindon, désenchanté au début puis revigoré par l’enthousiasme et la volonté de Claire qui va le pousser à se révolter et ébranler un ordre établi contre lequel personne ne cherche plus à s’élever.

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C’est justement grâce à ce parallèle incessant entre combat juridique (pour le bien de tous) et combat personnel (pour le bien de nos proches) que Philippe Lioret parvient à créer un lien très fort entre le spectateur et les personnages à l’écran. Ils sont vrais, ils sont sincères, volontaires mais faillibles, en un mot : humains. Et donc on adhère, on y croit, on est impliqué avec eux. Pourtant le constat est amer : il est ici très clairement démontré que la Justice ne privilégie pas ce qui est juste, mais uniquement ce qui est légal. Les sentiments et la morale n’ont pas prise sur un contrat. Et comme en écho à l’injustice légale, on réalise que dans nos vies intimes aussi, la justice n’a pas sa place. Les choses arrivent, peu importe qu’on les considère comme justes ou non, elles nous dépassent et s’imposent malgré tout.
Si le film ne laisse pas de doute ni d’illusion sur la Justice, il décortique le processus et la logique judiciaire jusqu’à en toucher les limites, et c’est finalement avec un certain cynisme qu’on se rend compte que les solutions, quand elles existent, sont détournées, pleines d’ironie. À défaut de tuer tout espoir en la société, Toutes nos Envies ne laisse pas pour autant sur un sentiment très positif ni optimiste à son sujet. On est plutôt dans la sensation qu’on reste définitivement englué dans un système extrêmement complexe et potentiellement très hostile dans lequel la plupart du temps « se battre pour changer les choses » a cédé sa place à « combattre pour survivre ». Tout n’est pas forcément perdu d’avance, mais l’idée de « vouloir c’est pouvoir » en prend un sérieux coup dans l’aile (pour ma part ça fait un bail que j’en suis revenu de cette philosophie de la vie gentiment naïve).

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Mais ce qu’on retient avant tout de ce film, c’est que quelle que soit la situation, difficile ou même désespérée, même si on perd à la fin une chose prime : se taire c’est accepter et perdre doublement. Toute la force et toute la volonté du monde ne suffisent pas toujours à gagner, mais faire de son mieux est la seule façon de rester debout. À ce titre, la scène de Claire donnant son parfum à Céline est à mon sens peut-être la plus belle preuve de volonté et de force (ceux qui verront le film comprendront ce que je veux dire).


Vraiment, Toutes nos Envies n’est pas le film le plus gai qui soit mais n’en conserve pas moins une aura positive à mes yeux. Je ne peux que le conseiller, voilà encore un très bon film français en cette fin d’année.

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Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 17:09

Je regarde beaucoup la télévision. De moins en moins pour y voir les programmes que nous proposent la pléthore de chaînes qu’on capte depuis la TNT, hormis quelques séries. La majeure partie du temps, quand mon téléviseur est allumé, mon lecteur Blu-Ray l’est aussi. Je suis un gros consommateur de film et de séries sur supports Blu-Ray et dvd. Du reste mon salon commence à être envahi de dvd qui débordent de partout.
Et comme je ne suis pas du genre à sortir dans le froid le soir pour aller me louer un film, la plupart du temps je sors dans le froid en rentrant du boulot pour aller en acheter. Ouais je sais, pas logique, pas économique. Mais que voulez-vous, on ne se refait pas.
D’ailleurs plus d’une fois je me suis laissé attiré par un titre intriguant ou une jaquette prometteuse qui m’auront laissé sur ma faim au visionnage avec le sentiment très net de m’être fait rouler. Mais comme le papillon de nuit qui revient sans cesse vers la lumière (merde, quel style poétique à deux balles j’ai quand je veux), je reviens vers mon dealer de films attitré à la recherche de quelque nouveauté alléchante ou vieillerie rééditée.
À ce titre, un film plus que tout autre revêt le costume de Saint Graal tant je le recherche depuis longtemps, fébrilement, sans jamais parvenir à le trouver. J’ai de ce film une antique cassette vhs chez moi, que je chéris inconditionnellement, prenant bien garde à la maintenir loin du soleil, la protéger des sources de chaleur et d’humidité, rangée bien verticalement dans le plus grand respect des règles de conservation otpimales des bandes vhs. Des années que j’attends sa réédition en format dvd. De quel film je parle ? Du Punisher* de 1989  de Mark Goldblatt bien évidemment, celui où Dolph Lundgren en personne s’est teint les cheveux en noir pour incarner Frank Castle. Ah j’en entends déjà ricaner, rire sous cape, se gausser de moi en me désignant d’un doigt moqueur et accusateur. M’en fous, je fais ce que je veux encore. Je suis fan de ciné et de comics, je n’ai jamais prétendu être détenteur du bon goût universel. Et puis d’abord laissez moi continuer mon article, oh.


