Présentation

Attention !

Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Pop Culture : Movie Maniac

Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 08:26

Allez on reste dans les adaptations de BD au cinéma, mais on change de continent. Pour une fois ce n’est pas un comic qu’on retrouve sur grand écran, mais une BD française, Les Petits Ruisseaux (sous-titré sex, drug and rock’n’roll) de Pascal Rabaté, qui a lui-même pris le soin de réaliser le long métrage d’après son roman graphique.

287 petits ruisseaux bd
Alors changement de genre, changement de décor et de style de personnage aussi. Ici pas de super-héros en collants, pas de super-espion en colère, pas de super-soldat en goguette. Non, ici le héros se nomme Émile (Daniel Prévost), septuagénaire veuf et sans permis, qui partage son temps entre les parties de pêche quotidienne avec son ami Edmond (Philippe Nahon) et le petit canon de rouge au Pénalty, le bar-PMU du village, en compagnie de leurs collègues de bistrot. Le temps s’écoule comme les eaux de la Loire, calmement et inexorablement.
Un jour, Edmond avoue à Émile qu’il entretient en secret une vie amoureuse et sexuelle par l’intermédiaire de petites annonces et d’un club de dancing. Il lui montre également son péché mignon : le gaillard aime à peindre des femmes nues pendant ses loisirs (dont il trouve les modèles dans Playboy et consorts…). Quand Edmond meurt, Émile rencontre Lucie (Bulle Ogier) l’amante de son compère. Il lui prend alors des envies de changer son quotidien. Des envies de bouger, des envies d’aimer, des envies de jeunesse… C’est à bord de sa petite voiturette sans permis qu’il va partir à l’aventure…

287 petits ruisseaux edmond emile
Pascal Rabaté reprend ce qu’il avait déjà très bien développé dans sa bande dessinée et le transpose au cinéma. Et ça marche plutôt bien ! Il mélange et alterne avec talent situations cocasses, passages mélancoliques, petits plaisirs savoureux, moments touchants et ceci avec un naturel confondant. Bien entendu, il est grandement aidé dans sa tâche par les comédiens, qui sont tous parfaits dans leurs rôles. Quel bonheur de voir Philippe Nahon sortir de son registre habituel de salopard et de méchant de service ! on se marre bien avec Edmond, il sait vivre le bougre ! et puis les potes de bistrots sont truculents, depuis Gérard (l’inimitable Bruno Lochet) jusqu’au patron de bar (Charles Schneider), en passant par le charcutier et le poissonnier… Côté jeunots on notera surtout Julie-Marie Parmentier dans le rôle de Léna, une jeune hippie que Émile va croiser sur sa route.

287 petits ruisseaux lucie emile
Et puis bien entendu, il y a Daniel Prévost, génial papy qui apprend à revivre des sensations depuis trop longtemps oubliées. À l’extrême opposé du registre dans lequel on a l’habitude de le voir, alors qu’à l’accoutumée il fait le clown et le pitre, toujours dans l’exagération et jouant souvent trop de sa voix unique et de son rire bien spécial, dans le rôle de Émile il est surprenant de calme, de lenteur, de justesse. Il n’en fait ni trop ni pas assez, il est juste excellent. Que ce soit pour aller se baquer à poil dans la rivière, se déhancher sur le dance floor d’un club du troisième âge ou fumer un bédot avec un jeune hippie autour d’un feu de camp, Prévost trouve le ton juste à chaque fois et on ressort du film avec une idée entêtante et le sourire. L’idée, c’est qu’on peut continuer à vivre malgré la vieillesse. Que tant que le corps accepte de bouger pour nous mener où on en a envie, le reste ne dépend que de notre tête.

287 petits ruisseaux emile rivière
Car oui, quand on est vieux on n’attend pas juste de mourir. On a aussi des envies, on rit, on sait s’amuser, on baise, on aime et tant pis pour les tabous. Dans ce film tout est montré simplement, rien n’est caché, on touche à des sujets pas souvent abordés au cinéma tels que le sexe par exemple (je m'entends : le sexe du troisième âge hein) et on se fiche pas mal des conventions morales et esthétiques qui sévissent habituellement dans ce domaine. Sans choquer d’ailleurs, juste avec beaucoup de naturel et de sincérité.

287 petits ruisseaux emile bédot
Émile réapprend l’essentiel alors que la plus grande partie de sa vie est derrière lui, et tout en suivant ses pérégrinations on ne peut s’empêcher de penser que grâce à des films tels que celui-ci, des personnages tels que ceux-là, on a un peu moins peur de vieillir. Ça déplaira peut-être à quelques esprits chagrins qui trouveront toujours à redire, car oui évidemment le réalisateur a choisi de nous montrer une vision positive de la vieillesse, mais c’est un beau film, vecteur d’un beau message, empli de joie et d’optimisme sans pour autant se voiler la face. Oui, vraiment, Les Petits Ruisseaux est un chouette petit film (et j’en ai tout autant pour la BD), drôle, frais et qui fait du bien au moral.

287 petits ruisseaux aff

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 08:37

Il se pourrait bien que prochainement ce blog prenne une coloration plus cinématographique… en effet je lis moins vite que je ne regarde des films. Certes ça fait un moment que je ne suis pas allé au cinéma, mais en ce moment ça y va à la manœuvre entre dvd, bluray, Canal+ : je vois plein de trucs, et pas mal d’intéressants en plus. Ça plus le fait que j’essaie de lire un peu plus de bd aussi, ça me donne moins de temps pour les romans. Les vases communicants quoi.

Enfin bon bref, aujourd’hui : The Losers. En plus ça fera d’un article deux thèmes puisque c’est (encore) une adaptation d’un comic de chez Vertigo (la branche indépendante / adulte de DC Comics).

286 losers equipe2
J’avais entendu l’annonce de sa version ciné il y a plus d’un an, puis les premiers teasers sont apparus sur le net, et ça laissait présager d’un petit film d’action sympa. Ayant lu entre temps les deux premiers tomes sortis en Big Books chez Panini (le troisième et dernier sort en mars 2011 d’ailleurs) je me disais que ça pourrait le faire sur grand écran.
Alors j’attends la date officielle de sortie et puis rien. Je me dis « bah, ce genre de film ferait un très bon film d’action à sortir en été, c’est sûrement pour ça que les distributeurs attendent encore un peu ». L’été arrive et toujours rien. Enfin non pas exactement rien, puisque sort à cette période une autre adaptation, celle de L’Agence Tous Risques. Dont le scénario de départ est très proche de celui des Losers (du moins c’est ce que j’ai cru comprendre, n’ayant pas encore vu L’Agence Tous Risques pour l’instant). Dès lors pas de mystère : deux films au sujet très proche, l’un qui adapte une série à succès des années 80, l’autre un comic sorti confidentiellement en France. On sait d’avance lequel va s’effacer devant l’autre. C’est donc un peu dépité que j’ai attendu la sortie en Bluray des Losers pour pouvoir enfin le voir.

286 losers aisha cougar
Le comic d’origine, écrit par Andy Diggle et dessiné par Jock est franchement réussi. Il met en scène une équipe de soldats d’élite des forces spéciales qui interviennent en sous-main pour le compte de la CIA à l’étranger. Des mercenaires oui, mais pas n’importe lesquels. Des gars qui ont une morale, un sens de l’honneur et de la jugeote. Pas des barbouzes de bas niveau. Pourtant ils vont être envoyés sur une mission qui va mal tourner, et au cours de laquelle l’agence, sous l’influence d’un énigmatique commanditaire qui répond au nom de Max, va tenter de se débarrasser d’eux. Passant pour morts, c’est en ménageant l’effet de surprise que l’équipe des Losers va partir en guerre contre son ancien employeur. Pour rétablir leur honneur et régler les comptes qui restent non-soldés…


286 losers aisha
Le film reprend en gros la même trame. Les personnages sont tous bien là. Il y a Clay (Jeffrey Dean Morgan) le chef, Roque (Idris Elba) son bras droit, Pooch (Columbus Short) expert en armes et pilote tête-brûlée, Jensen (Chris Evans) petit génie de l’informatique et de l’intrusion et Cougar (Oscar Jaenada) le tireur d’élite du groupe. Le groupe de mercenaires va trouver en la très belle et très fatale Aisha (Zoe Saldana) une alliée de charme et de choc. Et côté méchant c’est Jason Patric qui interprète un Max tout en froideur dans la folie et la mégalomanie.

286 losers max2
C’est un certain Sylvain White qui réalise, à ma connaissance le type n’a rien de fait de bien transcendant avant ça si j’en crois sa filmographie. Pour autant le film n’est pas mal du tout. Pas trop original certes, vu qu’on sent bien les influences esthétiques et techniques du réalisateur. De belles images assez flashy dans l’ensemble, des mouvements de caméra, des ralentis, des effets qui rappellent tantôt le Watchmen de Zach Snyder tantôt le Wanted de Timur Bekmambetov… le tout servi sur un tempo assez soutenu et moult effets spéciaux et pyrotechniques. Autrement dit si c’est un film d’action bien troussé qu’on est venu voir on en a pour son argent même si il est vrai, ça ne va pas chercher non plus beaucoup plus loin. Le réalisateur ne fait pas dans la grande originalité, mais c’est efficace et plaisant à regarder.
Certaines scènes sont repiquées quasiment telles quelles sur le comic book d’origine, je pense particulièrement à celle, qui plus est très réussie d’ailleurs, où Jensen va voler en duo avec Cougar des données informatiques dans un building très surveillé. Chouette idée et chouette résultat en images, fun et original.

