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Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !

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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /Déc /2007 22:15
En ce moment j’ai envie de râler.
Parce que comme dirait l’autre : « Y en a marre ! ».
Parce qu’on nous prend vraiment pour des cons.
Et il faut bien le dire aussi, parce que parfois on est des cons.

C’est sur toutes les lèvres et dans tous les sommaires des journaux télévisés, le fameux pouvoir d’achat des français fait grincer des dents.
C’était pourtant sûr et certain, les quelques milliards de cadeaux fiscaux de cet été en direction des plus favorisés devaient à coup sûr relancer la croissance, donc le pouvoir d’achat, donc la consommation, donc le moral des ménages. À l’arrivée on se retrouve les caisses un peu plus vides qu’avant, et avec une belle perspective de rigueur pour tous, y-compris et surtout pour ceux qui de toutes façons se serrent la ceinture depuis belle lurette.
Ah mais c’est vrai qu’en plus en bons imbéciles qu’on est on se trompe, d’après le gouvernement les chiffres le prouvent : le pouvoir d’achat des français ne cesse d’augmenter depuis les 30 dernières années ! Ben oui rendez-vous compte, vous pouvez avoir de nos jours un superbe téléviseur plasma 102 cm pour moins de 1000 euros, un ordinateur portable dernier cri à moins de 500 euros et un appareil photo numérique top classe à 250 euros. Je dis bravo, mais à moins de se nourrir de haute technologie au petit déj on pourrait peut-être parler des vrais produits de consommation courante qui eux grimpent comme c’est pas permis : l’eau, le lait, la farine, les fruits et légumes, la viande, le pain…

Depuis la Compagnie Créole on n'a jamais rien inventé de mieux pour le moral !!
Sans parler du sujet qui fâche : le prix de l’essence. Parce que là non seulement on se prend augmentation sur augmentation dans les dents, mais en plus l’ironie veut qu’on nous culpabilise par-dessus le marché de consommer de l’essence, donc de polluer, donc d’être de mauvais citoyens. C’est bien connu, moi je m’allume des petits feux tous les jours avec les restes d’essence de mon plein, juste pour le plaisir de polluer. J’y pense tous les jours à être éco-citoyen : j’éteins la lumière en sortant, je ne mets pas mes appareils électriques en veille quand je ne m’en sers pas, je ne surchauffe pas chez moi, j’économise le papier d’impression et j’en fais des brouillons une fois utilisé, je trie mes déchets, etc, etc, etc… Mais je suis désolé, si on me file une bagnole qui marche à l’hydrogène plutôt qu’au sans plomb je la prends de suite, en attendant il faut bien que j’aille bosser, faire mes courses, et quand je le peux une fois de temps en temps sortir de chez moi pour convenance personnelle ! Alors les pleins à 60 euros minimum par semaine je les paie, qu’on me lâche. Et je n’ai pas de 4x4, et je ne roule pas comme un taré parce que justement, je fais attention à ma consommation. De toutes façons ça me fait doucement rigoler l’histoire de monter les prix de l’essence pour dissuader le conducteur de « gaspiller » l’essence. Ceux qui roulent en Porsche Cayenne, en Hummer ou avec n’importe quelle caisse sportive qui consomme un max de carburant n’en ont rien à carrer : s’ils peuvent se payer des véhicules à ce prix là c’est pas 10 centimes par litre d’essence supplémentaires qui vont les arrêter. Et toi avec ta 6 chevaux fiscaux ben tu te démerdes.
Mais surtout n’allez pas chercher d’autres solutions à la pollution que d’augmenter les prix à la pompe hein. Payer 5 centimes par litre de plus tous les 2 mois ça va vachement améliorer les changements de climat dus au réchauffement de la planète… On en est où exactement des recherches technologiques sur une alternative au pétrole comme carburant ? ben ça on n’en parle pas trop je trouve, il n’y a peut-être rien à en dire va savoir. Et sinon une idée (bête très certainement) : si au lieu de dire aux gens de prendre leur vélo pour aller bosser on décidait de rendre GRATUIT les transports en commun ? Je ne dis pas que ça réglerait tous les cas, loin de là, mais ça serait vraiment de l’incitation à laisser sa bagnole au garage non ? et ça toucherait directement ceux qui en ont financièrement le plus besoin. Enfin bon, ça aurait au moins le mérite d’être un positionnement fort de la part des politiques d’un point de vue écologique. Si madame de machin-chose veut continuer à venir bosser en ville avec son 4x4 BMW plutôt que de se mêler à la plèbe, au moins que les autres ne raquent pas pour elle. Merde, v’là que je me prends pour ce doux-dingue de Besancenot… faut que je fasse gaffe moi.

Vas-y Nico, sauve-nous
Tiens, à propos de revendications et de râleurs, forcément ça m’amène aux récentes (et à venir ?) grèves. Là aussi il y aurait des trucs à redire non ? Moi ça m’a copieusement gonflé cette histoire, et à tous les niveaux.
Le gouvernement d’abord (ben oui, tant qu’à faire je vais pas me priver) qui se dit ouvert à la discussion et qui impose ses idées sans la moindre concertation, c’est un peu facile non ? En gros sous-titrez par « cause toujours, de toute manière on fera comme on voudra », ce qui, chacun en conviendra, est une base vraiment sereine pour atteindre la paix sociale. Il a joué ouvertement et avec un certain cynisme la politique du pourrissement, pariant sur le fait que plus le mouvement social durerait, plus il gagnerait en impopularité. Cela dit, stratégiquement parlant c’est parfait comme plan, on dirait presque du Hannibal Smith tellement il s’est déroulé sans accroc.
Parce qu’il faut dire qu’en face, le gouvernement a à faire à de sacrés branques. Il suffit de compter sur quelques leaders syndicaux bas du front et c’est bon. Des revendications et des réactions qui datent de la préhistoire et ils se font mener à l’abattoir par les fins stratèges du gouvernement. Ajoutez par-dessus tout ça un Jean-Pierre Pernaut qui à chacun de ses JT prouve qu’il a remplacé sans vergogne la déontologie et l’objectivité qui devraient être ses premières qualités en tant que journaliste, par une idéologie libérale et un discours pro-gouvernemental à gerber. Et ce mec-là est quand même regardé par une grosse majorité des français qui regardent le JT de 13h00, bonjour le conditionnement. Après on entend partout la droite se plaindre que les médias et les milieux artistiques sont outrageusement anti-Sarkozy et que c’est vraiment trop injuste…

JP Pernaut : l'objectivité et le bon goût incarnés
Pas un seul de ces finauds des syndicats n’a mis sur le tapis l’idée de la grève « positive » par exemple. Ils préfèrent faire chier tout le monde, donc se mettre l’opinion publique à dos, plutôt que de réfléchir à transformer leur journée de grève en journée « transport gratuit » par exemple. Comme certaines actions menées parfois sur les péages autoroutiers. Tout à coup les grèves des transports deviendraient populaires, je mise mon ticket là-dessus, limite qu’on en redemanderait !… Au moins on arrêterait de nous rabâcher que l’usager est « pris en otage » comme c’est maintenant devenu l’expression dédiée et à la mode. Demandons voir à Ingrid Betancourt ce qu’elle pense de l’analogie, peut-être qu’elle a un avis sur la question.