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J’en étais où moi ? Ah oui, je causais de ma tendance à acheter beaucoup (trop) de dvd et Blu-Rays. Passionné et dépensier certes, mais pas complètement débile non plus, je fais en sorte d’acheter au meilleur prix, ce qui élimine d’office certains magasins qui exercent une politique de prix à se demander parfois si leurs dvd sont plaqués or. La RNAC** en tête par exemple. Mais depuis quelques temps, avait ouvert tout à côté de chez moi un magasin d’une nouvelle enseigne sur la région : Neptun***. Et chez Neptun, à ma grande surprise, mais aussi à mon grand contentement, ils pratiquent des prix sympas, étant en général 5 euros moins cher que les prix moyens chez la concurrence. Et vu la quantité de films que j’achète, ce n’est pas négligeable. J’étais donc devenu un fervent client du Neptun de Wittenheim, société de consommation quand tu nous tiens…
Mais patatras ! Neptun s’est fait racheter depuis peu par Pâtissier****… et c’est non sans curiosité que je m’y suis rendu pour la première fois sous leur nouvelle enseigne la semaine dernière. Fallait s’y attendre : mêmes rayonnages, mêmes produits, mêmes dvd et Blu-Rays, mais pas les mêmes prix du tout. Hop, valse des étiquettes, hausse des tarifs. On se retrouve avec un prix qui n’a plus rien de la bonne affaire comme auparavant. Déçu, je quitte le magasin, en me disant qu’à toute chose malheur est bon : peut-être que ça m’incitera à faire des économies en achetant moins de films à l’avenir.

Ou pas.
Comme je ne suis pas du genre à lâcher le morceau aussi vite, je me dis que quand même, je jetterais bien un œil au Neptun de Mulhouse, juste pour voir si là-bas aussi la hausse des prix a frappé. Je m’y rends donc fin de la semaine dernière, sans grand espoir et… pas d’enseigne Pâtissier à l’horizon. Encore Neptun. J’entre. Et je retrouve bien les prix dont j’ai l’habitude, de 5 à 10 euros (quand même !) de moins sur les Blu-Rays. Puisque je suis là-bas je fais un scan rapide des rayons, je passe en coup de vent dans les étalages de dvd, l’étiquette « bonnes affaires » trône au-dessus de l’un d’eux et là je m’arrête net. Fais demi-tour, incrédule. J’avais bien vu : le dvd du Punisher avec Lundgren est là, sous mes yeux. Seul, perdu au milieu d’infâmes bouses sans nom, en exemplaire unique, portant une pastille jaune fluo sur laquelle est inscrit le prix : 3.99€ !
Je m’en empare prestement, prêt à en découdre s’il le faut, au cas où un soudard viendrait me le disputer au dernier moment. Oui c’est bien lui, je le tiens enfin. Celui que même sur internet je n’avais jamais trouvé. Direction la caisse. Vite.

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Arrivé chez moi je déballe l’animal. La pochette est noire, la jaquette ressemble à une photocopie un peu pixellisée de la jaquette originale de la cassette vidéo. Aucune trace d’éditeur, pas de nom, rien. À l’intérieur le disque avec juste le titre du film sur fond noir, aucun flyer, que dalle. Au dos c’est encore plus énigmatique : on pourrait croire qu’il s’agit d’une copie du verso de la jaquette de la vhs, mais deux des trois vignettes du bandeau supérieur laissent apparaître non pas Dolph Lundgren comme les autres, mais … Ray Stevenson, autrement dit le dernier acteur en date à avoir endossé le rôle dans le film Punisher : War Zone de Lexi Alexander en 2009 (pas mal aussi soit dit en passant). Quant au résumé de l’histoire, c’est celui du film The Punisher de Jonathan Hensleigh qui date de 2004 avec Thomas Jane dans le rôle titre et John Travolta en gros vilain méchant mal coiffé. Le mec qui a composé cette jaquette de dvd devait être sous l’emprise de stupéfiant je pense.