La scène du "pouvoir télékinésique" version comic, puis version ciné :
286 losers jensen comic
286 losers jensen
286 losers jensen2
Les acteurs quant à eux semblent bien s’amuser et se lâchent, certains en font même des tonnes dans leurs registres respectifs : le cinglé bien cruel et propre sur lui ? Jason Patric. Le ténébreux mal rasé mais bien sapé qui emballe l’air de rien ? Jeffrey Dean Morgan (qui jouait déjà le beau gosse dans Grey’s Anatomy et le gros dur dans Watchmen). La grande gueule avec un sourire plein de dents et des bons mots toutes les deux phrases ? Chris Evans (qui a visiblement déjà commencé à prendre du muscle pour son futur rôle de Captain America). Le latino énigmatique qui ne dit jamais rien mais qui a un œil de lynx ? Oscar Jaenada (que je n’avais jamais vu ailleurs auparavant). La bombasse qui tabasse autant qu’elle aguiche ? Zoe Saldana (qu’on a pris l’habitude de voir en bleu dans Avatar, et qui est vachement mieux au naturel).

286 losers aisha clay2
Bref, les personnages sont typés, voire archétypés même, mais dans le feu de l’action ça passe. On sait de suite à qui on a à faire dès le premier coup d’œil, pas la peine de s’attendre à des grandes analyses psychologiques des uns et des autres. C’est certainement le vrai handicap du film si on le compare au comic. Tout y a été largement simplifié, les personnages et leurs motivations (Aisha et Max en tête), et l’intrigue évidemment (développée dans le comic sur trois volumineux tomes et agrémentée de flashbacks qui aident à mieux cerner certains personnages). C’est le lot de bien des adaptations, The Losers n’y échappe pas, loin de là.

286 losers equipe
Bon, je ne vais pas jouer au bonimenteur, The Losers version cinéma, ce n’est pas le film de l’année. C’est même certainement un film de genre parmi tant d’autres, qui peine un peu à se démarquer. N’empêche que ce n’est pas un mauvais film du tout, et qu’il se regarde même avec un certain plaisir, en tout cas moi je l’ai pris comme ça. Et un film d’action efficace, ça n’est pas forcément aussi courant qu’on le croit, alors c’est déjà ça de pris.
Mais que ça ne vous empêche pas de lire le comic de Diggle et Jock, il gagne a être connu lui aussi !

286 losers aff
286 losers aff comic

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 07:41

Un film d’action avec Bruce Willis, moi j’ai toujours un a priori positif. Depuis John McClane, j’ai tendance à faire confiance au bonhomme dans ce type de rôles. Ce qui ne m’a pas toujours valu que des bonnes surprises notez bien, mais voilà c’est comme ça.
Une adaptation cinématographique d’un comic-book, ça éveille toujours chez moi si ce n’est de l’intérêt, au minimum de la curiosité.
Donc forcément, une adaptation d’un comic, donnant fortement dans l’action, et avec Bruce Willis dans le rôle principal, voilà une conjoncture d’arguments qui me poussent à jeter un œil à la chose. Je suis donc allé voir Red, assez confiant, curieux de voir comment le comic d’origine, plutôt du genre hard-boiled, allait être transbahuté sur grand écran.

285 red franck sarah
Alors en terme d’adaptation, oubliez. Les scénaristes ont gardé le pitch de départ, et ont changé tout le reste : l’action, les personnages et le ton n’appartiennent qu’au film. En dehors du crâne chauve de Bruce Willis, vous ne retrouverez rien de commun à ce que vous pourrez lire dans le comic écrit par Warren Ellis (un des tous meilleurs scénaristes de comics de ces 15 dernières années) et dessiné par Cully Hamner (au style assez punchy quoiqu’un peu trop minimaliste par moment –à mon humble avis). Dans Red version comics, Paul Moses est un agent de la CIA à la retraite, sans vie sociale ni familiale, à la limite de l’ermite, dont l’agence décide de se débarrasser (de façon définitive) et qui va rendre coup pour coup, bien décidé à ne pas être le chassé mais le chasseur… C’est froid, violent, brutal, sombre. De l’action pur jus et très premier degré. Pas mal d’ailleurs, quoiqu’un peu court j’ai trouvé. Efficace mais un poil léger par rapport à ce que Warren Ellis est capable de produire par ailleurs.

285 red dunning franck
Dans Red version cinéma, Franck (exit Paul) Moses (Bruce Willis) est un agent de la CIA à la retraite. Habitué à la solitude et à la discrétion, il fait tout ce qu’il peut pour ne pas éveiller l’attention des gens et son seul lien social consiste en des coups de fils réguliers à Sarah (Mary-Louise Parker), agent de sa caisse d’allocation retraite, avec qui il a développé une étrange amitié-flirt téléphonique. Quand une équipe de tueurs tente de l’éliminer, Franck comprend qu’on cherche à se débarrasser de lui en haut-lieu et passe à l’action. En récupérant sous son aile Sarah qu’il sait en danger à cause de leur relation virtuelle, puis en cherchant de l’aide auprès d’anciens coéquipiers : Joe Matheson (Morgan Freeman) qui attend de mourir de son cancer en maison de retraite, Marvin Boggs (John Malkovich) un sociopathe totalement parano qui vit en reclus persuadé que tout le monde lui en veut et Victoria (Helen Mirren) qui sous ses dehors bien rangés continue à exercer ici et là quelques menus contrats pour garder la forme. L’équipe de retraités aura fort à faire pour se dépêtrer de leurs ennuis, l’agent spécial William Cooper (Karl Urban), jeune, ambitieux et très efficace ne leur rendant pas la vie facile…

285 red cooper
Le tout est traité sur un ton très humoristique (ce qui n’empêche pas de belles scènes d’action) comme le souligne déjà sur l’affiche le sous titre Retraités Extrêmement Dangereux, dont Red est l’acronyme. Les vieux de la vieille vont redoubler de roublardise, de bons mots et d’astuces à la papa pour en remontrer à la nouvelle génération d’agents spéciaux.
Si on accepte l’idée que le comic d’origine ne sert donc que de prête nom et de pitch minimaliste de départ, force est de constater qu’on se retrouve là face à une très bonne comédie d’action qui a plus d’un atout dans son jeu.

285 red marvin joe franck
D’abord vous l’aurez constaté par vous même, le casting a de la gueule ! et encore je n’ai pas cité Brian Cox dans le rôle d’un agent russe de la vieille école, Richard Dreyfuss (mon acteur favori entre tous, il faudra un jour que je ponde un article à son sujet tiens) qui joue une pourriture de première, ou encore Julian McMahon et l’éternel Ernest Borgnine. N’en jetez plus la cour est pleine. Rien que pour la brochette de très bons comédiens, le film en vaut la peine. D’autant qu’ils ont l’air de se plaire dans leurs rôles et jouent visiblement en se faisant plaisir. Cox, Malkovich et Dreyfuss semblant même se lancer dans un véritable concours de cabotinage, mais dans le bon sens : ce sera à celui qui en fera le plus sans se décrédibiliser. Et je donne Malkovich gagnant d’une courte tête devant Cox et Dreyfuss au temps de présence moindre. Et puis je craque sur Mary-Louise Parker (je ne peux que dire le plus grand bien de sa série Weeds) : drôle, belle, fraîche, tonique. Je valide. D’ailleurs s’ils en font des doubles j’en prendrais bien une pour moi tiens.
Ensuite la mise en scène de Robert Schwentke (qui ça ? ah ça vous l’a fait aussi … alors j’ai cherché pour vous, on lui doit Flight Plan avec Jodie Foster -pas vu- et il a également officié sur la série Lie To Me -pas vu non plus) sait mettre en avant le jeu d’acteurs, reste tout à fait lisible dès qu’on passe à l’action et ménage un rythme agréable tout du long du métrage. Bref sans faire d’étincelles la réalisation est efficace. Efficacité doublée grâce à un scénario original et décontracté et des comédiens au diapason.

285 red victoria marvin
Voilà, je ne sais pas trop quoi ajouter à cela, ça parle tout seul. Sans casser des briques, alors que je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai vu sur grand écran, un adjectif me vient tout naturellement pour qualifier ce film : bien sympa. Alors tant pis pour le détournement du matériau de base (qui n’a rien d’un comic d’une qualité extraordinaire non plus, faut bien le reconnaître), devant Red on se marre bien et on passe un bon moment de détente.

285 red aff

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 08:22

Voilà un film à l’origine pas banale.
Il y a quelques années, Quentin Tarantino et Robert Rodriguez s’étaient acoquinés pour produire Grindhouse : l’association de deux longs métrages (Planète Terreur  plutôt réussi par Rodriguez et Boulevard de la Mort, certainement le film le plus mollasson de Tarantino). Entre les deux (en France les deux films – assez courts - sont sortis individuellement, alors qu’au départ le concept était d’en faire une seule et même séance), il y avait également de « fausses bandes annonces » sous forme de bons gros délires, dont celle mettant en scène un Danny Trejo survolté dans un rôle tout à sa mesure : Machete. Autant dire que ça découpait sévère.
Pour être parfaitement honnête, de tout le programme Grindhouse, la BA de Machete était certainement ce qu’on pouvait y trouver de plus enthousiasmant et de plus pêchu. Ce qui n’échappa pas à Robert Rodriguez, qui devant l’engouement des spectateurs s’est mis en tête d’en faire un vrai film de cette fausse bande annonce. Et quelques années plus tard, voici donc Machete