Yapluka...
Seulement voilà, en France ce type de grève « par gratuité » est considérée par le gouvernement comme illégale. Remarquez on n’est pas les seuls à penser ça hein, il y a la Turquie aussi. Sauf que la Cour Européenne des Droits de l’Homme a justement été amenée à statuer sur ce sujet pas plus tard que cet été, et qu’elle a déclaré licites les « grèves par gratuité » (pour les plus pointilleux : arrêt du 17 juillet 2007 créant jurisprudence). Et je rappelle à toutes fins utiles que les décisions des Cours Européennes font autorité en France… C’est tout de même incroyable que pas un seul de nos chers syndicalistes ne propose ce genre d’action : non seulement les mouvements sociaux deviendraient tout à coup populaires, mais on éviterait du même coup l’immobilisation de tout un pays (avec tous les dommages et pertes pour certains qui n’ont rien à voir avec ça et qui n’ont rien demandé) et ça réglerait dans la foulée l’histoire du service minimum qui deviendrait dès lors totalement obsolète. C’est tellement mieux de faire chier tout le monde et de jouer le jeu d’un gouvernement qui n’attend qu’une chose : que l’opinion publique prenne par lassitude et exaspération parti contre les grévistes et donne ainsi toute légitimité aux autorités pour faire ce que bon leur semble sans la moindre concertation avec les « partenaires sociaux ». Continuez à vous faire mettre comme ça, vous avez raison les gars.

Pendant ce temps notre Président lui, quand il ne fait pas de la lèche à Poutine ou Bush, nous explique en long en large et en travers que si on veut des sous on n’a qu’à bosser. Il en est un exemple parfait non ? Il s’est octroyé une belle augmentation de 170%, mais faut dire que c’est un bosseur, il n’arrête pas. Je n’ai pas envie de tomber dans la démagogie en dénonçant son salaire, un mec qui a toutes ses responsabilités et son rang ne doit pas gagner des clopinettes ça me paraît évident. Sauf que s’augmenter dans ces proportions aujourd’hui et aller expliquer aux gens qu’ils vont devoir se retreindre parce qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’État, je trouve qu’il y a quand même un problème. Que certains le prennent pour de la provocation me semble compréhensible. Je sais que c’est peanuts le salaire de Sarko face au trou béant qu’est le budget du pays, mais symboliquement ça ne le fait pas, on pourra essayer de me l’expliquer comme on voudra, quelque part je ne peux pas m’empêcher de penser qu’on se fout gentiment de notre gueule.

Il y en a un qui garde le moral au moins !!
Mais qu’à cela ne tienne, vous ferez des heures sup’ et vous vendrez vos jours de congé pour acheter vos cadeaux de Noël. C’est la solution Sarkozy. Outre le fait qu’il essaie de faire passer ça pour une révolution alors que tous les économistes et juristes du travail disent que c’était déjà possible de le faire depuis le passage aux 35 heures, à long terme ça reste tout sauf une solution viable. Qu’il aille expliquer que pour gagner plus il faut travailler plus à tous ces gens qui cherchent du taf et qui ne trouvent que des contrats de 25h par semaine sur la base du smic horaire, m’est avis qu’il va se faire recevoir. Je vous mets au défi de trouver de nos jours un contrat de caissière en supermarché payé correctement par exemple. Moi toutes les annonces pour ce type de boulot que je vois, c’est 25 heures payées une misère. Alors faudrait savoir : si 35 heures par semaines c’est pas assez, pourquoi on trouve des contrats à 25 heures à la pelle ? Mais je fais ma mauvaise tête je sais. C’est pourtant simple, ceux qui ne sont pas contents n’ont qu’à prendre deux jobs de quelques heures par semaines et puis voilà, le tour est joué. Ouais, pas con.

En attendant, le pire dans tout ça c’est que je dénonce et je dis que c’est pas bien, mais comble de la mauvaise foi, je l’ai fait moi, j’ai racheté mes 4 jours (on n’avait pas droit à plus) de congés au titre de l’année 2007. Ça me fera 320 euros bruts supplémentaires en décembre. Parce que oui, on a beau avoir des avis et des convictions, on a surtout des factures à payer. Je ne sais pas pour vous, mais ce que j’ai vu de plus approchant dernièrement d’un vampire suceur de sang c’est ma propriétaire avec tout ce qu’elle me pompe en loyer. Et puis il y a les charges diverses et variées. Et puis il y a les cadeaux pour Noël. Ah et puis faut aussi penser à grignoter quelques trucs entre deux pleins d’essence. Sans compter que je résiste vaille que vaille pour maintenir mon dernier pêché-mignon : le cinéma ça fait un bail que je n’y suis pas allé, au billard je me demande si je saurais encore faire une partie de neuf correcte, mais je me refuse à laisser tomber mes lectures mensuelles de comics et autres BD, quitte à bouffer des pâtes à tous les repas !! Et vous aussi vous me coûtez chers bande de lecteurs de blog : 50 euros pour une année supplémentaire de Moleskine-et-moi.com (ouais bon ça d’accord vous pourriez vous en passer, mais pas moi)…
Alors oui, je marche dans le système, je profite à défaut de mieux du truc, même si ça ne me satisfait pas du tout. Mais si notre Président pense pour autant que je vais lui dire merci pour ça et l’accueillir comme le messie, il se met le doigt dans l’œil jusqu’au coude (j’aime bien cette expression, c’est un peu vieillot et pas vulgaire, ça pourrait presque sortir d’une chanson-rebelle à la Kyo).

Voilà, je vous avais prévenus, aujourd’hui je râle. Ça n’arrange rien mais ça fait du bien de temps en temps.
Cela dit, tout ne va pas si mal que ça non plus, j’exagère un chouïa. Regardez par exemple c’est quand même la première année où j’arrive au mois de décembre sans encore avoir vu une seule image de la Star Ac à la télé. C’est un signe. Tout n’est pas perdu.

Faisons comme le Dude, restons calmes et positivons...
Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ? - Communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Dimanche 4 novembre 2007 7 04 /11 /Nov /2007 22:34
Dimanche 28 octobre 2007, c’était le jour des 80 ans de mamama.
Pour ceux qui ne sauraient pas, mamama c’est un nom familier utilisé en Alsace qui veut dire grand-mère, une version alsacienne de mamie ou mémé si vous préférez.
Donc ma mamama, qui se prénomme Alice, a fêté ses 80 ans le week-end dernier et ça a été l’occasion de regrouper toute la famille pour un grand repas d’une soixantaine de personnes.

Autant vous le dire tout de suite, ma mamama est exceptionnelle et elle l’a bien mérité sa fête gargantuesque !
C’est même bien plus une seconde maman en fait pour moi qui ai grandi en passant certainement autant de temps chez mes grands-parents maternels que chez moi. Ma mamama, c’est celle qui jouait aux cartes avec moi et avec qui j’ai tenu des conversations passionnées sur les tatous d’Amérique du Sud quand j’étais petit, celle qui a dû supporter mes orvets dans ses pots de fleurs, celle qui a toujours eu peur que je ne mange pas assez (d’ailleurs ça c’est héréditaire, n’est-ce pas maman ?)… et aujourd’hui que j’ai 32 ans et que je ne suis plus petit, elle a bien mérité que ce soit nous qui nous occupions d’elle !

Mamama
Elle n’est pas tout à fait une grand-mère comme les autres, et pour cause… Du haut de ses 80 ans, elle est incollable sur les talk-shows qui passent même tard la nuit. Thierry Ardisson c’était son préféré, mais elle aime bien aussi Laurent Ruquier qui l’a remplacé le samedi soir et qu’elle surnomme le Wackes (en alsacien ça veut dire en gros « le gamin voyou » et ça a plutôt une connotation affectueuse que négative). Fogiel elle ne l’aime pas trop parce qu’il ne laisse pas parler les gens, quant à Cauet, il a eu la cotte avec elle pendant un temps parce qu’elle le trouvait rigolo, mais elle trouve qu’il joue trop (mal) la comédie depuis quelques mois dans ses émissions, du coup elle le regarde moins. Sinon elle aime bien Laurent Baffie (même s’il « exagère » parfois) et elle adore Omar et Fred. Et puis bien sûr il y a l’inoxydable Julien Lepers et ses Questions pour un Champion qui lui plaît toujours autant malgré les années.