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Je mets la galette dans le lecteur et j’attends. Oui, au cas où vous ne le sauriez pas, les lecteurs Blu-Rays des premières générations sont très longs au démarrage (je sais, c’est le genre d’info cruciale dont vous rêviez)(on est geek ou on l’est pas hein). Ça démarre : écran d’avertissement sur les droits et la diffusion en public, blabla. Le pavé de texte est truffé de fautes et en termes bizarrement mal appropriés (droits phonographiques réservés pour un film… rien sur les images, space). Et puis directement le film, zéro menu, même pas de chapitrage ou de choix des langues possible : bascule de l’écran en mode 4/3, image dégueulasse très clairement repompée à l’arrache et sans vergogne depuis la vidéo, son à l’avenant. Sur un home cinéma ça donne un truc assez improbable faut bien le dire. Mais c’est bel et bien le bon film, celui de 1989, c’est déjà ça.

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Vous me direz, mais pourquoi nous raconte-t-il ça ?*****
D’abord parce que j’avais envie de causer. Ensuite parce que c’est un des trucs les plus palpitants que j’ai vécu dernièrement (on rigole pas au fond). Et puis surtout pour dire que je ne savais pas qu’on pouvait acheter légalement en magasin des films piratés, mais que rien que pour ça, Neptun c’est décidément vachement mieux que Pâtissier !



* : les plus fidèles de ce blog se souviendront peut-être que j’ai déjà plusieurs fois fais référence à ce film dans de précédents articles tout aussi passionnants que celui-ci il va sans dire.

**, *** et **** : il se peut que j’aie très légèrement modifié les noms d’enseignes de magasins cités. Mais je ne doute pas un instant de votre don de perspicacité pour retrouver les vrais noms. Bande de petits malins.

***** : je tâcherai d’aborder des sujets un peu plus intéressants pour mes prochains articles, promis.

Par Stéph - Publié dans : Ces petites choses
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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 14:39

Ça y est, je pense avoir vu ce qui restera pour moi le meilleur film de l’année 2011. Bon d’accord je n’en ai pas vu des tonnes, et puis j’en ai raté quelques uns qui avaient l’air pas mal du tout, mais avec Polisse, le dernier film en date de Maïwenn, je crois avoir fait bonne pioche et tiré le grand gagnant de l’année.
Ça faisait un bail que je n’avais pas été à ce point touché, ému, bousculé par un film. Alors certes, selon la définition de chacun, un bon film sera tantôt un film qui vous divertira, tantôt un film qui vous fera rêver, tantôt un film qui vous fera réfléchir. Si ce Polisse à l’orthographe enfantine fait à coup sûr réfléchir et se poser beaucoup de questions sur notre société que d’habitude on préfère ignorer et ne pas mettre sur le tapis, il fait avant toute autre chose ressentir une foultitude de choses. Car Maïwenn, gourmande et gonflée, a truffé son film de dizaines de choses, d’idées, de scènes, de réflexions, qui traitées séparément aurait pu aisément donner lieu à plusieurs films. Et elle peut l’être, gourmande et gonflée, car Maïwenn assure derrière la caméra, devant la caméra et devant sa feuille blanche. Parce que la nénette réalise, tient un des rôles principaux (je suis d’ailleurs tenté de dire qu’il n’y a que des rôles principaux dans ce film) et se permet le luxe de signer le scénario et les dialogues (co-signer en fait, avec Emmanuelle Bercot). C’est très certainement d’ailleurs à ce poste-ci qu’elle m’aura le plus bluffé : ses dialogues sont juste parfaits. Ou parfaitement justes, c’est égal.

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Bon d’accord, mais si je vous touchais quand même un mot de ce dont ça cause ?
Le film se déroule au sein de la Brigade de Protection des Mineurs (BPM) de la Police de Paris. Mélissa (Maïwenn) est une photographe missionnée par le ministère pour faire un reportage photo sur ce service, et va donc suivre pendant un mois une équipe de flics dans leurs enquêtes, leurs interpellations, leurs interrogatoires, et leur vie quotidienne. L’équipe à laquelle elle est intégrée est formée d’hommes et de femmes hauts en couleurs, en gueule et en caractère. Il y a le chef d’équipe Baloo (Frédéric Pierrot), Fred le dur au grand cœur (Joey Starr), Nadine (Karin Viard), Iris (Marina Foïs), Mathieu (Nicolas Duvauchelle), Chrys (Karole Rocher), Nora (Naidra Ayadi), Sue Ellen (Emmanuelle Bercot) et Bamako (Arnaud Henriet). Elle les suivra dans toutes sortes d’affaires, depuis la maltraitance parentale, aux affaires de pédophilie en passant par l’exploitation des mineurs, les viols ou encore les dérives d’internet… Mais ces hommes et ces femmes qui côtoient le pire de notre société et en font leur routine n’en restent pas moins des êtres humains à part entière, avec leurs failles, leurs faiblesses, leurs fous-rires, leurs passions, leurs vies privées. Et bien souvent quand on est flic à la BPM on ne peut pas « juste décrocher du boulot » à l’heure de rentrer chez soi. On porte ça en soi et on en est profondément marqué. Polisse est à ce titre un incroyable portrait, d’une rare finesse, pas seulement des policiers au contact quotidien des pires horreurs, mais des hommes au sens large.