283 machete
Le dit Machete (Danny Trejo donc, une des gueules les plus burinées et cassées des séries B américaines de ces quinze dernières années) est un agent fédéral du Mexique. Si si, sans déconner. Je sais, ça se devine pas au premier coup d'oeil... Sa réputation est celle d’un incorruptible et surtout d’un flic sans pitié. Il se retrouve souvent seul contre les truands mais aussi les flics ripoux de son entourage. En s’attaquant au parrain local Torrez (Steven Seagal) il va tout perdre, le mafieux le laissant pour mort après avoir tué sa femme. Quelques années plus tard (ne demandez pas comment ni pourquoi, ça fait partie des mystères scénaristiques du film) il se retrouve au Texas, où il est embarqué dans une sombre affaire d’assassinat politique dont la victime n’est autre que le sénateur  McLaughlin (Robert De Niro). Le prenant pour le bouc émissaire idéal, les commanditaires de cette arnaque ne savent pas à qui ils ont à faire ! Machete va reprendre du service pour prouver son innocence et faire payer les vrais coupables, naviguant entre les ordures de la pire espèce, depuis le roublard Benz (Jeff Fahey) jusqu’à l’inquiétant garde frontière Stillman (Don Johnson), tout en ayant la police de l’immigration sur le dos en la personne de la belle Sartana (Jessica Alba). Mais Machete a aussi des alliés, dont son propre frère (ça tombe bien, il crèche à côté si j'ose dire) qui est un Padre pas banal (Cheech Marin) et la sexy révolutionnaire Luz (Michelle Rodiguez) une sorte de Che au féminin (qui en plus tient une barraque à frites, le bonheur des yeux et de l'estomac en quelque sorte) …

283 machete luz
Bon disons-le simplement, c’est du grand n’importe quoi, du début à la fin. Personnages ultra-caricaturaux, situations rocambolesques, péripéties improbables, motivations nébuleuses, Rodriguez passe en revue tous ses fantasmes de gamin décérébré et les mets en images pour son plus grand plaisir. Alors dans le tas il y a de bonnes choses. Le Padre adepte des armes et du chichon façon barreau de chaise, c’est fendard. Les coups de machette qui découpent bras et têtes dans une belle chorégraphie bourrine, c’est sympatoche. Revoir enfin sur grand écran Steven Seagal alias Saumon Agile dans un rôle de gros, pardon, grand méchant qui s’écoute causer ça fait partie des bonnes surprises du film. Et puis Machete juché sur sa Harley, projeté dans les airs sous l’effet d’une énorme explosion tout en canardant joyeusement ses ennemis de sa grosse pétoire, ou encore Machete dans une piscine avec deux bonnasses (en l’occurrence la fille et la femme de Benz, Lindsay Lohan et Alicia Rachel Marek) totalement nues qui en veulent à sa puissante virilité, sont deux scènes totalement icôniques et cultes dans lesquelles cette vieille trogne de Danny Trejo prend visiblement son pied et qui justifieraient presque à elles seules tout le reste du film.

283 machete lohan malek
Mais bon voilà, tout ça manque cruellement d’intérêt et de liant. C’est bien plus que de la série B, on nage en plein Z, en plein nanard, chose qui soit dit en passant est parfaitement recherchée et revendiquée comme telle par le réalisateur et les acteurs. Ce qui est plutôt louable en fait, en tout cas pour moi ça part clairement d’un bon sentiment ! j’ai toujours été un grand sensible à toutes ces zèderies qui mélangent allègrement humour limite et action à gogo (quel bon goût j’ai, n’est-ce pas ?). Sauf que là où ça me dérange pour ce film précisément, c’est qu’on sent que le truc est bourré de thunes, déborde d’effets spéciaux qui coûtent la peau des roubignolles, bref que le film est tout sauf fauché. Or, ce qui fait aussi le charme de ces zèderies sans nom la plupart du temps, c’est qu’on sent que c’est fait avec l’énergie du désespoir, la débrouille du type qui n’a rien d’autre qu’un fumigène et deux pétards pour montrer une explosion nucléaire, l’amour du genre qui fait que le réalisateur préfèrera se sectionner une couille plutôt que de couper une scène pourrave mais à laquelle il croit. Enfin à mes yeux hein.

283 machete saumon agile
Et c’est là que ça coince avec Machete. Machete c’est le jouet d’un enfant gâté du cinéma à qui on a dit « lâche-toi, dépense tout et fais nous marrer » et qui du coup se sent contraint à une obligation de résultat. D’où un palpable manque… d’âme, bien que quelques bonnes idées et scènes réussies parviennent ça et là à donner le change. Et ça se sent même avec les stars qui viennent cabotiner, De Niro et Don Johnson en tête : on dirait qu’elles n’attendaient que ça, qu’un réalisateur leur file un truc bien trash où ils pourraient péter un câble en direct et un peu sortir de leur image figée de star intronisée de Hollywood. Sauf que du trash sur commande c’est un peu comme le Canada Dry, ça a le goût, ça a la couleur… mais c’est pas du vrai trash. Tiens ça me fait penser, ça existe encore le Canada Dry ?


283 machete aff

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 07:42

Les films se suivent et ne se ressemblent pas (du tout). Après mon incursion en terre cinématographique québécoise, qui visiblement en a refroidi plus d’un (si j’en crois les commentaires, blog et hors-blog), retour en une contrée plus chaude, pour une comédie qui m’a bien fait marrer. Direction la Californie. Direction Hollywood. Où quoi qu’on en dise, on sait faire des trucs bien, aussi.

280 date limite ethan juliette
Dans Date Limite de Todd Phillips on suit un couple de personnages improbables. D’un côté on a Peter Highman (Robert “la classe” Downey Jr), un type bien sous tous rapports, dont la femme Christine (Michelle Monaghan) est sur le point d’accoucher. Peter qui est à Atlanta s’apprête à rejoindre son épouse pour assister à la naissance de leur premier enfant. De l’autre on a Ethan Tremblay (Zach Galifianakis), un jeune acteur qui veut tenter sa chance à Hollywood et voyage avec son chien et les cendres de son père. Peter et Ethan se rencontrent à l’aéroport au départ d’Atlanta. Dès lors le destin de Peter est scellé. Car Ethan est tout sauf monsieur tout le monde. Un peu excentrique, complètement dans son monde mais foncièrement gentil, il va entraîner Peter de péripéties en catastrophes… à commencer par écoper tous deux d’une interdiction de vol à vie. Sans bagages, sans papiers et sans argent (qui sont restés dans l’avion, eux), Peter est contraint d’accepter l’offre d’Ethan de se rendre à Los Angeles par la route. Les deux hommes traversent donc le pays d’Est en Ouest au volant d’une voiture de location. Ce n’est que le début du long calvaire de Peter…

280 date limite ethan peter2  

Peter : Je méprise ce que tu es à un niveau moléculaire !
Ethan : C’est une chose qu’on m’a déjà dite et je fais des efforts pour m’améliorer.



Bon on tape dans la grosse comédie là. Attention, je dis « grosse comédie » mais ça n’est absolument pas péjoratif ici. Tous ceux qui ont vu Very Bad Trip (du même réalisateur d’ailleurs) connaissent et reconnaissent Zach Galifianakis au nom immémorisable (oui j’invente des mots) mais à la dégaine reconnaissable entre toutes. Et il joue ici aussi dans le même registre de personnage, à savoir le mec totalement allumé et qui enchaîne gaffe sur gaffe. Un Pierre Richard des temps modernes, barbe florissante et bide assumé en prime. D’ailleurs le rapprochement avec des bons vieux films franchouillards comme La Chèvre ou Les Compères, où un type normal contraint de voyager avec un poissard de première subit déboires sur déboires, n’est pas du tout hors de propos. Sauf qu’ici c’est fait en 2010, avec les délires scénaristiques d’aujourd’hui et les moyens d’une comédie à gros budget américaine. Bref, en dix fois plus gros et plus exagéré. Ce qui n’empêche pas le film d’être très drôle du reste. Le concept du « toujours plus » n’étant pas forcément une mauvaise chose entre les mains de bons scénaristes. Et ici, les gars aux manettes connaissent leurs gammes. Ou peut-être est-ce encore une fois moi qui suis bon client. C’est pas exclu. D’autant plus que j’ai pu lire beaucoup de mauvaises critiques en surfant sur le web à propos de ce film…

280 date limite peter chien
En tout cas on retrouve le même type de schéma d’ensemble qu’on a pu voir dans Very Bad Trip que je citais plus haut. Autrement dit : pas de répit, on passe d’une scène drôle et inattendue à une autre sans cesse. Avec tout juste quelques petites touches de sérieux (oh pas plus de 30 secondes d’affilée hein) histoire de rendre le personnage de Ethan attendrissant et pas uniquement loufoque. Avant de replonger encore plus fort dans le délire. D’ailleurs, bien que j’adore Robert Downey Jr, la star du film est évidemment Zach Galifianakis qui porte à lui seul toute la force humoristique du film. Avec Very Bad Trip 2 qui est en cours de tournage, le barbu risque de vite cramer son personnage délirant et sans gêne par trop d’exposition. Mais pour l’instant on n’en est pas encore à l’overdose, donc moi je veux bien en reprendre un peu tiens. Histoire de se faire chatouiller les zygomatiques et de se prendre une bonne bouffée de grand n’importe quoi hilarant. Allez voir Date Limite et marrez-vous.

280 date limite aff

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 15:21

Il m’arrive souvent de faire un tour dans les rayons dvd de grands magasins, et de laisser mon regard vagabonder de jaquette en jaquette, pour parfois me laisser accrocher par l’une d’entre elles. Par un titre, une image, un design, une compo graphique, un thème, un nom d’acteur… je ne parle pas des blockbusters hollywoodiens, des films avec un budget promotion équivalant au budget total de films plus modestes. Je parle de trucs moins connus, de séries B, voire Z, de films indépendants, pour la plupart d’entre eux des direct-to-video. Et de temps à autres, je me laisse tenter par quelque chose qui m’inspire.