Mais attention, elle ne passe pas non plus tout son temps devant la télévision ! Inquiète de perdre son autonomie depuis qu’elle a dû se faire opérer des genoux, elle fait quotidiennement et le plus sérieusement du monde sa gymnastique ! Elle arrive à se baisser et toucher le sol devant elle sans plier les genoux et sans forcer, histoire de prouver que vieillesse et souplesse peuvent tout à fait rimer ensemble !! Et puis elle a ses rosiers et son potager, qui bien que réduit avec les années à quelques plans de tomates, des salades, des concombres, et du persil l’occupent pendant la belle saison (promis l'année prochaine on plante des missarlas).

Entourée de ses enfants : Laurent, Anita, Lucie et Robert
Et puis mamama sait aussi profiter des bonnes choses et reste toujours curieuse de découvrir de nouvelles saveurs… C’est ainsi qu’on lui a fait découvrir ces dernières années des nouveaux goûts qu’elle a appréciés diversement mais qu’elle a à chaque fois plutôt bien aimés : le Big Mac de chez MacDo, le Kebab, la tartiflette savoyarde, les nems ainsi que la nourriture chinoise et asiatique dans son ensemble, … bref tout un tas de choses qu’une grand-mère alsacienne de 80 ans ne trouve pas couramment dans son assiette quoi ! Bien sûr ça ne vaut pas une bonne Choucroute ou un plat de Pfluttas mais ça vaut le détour.

Alors voilà, je voulais ici lui souhaiter encore une fois un très bon anniversaire, l’assurer qu’on peut faire encore beaucoup mieux pour ses 90 ans, et surtout lui dire qu’on l’aime très fort et qu’elle est au centre de notre famille pour longtemps encore.

Et si vous voulez lui envoyer un petit mot gentil pour ses 80 ans, ma mamama est moderne, vous pouvez donc le faire par mail à l’adresse suivante : mamama.alice[arobase]laposte.net, je suis persuadé que ça lui fera très plaisir.

Mamama et ma petite soeur Marie
Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ? - Communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Mardi 16 octobre 2007 2 16 /10 /Oct /2007 22:51

218-TomSelleck1.jpg   218-TomSelleck2.jpg

Le moustachu le plus célèbre de Hollywood l’a fait, alors je me suis dit… pourquoi pas moi ?

Vous me connaissiez (ou pas) jusqu’ici comme ça :
218-m.jpg
Eh bien si cette photo est en noir & blanc c’est parce qu’il s’agit du passé…

Alors pour m’aider à trouver ma nouvelle tête, votez pour votre préférée (enfin la moins pire quoi) :

218-0j.jpg Rasé de près

218-3j.jpg Barbe de 3 jours

218-5j.jpg Barbe de 6 jours

Du côté des réactions, après 14 ans passés avec une moustache (depuis le lycée en fait), ça m’a fait tout bizarre de me voir sans. Pour dire la vérité je n’arrivais pas à m’imaginer comme cela et il m’a fallu un petit temps d’adaptation, histoire de m’habituer à la disparition de mon balai sous-nasal.

Pour l’instant j’ai eu plusieurs types de réactions de la part des gens de mon entourage.
La plus courante c’est « ça te rajeunit ». J’ai eu droit à quelques commentaires clairement positifs, une grande part de « ne se prononce pas », un résolument contre (Delo m’a gratifié d’un « hssssss » façon « tu es chez AGF ? non ? hssssss…. »), un nombre non négligeable de personnes qui n’ont rien remarqué, et ma maman qui trouve que ça me grossit le visage.
La palme revient à l’un de mes collègues qui m’a toujours connu avec la moustache depuis 10 ans maintenant, et qui m’a lancé d’un œil soupçonneux quand je lui ai demandé ce qu’il pensait du changement : « tu portais la moustache toi ? ».

Alors voilà, à vous de me dire ce que vous préférez : moustache, rasé, barbe de 3 jours, barbe de 6 jours ?
Je comptabilise d’ores-et-déjà un vote « rasé » de la part de ma grand-mère, bien que je me pose des questions sur sa validité étant donné qu’elle s’est demandée pendant toute une semaine ce qui avait changé chez moi avant que je ne lui dise que je m’étais rasé…
Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ?
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Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /Mai /2007 13:02

 Nicolas Sarkozy est élu président avec 53% des suffrages et un taux de participation record, autant dire que ça ne se discute pas. Encore moins en Alsace où il  obtenu un score d’environ 65% d’électeurs en sa faveur, ce qui fait de ma région celle qui a le plus massivement voté pour le candidat de l’UMP.
Dire que je me sens isolé en territoire ennemi serait exagéré, parce que je me refuse à tomber dans le piège récurrent qui consiste à systématiquement opposer gauche et droite sur tous les points. Dès lors que l’on ne fait pas de réaction allergique idiote aux personnes de l’autre camp, j’aime à croire la discussion possible, je reste persuadé qu’il existe des moyens de ne pas sombrer dans les débats d’idées stériles comme c’est trop souvent le cas.
Pour ma part j’ai des potes de droite et nos idées divergentes ne nous interdisent pas de nous apprécier pour nos qualités. Être fermé par idéologie et obtus pas principe, ce n’est pas mon truc.

J’essaie donc d’être ouvert, et plutôt curieux (puisque de toute façon maintenant c’est parti pour au minimum 5 années) de voir ce que Sarko va faire, comment il va tenir ses promesses, et surtout comment les gens vont réagir devant les actes après avoir approuvé (peut-être sans vraiment réaliser à quoi cela va correspondre dans les faits) les discours.

Tel que j’ai lu et compris le programme du nouveau président cependant, j’ai du mal à trouver beaucoup de raisons de m’enthousiasmer…

Pour commencer, on va pouvoir dire adieu au CDI au profit d’un contrat de travail unique et plus ou moins inspiré du CNE, autrement dit le prototype du fameux CPE. Rappelons pour mémoire que Sarko était contre le CPE pour 2 raisons principales : parce que ça ne concernait que les jeunes (il aurait voulu que ça s’applique à tout le monde) et parce que ça faisait chier Villepin. Bref, moins de protection du travailleur, un droit du travail mis à mal, et la précarité de l’emploi qui va (encore) faire un bond en avant. Ça m’a toujours sidéré qu’on puisse faire avaler au gens ce concept iconoclaste qui veut que pour protéger l’emploi et lutter contre le chômage on facilite les licenciements. En même temps puisqu’il suffit de radier des gens d’une liste pour faire croire qu’ils n’existent plus, sûr que Sarko va y arriver à ses 5% de chômeurs…

Ensuite il va falloir faire des économies, de grosses économies. Pas sur le budget de la défense, pas sur les cadeaux fiscaux aux entreprises en bonne santé qui licencient pour plaire au système boursier devenu roi. Non, les économies se feront sur les dépenses publiques, traduisez dans le vocabulaire de Sarkozy par la diminution drastique du Service Public. Entendons-nous bien : je suis persuadé qu’il y a des choses à faire pour moderniser et améliorer le fonctionnement du service public, mais Sarko ne se pose pas la question sous cet angle, puisque sans enter à aucun moment dans les détails de sa proposition, il avance simplement le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui part en retraite. OK.