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Avec Polisse, vous plongez pendant deux heures dans un film qui baigne littéralement dans la réalité. Du reste on est briefé d’entrée : le film s’inspire de faits réels. Le traitement de l’image joue là-dessus d’ailleurs, puisqu’il n’est pas sans rappeler celui d’un documentaire ou d’un docu-fiction. D’où peut-être son pouvoir magnétique hors du commun : c’est bien simple j’ai été tout bonnement happé par le film et moi-même intégré à cette équipe de flics, incapable de me distancier de ce qui se passait à l’écran. On est là, en plein dans l’histoire, dedans jusqu’au cou avec les personnages, à ressentir tout ce qu’ils ressentent, à se prendre en pleine poire leur quotidien, à pouffer de rire parfois avec eux sans pouvoir se retenir, à se rebeller contre l’indicible cruauté de notre société, à se désespérer de ne pouvoir faire plus devant tant d’injustice et de misère. Et comme ces flics qui rentrent chez eux et ne parviennent pas toujours à « décrocher » de leur boulot, on sort de la salle de cinéma sans pouvoir décrocher de ce qu’on vient de voir, tellement c’est fort, tellement ça impacte la rétine et le cœur.

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D’ailleurs j’en veux beaucoup à Polisse pour ça. Parce qu’après ce film ça y est, c’est officiel, j’ai la confirmation que je suis devenu une vraie chochotte alors qu’avant je pouvais voir les pires horreurs sans m’en soucier outre-mesure. Je me suis retrouvé à chialer comme une gamine, lors de la scène absolument déchirante d’une maman qui laisse son gamin de cinq ans à la BPM parce qu’elle est sans domicile fixe depuis six mois et qu’elle préfère s’en séparer pour le propre bien de l’enfant. Ce môme dont le désespoir et la colère vous explose à la figure, et en face de lui des flics impuissants dont un Joey Starr tout en émotions qui n’a que ses bras à offrir en réconfort … c’est juste un des moments les plus intenses que j’ai pu vivre dans un cinéma. Cette scène était si forte qu’il m’a été impossible de retenir mes larmes. Je n’avais aucune envie de les retenir d’ailleurs (heureusement entre midi et deux ce jour là j’avais la salle de ciné quasiment pour moi tout seul, sinon adieu la réputation de dur du Stéph)(comment ça « quelle réputation » ?).

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La dite scène qui, soit dit en passant, est une des preuves les plus éclaboussantes du talent de comédien du chanteur de NTM. J’avoue, avant ce film je n’avais que peu de sympathie pour Didier Morville (ça le fait moins comme patronyme dans le genre caillera). Et si je l’avais trouvé assez convaincant dans des petits rôles comme celui qu’il a tenu dans la série Mafiosa de Canal +, j’avais quand même des doutes quant à son talent, sorti des rôles de gangsters et mauvais garçons. Oui je sais, un a priori de merde de ma part, mais bon voilà. Mais dans Polisse il est tout simplement exceptionnel. Il m’a scotché. Chopé par les roustons et laissé comme deux ronds de flan. Bluffé. Il n’y a pas meilleur rôle qu’un contre-emploi réussi, et là on y est en plein : Joey Starr en flic plus vrai que nature, débordant d’humanité et de douceur sous la carapace de dur à cuire. C’est pas pour autant que je vais me mettre tout à coup à aimer sa musique, mais en tout cas je n’ai plus aucun doute sur le fait que ce type déborde de talent. Maïwenn a eu du flair quand elle a composé son casting, et à n’en pas douter engager le rappeur pour ce rôle pouvait s’apparenter à un sacré coup de poker. Coup gagnant, l’acteur et la réalisatrice raflent la mise.