J’avais donc vu le dvd des 7 jours du Talion et ça m’avait intrigué. Imaginez : film québécois, pas un nom connu à l’affiche, jaquette rose sale et thème trash.
En effet, l’histoire ne fait pas dans la dentelle. Une petite fille est enlevée sur le chemin de l’école. Elle est retrouvée peu après morte, son corps ayant subi des sévices sexuels évidents. Le coupable (Martin Dubreuil) est assez vite arrêté, le pédophile assassin n’en est pas à sa première victime. Fou de chagrin et de douleur, le père (Claude Legault) de la petite fille, chirurgien de profession, décide d’agir et de se venger. Il parvient à enlever le meurtrier de sa fille pendant son transfert et l’emmène dans un coin perdu qu’il a préparé à cet effet. Son projet est de le garder vivant sept jours durant lesquels il va le torturer pour l’achever le jour de l’anniversaire de son enfant avant de lui-même se rendre aux forces de l’ordre. L’inspecteur chargé de l’enquête (Rémy Girard), bien qu’ayant connu un deuil assez similaire quelques mois auparavant (sa femme a été abattue à bout portant lors d’un braquage, et le policier se passe en boucle la vidéo de la caméra de surveillance du magasin jour après jour), va tout mettre en oeuvre pour retrouver le médecin avant que celui-ci ne commette l’irréparable.

278 sept jours talion legault malette
Ce film est d’une dureté et d’une froideur assez poussées. Adapté du roman de Patrick Senécal, il traite de la vengeance et nous pousse à réfléchir à la portée de ce sentiment si humain et animal à la fois. Et pour ce faire, le réalisateur Daniel Grou nous plonge dans une ambiance glaçante, bannissant toute musique du film, restant au plus proche de la douleur d’un homme a priori normal qui va libérer une rage et une haine sans limite dans la réalisation de sa vindicte. Cependant on est loin, très loin de l’apologie de la vengeance, de l’œil pour œil, de la violence, et c’est ce qui fait de ce film un objet à la fois traumatisant et extrêmement intéressant, car il met le spectateur en face de ses propres démons. On ne peut s’empêcher de s’identifier au père qui perd son enfant. On ressent sa douleur intense, les images de sa fille retrouvée dans un terrain vague vous soulevant le cœur. On ressent sa rage face à l’assassin qui affiche en plus de cela une suffisance insupportable, et qui n’exprime pas le moindre remord pour ses actes. On a envie que ce type horrible ait mal, et on est pris soi-même dans la spirale de la vengeance. On la comprend, on la justifie, on la trouve normale. En tout cas dans sa théorie, mais dès lors qu’on entre dans son expression physique, traitée à l’écran de façon crue et sans concession, les choses évoluent, on se remet en question. Le film a ceci de subtilement humain qu’il ne prend pas formellement position, il montre les choses froidement et laisse à chacun le soin de juger, de mesurer ses propres limites dans la colère, dans la violence, dans la barbarie. Car pour moi c’est ainsi que je l’ai ressenti ce film. On bascule à un moment donné dans un monde de barbarie pure, où l’on finit par se demander si la vengeance qu’on cautionnait au départ suffit encore à justifier des actes d’une violence et d’une perversion extrême. Bien qu’après coup on devine la position morale du réalisateur, celui-ci a la pudeur et l’intelligence de laisser chacun faire son propre chemin, sa propre réflexion, et surtout son propre jugement. Il n’y a pas de morale imposée à la fin, de réponse claire au problème, il n’y a que des actes, leurs conséquences crues et le traumatisme qu’engendre de telles situations. À chacun d’y trouver sa propre place, son propre positionnement.

278 sept jours talion legault dubreuil
Oubliez le traitement habituel réservé aux actes de vengeances comme on peut souvent en voir dans le cinéma américain. Ici on n’est pas face à un Inspecteur Harry, un Paul Kersey ou un Franck Castle d’opérette. Le crime est horrible, la vengeance l’est tout autant et la question est : ce tueur doit-il souffrir au-delà de toute limite ou non pour ce qu’il a fait ?
Le film est dur à regarder. En tout cas il l’a été pour moi. Pourtant la violence à l’écran ne m’a jamais fait peur, la bidoche, le sang, la torture, les images choc j’en ai bouffé. Mais là, ce ne sont pas les images qui m’ont heurté, c’est très clairement le climat psychologique. C’est ça qui m’a bousculé, mis très mal à l’aise et complètement lessivé. Est-ce parce que je suis papa aujourd’hui que les images de ce père qui retrouve le corps sans vie de son enfant m’a fait autant mal, je ne saurais pas le dire exactement, mais j’ai trouvé ces images d’une violence extrême. Et la douleur du père ne le quitte plus de tout le film. Même pendant les scènes de torture, même pendant l’exécution de sa vengeance, il est au bord de la rupture. Il ne parle jamais à l’assassin de son enfant, il reste parfaitement muet dès qu’il se retrouve en sa présence, ce qui rend le tout encore plus glaçant mais qui trahit également le talon d’Achille du persécuteur : parler à sa victime pourrait lui faire perdre sa conviction. En se taisant, en refusant d’entamer un dialogue il le garde à distance, lui refusant de le considérer comme un être humain. Car le père vengeur est médecin, il sauve des vies en temps normal, alors que là il détruit méthodiquement un corps, tout en prenant garde à bien le maintenir en vie et conscient. Plus le temps passe d’ailleurs, plus le médecin est obligé de s’abrutir d’alcool pour accomplir sa tâche, ce qui est bien entendu symptomatique de son dilemme intérieur.

278 sept jours talion girard
Évidemment en regardant ce film, au-delà de l’aspect « torture », on ne peut s’empêcher de penser à la peine de mort également. On entend souvent dire que la peine de mort devrait être rétablie pour les assassins d’enfants par exemple, certainement l’un des crimes les plus affreux qui puisse exister, si tant est qu’on puisse hiérarchiser l’horreur. Là on est en plein dans le cas. L’auteur va même plus loin, puisque l’un des arguments phares des anti-peine capitale est évacué d’entrée de jeu : la culpabilité de l’accusé ne fait aucun doute. C’est son sperme qu’on a retrouvé sur l’enfant violée. Et il revendique lui-même ses actes, allant jusqu’à s’en vanter en les racontant, provoquant encore un peu plus notre dégoût. Bref, l’ignominie est avérée et montrée, le coupable est un monstre, … dès lors les choses sont moins simples qu’elles n’y paraissent. Moi qui suis opposé par principe à la peine de mort, j’ai pourtant ressenti et compris le désir de vengeance du père de l’enfant (en ce sens, l’objectif du réalisateur a été parfaitement atteint je pense). Entre la théorie qui concerne les autres et le cas pratique qui vous touche vous, on est bien obligé d’admettre que les conclusions varient, les sentiments l’emportent souvent sur la réflexion. C’est ce que ce film met en lumière. Et ça ne laisse pas intact.

278 sept jours talion legault dubreuil2
Pour être franc, je ne crois pas qu’on puisse dire des 7 jours du Talion qu’on aime ce film. Parce qu’il remue et qu’il dérange pour peu qu’on y réfléchisse cinq minutes. Mais c’est un vrai bon film, c’est indiscutable. Cependant je le déconseille fortement aux âmes sensibles, certaines images, mais surtout certaines situations sont vraiment difficiles à supporter. C’est un film intéressant mais exigeant. Et puis un dernier conseil si vous voulez vous y frotter : ne le visionnez pas en version originale. J’ai testé après l’avoir vu en version française, et je dois dire que l’accent québécois n’est pas indiqué du tout pour un français qui veut voir ce film. D’abord on pige à peine la moitié de ce qui se dit, mais surtout ça sabre une partie de l’effet dramatique. C’est très con je sais bien, mais l’accent québécois a trop souvent pour le français moyen (dont je suis) une connotation involontairement comique qui ne sied pas du tout à ce type de film.

À voir donc, si vous avez le cœur bien accroché et si vous avez envie de réfléchir à ce genre de questions morales. À éviter si vous n’avez pas le moral !

278 sept jours talion dvd

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 8 novembre 2010 1 08 /11 /Nov /2010 09:31

J’ai pris pour habitude de ne plus prendre pour argent comptant ce qu’on nous montre dans les bandes annonces de films. Trop souvent on n’y voit que les meilleurs morceaux, ou surtout quand il s’agit d’une comédie les extraits les plus drôles, et puis le reste du film ne s’avère pas à la hauteur. C’est donc curieux mais avec cette retenue en tête que je suis allé voir Les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet (qui se contente de réaliser mais n’y joue pas). Parce que justement, la bande annonce de ce film m’avait beaucoup plu. Les risques étaient donc d’autant plus grands d’être déçu du résultat final. Eh bien j’avais tout faux, et je suis bien content que ce film m’ait fait mentir et soit venu battre en brèche mon a priori négatif sur les bandes annonces trop alléchantes.

Parce que le film est bon. Très bon même.
L’histoire met en scène un groupe d’amis, la plupart trentenaires, certains célibataires endurcis, certains mariés, d’autres entre deux histoires d’amour. Tout commence avec l’accident de la route de l’un d’entre eux, Ludo (Jean Dujardin), juste avant leurs traditionnelles vacances en groupe au bord de la mer. Bien que très atteints par ce qui arrive à Ludo, ses amis décident de partir malgré tout pour quelques jours, invités comme d’habitude dans la maison de vacances de Max (François Cluzet), l’aîné de la troupe et celui qui est aussi matériellement l’un des plus aisés. Il y a dans ce groupe hétéroclite Vincent (Benoît Magimel), un kiné père de famille qui traverse un bouleversement sentimental qui le ronge et menace de remettre en question toute sa vie, Marie (Marion Cotillard) la fille indépendante et un peu garçon manqué dont tous les mecs sont plus ou moins amoureux, Éric (Gilles Lellouche) le comédien qui n’arrive pas à percer mais collectionne les aventures, Antoine (Laurent Lafitte) le lourdingue un peu paumé depuis que sa nana l’a quitté (Anne Marivin dans le rôle de Juliette), et les femmes de Max et Vincent (Valérie Bonneton et Pascale Arbillot) parfaitement intégrées à ce groupe de potes.
Durant leurs vacances, les états d’âmes des uns et des autres vont prendre le pas sur la bonne entente générale. Les secrets, les mensonges, les non-dits, les culpabilités, les regrets, les tensions vont resurgir et remettre en question leur amitié.