Je me permets juste de rappeler qu’à longueur d’année tout le monde se plaint d’un manque d’enseignants, du dénuement des hôpitaux publics, du déneigement jamais assez rapide des routes en hiver, sans parler des effectifs de la police dont le renforcement est souhaité par une immense majorité. Alors Nico tu vas virer qui ? moi je le sens venir gros comme une maison : finies les lignes SNCF qui ne rapportent pas assez (autrement dit tu habites un petit patelin et tu n’as qu’un train pour aller bosser… eh bien tu n’en auras plus du tout), fermés les bureaux de Poste qui ne sont pas au centre des grandes agglomérations ( et tant pis mémé s’il faut faire 40 bornes pour aller à la Poste la plus proche, tu te démerdes), bradées au privé GDF et EDF, les fleurons du public qui rapportent pourtant du fric à l’État, et tant pis pour la hausse de vos factures d’énergie à venir (car dans tous les pays qui ont privatisé ces secteurs les prix se sont envolés). Sans même parler du désengagement de l’État d’une multitude de missions publiques. Exemple : presque toutes les routes nationales qui sont refourguées aux départements (avec tout un tas d’autres missions dont ils se seraient bien passées d’ailleurs). Ça vous fera soi-disant payer moins d’impôts sur le revenu à l’État et ça fera revenir Johnny en France. Mais ne vous inquiétez pas, vos impôts locaux vont faire un bond très bientôt. Ou alors on laisse les routes à l’abandon, au choix. Autre solution : on colle des péages partout même hors autoroutes, on verra bien si l’usager va faire des économies…

Bref, si il est en effet nécessaire de rationaliser les dépenses publiques, démanteler le Service Public n’est pas la bonne solution à mon avis. On y va tout droit pourtant.

Quoi d’autre ? eh bien prévoyez dans les mois qui viennent des grèves, des manifestations et un beau bordel. N’oubliez pas que l’an prochain on fête les 40 ans de mai 68…

Sinon juste un mot sur les futurs ministres… J’aime beaucoup Jean-Louis Borloo, mais j’espère sincèrement qu’il ne sera pas premier ministre. Tout le monde pronostique François Fillon et j’espère que ce sera lui. Et qu’il s’entourera au gouvernement de types comme Coppé, Devedjian, Douste-Blazy, Juppé, Bachelot, Boutin, toutes celles et ceux que je ne supporte pas, les rigolos de première qui ont les dents qui rayent le parquet, les imbuvables. Juste histoire d’accélérer leur chute par leur impopularité (parce que la gauche n’a pas le monopole des têtes à claques !)

Si Sarko est malin il collera des têtes plus populaires et sympas, comme Borloo, Santini, Rachida Dati –et j’ai même entendu parler de Bockel !-, aux postes importants. De toute façon il lui faudra faire des choix judicieux étant donné qu’il a annoncé qu’il n’y aurait que 15 ministres et la parité hommes-femmes (bonne blague ça aussi d’ailleurs).

Bref, je suis vraiment curieux de voir ça. Les prochains temps vont être mouvementés, et les perspectives pas forcément très réjouissantes. Vas-y Nico à toi de jouer. Fais ce que tu as dit comme tu l’as dit, qu’on voit si les français t’ont élu sur tes idées ou sur tes slogans. On dit souvent que le pire ennemi du PS c’est le PS lui-même, quelque chose me dit que ça va se décliner à droite aussi…
 

 

Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ? - Communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /Mai /2007 17:30

Depuis le débat de mercredi soir, on a déjà entendu toutes sortes de commentaires avisés, aussi bien dans un sens que dans l’autre.
Selon les uns, Ségo a gagné le match aux points. Selon les autres, Sarko a gagné la bataille en ne tombant jamais dans le piège de l’énervement qui lui était tendu.

Ce que j’en retiens moi, c’est que sur le fond Ségo a certainement été meilleure que prévu et elle n’a rien lâché. Sur ce point elle a été la gagnante de l’affrontement. Sur la forme en revanche, Sarko est apparu calme et posé (presque décevant si on compare avec cette nervosité qu’on lui reproche d’habitude), alors que Ségo a été agressive, sèche, cassante.
J’ai bien peur que les idées et les arguments de Ségo que j’ai trouvés pour la plupart (pas tous non plus cependant) convaincants pèseront beaucoup moins lourd dans la balance que l’image d’instit aigrie d’un autre âge qu’elle a donné d’elle.

Les gens voient et retiennent avant tout l’apparence, et malheureusement cela fait déjà bien longtemps qu’ils votent plus pour une personnalité que pour des idées.
C’est ce qui me fait dire qu’objectivement, bien qu’ayant trouvé Ségo plus convaincante que Sarko, c’est malgré tout elle qui a perdu ce débat.

J’étais parti dans l’idée de décortiquer ici les argumentaires de l’un et de l’autre, mais bof… je me contenterai de dire que Sarko est le meilleur orateur et communiquant des deux, et de très loin. Dommage pour moi que je ne sois pas d’accord avec la grande majorité de ses prises de positions.

Mais bon, ce n’est pas une si grande déception que ça, jamais je n’avais cru aux chances de la socialiste contre Sarko, elle a même fait mieux que je n’aurais cru.
Cela étant dit, je crois qu’il va falloir me résigner à l’inéluctable, la prestation des deux candidats de mercredi soir ne changera certainement rien à l’affaire.
On va s’en prendre pour 5 ans renouvelables de Sarko et puis voilà.
La gauche aura peut-être à nouveau sa chance en 2017, va savoir…
 

 

Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ? - Communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Mercredi 25 avril 2007 3 25 /04 /Avr /2007 08:27

« … Non je ne regrette rien, ni le bien qu’on m’a fait, ni le mal, tout ça m’est bien égal […] c’est payé, balayé, oublié, je me fous du passé. »

C’est bien sûr Édith Piaf qui chantait ça, même les plus hermétiques à la chanson française connaissent je pense.

Non, rien de rien, non je ne regrette rien...
Si je mets cet extrait en introduction, c’est parce qu’on dirait que cette idée s’est généralisée, que le credo « ni remords, ni regrets » (au passage, c’est aussi le titre d’une chanson de l’helvète Stephan Eicher) est devenu le seul valable, la règle imposée.

Je le comprends d’autant moins que ce n’est absolument pas ma vision de la vie.Je ne suis pas encore (trop) vieux, et pourtant à tout juste 32 ans des regrets j’en ai déjà, et certains me poursuivent depuis belle lurette.

La vie de tout un chacun est parsemée de moments-clés, ces instants où l’on se retrouve à une intersection qui impose de faire un choix qui va modeler le reste de son existence. Et qu’on le veuille ou non, on ne fait pas toujours le meilleur choix. On peut se tromper, faire fausse route, c’est humain. Au-delà même des choix qui s’avèrent catastrophiques, il y a aussi ceux qui ne mènent pas forcément à l’échec mais qui restent cependant peu fructueux. Ceux qui amènent à se demander avec une certaine nostalgie mêlée de curiosité ce qui se serait passé si on avait bifurqué dans une autre direction.