303 polisse dispute
Et puisque j’en suis à parler de talent d’acteur et de scènes phares, je ne peux pas m’empêcher de citer le clash entre Iris et Nadine au bureau. Ça part d’un rien, ça monte en flèche vitesse grand V et ça explose en véritable hargne, témoignage de tonnes de ressentiments, de vexations et de reproches lancinants accumulés depuis des années. Les deux protagonistes de la dispute, Marina Foïs et Karine Viard qui pète littéralement un plomb, sont d’une justesse et d’une force… c’est à croire qu’elles se haïssent pour de vrai ces deux là ! Je pourrais aussi citer la scène de la prise de déposition d’une adolescente qui tourne en fou-rire incontrôlable, les interrogatoires d’hommes, pères ou grand-père, accusés d’actes sexuels envers leurs enfants, de cette femme qui maltraite son nouveau-né sans même se rendre compte de la portée de ses gestes, du raid des forces de polisse (oups, de police pardon) dans le camp de roumains au moment de séparer les enfants de leurs parents, et tant d’autres encore…
Tout ça pour dire que des preuves de talents il y en a à revendre dans ce film, et c’est une des caractéristiques principales de Polisse : tout y sonne juste.

303 polisse interrogatoire nora
Vraiment, j’ai adoré ce film, et je n’ai qu’une crainte c’est de le survendre. J’y suis allé sans en avoir vu une seule image auparavant, ni interview ni promo, j’avais juste entendu dire que c’était un bon film mais n’avais lu aucune critique ni article de presse à son sujet. Et j’ai été cueilli. Allez-y, je vous souhaite d’avoir une aussi belle et grande surprise que moi en le voyant.

Le film de l’année 2011, et de loin. L’année n’est pas finie ? M’en fous, c’est tout comme à mes yeux.

303 polisse aff

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 19:53

Il paraît qu'il faut les habituer très tôt à ranger leurs affaires si on ne veut pas qu'ils laissent traîner leurs jouets partout... (comment ça il est bizarre le doudou de mon fils ?!)

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Par Stéph - Publié dans : Ces petites choses
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Mardi 2 août 2011 2 02 /08 /Août /2011 17:34

Ouais je sais, mes articles s’espacent dans le temps.
Pourtant ce n’est pas un manque de sujets qui en est la cause. J’ai sous le coude des tas de films que j’ai vus et dont j’ai envie de causer, une tripotée de comics que je me suis envoyés dernièrement, une dizaine de romans lus récemment et pas encore chroniqués ici, et je ne parle pas des séries télés qui m’ont enthousiasmé ces derniers mois et qui mériteraient quelques lignes également.
Non ce qui est en cause c’est moi. J’ai un mal de chien à prendre mon stylo ou mon clavier pour me mettre à écrire quelque chose. Et quand j’y parviens, le résultat ne me plaît pas une fois sur deux dans le meilleur des cas. Évidemment il y a le temps qui file à une vitesse indécente, mais ça n’est pas que ça, c’est plus lié intimement à moi. J’ai un vrai manque d’inspiration, je ne sais pas par où aborder même les sujets qui me tiennent à cœur, je ne sais plus ordonner mes réflexions et en faire quelque chose qui se tient à l’écrit. J’ai l’impression de faire toujours beaucoup trop long et de ne pourtant pas arriver à exprimer l’essentiel. C’est assez frustrant par ailleurs.

En cherchant un peu la cause de tout ça, j’en suis venu à me poser la question : à quoi cela sert-il finalement ? Je veux dire de tenir un blog comme celui-ci, d’y coller des critiques (pour autant qu’on puisse qualifier de ce terme un peu pompeux mes petits avis), de donner mon avis sur ce que je lis ou vois ou entends ? Et en fait je n’ai pas trouvé de réponse satisfaisante pour le moment.

Je ne sais pas vraiment à quoi ça sert tout ça, à vrai dire. Je doute même sincèrement que ça ait le moindre intérêt, la moindre légitimité. Avant ça m’amusait, j’essayais d’écrire des trucs marrants et pas trop cons en même temps, et parfois même j’y arrivais (j’ai relu des vieux trucs publiés ici, et merde alors, j’en ai trouvé des pas mal du tout)(le mec se la pète en plus !).
Aujourd’hui j’ai peur de ne plus parvenir à insuffler dans ce que j’écris la même légèreté, je n’arrive plus à me faire marrer moi-même (bordel ça devient grave). J’ai l’impression d’écrire des pavés chiants à lire, à commencer par ce texte-ci d’ailleurs.