276 petits mouchoirs vincent
Voilà le résumé l’indique clairement : c’est un film de potes. Le thème principal sont les relations humaines de toutes sortes au sein d’un groupe qui existe depuis longtemps, depuis l’amitié jusqu’à l’amour, en passant par le sexe et la tendresse. Un film sur des potes, fait visiblement par des potes. En tout cas l’ambiance que reflète le film transpire tellement de l’écran qu’on ne peut pas s’imaginer que dans la vie, ces hommes et ses femmes ne soient pas réellement amis. Et c’est quasiment inévitable pour un film de potes, on tient là aussi un film générationnel. Je pense sincèrement que Les Petits Mouchoirs parlera et touchera immanquablement quiconque a aujourd’hui entre 30 et 45 ans. Ou alors vous n’avez pas d’amis et vous avez vécu dans une autre dimension les gars, c’est pas possible autrement. Les références, les discussions, l’ambiance générale mi-adulte mi-ado, les dialogues, l’humour, tout ancre profondément le film dans ce creuset générationnel. Pour ma part j’ai retrouvé des tonnes de clins d’œil et de références à ma propre vie, à ma propre expérience de l’amitié, de l’existence. Et comme je fonctionne énormément à l’identification en ce qui concerne le cinéma, j’ai été happé par le film. Intégré directement au sein du groupe. C’est exactement comme si j’en avais fait partie tant tout cela m’a paru normal, spontané, naturel et proche de ce que je connais ou ai pu connaître.

276 petits mouchoirs antoine eric marie
Autant dire que si le film m’a plu, c’est justement parce qu’il m’a parlé de choses et de situations familières. J’ai retrouvé un esprit que je connaissais, un humour que j’aime et que j’essaie de pratiquer, une tendresse particulière dans les relations amicales où l’on se charrie autant qu’on s’aime. Certainement aussi fais-je encore partie de cette génération qui a du mal à se départir de l’idée belle et un peu naïve que l’amitié est l’une des valeurs supérieures dans la vie. Et Guillaume Canet parle de tout cela dans son film avec un tel talent, un tel naturel et une telle sincérité que moi j’ai été conquis dès le départ. D’ailleurs c’est bien simple, malgré les 2h30 du métrage, j’étais tout étonné à la fin du film tant le temps m’avait semblé court, je pensais qu’il restait encore au moins une bonne demi-heure alors que c’était déjà terminé…

276 petits mouchoirs max eric ludo
Si le film a une force principale, au-delà du scénario, au-delà de l’humour et du ton mi-potache mi-dramatique, c’est son casting.
Canet s’appuie sur une brochette de comédiens exceptionnels, tous portés par leurs rôles. Et là encore le phénomène de groupe agit. La qualité du film va bien au-delà de la somme des talents individuels des acteurs. Comme si chacun tirait et poussait l’autre vers le haut. Ça se complète, ça s’émule, ça se bonnifie.
Si je ne devais parler que de l’un d’eux, je serais obligé de citer François Cluzet, complètement halluciné et hallucinant dans le rôle du type qui veut tout contrôler et qui ne maîtrise rien. Que ce soit à la chasse à la fouine, en bateau envasé, ou en gestionnaire de pelouse il est à mourir de rire. Et sa relation avec le personnage de Benoît Magimel (excellent lui aussi en parfait équilibriste entre drame personnel et ridicule fleur bleue) est un des sommets du film.

276 petits mouchoirs vincent max
Comme je le disais plus haut, tous les comédiens sont très bons, mais il me faut rendre hommage à Marion Cotillard. Pas plus tard que dans mon billet sur Inception, je disais que je n’apprécie que très peu cette actrice, tout particulièrement parce que dans tous ses films je vois « Marion Cotillard qui joue » plutôt que le personnage qu’elle interprète. Mais dans Les Petits Mouchoirs, elle m’a stupéfait. Dans le rôle de Marie elle d’une justesse et d’une sensibilité vraiment remarquables. Deux scènes bien précises la mettant en avant me reviennent en tête, et les deux m’ont beaucoup marqué au cours du film. La première c’est une virée en mer durant laquelle chacun à tour de rôle s’accroche à une bouée géante tirée par le bateau. Évidemment quand c’est le tour de la fille du groupe d’y aller, les mecs aux commandes mettent le paquet et la brinqueballent dans tous les sens. Marie se met alors dans une colère noire, hurlant, criant, insultant ses amis, prête à en venir aux mains, elle leur en veut clairement à mort. J’avais rarement vu quelqu’un jouer la colère avec autant de persuasion ! La seconde scène est beaucoup plus intimiste. Marie est dans sa chambre le soir, Éric la rejoint, prend place à côté d’elle sur le lit, lui ôte délicatement la cigarette de sa bouche, et lui pose une main sur le ventre. À ce moment elle fond en larmes, toute la scène se déroulant sans que le moindre mot ne soit prononcé. C’est simple, c’est très fort et ça m’a vraiment touché tant on ressent toute la douleur et la détresse de Marie à travers le jeu de Marion Cotillard. Donc voilà je lui dois bien ça après avoir mis son talent en doute par ailleurs, je le dis officiellement, Marion Cotillard sait jouer la comédie et elle est même sacrément douée la bougresse.

276 petits mouchoirs marie
Bref, je cite ces quelques passages du film, mais en vérité j’aurais pu en citer encore beaucoup d’autres. La fin en particulier m’aura rappelé un certain nombre de souvenirs enfouis depuis longtemps, non sans me tirer une petite larmichette au passage.

Et puis je me permets une autre petite digression sous la forme d’un conseil : si vous avez aimé Les Petits Mouchoirs, jetez un œil sur la BD Petites Éclipses à laquelle le film m’a furieusement fait penser. C’est de Jim et Fane, c’est un roman graphique à la fois drôle et sensible et qui parle lui aussi d’un groupe d’amis de longue date qui partent en vacances ensemble. Et pour les connaisseurs ne vous fiez pas aux noms des auteurs (Jim scénarise entre autres des BDs "d'humour" comme Tous les défauts des filles, des mecs, etc..., Fane a dessiné la Joe Bar Team), car cette BD n’a strictement rien à voir avec leurs registres habituels. Fin de la digression phylactérienne.

276_Petites_Eclipses.jpg
J’en reviens donc à ce que je voulais vous dire du film de Guillaume Canet : Les Petits Mouchoirs c’est excellent, allez le voir !!!

276 petits mouchoirs aff

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Lundi 27 septembre 2010 1 27 /09 /Sep /2010 11:31

Dans la liste interminable de mes défauts, il y a au chapitre cinéma, page 43, paragraphe 4, 1ère ligne : adore les films de Claude Lelouch.

Voilà.
La vache ça soulage de faire son coming out.

Ben non, je n’ai aucune circonstance atténuante, pas la moindre excuse, je ne peux même pas dire que je ne savais pas qu’il n’est plus de bon ton d’aimer Lelouch (il fut un temps où c’était tendance, et puis le temps passe et la mode trépasse).
Je suis très loin d’avoir vu tous ses films (il doit avoir dépassé la trentaine d’opus au compteur, dont un bon nombre plus vieux que moi…) et je suis bien déterminé à tout doucement réduire mon inculture lelouchienne, mais tout ce que j’ai vu de lui m’a plu. À des degrés divers il faut bien le dire, mais quand même, le bonhomme me cueille à chaque fois. J’ai beau avoir conscience de ses trucs, de ses tics, de ses tocs, je me fais toujours avoir par son talent de conteur. Bien évidemment il y a ses grands succès comme L’Aventure c’est l’Aventure ou Itinéraire d’un Enfant Gâté qui sont pour moi des incontournables. Mais il y en a de moins connus que j’aime tout particulièrement. Je citerai pour exemple Hasards ou Coïncidences, ou encore le plus récent Roman de Gare. Et puis pour que les derniers allergiques d’entre vous finissent de s’étrangler je vais vous donner le titre de mon petit préféré, celui que j’ai vu et revu, et qui à chaque fois me file la banane : Hommes-Femmes, Mode d’Emploi. Oui, oui, le film avec Bernard Tapie, exactement. Ça va, vous surmontez le choc ?

Évidemment quand le nouveau film de Lelouch sort et qu’en plus la salle de ciné à côté du bureau le programme entre midi et deux, je ne pouvais passer outre l’invitation tacite.
C’est ainsi que j’ai vu le jour de sa sortie (je guettais moi ?) Ces Amours-Là.
Et je m’en vais vous en toucher deux mots. Ou pas, si vous avez déjà fermé votre navigateur.