Pour ma part j’ai une qualité qui parfois se retourne contre moi. J’ai une très bonne mémoire. Évidemment ça a ses bons côtés : ça m’a bien aidé tout au long de ma scolarité par exemple, et ce n’est pas inutile non plus au Trivial Pursuit !  J’arrive à retenir sans trop d’effort les noms d’obscurs seconds rôles de séries B juste parce qu’ils m’ont plu, je me souviens des péripéties que vivent les personnages de Santa Barbara au cours des 2137 épisodes que compte ce soap qui a bercé ma jeunesse (shame on me, je sais, je sais…), je suis capable de raconter par le menu la majeure partie des dizaines de comics mensuels que j’ingurgite depuis mes 10 ans…

Cela étant dit, je n’ai pas une mémoire encyclopédique non plus, je me suis pas de ces surdoués qui possèdent une mémoire photographique ou de ces hyper-mnésiques qui retiennent jusqu’au moindre détail chaque seconde de leur vie.
Mais tout ce qui me touche, me plaît, m’interpelle de près ou de loin, j’ai des facilités à le retenir. Depuis la plus absurde futilité jusqu’aux moments charnières, les plus importants.
Et quand je dis que cette mémoire peut se retourner par moments contre moi, c’est quand justement je suis incapable d’oublier ce qui devrait l’être pour avancer sereinement. Avoir des tonnes de souvenirs joyeux et revigorants c’est une bénédiction, mais la contre-partie à payer pour moi c’est de ressasser et vivre aussi continuellement avec mes échecs passés, mes peines, mes hontes et mes remords.

Je ne suis ni le pire ni le meilleur des hommes, la question n’est pas là, mais j’ai eu parfois des raisons de m’en vouloir sérieusement. Et si j’arrive à pardonner (vieux reste d’une éducation trop emprunte de judéo-christianisme ?), il n’est qu’une personne qui ne trouve pas d’excuses à mes yeux : moi-même. Du coup, mes biens aimés souvenirs nourrissent aussi mes regrets, c’est inéluctable. J’ai toujours fonctionné ainsi.

Régulièrement, à la classique question « Si vous pouviez recommencer, que changeriez-vous à votre vie ? », j’entends l’invariable réponse « Rien, je referais tout à l’identique, y-compris les erreurs, parce que ce qu’on apprend de nos erreurs forme notre personnalité ».
Et tout le monde s’acharne à répondre ça, comme si répondre autrement serait s’injurier soi-même. Il ne faut surtout pas avouer ses échecs, faire comme si ce n’était pas grave, jouer celui qui surmonte tout parce que sinon cela nous condamne (même si c’est inexact) à l’image de celui qui a « raté sa vie ».

Regrets interdits !!
Parfois j’en viens à me demander si dans la réponse toute faite de ceux qui ne regrettent rien, il n’y a pas une sorte de fuite en avant éperdue, une forme d’auto-persuasion qui tiendrait presque du réflexe de survie. Croient-ils vraiment viscéralement en ce qu’ils disent, ou est-ce une façon de se persuader soi-même en se positionnant comme celui qui assume tout avec le sourire aux lèvres face aux autres ?

Entendons-nous bien : ma vie n’est pas un supplice, ce texte n’est pas un apitoiement sur moi-même, n’allez surtout pas vous imaginer je ne sais quoi. Je sais faire la part des choses et jamais je n’oserais me faire passer pour quelqu’un à plaindre. Comme tout un chacun j’ai connu des bonheurs et des malheurs, et si je devais en tirer un bilan, ce serait mentir que d’affirmer que pour moi la balance de la vie a penché du mauvais côté. Je suis conscient de mes chances, loin de moi l’idée de vouloir jouer les victimes et les pleureuses à deux sous. Mais là n’est pas mon propos.

Ce que je ne comprends pas, c’est cette façon quasi-généralisée de verser dans l’optimisme béat. Quoiqu’il arrive, de toujours positiver, quitte à nier les réalités peu reluisantes, ou à minimiser leur importance. Le positivisme forcené (mais je pourrais dire la même chose du négativisme du reste) me dépasse, me fatigue, m’agace.

Faut-il donc être un optimiste inébranlable toute sa vie, sous peine de basculer dans la catégorie « losers » ? Avouer un échec, avouer un regret et admettre l’importance de nos actes manqués nous met-il forcément sur la touche, loin des bienfaits d’une société qui va toujours de l’avant, où un regard en arrière est considéré comme une faiblesse ?
N’y a-t-il donc pas de place pour l’objectivité ? Être vraiment objectif sur soi-même est certes difficile, mais faut-il pour autant céder à la facilité de ne jamais rien regretter ?
J’ai souvent l’impression que le fait de ne justement « jamais rien regretter » est présenté comme une grande force de caractère, un grand courage. Je le vois pour ma part comme l’exact inverse : pour moi c’est d’admettre qu’on a été mauvais, nul, triste, méprisable qui est une force, pas de le nier ou le passer sous silence. L’angélisme et le défaitisme ne sont que deux faces d’une même pièce, et sont aussi vains et dangereux l’un que l’autre.

Oui, j’ai d’immenses regrets et d’immenses hontes. Et si j’ai honte de certains de mes actes, une chose dont je n’ai aucunement honte, quitte à m’exposer à l’incompréhension de certains, c’est d’avoir des regrets justement.
(et tant pis si cette phrase est compliquée, alambiquée et bourrée de répétitions !)

J’ai commencé ce texte avec un extrait de chanson, je finirai donc de même. Voici donc une phrase qui me poursuit partout où je vais, qui fait certainement parti des valeurs les plus ancrées en moi, et qui illustre parfaitement ma vision de la vie (attention, je sors les grands mots…).
Cette phrase toute bête mais chargée de sens, je la dois comme beaucoup d’autres choses d’ailleurs à un artiste qui compte énormément pour moi, Bernard Lavilliers.
Vous connaissez peut-être déjà, elle est extraite de Nord - Sud, je vous la livre :

« Alors écoute : tout s’arrange toujours. Même mal… »

En quelques mots, tout est dit.
Alors écoute : tout s'arrange toujours. Même mal.  

 

Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ? - Communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Vendredi 20 avril 2007 5 20 /04 /Avr /2007 22:19

Comme tout un chacun, j’ai reçu dernièrement dans ma boîte aux lettres les professions de foi des douze candidats à l’élection présidentielle du 22 avril.
Dans ma région les professions de foi sont envoyées en double-exemplaires, l’un en français, l’autre en allemand. Bah oui, allez savoir pourquoi. En alsacien encore j’aurais compris, mais en allemand je trouve cela pour le moins bizarre. Ou peut-être est-ce destiné aux personnes d’un certain âge qui ont appris à lire et à écrire en allemand, lorsque l’Alsace était occupée durant la seconde guerre mondiale et que le IIIème Reich considérait l’Alsace comme un de ses Länder à part entière. Quoi qu’il en soit, voir la profession de foi de Le Pen en allemand, ça lui confère comme un arrière-goût bizarre…

Je n’ai pas encore parcouru l’ensemble des programmes développés dans les documents reçus, mais je me suis penché sur la page de garde de chaque profession de foi, où figurent communément au moins une photo du candidat et une phrase d’accroche, un slogan, comme les sous-titres sur les affiches de films. Le truc qui est censé vous donner envie, qui résume le reste, les quelques mots que l’on retient parmi tout le reste.

Je vous propose un rapide coup d’œil sur les slogans… et je précise tout de suite que l’ordre selon lequel j’aborde les candidats n’a aucune signification particulière, c’est juste l’ordre selon lequel j’ai sorti les professions de foi de l’enveloppe !


 Dominique Voynet, Les Verts : La Révolution écologique
 
Étonnant de voir à quel point un type comme Nicolas Hulot a suscité l’engouement autour des questions d’écologie et de comparer cela à l’absence d’écho au discours de Dominique Voynet sur le même sujet. Paradoxal. Peut-être est-ce parce que les Verts ne se soucient pas que d’écologie mais de tas d’autres sujets. En tout cas ça ne va pas être facile de faire la Révolution toute seule Dominique. Ou alors faut-il comprendre le mot « révolution » dans son sens « faire un tour complet sur soi-même » ? Si c’est ça, tu peux le faire Dom ! (mais quel intérêt, ça…)


 José Bové, sans parti : Un autre avenir est possible

Le père Bové clamait haut et fort, il y a encore de cela un ou deux ans qu’il n’avait aucune intention de se présenter aux élections présidentielles. Évidemment, en bon apprenti homme politique, il s’est empressé de faire l’inverse de ce qu’il disait. L’alter-mondialiste ne m’était pourtant pas antipathique (avec une telle moustache, il ne peut être totalement mauvais), mais son discours prend de plus en plus l’apparat et les tics des blablas politiques typiques. Décevant. Et puis un petit McDo de temps en temps, je ne suis pas contre moi !