Je suis d’autres excellents blogs par-ci par-là, et je tombe aussi parfois au gré du net sur des sites vraiment originaux, dont les auteurs sont clairement bourrés de talents, qui savent faire marrer et/ou réfléchir leurs lecteurs et qui m’enthousiasment autant qu’ils me foutent le bourdon devant tant de maîtrise. Combien de fois me suis-je dit « merde qu’est-ce que j’aimerais écrire comme ça » tellement je trouvais ce que j’avais sous les yeux bien foutu…


Mais !
Je ne suis pas garçon à jeter l’éponge aussi vite (ah j’en devine qui se désespèrent !). Je vais tenter de faire mieux prochainement. Parler de choses que j’aime vraiment beaucoup, qui me tiennent à cœur, qui m’épatent, qui me boostent (rhhôôôoo le vilain mot souligné en rouge par mon correcteur orthographique totalement outré). Cela dit, je ne promets pas la lune, si ça se trouve je vais mettre deux mois à pondre trois articles tout nazes.
Mais bon, voilà faut essayer avant de dire que c’est mort hein. Et puis tiens, j’en profite : si jamais quelques blogueurs passent par là et lisent ceci, c’est quoi votre réponse à vous à ma question de tout à l’heure « à quoi ça sert ? ». Qu’est-ce qui vous motive ? Et tant qu’à faire les lecteurs peuvent répondre aussi : vous attendez quoi des blogs que vous lisez ?
Oui je sais, je suis chiant avec mes questions à la con.

Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ?
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Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 16:36

Me voilà arrivé à mon trois centième article. Plus de cinq ans que j’écris ici. Beaucoup de bêtises, pas mal d’avis-vite-dits qui n’intéressent guère que moi, et quelques textes plus personnels. Mais pour cet article pas de long discours, juste l’essentiel.
Mon petit garçon. Nathan.

300 Nathan ptitefleur
300 Nathan casquette
300 Nathan cars
300 Nathan tracteur
300 Nathan ohmygod

(Merci à ma petite soeur pour ses photos toujours géniales)
(on reconnaît facilement la TataTouch : première, deuxième et dernière photos)

Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ?
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Mardi 12 juillet 2011 2 12 /07 /Juil /2011 11:36

Quelle ne fut pas ma surprise l’autre jour quand, divaguant sur un trottoir, en passant devant un cinéma et lorgnant distraitement sur la collection d’affiches des films projetés et à venir, j’en repère une avec Mel Gibson en gros plan, affublé d’un peluche en forme de castor.
Je m’approche, je regarde. Le Complexe du Castor, film de et avec Jodie Foster, rôle principal tenu par Mel Gibson.

299 complexe castor walter
Quand je parle de surprise… j’en étais resté aux frasques de l’acteur australien qui a fait bien plus parler de lui dernièrement dans la presse à scandales que dans celle consacrée au septième art. J’ai vaguement entendu parler d’affaires d’antisémitisme, d’ivrogneries diverses et de violence conjugale. De quoi blacklister le Mel pour tout ce qui est carnet mondain hollywoodien en somme. D’où mon étonnement de le voir à l’affiche d’un film. Ne niant pas un instant que Mel Gibson puisse n’être dans la vie qu’un sombre connard, pour moi il est et reste surtout un putain d’acteur, un gars qui m’aura marqué durablement pour tout un tas de raisons, dont les deux principales se nomment Martin Riggs et Apocalypto. Alors au-delà des scandales people qu’il suscite, le Mel Gibson acteur et réalisateur m’a toujours intéressé, et continue d’exercer sur moi une certaine curiosité, si ce n’est de l’attirance. Le film sortait le lendemain. Fallait bien que je vois ça…

299 complexe castor meredith walter
Alors Le Complexe du Castor met en scène Walter Black. Walter a, a priori, tout pour être heureux. Il est marié à Meredith (Jodie Foster), père de deux garçons, l’aîné Porter (Anton Yelchin) et le petit Henry (Riley Thomas Stewart), il dirige une marque de jouets qu’il a héritée de son père. Pourtant Walter est sujet à la dépression. Une dépression si forte qu’il se détache de tout et de tous, irrémédiablement. Au point qu’après des années d’efforts et pour le bien de tous, Meredith décide de se séparer de son époux. Touchant le fond, Walter veut en finir. Mais le hasard le fait tomber un soir sur une marionnette de castor, qui va changer son existence. Walter va s’accrocher avec l’énergie du désespoir à cette marionnette, qui va lui permettre d’exprimer tout ce qu’il n’ose pas dire, et de devenir une autre personne : positif, volontaire, entreprenant, drôle, charmeur, bref : sûr de lui. Mais ce n’est plus Walter qui est aux commandes, c’est le Castor. Walter ne parle plus, c’est le Castor qui s’exprime par sa bouche. Faisant passer cela pour une thérapie de la dernière chance que lui a prescrite son psychiatre qu’il ne voit plus depuis belle lurette, Walter va développer une toute nouvelle personnalité à travers sa marionnette, au point de ne plus pouvoir s’en passer un seul instant…