269 ces amours la dana couson
Alors comme d’habitude, les films de Lelouch, c’est pas une sinécure à résumer. Le mot « pitch » n’existe pas dans le vocabulaire du réalisateur (et ce n’est pas moi qui lui lancerai la pierre, Pierre). Je vais tenter quand même. Je préviens de suite, il y aura des omissions, des manques et des oublis pas toujours volontaires, n’y cherchez aucune exhaustivité.
Dans Ces Amours-Là on suit le destin de deux personnages principaux. Une femme et un homme. On survole la vie de leurs parents, pour mieux comprendre où ils en sont et comment ils en sont arrivés là quand on commence à les suivre, c’est-à-dire en pleine occupation allemande de Paris pendant la seconde guerre mondiale. La femme c’est Ilva (Audrey Dana), une jeune et belle ouvreuse de cinéma pour qui l’amour est une seconde nature. Elle tombe facilement amoureuse Ilva, elle tombe souvent amoureuse Ilva, mais c’est toujours avec une force et une sincérité profondes. Le film retrace ces amours-là, qui émailleront sa vie et feront de son existence une succession de belles histoires qui chacune efface les mauvais souvenirs de la précédente qui finit mal. L’homme c’est Simon (Laurent Couson), un juif parisien qui sera dénoncé par ses voisins parce qu’il joue trop fort du piano. Ce même piano qui le sauvera de la chambre à gaz dans les camps de la mort car il deviendra le pianiste du mess des officiers allemands. Ce piano qu’il abandonnera à la libération pour devenir avocat, son autre passion.

J’arrête là le résumé du film. Sachez simplement que si la majeure partie du film se déroule pendant la guerre il couvre en réalité une période bien plus large, allant de la fin des années 1800 jusqu’à aujourd’hui.

269 ces amours la dana ido lemaire
C’est difficile d’énumérer les qualités de ce film, un film de Lelouch se ressent avant toute chose. Le réalisateur a sa façon bien à lui de raconter les histoires, il y intègre des tas d’anecdotes, on a parfois l’impression qu’il part dans tous les sens et oublie ce qu’il avait développé au départ mais c’est pour mieux y revenir par un chemin détourné. Il traite depuis toujours et pour toujours des relations humaines, de l’amour et pourtant on se fait toujours avoir. On connaît ses marottes, on a l’habitude de ses circonvolutions, et malgré tout il parvient encore et toujours à nous surprendre, à nous mener là où on ne s’y attendait pas. Et c’est en partie ce que j’aime chez Lelouch : me laisser porter par un narrateur hors-pair, qui me mène par le bout du nez et joue avec mes sentiments de spectateur. D’autant qu’il n’a pas que ses ficelles de scénariste à son arc… Lelouch sait faire un casting. Il sait quel comédien mettre dans un rôle. Je ne sais pas du tout comment il s’y prend sur un tournage, s’il coache beaucoup ses acteurs, s’il les dirige exactement comme il le veut ou s’il les laisse faire, toujours est-il que chez Lelouch il n’y a jamais de fausse note du point de vue de l’interprétation. Jamais dans un de ses films je n’ai vu de comédien qui ne soit pas crédible dans un rôle. Ils y croient tous et de ce fait, on y croit aussi. Et son dernier film n’échappe pas à la règle.

  269 ces amours la dana labarthe
Les deux rôles principaux pour commencer. Audrey Dana, que j’avais découverte dans le précédent film de Lelouch, Roman de Gare (et qu’on voit aussi en épouse de Jean Dujardin dans Le Bruit des Glaçons), est bluffante. Cette actrice est d’un naturel déconcertant. Elle sourit, elle pleure, elle vit ce qu’elle joue. Elle regarde l’acteur en face d’elle et on est vraiment persuadé qu’il s’agit de l’amour de sa vie. Moi j’ai été éberlué par sa facilité à jouer tous les sentiments. Et pourtant elle n’a pas un rôle facile, parfois même elle n’a pas un rôle sympathique, les actes de son personnage peuvent prêter à discussion dès lors qu’on ne se place pas uniquement du point de vue d’une « amoureuse de l’amour », mais elle est d’un tel naturel, d’une telle douceur, que tout passe. Bref, elle est juste parfaite dans le rôle d’Ilva.

269 ces amours la dana
Le premier rôle masculin du film, est tenu par Laurent Couson. Qui ça ? eh bien si vous vous posez cette question c’est parce qu’il s’agit aussi de son premier rôle tout court. Laurent Couson est compositeur, c’est lui qui a co-écrit avec Francis Lai la musique du film. Et tout naturellement, Claude Lelouch a su que son personnage ne pouvait être interprété par personne d’autre que celui qui lui écrit ses morceaux de piano. Il a donc embrigadé Laurent Couson et en a fait son premier rôle masculin. Et quel pif il a eu encore une fois Lelouch. Laurent Couson dans le rôle de Simon est simplement incroyable. Ce type a une gueule, un charisme, une voix, un jeu déconcertants. Il est juste génial. C’est pour moi la révélation du film. D’ailleurs non, de l’année, y a pas de raison de bouder son plaisir. Il y a bien longtemps que je n’avais pas ressenti ça en voyant un type jouer la comédie. Et puis à ce talent inattendu d’acteur, il ajoute son talent de musicien. Toutes les parties musicales du film (oui désolé pour ceux qui n’aiment pas ça chez Lelouch, la musique a encore une fois une place prépondérante dans son film) sont jouées par lui en prise directe. Piano, trompette, chant, Laurent Couson est en live complet et ça rend du tonnerre. Je ne vous parle même pas du duo final entre Simon et Ilva, qui a l’air mi-écrit mi-improvisé et qui m’a laissé sur mon très honorable postérieur. Et je précise au passage : je hais pourtant les comédies musicales (parce que c’est pour les adolescentes boutonneuses, parce que c’est tout naze et que ça s’en rend même pas compte, parce que c’est pas sérieux et qu’on n’y croit pas une seconde, parce que ça puducu et que c’est toupourri, et parce que j’aime pas je vous dis !!).

269 ces amours la couson
Comme je le disais plus haut (je m’excuse m’sieurs-dames, je sais qu’encore une fois je tartine des pages et des pages sur Lelouch alors que vous n’avez qu’une envie c’est que je vous laisse vous rendormir peinards), les films de Lelouch c’est avant tout un superbe casting, et ici encore c’est le cas. Vous verrez dans les rôles secondaires un excellent Dominique Pinon (comme à son habitude du reste), une inattendue mais parfaitement à sa place Liane Foly (qui, incroyable mais vrai malgré toutes ses retouches plastiques fait très authentique !), un Zinedine Soualem à béret dans un rôle de résistant, un très crédible et très charmeur officier allemand sous les traits de Samuel Labarthe (la scène de la Marseillaise est un très grand moment), deux beaux militaires américains interprétés par Jean-Jacques Ido et Gilles Lemaire tous deux impeccables, et Lelouch va même jusqu’à intégrer son propre personnage, Coco, d’abord en enfant de sept puis en adolescent apprenti réalisateur qui commence à expérimenter son fameux mouvement circulaire de caméra autour des personnages et faisant jouer ces rôles par deux de ses enfants Shaya et Sachka. Je mettrais un tout petit bémol sur la prestation du chanteur Raphaël, moins intense que les autres dans l’interprétation, l’air un peu timide, la voix trop douce, la moustache fluette, bref un je-ne-sais-quoi qui lui donne l’allure d’un gamin fragile sous l’occupation, il est beaucoup plus convaincant dans les scènes contemporaines.

269 ces amours la soualem foly
Évidemment les détracteurs de Lelouch retrouveront avec déplaisir tout ce qui fait sa patte. L’ambiance film choral avec sa multitude de personnages, d’époques, de lieux, toutes ces petites histoires secondaires qui viennent se coller à l’intrigue principale, la musique omniprésente (ici elle est même l’un des pivots essentiels du film). Ils y retrouveront son rythme qui prend le temps de s’attarder sur un personnage, sur un silence, sur une pensée, sur une image. Ils y retrouveront aussi le sous-texte de tant de ses films, le leitmotiv de Lelouch qui veut que l’amour soit placé au-dessus de tout, y-compris de la loi ou de la morale bien-pensante, qu’il pardonne tout et justifie même le pire. Ils y retrouveront ce qu’on lui reproche depuis toujours, cet étalage de bons sentiments, ce positivisme forcené qui le pousse à voir les pires moments d’une vie comme des passages obligés mais qui mèneront toujours vers quelque chose d’encore meilleur. Moi-même j’ai beaucoup de mal avec cette philosophie de la vie qui veut toujours voir le bon côté des choses, qui énonce comme théorème fondateur que chaque malheur est une des briques sur lesquelles se construit un nouveau bonheur (le fameux un mal pour un bien qui me révolte tant), et j’ai du mal à supporter les excès d’optimisme béat (autant que les broyeurs de noir incessants du reste). Mais quand c’est Lelouch qui illustre cet optimisme-là (justement pas si béat que ça chez lui), avec son talent, sa simplicité, sa sincérité, bah que voulez-vous, même mon réalisme grincheux huilé à l’objectivité méticuleuse dépose les armes. Je ne suis pas toujours d’accord avec sa philosophie, mais quand il met en image sa vision de la vie, avec ses cycles où bonheurs et malheurs se succèdent mais finissent toujours par nous faire avouer que « finalement ça en valait la peine », je lui laisse de bon coeur le dernier mot…

269 ces amours la dana couson2
Avec Ces Amours-Là, Lelouch fête ses cinquante ans de cinéma. Il y déclare son amour de la vie et du cinéma. C’est en quelque sorte un film-somme de tous ses précédents films, et tout comme il intègre un peu de son histoire personnelle dans le métrage (Coco le petit garçon que sa mère cache tous les jours dans un cinéma de quartier pour échapper à la Gestapo c’est vraiment lui pendant l’occupation allemande), il se permet même de boucler son film par une séquence faite de dizaines d’images tirées de ses précédents films, montrant tous les comédiens qu’il a tant aimé et mis en scène, comme un ultime hommage, comme une ultime déclaration.