 François Bayrou, UDF : La France de toutes nos forces

Le centriste se sent pousser des ailes. Enfin surtout l’aile gauche semble-t-il. Ce qui est d’autant plus étonnant avec un programme économique grandement issu de l’hémisphère droit de son cerveau. En tout cas, le slogan est à l’image du discours : « votez pour moi, on verra plus tard dans le détail ce qu’on fera et avec qui, mais ça sera chouette ». Je caricature moi ? Bah non, je traduis, ce n’est pas pareil.


 Gérard Schivardi, sans parti : Candidat présenté par des maires

… ou le Pascal Chimbonda de la campagne (électorale). Un inconnu qui arrive à concilier des idées à la Arlette (les travailleurs d’abord) avec d’autres à la Jean-Marie (protectionnisme, sortie de l’Union Européenne). En tout cas le slogan est purement génial : « présenté par des maires » après l’interdiction par la justice du slogan « candidat des maires ». Subtil Schivardi, alias le roi de la débrouille (la preuve : il a réussi à trouver 500 signatures pour se présenter !).


 Marie-Georges Buffet, PCF : Pour une gauche fidèle à ses valeurs, déterminée à changer la vie quotidienne

Le slogan qui est à l’image du parti communiste français : démodé et à côté de la plaque. Visiblement ils n’ont pas compris au PCF le concept de slogan (court, percutant, avec des mots courts et simples qu’on retient). Sans débattre du fond tout à fait défendable, la forme sent la poussière et le petit Suze avant de faire son tiercé avec ses potes anciens combattants. Ce n’est pas méchant ce que je dis là d’ailleurs, juste un constat.


 Olivier Besancenot, LCR : Nos vies valent plus que leurs profits !

Ça c’est du slogan qui pète ! Le petit facteur a tout compris à la communication et au marketing lui, il a l’image qu’aurait pu avoir le PCF s’il avait su se rajeunir. Je l’aime bien il est sympa, loin d’être con, en bon orateur il a de la répartie et connaît son truc. Il est cependant un peu déconnecté du monde économique réel par moments, mais l’idée générale qui privilégie le salarié à l’actionnaire, ça je ne peux pas être décemment contre. S’il était moins radical, on le prendrait peut-être plus au sérieux le petit Olivier.


 Ségolène Royal, PS : La France Présidente

Dans le genre slogan qui ne veut rien dire mais qui a de la gueule, là on navigue dans les hautes sphères. Parce que sincèrement, à part mettre le terme « Présidente » dans l’accroche (avec donc un renvoi évident à l’une des plus grandes qualités –qui a dit la seule ?- de Ségolène : elle est une femme !), ça ne veut pas dire grand-chose. Ou plutôt ça peut dire tout et n’importe quoi. Ce qui est finalement cohérent avec la stratégie générale de la candidate socialiste qui se résume à la phrase « Je suis d’accord avec vous ». je me demande très sérieusement si ce slogan est le résultat d’une longue cogitation, d’études fastidieuses et onéreuses de cabinets-conseils en communication, ou s’il a été griffonné sur le comptoir d’un troquet en trente secondes chrono entre deux gorgées de bière.


 Frédéric Nihous, CPNT : La ruralité d’abord

Voilà typiquement le genre de candidat qui n’a pas grand-chose à dire sorti d’un ou deux thèmes très précis. Et qui pour ne pas être réduit au lobby des chasseurs s’inscrit comme porte-drapeau de la ruralité (moi qui viens d’un petit village alsacien, je dis non merci hein…). Sauf que mettre à son programme l’épineux problème de l’ouverture de la chasse à la galinette cendrée sur le haut plateau du Vercors, et de surcroît prétendre faire passer cela comme une autre façon de faire de l’écologie, ce n’est pas ce que j’appelle avoir un projet pour le pays.


 Philippe de Villiers, MPF : La fierté d’être français

Intimement convaincu (quelle admirable force d’auto-persuasion à ce propos !) d’être la « surprise » des résultats du premier tour, Philippe de Villiers, monsieur « chaque coup compte », se permet cette année des discours quasiment encore plus intolérants que ceux du FN. L’hyper-catho nationalo-rigide (ouais j’invente des mots, mais de Villiers m’inspire j’y peux rien) part en guerre pour la libération du pays, pour bouter hors du royaume les sarrasins et autres maures. Peut-être devrait-il s’installer à Poitiers et ne plus en partir tiens, juste au cas où. En tout cas, moi je serais « fier d’être français » si de Villiers se prenait une veste dimanche. Mais une belle, du genre entre le score de Schivardi et de Nihous quoi.


 Arlette Laguiller, LO : Candidate de Lutte Ouvrière

C’est bien connu, Arlette n’est pas là pour rigoler. On ne rigole pas quand  on est spolié à longueur de temps. D’où une profession de foi à la présentation d’une sobriété exemplaire. Pas de slogan, juste « candidate de lutte ouvrière », comme si depuis le temps qu’elle hante les élections présidentielles (c’est sa sixième participation quand même) on ne la reconnaissait pas encore. Ou peut-être est-ce pour ne pas la confondre avec Olivier Besancenot, allez savoir. Moi ce que je préfère chez Arlette c’est encore la chanson que Souchon lui a consacrée. Mais ça fait un peu court pour glisser son nom dans l’urne hein… sorry Arlette.


 Jean-Marie Le Pen, FN : Votez Le Pen

Dans le genre sobre et court, Le Pen va à l’essentiel. Au moins on ne peut pas l’accuser de blabla ou d’hypocrisie sur ce coup là, il annonce clairement la couleur, il ne demande pas grand-chose, juste qu’on vote pour lui. Le comble c’est qu’il a des raisons d’y croire le bougre. Le vieil homme politique, qu’on disait déjà fini il y a 5 ans avant les résultats du 21 avril 2002, a bonne mémoire, et c’est le cas de le dire, bon pied bon œil. Il se voit déjà refaire le coup de 2002 et s’est rendu compte que laisser les autres candidats s’écharper entre eux, tout en lâchant de-ci de-là quelques idées poujadistes et populistes sans entrer dans les débats de fond, était la meilleure formule pour lui. Le tout saupoudré d’un peu de victimisation et de soi-disant persécution, et il pourrait bien nous priver pour la seconde fois d’un débat gauche-droite au second tour.