299 complexe castor carte
Étrange film que ce Complexe du Castor… Difficile à cerner surtout. Parce qu’on a là plusieurs angles d’attaque, plusieurs traitements possibles de l’histoire (humoristique, dramatique, moraliste, mélo) qui sont tous empruntés à un moment ou un autre sans forcément exclure les autres. Évidemment la situation d’un Mel Gibson qui parle avec une marionnette au bout du bras prête à rire et Jodie Foster ne se prive pas d’en profiter un peu dans son film, tout comme elle parvient à donner dans le drame dès lors qu’elle aborde la relation conflictuelle père-fils de Walter et Porter. Parfois c’est too much (l’interview télévisée par exemple), parfois on est à la limite du mélo, mais sans jamais vraiment s’y lâcher complètement. À l’arrivée, je classerais tout de même ce film en comédie dramatique (ok, c’est un terme fourre-tout c’est pas faux non plus), mais ce flou artistique qui l’entoure n’a pas été pour me déplaire. Si je ne cautionne pas forcément tout dans le film, j’ai tout particulièrement été intéressé et touché par la relation, ou plutôt la non-relation devrais-je dire, entre Walter et son fils aîné. Il y a de belles idées : la liste des ressemblances que l’adolescent cherche à effacer est une jolie trouvaille, le trou dans le mur idem. De manière plus générale, si j’ai trouvé l’ensemble des comédiens plutôt bons et inspirés dans leurs rôles, c’est certainement Mel Gibson et Anton Yelchin justement qui s’en sortent le mieux. L’écriture des personnages n’y étant évidemment pas pour rien, Walter et Porter sont les deux piliers de cette histoire, qui a mes yeux se résume surtout et avant tout à cela : la relation père-fils.

299 complexe castor henry walter
Sans vouloir trop en dévoiler sur l’intrigue, je dirais juste que la fin ne donne pas dans la facilité, le scénario garde une certaine logique qui peut paraître dérangeante dans les faits, mais tout à fait défendable du point de vue de la cohérence globale de l’histoire. On oublie la happy-end mais on ne plonge pas non plus dans le pessimisme à tout crin, et je trouve ça plutôt bien vu finalement.

299 complexe castor porter
Pour en revenir brièvement à ce que je disais en introduction, je n’ai aucune idée de la manière dont Le Complexe du Castor a été accueilli, ni par le public ni par les professionnels. Je me demande bien si le film réhabilitera (ou pas) Mel Gibson aux yeux du tout Hollywood, mais en tout cas il confirme pour moi que l’interprète de Mad Max en a encore sous la semelle, et qu’il n’est pas si mort qu’on voudrait bien le faire croire. En tout cas j’ai aimé le voir dans ce rôle, là-dessus aucun doute.

299 complexe castor aff

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 10:27

Parler d’un film, gloser d’un livre, commenter un comic book, je sais à peu près faire (z’êtes gentils, laissez moi cette illusion, merci). En tout cas, ça m’est assez naturel. Mais causer musique… je trouve ça beaucoup plus difficile que ça n’en a l’air. D’abord et certainement parce que je ne suis pas musicien (à mon grand regret). Du coup j’ai du mal à trouver les mots pour décrire ce que j’entends. Pourtant je suis très réceptif à la musique hein, c’est pas le souci, le truc c’est de parvenir à en dire quelque chose d’autre que « c’est bien », « j’aime » ou « ça ne me plaît pas »… Quelque chose qui n’ait pas l’air trop naze non plus, trop plat, trop convenu.
C’est pour cette raison que j’aborde peu souvent le sujet ici, par crainte d’être tout sauf pertinent, et totalement inintéressant.

Voilà, cette précaution sous forme d’avertissement préalable étant prise, je vais donc essayer ici de vous toucher deux mots d’un album qui m’a littéralement soufflé. Un cd, c’est simple, que par période j’écoute en boucle. Au boulot, dans ma voiture. Que je chantonne partout ailleurs dans ma tête tout le reste du temps. Et quand je dis « par période » ça peut durer des jours voire des semaines. Musicalement mono-maniaque le gars.