Lelouch boucle la boucle. Et moi j’aime vraiment ça. Ça doit être mon côté midinette qui s’exprime…

269 ces amours la aff

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 16:17

Nouveau film de Bertrand Blier, Le Bruit des Glaçons a fait parler de lui sur bien des points.
D’abord parce que c’est son retour derrière la caméra après cinq années d’absence des salles de cinéma. Blier, parfois légèrement surestimé à mon avis, c’est tout de même le type qui a réalisé Les Valseuses, Tenue de Soirée ou encore Trop Belle Pour Toi. Un réalisateur à l’habit anticonformiste marqué. Un type qui a côtoyé les plus grands du cinéma français, des grands anciens comme Georges Lautner, des icônes comme Patrick Dewaere ou Jean-Pierre Marielle, des stars comme Gérard Depardieu, et je ne parle même pas de l’héritage paternel du génialissime Bernard Blier. Bref, dans le paysage cinématographique français, Bertrand Blier est quelqu’un qui compte.
Ensuite parce que pour son nouveau long métrage, Blier réunit deux poids lourds de l’humour, aux styles pourtant très différents, Jean Dujardin abonné aux rôles de beaux gosses un peu cons et frimeurs (OSS 117, Un Gars Une Fille, Brice de Nice) et Albert Dupontel à l’humour grinçant du sale gosse qu’on laisse tout faire parce qu’il est brillant (Bernie, Enfermés Dehors, Le Créateur). La confrontation promettait d’être intéressante.
Enfin parce que le thème lui-même du film de Blier a fait controverse. Je vous en fais un rapide résumé.

267 bruit des glacons charles vin
 Charles (Jean Dujardin) est un écrivain à succès. Cet ancien prix Goncourt n’écrit plus une ligne depuis des années. Sa femme Carole (Audrey Dana) l’a quitté, elle est partie avec son fils. Il vit dans sa propriété de campagne, avec sa dévouée servante Louisa (Anne Alvaro) et la langoureuse Evguenia (Christa Theret), belle plante qu’il entretient pour noyer son chagrin. Mais sa plus fidèle compagne est sa bouteille de vin blanc dont il ne se départit jamais, la traînant avec lui du matin au soir dans un seau rempli de glaçons… Mais un jour, un homme à la dégaine bizarre vient sonner à la porte de Charles. Il se présente : il est son Cancer (Albert Dupontel), et désire faire connaissance avec lui. Ce visiteur étrange, engoncé quelque part entre fausse politesse et cruauté glaçante, est bien résolu à s’incruster dans sa vie.

Voici donc pour le postulat de départ, plutôt original et inédit, on en conviendra. Casse-gueule aussi, parce que faire un film d’un sujet aussi ardu n’est pas chose aisée. Blier parle de mort, et l’aborde par un biais difficile : le cancer. Cette fichue maladie qui fait peur, qui fait horreur, et dont on préfère ne pas parler de crainte de l’attirer… et bien Blier lui a choisi de la mettre en scène, de la rendre burlesque et de s’en moquer. Si l’humour est noir, c’est bien plus encore dans la mise en situation que dans les dialogues.
Forcément, en adoptant cette posture, Blier perdra l’adhésion d’un certain nombre de ses spectateurs, et je peux tout à fait le comprendre, tout le monde n’a pas envie de voir un tel spectacle. D’autres ne sont pas armés pour cela. Et je ne parle pas de ceux pour qui le cancer a été une réalité froide, et qui ne peuvent tout simplement pas accepter l’idée de le voir traité d’une façon burlesque.

267 bruit des glacons charles cancer vin
Sans compter également, sur la forme de son histoire. Des personnages caricaturaux et extrêmes, des situations improbables, une logique malmenée de bout en bout : Blier ne nous livre pas un film en fait, mais une fable, un conte moderne qui aura gardé la noirceur d’un conte de Perrault mais en aura perdu l’aspect merveilleux. Le film navigue en eaux troubles, le message est parfois opaque car on ne comprend pas toujours où le cinéaste veut nous mener. D’autant que non content de mettre en scène Albert Dupontel et Myriam Boyer en personnifications perverses de tumeurs malignes, Blier  colle par-dessus tout cela une histoire d’amour un peu glauque et pas vraiment glamour, en la personne de Louisa la servante secrètement éprise de l’écrivain ivrogne. De là à placer l’amour comme seul recours à la maladie il n’y a qu’un pas symbolique que Blier semble vouloir franchir. Irait-il jusqu’à dire qu’il n’y a qu’une femme pour sauver un homme ? C’est peut-être un poil exagéré de prêter cette intention à un réalisateur en d’autres temps attaqué pour machisme voire misogynie (avec les deux héros des Valseuses en témoins de l’accusation). Mais l’idée semble flotter dans l’air…

En fait je suis bien ennuyé au moment de donner mon avis sur Le Bruit des Glaçons. Par bien des aspects le film est inclassable, même en termes basiques de « bon » ou « mauvais ». C’est très théâtral, et son côté fable coupe le film d’un réalisme auquel on essaie pourtant de se raccrocher pour ne pas trop perdre nos repères de spectateurs. En même temps, si Blier avait mis la pédale douce là-dessus, il sciait de fait la branche sur laquelle reposait son script. On ne peut pas reprocher à un film de manquer de réalisme si on accepte au départ qu’un homme puisse discuter le bout de gras avec un mec qui incarne son cancer. Bref c’est déroutant, mais c’est le postulat de départ qui le veut. Les dialogues aussi abritent un étrange paradoxe. Les échanges entre Dupontel et Dujardin sont savoureux, ça s’invective, ça se dispute, ça essaie de jouer au plus malin, en somme c’est plutôt bien écrit. Bien écrit mais pourtant ça sonne parfois faux. Comme quand on lit un bouquin trop bien écrit à voix haute. Bien écrit mais « trop » écrit, c’est peut-être ce qu’on pourrait reprocher aux textes. Les mots sont beaux, les phrases bien trouvées, c’est juste que l’on se voit mal parler ainsi dans la réalité…

267 bruit des glacons au lit
J’ai un peu lu les critiques du film ça et là sur internet. Évidemment on y trouve de tout, mais la plupart du temps les critiques professionnelles sont assez positives en ce qui concerne le retour de Blier derrière la caméra. Et il y a aussi de très nombreux témoignages de spectateurs qui ont détesté le film, jugé trop dérangeant, trop décalé. J’avoue que ça me semble assez logique finalement, que les détracteurs s’expriment plus que les autres. Parce qu’il est facile d’expliquer tout ce qu’on n’a pas aimé dans ce film et pourquoi, bien moins d’arriver à saisir tout ce qui plaît malgré tout. Pour moi Le Bruit des Glaçons n’est pas un mauvais film, et pourtant je ne sais pas vraiment comment le défendre, je ne sais même pas si j’aurais vraiment envie de le revoir. Le film de Blier est perturbant, aucun doute là-dessus.

267 bruit des glacons louisa charles
S’il est un point qui ne souffre pas de discussion à mon sens, c’est la qualité de l’interprétation. Qu’on n’aime peut-être pas les personnages est possible, mais les comédiens les interprètent à la perfection. Dujardin à ce titre m’a plutôt étonné, car c’est lui qui a le rôle le plus difficile je pense.  Dupontel en cancer mauvais et teigneux, j’allais dire que ça coule presque de source (et ça n’est en rien méchant, bien au contraire j’adore ce type). Celui qui avait plus à perdre dans l’affaire c’était Dujardin. À force de jouer au con dans ses films, ça devient coton de jouer un rôle plus sérieux, surtout dans un film qui lui à un traitement burlesque. Pourtant Dujardin tire son épingle du jeu, il parvient à rester crédible dans le rôle malgré certaines scènes limites. Il n’aurait pas fallu grand-chose pour qu’il tombe dans le ridicule à l’une ou l’autre reprise, sa performance d’équilibriste mérite donc d’être soulignée. Quant à Anne Alvaro, là on est dans un autre registre. C’est simple je ne l’imagine même pas autrement dans la vie que comme elle apparaît à l’écran (ce qui si cela s’avérait vrai serait un sort bien peu enviable) tant elle est dans le rôle.

Alors quoi faire ? Vous conseiller d’aller voir le film ou non ? Franchement je n’en ai aucune idée encore maintenant que j’écris ces mots. J’ai d’ailleurs failli laissé tomber l’idée de chroniquer ce film tant je suis dans l’incapacité de me prononcer là-dessus.
Disons que si le thème ne vous rebute pas, si vous n’avez pas peur d’entrer dans une fable aux accents incommodes (rien à voir avec un Burton par exemple), si vous avez un faible pour Dupontel comme moi, si vous êtes curieux de nature, essayez ce film. Mais je décline toute responsabilité si vous deviez le détester !!

267 bruit des glacons aff

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires
Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /Août /2010 16:00

Rangez les livres de poésie et sortez votre kit de badass version eighties.
On oublie les mocassins à pompons et on chausse ses rangers à crampons.
Si vous avez un tatouage c’est mieux, sinon vous pourrez toujours vous faire tatouer une tête de mort sur l’épaule en sortant de la salle.
Oh et puis avant que j’oublie, inutile de demander à madame de vous accompagner, The Expendables c’est un truc d’hommes. Ça va causer napalm et munitions de 12.7, pas de tupperwares ou de dîner presque parfait.

264 expendables team
Merde alors, dire que je l’attendais ce film-là, c’est encore loin du compte. Depuis que Sly avait annoncé son intention de réunir un maximum de stars des films d’action, du siècle dernier comme d’aujourd’hui, pour la série B ultime, j’en avais des frissons. D’abord je n’y croyais pas trop, parce que tout cela relevait plus du fantasme d’adolescent attardé qu’autre chose. Puis Stallone a recommencé à avoir le vent en poupe avec les succès consécutifs de Rocky Balboa puis John Rambo (dans l’ordre les numéros 6 et 4 de leurs séries respectives), ce qui lui a donné des billes pour mener son projet un peu fou à bien.