 Nicolas Sarkozy, UMP : Ensemble tout devient possible

Voilà un slogan très étonnant de la part de l’hyper-actif sous tranxène du paysage politique français. Surprenant car en parfait décalage avec ce que suscite le candidat autour de lui. Parce que sorti de l’UMP (et encore, au sein même du parti de droite, il y a des courants anti-Sarkozistes…) et de l’extrême-droite, le mot d’ordre général qui règne c’est plutôt « Tout sauf Sarko » (avec bien entendu un Le Pen exclu du fameux « tout »). Pas facile dans ces conditions pour le petit Nicolas de rassembler autour de son nom. Du coup, « Ensemble tout devient possible » pourrait devenir « Seul ça va être galère ». Qui vivra verra…


Voili, voilou, c’était mon petit tour d’horizon général rapide des professions de foi des douze candidats à la présidentielle. N’ayant pas compté les mots je ne sais pas si j’ai été très équitable, ni si j’ai réussi à accorder la même importance à chacun, comme le préconise le CSA pour les chaînes télévisées et les radios. Heureusement d’ailleurs que la presse et le net ne soient pas soumis à ce genre de règle.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas causé politique ici, mais l’occasion était trop belle. Vous l’aurez compris, j’ai essayé de faire ça sur le ton de l’humour, mais vous aurez peut-être détecté aussi un léger accent désabusé, et vous aurez raison. Parce que ça fait un bail que je n’ai pas pu me retrouver pleinement (l’ais-je seulement pu un jour ? pas sûr…) dans un discours ou un programme politique. En conséquence, cette fois encore, je vais procéder à un choix par éliminations successives (au moins je sais avec précision qui je ne veux pas voir à l’Élysée, c’est déjà ça), pour finalement garder la solution la « moins-pire » à défaut d’autre chose…

Vivement dimanche soir que les résultats tombent.
D’ailleurs à ce sujet, si vous voulez les résultats avant l’heure légale de 20h00, branchez-vous sur internet et en  particulier sur les sites étrangers, belges ou suisses par exemples, où les premiers résultats seront annoncés vers 18h30. Il paraît que ce n’est pas bien, et qu’il ne faut pas le faire (mais franchement je ne vois vraiment pas pourquoi je m’en priverais…).
 


 

Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ?
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Dimanche 11 mars 2007 7 11 /03 /Mars /2007 22:29

Il arrive que des chemins se croisent ou se décroisent, des horizons se bouchent, des routes soient condamnées. Triste.

Mon bras gauche d’Apocalypse est noir. Maudit.

Je n’ai pas beaucoup dormi et Songes reste introuvable de ce côté-ci de la ligne bleue des Vosges. Fatigué.

Je me suis retrouvé face à face avec un type que je déteste et que je croyais (espérais) mort… non, non, dénué d’une âme de délateur je ne livrerai aucun nom, ni même un prénom, mon aversion pour lui m’interdisant formellement de le nommer autrement que par quelques doux qualificatifs. Appelons-le connard, ça lui va comme un gant. Faire précéder de sombre selon affinités. Affligeant. 

Le Astonishing Wolverine ne descend pas sous la barre des 30$ sur ebay US. Argh.

Je voulais téléphoner à Marc, je ne l’ai toujours pas fait. Honteux.

Pour couronner le tout, les british ont délaissé l’agneau pour se payer un coq sauce menthe à Twickenham, le tout bien fourré aux marrons. Déçu.

Mais au moins le soleil brille généreusement, Ethan bave avec ardeur, mes stats m’hallucinent de jour en jour, je serai le témoin de Yann, et ma grand-mère continue à faire de la gym et à regarder Omar et Fred.

Vous trouvez cet article opaque ? Pourtant c’était juste un court compte-rendu de ce week-end.

 

Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ?
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Mercredi 7 mars 2007 3 07 /03 /Mars /2007 11:08

La semaine dernière, dans l’émission de TF1 J’ai une Question à Vous Poser où se succèdent les candidats à la présidentielle devant un panel de citoyens « représentatifs », était invité le candidat de l’UDF François Bayrou.

Le lendemain, sur les ondes de France Inter au cours de l’émission matinale de Nicolas Demorand, Caroline Cartier a proposé comme chaque matin un petit reportage audio dans sa rubrique Cartier Libre, et celle du mardi était un regard décalé sur l’émission politique de la veille. Le reportage s’intitulait L’audience des Poules, et on y entendait une femme, Françoise qui vit avec sa poule d’intérieur Grisou, s’exprimer sur la performance de François Bayrou à la télé.

Et ce qu’elle a dit est pour le moins édifiant. Cette amoureuse des poules expliquait, avec toute l’application que demande un commentaire politique, que François Bayrou avait l’air de quelqu’un d’intéressant et d’assez convaincant. Mais surtout elle avait remarqué que sa poule de compagnie, la susnommée Grisou, avait écouté le candidat béarnais avec une attention toute particulière, l’animal semblant comme envoûté par l’homme politique. Et ça, Françoise l’a le plus sérieusement du monde interprété comme un très bon signe. Si sa poule était ainsi absorbée par l’aura télévisuelle de François Bayrou, c’est que ce gars en valait le coup. Et Françoise, jusqu’alors indécise dans son choix électoral, de conclure en disant que ça l’inciterait plutôt à porter sa voix sur le candidat de l’UDF.

Voilà. Il n’y a pas grand chose à ajouter, ça parle tout seul.
Dites vous bien toutefois que le bulletin de vote de Grisou, pardon de Françoise, compte autant que le mien ou le vôtre.
C’est assez désespérant. Est-il encore bien utile d’aller voter finalement ?


Cot !

(Crédit photo : Marco Bergeron

 

Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ?
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Lundi 5 mars 2007 1 05 /03 /Mars /2007 11:40

Aujourd’hui je vous propose un article quelque peu particulier. Particulier parce que ça fait un peu plus d’un an maintenant que je le prépare, et qu’enfin il est prêt… Mais permettez-moi d’abord d’introduire le sujet de façon plus générale avant d’en arriver au fait.

Avant d’annoncer que finalement il renonçait à s’engager dans la course à l’Élysée, un certain Nicolas Hulot a attiré l’attention du public et de la classe politique sur les risques écologiques qui vont grandissants, et qui si on n’y fait rien, amèneront l’homme à détruire irrémédiablement son environnement. Devant le succès de l’animateur de télévision qui emportait alors les faveurs d’un large public, tous les politiques se sont précipités pour dire que Nicolas est un grand homme, un visionnaire, qu’il fallait l’écouter, qu’il avait raison sur toute la ligne et que la pollution c’est pas beau.

Ainsi, une fois leurs électeurs rassurés, ils ont pu revenir à ce qu’il aiment et savent faire : se tirer dans les pattes à coup de scandales immobiliers, se lancer de petites phrases assassines et se concentrer avant tout sur leurs différentes opérations de communication. Car aujourd’hui la politique ce n’est plus agir, ce n’est même plus avoir des idées à défaut de les défendre, aujourd’hui la politique c’est communiquer, rien de plus.

Quel que soit le gagnant de l’élection présidentielle, je doute fort que les enjeux écologiques soient pris autant au sérieux que ne l’aurait voulu l’ami Nicolas du haut de son parachute à moteur ULM. Je parie même ma chemise sur la mesure phare qui sera mise en place au détriment de tout le reste, histoire de dire « vous voyez bien qu’on fait quelque chose pour cette pauvre Terre ». La taxe sur le carburant va monter, voire même sur l’ensemble des matières premières sources d’énergie (gaz, électricité, …). Et on nous dira qu’avec cet argent supplémentaire on va pouvoir faire des choses bien, mener des actions écologiques. Quoi dans le détail on ne sait pas, mais on pourra. Et puis dans la foulée, Total annoncera records de bénéfices sur records de bénéfices, tout en licenciant « parce que vous comprenez faut être rentable sinon les actionnaires ne seront pas contents », et en riant ouvertement à la face de ceux qui osent demander à la justice un dédommagement pour les centaines de kilomètres de bord de mer souillés par le pétrole de l’Erika. Bref…

Mais je veux rester objectif, et je suis bien obligé d’admettre que la hausse des prix du carburant va certainement inciter les gens à l’économie d’énergie et influer un peu sur la consommation qui se verra de plus en plus réduite au minimum vital. Sauf pour ceux qui ont les moyens de s’en foutre, mais ça c’est encore un autre problème, et ce n’est pas la majorité, loin s’en faut.

J’admets d’autant plus facilement que ce genre de mesure aura un réel effet sur la consommation (donc sur la réduction d’émission de gaz à effet de serre), que c’est d’ores et déjà le cas en ce qui me concerne. Depuis les 18 derniers mois, avec le prix de l’essence à la pompe qui a flambé j’ai largement réduit ma consommation. Je roule moins et je fais plus attention à ma conduite histoire de consommer moins. Et pas par choix délibéré, mais bel et bien par obligation, mes finances ne me permettant pas de faire n’importe quoi. Alors qu’avant cela je faisais au moins un plein par semaine, depuis que mon plein a augmenté d’environ 15 euros j’ai largement réduit, et j’arrive en moyenne maintenant à ne consommer plus qu’entre un demi et un plein par semaine. Mais bon, là j’arrive au volume incompressible d’essence nécessaire à aller bosser tous les jours, donc ma consommation ne baissera plus prochainement (il faudrait déjà que je change de bagnole, et ça ce n’est non seulement pas possible financièrement parlant, mais en plus je l’aime ma Rover du siècle dernier !!).

Tout cela pour dire, que les économies d’énergie c’est bien, et ce sera même indispensable à l’avenir. Mais si « payer plus cher » est tout ce qu’on nous propose pour se donner une bonne conscience collective vis-à-vis des nécessités écologiques, ben je trouve cela non seulement un peu court, mais aussi un peu injuste pour ceux qui sont bien obligés de prendre leur véhicule pour aller travailler, histoire de gagner juste assez de fric pour refaire le plein d’essence pour aller travailler…

Il y a tout un tas de petites choses du quotidien qui sont tout, sauf écologiques.
Et c’est pour illustrer ceci que je me suis intéressé à un de ces petits trucs de tous les jours qui ont le don de me gonfler. La publicité. Pas celle qui remplit les cerveaux vidés au préalable par les émissions de TF1 et M6 (oui je sais, je suis gratuitement méchant, mais ça fait du bien parfois), je veux parler de celles dont regorgent nos boîtes aux lettres, sans qu’on n’ait jamais rien demandé. Les prospectus, pubs et flyers divers et variés qu’on ne regarde même pas, qui font le trajet en aller simple boîte aux lettres / poubelle d’autant plus vite que celles-ci sont situées l’une à côté de l’autre.

Souvent j’ai entendu les gens autour de moi se plaindre de toutes ces pubs dans leurs boîtes aux lettres, et moi-même je trouvais que j’en étais continuellement envahi. Donc j’ai voulu en avoir le cœur net, et je me suis lancé dans une petite expérience. Le 7 décembre 2005 j’ai commencé ce blog. À partir de cette même date j’ai décidé de garder durant une année entière toutes ces pubs pour en mesurer la quantité exacte, et avoir du concret pour légitimer (ou infirmer pourquoi pas) mon râlage au sujet de tout ce papier gâché pour que dalle.

J’ai donc conservé précieusement et empilé consciencieusement dans un coin de mon appart tous ces papelards du 7 décembre 2005 au 7 décembre 2006. Mais dans ma flemme légendaire, je ne me suis attaqué au dépouillement et à l’analyse de mon tas de pubs seulement la semaine dernière, et pour cause de coupure de ligne ADSL durant ce week-end je ne vous soumets les résultats qu’aujourd’hui.

Précisons avant tout que j’habite dans un village d’un peu plus de 3000 habitants (donc les résultats qui suivent auraient été peut-être très différents en grande ville par exemple), et que sur ma boîte aux lettres ne figure aucun message du type « pub non merci » et pour cause : la boîte de mon voisin en arbore un très bel exemplaire qui ne sert visiblement à rien puisqu’elle est autant bourrée de papier indésirable que la mienne.

Donc voilà les chiffres : un an de publicités ça correspond dans mon village à une pile de 80 cm de haut de papier (je vous ai mis une ou deux petites photos avec divers objets pour mieux apprécier l’échelle), et cela pèse au total 40,6 kg ! (c'est-à-dire plus des deux tiers du poids de Christian Bale dans The Machinist) (oui je sais, je suis très fort dans les associations d'idées qui n'ont rien à voir)

Puisqu'on parle de pub, faisons-en gaiement.
Pour aller un peu plus loin, j’ai voulu savoir à quoi correspondent toutes ces pubs, histoire de déterminer qui pollue exactement ma boîte.

Les grands vainqueurs sont les journaux de petites annonces, genre PAM, Paru-Vendu, Particulier à Particulier… avec pas moins de 105 journaux !

Puis viennent les grandes enseignes de supermarchés : (entre parenthèse le nombre de pubs reçues)
 Leclerc (59), Lidl (50), Cora (45), Aldi (30), Match (29), Super U (26), Auchan (22), Carrefour (22), Norma (6), Ed (1) et Intermarché (1).

Les enseignes de meubles, bricolage et accessoires de maison :
 Gifi (22), Castorama (13), But (9), Atlas (6), Conforama (4) et Fly (3).

Les enseignes de vêtements et sport :
 Décathlon (11), Kiabi (11) et Intersport (6)

Les enseignes d’électroménager :
 Hypermédia (16) et Boulanger (3)

Les enseignes d’automobiles :
 Renault (7), Citroen (3), Ford (2), Seat (1), Opel (1), Toyota (1)

Les enseignes de téléphonie :
 Orange (3) et Télé2 (3)

Quelques enseignes diverses :
Distribution promotionnelle du journal Dernières Nouvelles d’Alsace (5), Crédit Mutuel (3) et McDonald (1).

Et pour finir une tonne d’inclassables divers et variés depuis le petit flyer pour marabout jusqu’aux promotions pour le vendeur local de matelas, de pommes ou de pneus réchappés :
 Divers (183).

Voilà, quelques résultats assez édifiants je trouve, surtout en ce qui concerne les grandes enseignes de supermarchés et les journaux de petites annonces, dont, je le précise, je ne me sers jamais. Pour être tout à fait clair, jamais une seule fois durant cette année je n’ai effectué le moindre achat provoqué par l’attrait d’une de ces publicités. Jamais.

En revanche, les 40 kilos de papiers je les ai eus. Comme mes deux voisins directs je suppose. Comme à coup sûr tous les riverains habitant ma rue. Comme très certainement tous les habitants de mon village possédant une boîte aux lettres. Et ça, ça me gonfle.
Parce que je n’ai rien demandé, au contraire même, j’aimerais beaucoup qu’on arrête de bourrer ma boîte de ces conneries.

Dans le genre « petites actions écologiques » à mener, ce serait pas mal déjà de commencer par arrêter le gaspillage de papier, fut-il recyclé, dans des publicités indésirables. Au moins avec les pubs à la télé, je peux éteindre mon poste ou changer de chaîne si je ne veux pas être pollué par tous les messages publicitaires dont je me fiche comme de l’an quarante, mais là je suis totalement impuissant, je n’ai aucun choix.

Et si je sais bien que les économies d’énergie sont un enjeu écologique (et économique) primordial pour l’avenir, je n’en reste pas moins persuadé qu’il y a des tas de « petites » choses (qui mises bout à bout ne sont plus si négligeables que cela) comme ces histoires de pubs papier intempestives qui nécessiteraient également qu’on se penche sérieusement dessus.

Mais ça, ça n’a pas l’air de passionner Ségo ou Sarko. Ben non, je suis bête, ils travaillent à leur image, ils ont envie d’être élus eux.

PS : merci à Goldesch pour les photos, à Mathieu pour sa méga balance électronique de compétition, et à Mooutche pour son aide au dépouillement !

30 cm ? ridicule...

Par Stéph - Publié dans : À quoi tu penses ?
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