L’album en question c’est Viva la Vida, du groupe anglais Colplay.
Oui d’accord, c’est pas la dernière nouveauté en date dans les bacs des disquaires. Pardon, en top vente des téléchargements je voulais dire. Mais on s’en fout, quand c’est bon et qu’on aime, l’âge ne compte pas (dixit Anna Nicole Smith le jour de son mariage). De toute manière j’ai depuis longtemps abandonné l’idée d’être le type le plus fashion du monde. Au point que moi-même j’ai découvert cet album (à l’origine sorti en 2008) pas loin de deux ans après le reste du monde. Pire que ça : je ne connaissais quasiment rien de Coldplay jusqu’alors (un ou deux morceaux à tout casser). Et puis évidemment la chanson titre Viva la Vida qui m’avait dès le départ bien plu tout en me faisant imperceptiblement penser à un autre morceau que je classe dans mes incontournables : Better Sweet Symphonie du groupe The Verve. Sans pouvoir dire exactement pourquoi du reste. Une rythmique entêtante, des accords proches, une orchestration enthousiasmante avec ses violons qui prennent le pouvoir, je ne saurais dire vraiment. C’est ce qui m’a poussé à acheter cet album pour voir (dont le titre complet d’ailleurs est Viva la Vida or Death and All His Friends). Et au bout de deux ou trois écoutes j’étais conquis. Scotché. Cueilli. Ensorcelé.

Car ce que je dis du morceau Viva la Vida, je peux le dire de chacun des titres qui composent l’album. Rien à jeter. Rien d’un peu « moins bon » que le reste. Tout est excellent, du début à la fin. Ça faisait longtemps que je n’avais pas trouvé une telle cohérence dans un album de pop-rock. Une espèce d’album-concept réussi de la première à la dernière note. Assez phénoménal…

Je ne vais pas passer en revue chaque chanson, on va éviter le fastidieux et le soporifique. Ne me remerciez pas, c’est normal, je m’étale déjà bien assez comme ça, je le sais bien…
Mais quand même, je ne peux pas m’empêcher de parler en particuliers des titres les plus longs comme Lovers in Japan / Reign of Love, Yes, ou encore Death and All His Friends qui se permettent le luxe d’enchaîner dans le même morceau deux voire trois mélodies différentes qui se répondent et se complètent. Et tant pis si ça dure sept minutes, au contraire même je dirais tant mieux !

Pour être tout à fait honnête, je ne me suis même pas penché vraiment sur les paroles des chansons. Un titre comme Strawberry Swing par exemple m’intrigue mais je ne cherche pas à le décortiquer plus avant. Ah oui, j’oubliais de dire que je suis une quiche en anglais oral. Ça doit être mon oreille défaillante ou mon cerveau en kit la cause, toujours est-il que je suis incapable de comprendre plus que quelques mots par ci par là qui se détachent et que je reconnais… Ouais je sais la honte. Je vous merde.
Ça me le fait moins avec Coldplay qu’avec des baragouineurs qui marmonnent entre leurs dents tels que Bruce Springsteen ou Mark Knopfler (pas de mauvaise interprétation attention : pour moi ce sont des monstres sacrés hein), n’empêche que j’ai du mal. Le seul qui fasse résonner chaque syllabe de ses mots dans ma tête c’est mon Dieu vivant, j’ai nommé Leonard Cohen. Mais j’y reviendrais peut-être une autre fois, c’est pas le sujet.

Et franchement je m’en fous de pas y biter grand-chose aux textes de cet album. Ce qui me prend à chaque fois c’est la musicalité de l’ensemble, les orchestrations mi-symphoniques mi-rock. Les voix qui s’accordent parfaitement aux instruments, les chœurs qui ponctuent le tout par derrière. Et l’énergie. Parce que cet album, si je le trouve épatant sur bien des points, possède à mes yeux une qualité unique, que très rarement j’ai retrouvé ailleurs, ou du moins pas sur un album complet. Toute musique dégage un ressenti, résonne en chacun d’une manière différente, crée des sentiments chez celui qui l’écoute. Quand j’écoute cet album, j’entends deux sons en parfait équilibre, qui éveillent deux sensations pourtant très éloignées l’une de l’autre, mais que je retrouve ici dans un parfait mélange. J’y entends d’une part quelque chose qui me soulève et m’entraîne dans un enthousiasme et un dynamisme irrésistibles, et à côté de ça il y a toute une gamme de notes et d’intonations qui éveillent en moi un sentiment de nostalgie sourde, presque de tristesse mais pas tout à fait, un peu comme la Saudade chère à Lavilliers mais anglicisée. Un mélange de larmes et de sourire. Très difficile à décrire et définir mais qui se ressent pourtant avec une émouvante limpidité.

Ouais, pas facile à expliquer. Mais c’est vraiment ainsi que je ressens cet album. Avec force et douceur. Et c’est pour ça que je peux l’écouter en boucle. Pour ça qu’il est dans mon top albums, tous artistes et tous genres confondus. Pour ça que j’aime Viva la Vida or Death and All His Friends et pour ça que j’avais envie d’en parler un peu, tant bien que mal, ici.

298 viva la vida

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Music on the Air
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