264 expendables caesar
Et il l’a fait.

Sylvester Stallone, le roi de l’actioner des années 80-90, a réuni plus de muscles et de testostérones que vous ne pouviez l’imaginer. Ouais d’accord, il n’y a pas si longtemps on a vu 300 spartiates plus musclés les uns que les autres se coltiner en jupettes. Mais ici on ne parle pas de chippendales. Sly lui, il vous parle de vieux de la vieille, des mecs burinés, des gueules à faire peur, des barbouzes, des durs de durs.

264 expendables ross gunnar yin
Jugez plutôt.
Les Expendables c’est une équipe de mercenaires ultra-pro, avec quelques années au compteur mais qui assurent encore un max. À leur tête, Barney Ross (Sylvester Stallone). Dans les rangs il y a le géant suédois Gunnar Jensen (Dolph Lundgren), le petit mais fatal Yin Yang (Jet Li), le gros bras Toll Road (Randy Couture), l’amoureux des gros calibres Hale Caesar (Terry Crews) et enfin le bras droit de Ross et virtuose du couteau Lee Christmas (Jason Statham). Et puis il y a Tool (Mickey Rourke) qui ne va plus sur le terrain mais qui endosse pêle-mêle les rôles de conseiller-confesseur-pourvoyeur de matos et de gonzesses-tatoueur de l’équipe. Rien que leurs noms, c’est déjà tout un poème.

264 expendables tool
L’équipe de Ross est contactée par un mystérieux monsieur Chapelle (Bruce Willis) pour une mission sur une petite île-nation d’Amérique centrale. D’abord mis en concurrence avec Trench (Arnold Schwarzenegger) c’est Ross qui accepte finalement le boulot. L’île en question est sous le joug du Général Garza (David Zayas), mais Ross et Christmas ne vont pas tarder à comprendre que derrière le dictateur fantoche se cache celui qui tire les ficelles, James Monroe (Eric Roberts), un ancien de la CIA qui est devenu trafiquant de drogue. Monroe est flanqué en permanence de ses deux gardes du corps personnels (Gary Daniels et « Stone Cold » Steve Austin). Sur place, Ross et Christmas vont bénéficier de l’aide de la propre fille du général Garza, Sandra (Giselle Itié) qui mène la fronde contre son père et Monroe.
Bien décidés à venir en aide à Sandra, à libérer l’île de la dictature militaire et à régler son compte au ripoux Monroe, Ross et ses Expendables vont devoir faire du ménage sur l’île…

264 expendables garza
Vous l’aurez constaté par vous-même, j’aurais très bien pu faire très court et très simple en disant : il y a du beau monde et ça va castagner. Parce que ça résume aussi parfaitement bien le film. Un scénario qui n’est rien d’autre qu’un mélange de clichés du genre qui s’enchaînent avec pour seul objectif d’être caution à de l’action à gogo, et un casting plein à craquer de gueules d’amour venus apporter leurs noms et leur petits bras musclés parce que c’est tout ce qu’on leur demande.

264 expendables monroe plain
Parce que soyons honnêtes, l’histoire est minimaliste et on sent bien que la plupart des rôles sont là parce que Sly voulait absolument placer l’un ou l’autre de ses potes dans le film. L’exemple du personnage de Mickey Rourke est emblématique : il a un look incroyable et une présence qui en dégage, mais son personnage aurait aussi bien pu être coupé du montage final que ça n’aurait rien changé à l’histoire. Mais qu’est-ce qu’il aurait été dommage de se passer de sa gueule cassée dans ce film qui finalement ne se veut rien d’autre qu’une immense palette de personnages hauts en couleurs qui font leur numéro. Oui Rourke vient cachetonner comme quasiment tous ses collègues sur ce film, mais c’est très exactement pour ça qu’on va voir The Expendables !

264 expendables ross tool
En tout cas en ce qui me concerne, dès le départ j’y allais pour ça. Pour voir ensemble tous ces mecs qui ont à un moment ou un autre été des symboles de virilité à l’ancienne, qui pour la plupart ont été des stars de zèderies sans nom, et qui auront titillé mes bas instincts d’adolescent mâle en manque d’images fortes à l’époque où mes héros se nommaient John McLane ou Ivan Drago. D’ailleurs imaginez-vous que Stallone avait encore d’autres noms sur sa liste de stars à intégrer dans son film : Jean-Claude Van Damme, Kurt Russell, Steven Seagle ou encore Wesley Snipes ont aussi été approchés mais n’ont pour l’une ou l’autre raisons pas pu collaborer à l’entreprise… Que le film soit simpliste, bourrin, à l’image des meilleurs films d’action à l’heure de leur apogée à la fin des années 80 (souvenez-vous des épiques Commando avec Schwarzy, Scorpion Rouge avec Lundgren en spetsnatz rebelle, du survolté et suicidaire Martin Riggs dans le premier Arme Fatale ou encore Hans Gruber qui se fait défoncer la gueule par un flic pieds-nus dans Piège de Cristal…) c’est non seulement assumé et revendiqué comme tel par le scénariste-réalisateur-acteur Stallone, mais c’est aussi très exactement ce que j’en attendais moi en tant que spectateur à chromosome Y qui me tapais tous les films de Van Damme au ciné quand j’avais 14 ans.

264 expendables chapelle
Stallone essaie tout de même de dépasser par moments le statut de pur film d’action en saupoudrant ça et là dans son long métrage quelques répliques dignes des meilleures punch-lines du genre, la scène du trio Stallone-Willis-Schwarzenegger n’est d’ailleurs qu’un immense prétexte à voir 3 méga-stars s’envoyer des vannes et des clins d’œil à leurs carrières respectives. Stallone flirte avec l’auto-parodie et s’en sort plutôt bien, puisqu’il évite le ridicule tout en en faisant faire des caisses à ses acteurs.

264 expendables ross trench
Pour ce qui est de l’approche un peu plus psychologique (si, si) des personnages, Sly s’y essaie également, mais on le sent moins à l’aise qu’il a pu l’être dans son dernier Rocky par exemple. En gros dans The Expendables on a droit à Ross qui se remet en question et pour qui sauver la fille du général c’est aussi sauver son âme de mercenaire (oui je sais c’est gros, non je sais c’est pas hyper-crédible, oui je suis d’accord ça m’a fait sourire aussi), et à Christmas qui a des soucis de couple avec sa nénette (Charisma Carpenter qui tient le rôle de la bombasse parce qu’il en faut bien une dans un film de mecs) et qui les règle en démontant la tête du péteux qui essaie de lui souffler sa brune. Voilà pour la caution psychologique du film, et on est bien d’accord Stallone aurait pu s’en passer. N’empêche que c’est peut-être très con mais ça reste bien jouissif de voir Jason Statham se fritter avec quelques basketteurs pour l’honneur de sa belle.

264 expendables christmas
Bon allez, je plaide coupable : je sais que The Expendables n’est pas ce qu’on pourrait appeler un « bon film », mais franchement, je m’en fiche comme de l’an quarante. Revoir sur grand écran Dolph Lundgren (habitué depuis belle lurette aux séries Z sorties en direct-to-video) savater un blaireau qui lui manque de respect tout en conduisant un 4x4 en pleine course-poursuite, c’est pour moi un petit morceau de bonheur brut. Brut, adjectif à comprendre dans tous ses sens. Et je ne vous parle même pas de sa façon bien à lui de se tataner avec le poids léger de l’équipe Jet Li (dont les talents d’artiste martial ont été un peu sous-exploités à mon goût) : le géant suédois tient le chinois à bout de bras, tentant de l’assommer en le fracassant au plafond !

264 expendables gunnar
Si Lundgren est mon « petit » préféré (on ne peut pas dire qu’il ait une tronche de porte-bonheur mais il reste mon péché-mignon), les autres ne sont pas en reste. Terry Crews et sa sulfateuse de dingue (ah… souvenirs émus de Blain et sa pétoire qui rase une parcelle de forêt amazonienne dans Prédator !!!) ; Stallone et Steve Austin qui se mettent sur la gueule dans un combat homérique ; Éric Roberts en salaud impérial qui a toujours laissé le statut de star hollywoodienne à sa frangine Julia pour se garder tous les rôles de méchants bien pourris (et il a le physique de l’emploi le gaillard) dans des films plus nazes les uns que les autres ; Gary Daniels qui en souvenir de tous ces films d’arts martiaux à petit budget dont il était la star, donne bien du fil à retordre aux Expendables qui doivent s’y prendre à plusieurs pour en venir à bout. Un petit regrets pour David Zayas (que j’avais vu pour la première fois dans la monumentale série carcérale Oz en leader charismatique du clan hispanique, et qui depuis ces dernières années incarne un flic bourrin mais intègre dans la série Dexter), qui est sous-exploité dans son rôle et se contente de faire les gros yeux à sa fille et sa tête de méchant constipé face à Éric Roberts qui pour sa part exulte en salopard ultime.

264 expendables monroe sandra
Ajoutez à cette palette de durs à cuire une palanquée d’explosions en tous genres, des cascades à l’ancienne (entendez par là très peu d’effets spéciaux numériques), quelques bons mots par-ci par-là, une ou deux décapitations, des armes à feu qui laissent des trous béants dans les cibles, et vous obtiendrez The Expendables, un film des années 80 tourné en 2010, juste pour le plaisir coupable de quelques types comme moi qui assument de prendre leur pied devant un truc aussi con, violent, et … incontournable.



Euh… ça s’est senti que ça m’a plu ?

264 expendables aff

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Movie Maniac
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires

Recherche

Commentaires

On the Flux

  • Flux RSS des articles
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés