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Avant de lire les notes que je fais sur les films que je vois et les bd que je lis, sachez que dans mes commentaires il m'arrive parfois de dévoiler les histoires et les intrigues. Ceci dit pour les comics, je n'en parle que quelques mois après leur publication, ce qui laisse le temps de les lire avant de lire mes chroniques.
Bon surf !

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Pop Culture : Comics Story

Mercredi 28 février 2007 3 28 /02 /Fév /2007 14:57

Voilà bien longtemps que je n’avais pas consacré une note à la BD ! En même temps je sais que ce thème n’intéresse pas la majorité de celles et ceux qui lisent mon blog, encore plus particulièrement quand je parle de comics de super-héros. Ne niez pas, j’ai eu des confessions à ce sujet…

Alors aujourd’hui je coupe la poire en deux : je vais vous parler de WE3 (prononcez « We free »), un comic mais pas de super-héros. Non, ce comic-ci a pour personnages principaux des animaux de compagnie ! Bon d’accord, pas n’importe lesquels non plus…

Le trio en tenue de combat : sont-y pas mignons ?
Aux États-Unis, un département spécifique de l’armée travaille dans le plus grand secret à l’élaboration de nouvelles armes biologiques. Mais pas de virus ébola mutant ou de variole survitaminée… les nouvelles armes biologiques (ou plutôt bioniques en fait) sont un chien (nommé 1), une chatte (nommée 2) et un lapin nain (nommé 3) ! Ces animaux domestiques ont subi différentes opérations qui en ont fait de véritables armes cybernétiques, bardées d’armures et de gadgets technologiques mortellement dangereux. Dotés d’une interface reliée à leurs cerveaux, ils peuvent également s’exprimer vocalement, un ordinateur formulant à leur place leurs pensées sous forme de concepts et de mots simples.

Après l'effort le réconfort : manger !
Mais quand l’armée décide de passer au niveau supérieur de développement et de se débarrasser des trois bébêtes, celles-ci ne l’entendent pas ainsi de leurs oreilles poilues et s’enfuient toutes griffes dehors. S’engage alors une chasse effrénée pour récupérer et éliminer les animaux fuyards, le tout le plus discrètement possible… Et ces mini armes de destruction massive ne seront pas si simples que prévu à maîtriser…

1 le chien est tenaillé entre son instinct de survie et l'obéissance à laquelle il a été habitué...
Le moins qu’on puisse dire c’est que le scénariste Grant Morrison démontre une fois de plus l’une de ses plus grandes qualités : il sait étonner et prendre au dépourvu ses lecteurs. L’homme qui a su relancer avec brio des X-Men qui naviguaient en pilote automatique avant son arrivée sur le titre en 2001 propose ici une histoire innovante, au ton original et au thème pas si enfantin qu’on pourrait le croire. Car si on peut y voir basiquement un discours anti-militaire et pour la protection des animaux, on est pourtant très loin d’une diatribe hystérique à la Brigitte Bardot. Ce qui transpire surtout de WE3 (comme d’ailleurs de l’ensemble de son œuvre, de façon plus ou moins évidente depuis Les Invisibles jusqu’à New X-Men en passant par Seven Soldiers of Victory)  c’est l’idée de transgression à l’ordre établi, la lutte pour la liberté, l’indépendance de l’esprit. Et même à travers trois boules de poils en guise de héros, Morrison parvient encore à faire passer des messages et des réflexions universels.

À ses côtés, il a fait appel à un très grand dessinateur écossais, Frank Quitely (The Authority, JLA : Earth 2, All Star Superman, …). Quitely a un style quelque peu controversé, les traits de ses personnages étant souvent mal considérés (trop boursouflés, pas assez lisses, pas assez beaux). Mais moi j’avoue que j’adore ce style percutant à mi-chemin entre un Richard Corben light et un George Perez sous acide ! Et si je ne devais retenir qu’une chose de ses planches, ce serait le dynamisme qu’il y insuffle.

Cliquer pour agrandir la planche.
C’est d’ailleurs à ce niveau que le bât blesse en ce qui concerne l’édition française de WE3, sortie chez Panini en début d’année. Pour adapter le matériau d’origine aux standards de taille des albums français, les planches ont été agrandies, en partie rognées par endroit, et à l’arrivée elles perdent un peu de la force qu’elles avaient dans leur format d’origine (le format comics US). Et au passage, le prix aussi augmente avec la taille… certains comics grand format commencent à coûter vraiment cher !
Dommage également que le « WE3 » du titre n’ait pas été francisé en « NOUS3 » par exemple, on y perd un peu en double-sens ainsi qu’en cohésion avec le reste des mots utilisés par les animaux, souvent phonétiques.

Les sens en éveil : des rats approchent...
Mais cela étant dit, je considère que ces défauts restent minimes et que la BD mérite largement d’être lue en VF si la VO vous échappe (pas toujours évident à trouver par chez nous) ou vous rebute (pas toujours évident d’être un parfait anglophone non plus !!).

Donc si vous avez envie de lire une fable des temps modernes, où les animaux parlent certes un peu moins que chez Lafontaine mais castagnent un peu plus, WE3 fera votre bonheur !


Minou minou minou...
 

 

 

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /Oct /2006 10:44

Voilà un bon moment que je n’ai plus parlé de bande-dessinée ici ! Ce blog commence à fortement pencher du côté cinéma, je vais donc essayer de rétablir quelque peu l’équilibre…

Aujourd’hui place à l’une des œuvres phares de Frank Miller : 300.


Dans le monde des comics, Frank Miller est un auteur reconnu et complet, il illustre aussi bien qu’il scénarise, ou peut-être est-ce l’inverse. L’homme a roulé sa bosse dans l’univers des super-héros, et ceci dans les deux grandes écuries que sont Marvel et DC. Le relaunch complet d’un Daredevil aux ventes alors moribondes a été son premier succès. Il est à l’origine de plusieurs nouveaux personnages dont le plus connu est sans doute Elektra. Puis il a revisité par deux fois Batman en personne, pour accoucher d’un sublime Batman : Dark Knight Returns où il était à la fois au stylo et aux pinceaux, et du non moins réussi Batman : Year One où il scénarisait les débuts du héros de Gotham mis en image par David Mazzucchelli.
Laissant pour un temps les super-héros de côté, Miller s’est alors investi dans des projets plus personnels, dont le sublime Sin City, polar urbain ultime, et 300, un récit mêlant faits historiques et légende au temps de la Grèce Antique.

Après le Noir & Blanc somptueux de Sin City, Miller revient à la couleur pour mettre en image l’histoire de la bataille des Thermopyles. 300 raconte comment en 480 avant J.-C., le roi des spartiates Léonidas à la tête de 300 valeureux guerriers, va seul tenir tête à l’invasion de l’armée perse forte de milliers d’hommes. Les spartiates qui ont la réputation d’être les guerriers les plus farouches du monde vont devoir défendre le passage des Thermopyles, par lequel le roi Xerxès 1er compte passer pour envahir et annexer la Grèce toute entière. La légende veut que l’héroïque résistance des hommes de Léonidas va non seulement conduire toutes les cités grecques à s’unir contre les perses, mais bien plus encore, devenir l’élément fondateur ni plus ni moins de la démocratie occidentale.

Le combat fait rage : vue du champ de bataille à travers les yeux d'un spartiate.
Bien sûr d’un point de vue purement historique, Miller se permet des libertés scénaristiques, mais dans l’ensemble il reste exact dans les grands faits. Il présente les spartiates comme de purs guerriers, nés et élevés pour se battre, à la science de la guerre extrêmement développée, à la discipline de fer et totalement hermétiques à la moindre idée de capitulation. L’honneur est leur motivation principale, mue en grande partie par l’orgueil d’un peuple spartiate qui se considère comme supérieur à toutes les autres citées grecques et s’érige dès lors comme le seul modèle à suivre.

Entre cruauté et grandeur d’âme, le roi Léonidas est l’exemple ultime de l’héroïsme et du sacrifice. Loin de l’humanisme qui caractérise la notion de héros de nos jours, il est avant tout un roi conquérant et implacable, qui pour vaincre utilise indistinctement la violence la plus brutale, la tactique militaire en fin stratège, la cruauté extrême et surtout la peur qu’il installe dans le cœur de ses ennemis afin de les affaiblir. Miller souligne habilement et sans forcer le trait qu’entre Xerxès et Léonidas qui se veulent tous les deux civilisés (dans le sens antique du terme), le plus barbare des deux n’est pas forcément toujours celui que l’on croit.

Le roi Léonidas : force et honneur avant toute chose.
Graphiquement, Frank Miller parvient avec brio à se distancier de son style si particulier qu’il a développé pour sa série Sin City. S’il en garde la force brute et un visuel percutant, il y ajoute en même temps que la couleur un souffle épique qui va à merveille à l’histoire qu’il développe. Impression renforcée par le choix d’un format à l’italienne du plus bel effet qui augmente encore l’aspect spectaculaire des batailles enragées qu’il met en images. Si ce n’est qu’on pourrait lui reprocher un rangement difficile dans une bibliothèque du fait de son format, cette BD est l’adéquation quasi-parfaite entre le fond et la forme.

Les spartiates ne reculent jamais, même à 300 contre des milliers...
Vraiment, avec 300, Frank Miller signe une de ses œuvres maîtresses, et je ne peux que vivement conseiller la lecture de ce comic. Et pour les plus hermétiques à la lecture ou pour ceux qui n’arriveraient pas à mettre la main sur cet album des éditions Rackham, je vous annonce que le tournage de l’adaptation au cinéma a débuté il y a peu et que les premiers extraits sont tout simplement fabuleux.


La couverture de l'édition française chez Rackham  

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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Jeudi 6 juillet 2006 4 06 /07 /Juil /2006 12:19

 Brian Michael Bendis avait mis un point final à la mythique série Avengers de chez Marvel, avec une saga sanglante et tragique qui s’était soldée sur une conclusion bien sombre. De nombreux morts parmi les héros, la trahison d’un vengeur de longue date, la Sorcière Rouge, et la dissolution de l’équipe des Vengeurs dont les membres ne croyaient plus en l’avenir.
Bref, une fin apocalyptique, à la hauteur de ce qu’avait été la carrière des « héros les plus puissants de la Terre », bien qu’on pouvait lui reprocher certains points contestables (la mort de Œil-de-Faucon en tout premier lieu).

Mais si BMB a enterré les Vengeurs, c’est pour mieux les faire renaître de leurs cendres, le tout à la sauce Bendis cela va sans dire, en remaniant complètement l’effectif.
Ainsi donc naît sous le stylo de BM Bendis et les crayons de David Finch, la série New Avengers, dont le premier arc en six parties (ce format d’histoire est devenu depuis quelques années le standard dans les comics estampillés Marvel) raconte tout naturellement la genèse de cette nouvelle équipe. Cette première aventure, titrée Breakout ! démarre au pénitencier de Ryker’s Island, réservé aux détenus dotés de super-pouvoirs. L’attaque du super-vilain Electro (ennemi récurrent de Spider-Man) dégénère en évasion générale d’une multitude de super-gugusses bien décidés à user et abuser de leurs pouvoirs pour prendre la clé des champs. Déjà sur place, l’avocat Matthew Murdock (Daredevil), l’agent du S.H.I.E.L.D. Jessica Drew (ex-Spider-Woman) et Luke Cage (alias Power-Man) s’associent à Spider-Man alerté par le grabuge et Captain America et Iron-Man envoyés sur les lieux en renfort par le S.H.I.E.L.D. pour contenir les fuyards. Dépassés par la situation, ils sont aidés par un personnage mystérieux, lui-même incarcéré en quartier de haute-sécurité, Robert Reynolds dit Sentry.

Matt Murdock, Jessica Drew, Foggy Nelson et Luke Cage viennent voir un prisonnier très spécial... (cliquer pour agrandir)

Après l’épique bataille, le bilan est mitigé : la moitié seulement des évadés sont repris, les autres ayant disparus dans la nature. Convaincus que l’association inédite de leurs talents pourrait donner de bons résultats, Captain America et Iron-Man décident de former une nouvelle équipe avec tous ceux qui les ont aidé à contrer cette évasion à grande échelle. Seul Daredevil, trop attaché à son indépendance, ne se laisse pas convaincre par l’homme à la bannière étoilée, et bien que le cas de Sentry soit encore sujet à caution, les New Avengers sont créés en cette occasion.
En remontant la piste de Electro, les Vengeurs tombent sur le mutant Karl Lykos, alias Sauron, et partent à sa recherche en pleine Terre Sauvage (une jungle préhistorique coupée du reste du monde en plein continent Arctique), mission au cours de laquelle se joint à eux le mutant Wolverine. Mais la piste remonte encore bien plus loin, impliquant dans un trafic d’armes, d’esclavage d’indigènes de la Terre Sauvage et dans une organisation criminelle de grande envergure de mystérieux individus très hauts-placés, peut-être au sein même du S.H.I.E.L.D. (la force de paix et service de renseignements de l’ONU).

Les héros présents tentent comme ils peuvent de contenir l'évasion générale (cliquez pour agrandir)
Le premier story-arc se termine sur la révélation de l’existence d’un complot d’ordre mondial sur lequel les New Avengers comptent bien enquêter et démasquer les responsables.
La nouvelle équipe des Vengeurs comprend donc après ces six premiers épisodes les incontournables Captain America et Iron-Man, le remuant Spider-Man et Wolverine dans un genre plus « sauvage ». L’idée de Bendis était d’adopter en partie le concept du concurrent de Marvel, DC avec sa JLA : réunir les héros les plus charismatiques et vendeurs de la maison d’édition au sein d’une même équipe. D’où la présence de Spider-Man pourtant héros solitaire par excellence, et surtout du X-Man vedette, Wolverine en personne, dont l’intégration aux New Avengers a un peu fait polémique chez les fans. En effet, le mutant griffu a non seulement une image très éloignée de celle, très classique, des Vengeurs, mais en plus il devenait ainsi omniprésent dans une bonne demi-douzaine des séries régulières les plus vendues de la firme (sans compter ses innombrables apparitions dans des mini-séries).

Mais Bendis ne se contente pas de prendre les plus connus et d’en faire une équipe comme on exécuterait basiquement une recette qui a fait ses preuves, il y ajoute quelques personnages secondaires ou tombés en désuétudes mais qu’il chérit depuis toujours. Ainsi, il ressort Spider-Woman (la première version, car il y en a eu trois différentes) de la naphtaline où elle avait été oubliée depuis de nombreuses années et c’est un succès : le personnage féminin des New Avengers connaît d’emblée un regain d’intérêt de la part des lecteurs. Autre chouchou du scénaristes, Luke Cage, héros charismatique tout droit sorti de la période Black-xploitation des années 70, mais éternel second couteau, est mis sur le devant de la scène. Et la grande curiosité reste Sentry, un personnage atypique (sorte de Superman sauce Marvel), qui n’a connu qu’une mini-série au succès confidentiel il y a quelques années, mais que Bendis va développer et transformer en une des pièces maîtresse de son équipe…

Un personnage plus que mystérieux : Sentry (cliquer pour agrandir)
Bref, cette nouvelle mouture des Avengers séduit bel et bien par son cocktail de classicisme et d’originalité. Le ton est dur, sombre et sérieux, les dialogues restent le point fort de BMB, et le dessin confié au surdoué (quoique par le passé parfois un peu m’enfoutiste) David Finch confirme l’impression de qualité qui se dégage de cette série qui démarre en trombe.

Visiblement Bendis et Finch prennent leur boulot très à cœur et on sent qu’ils désirent marquer de leur empreinte l’histoire des Vengeurs avec ce relaunch en profondeur.

Pour l’instant le pari, bien que très osé, est incontestablement réussi, espérons que la suite confirmera la montée en puissance du duo créatif aux commandes de New Avengers. À lire pour se réconcilier définitivement avec les Vengeurs !


Couverture de New Avengers #6  
(En VO ça se lit dans les épisodes #1-6 de New Avengers chez Marvel, et en VF dans les #5-10 du magazine mensuel Marvel Icons chez Panini/Marvel France)

 

 

 

 

 

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Vendredi 21 avril 2006 5 21 /04 /Avr /2006 00:06

Les X-Men sont parmi les personnages de comics les plus vendeurs de nos jours, et ceci depuis bientôt une bonne vingtaine d’années … mais il n’en a pas toujours été de même. Petit historique …

En 1963, Stan Lee et Jack Kirby créent les X-Men, dans leur série originelle, rebaptisée dans la foulée Uncanny X-Men. L’équipe est alors composée du Professeur Xavier, de Cyclope (Cyclops), Marvel Girl (Jean Grey), Angel, le Fauve (Beast) et Iceberg (Iceman). En comparaison avec les autres titres de la Marvel alors toute jeune maison d’édition et prolifique en comics de super-héros « modernes » comme Fantastic Four, Avengers, The Hulk et évidemment Amazing Spider-Man, les ventes de Uncanny X-Men sont très modestes, au point de voir la série s’arrêter à son 66ème numéro en 1970.

Le premier numéro des X-Men, daté de septembre 1963
Marvel n’enterre pas pour autant ses mutants, puisque durant les cinq années qui suivent, elle réédite les anciens épisodes en continuant la numérotation (du #67 au #93 inclus). La série est mieux accueillie par les nouveaux lecteurs et en 1975 paraît Giant Size X-Men #1, introduisant les nouveaux X-Men : Tornade (Storm), Colossus, Wolverine (longtemps appelé Serval en VF) et Diablo (Nightcrawler) pour les plus connus.

Le succès de ce numéro sera tel, que la série régulière reprend avec des épisodes nouveaux au #94 et la toute nouvelle équipe internationale (une égyptienne, un russe, un canadien, un allemand, un japonais, un irlandais, un amérindien en plus de Cyclope et Jean Grey qui sont américains). Le dessin inspiré de Dave Cockrum y sera pour beaucoup, mais l’âge d’or des X-Men (aux yeux de tous les fans) arrive avec le tandem Chris Claremont au scénario et John Byrne au dessin quelques numéros plus tard.

Le mythique Giant Size X-Men #1, de mai 1975
Premier numéro de l'excellente série régulière spin-off, Excalibur  Uncanny X-Men
crève le plafond en terme de ventes et bientôt vont déferler les séries spin-off : New-mutants (des X-Men teenagers, 100 numéros au total), X-Factor (qui reprend la formation originelle des X-Men, 149 numéros), X-Force (version plus trash des New-Mutants, 129 numéros), Cable (107 numéros), Wolverine, Excalibur (version british des X-Men, qui a donné lieu à une fabuleuse et déjantée prestation du duo Chris Claremont / Alan Davis, 125 numéros au total), etc …

En 1991, Chris Claremont et Jim Lee créent une seconde série mensuelle consacrée aux mutants, intitulée simplement X-Men, renommée lors de l’arrivée de Grant Morrison au scénario New X-Men, et qui a depuis peu repris son titre initial.

Avec le nouveau millénaire sont apparues 2 séries régulières supplémentaires : Ultimate X-Men (une version revisitée et d’jeuns des X-Men, purgée des 40 années de continuité, et complètement déconnectée de l’univers Marvel classique) et X-Trem X-Men lancée par l’éternel Chris Claremont et son nouveau comparse Salvador Larroca aux crayons. Cette dernière série, qui avait commencé sous de bons auspices n’aura pourtant pas connu une longévité exceptionnelle : 46 numéros au total avant de disparaître au profit de la création de trois nouvelles séries basées sur les mutants. Tout d’abord New Excalibur, de Chris Claremont et Aaron Lopresti au destin funeste puisqu’elle n’aura duré que le temps de 14 petits épisodes avant son arrêt. Mais aussi New X-Men : Academy X qui reprend le concept des Nouveaux Mutants, c’est-à-dire raconter la vie des élèves de l’école pour jeunes surdoués du professeur Xavier, des « apprentis X-Men » en quelque sorte.

Mais surtout la plus importante réussite de ces dernières années dans l’univers mutant, la série Astonishing X-Men démarrée en 2004, avec rien moins que Joss Whedon (créateur des séries TV Buffy et Angel entre autres) au scénario et John Cassaday au dessin. Véritable succès, Astonishing se vend bien mieux que ses aînées Uncanny et X-Men, et ce n’est que justice : il faut bien avouer que la qualité est bel et bien au rendez-vous à chaque épisode, alors que sur les autres séries elle peut être parfois très variable d’un mois sur l’autre.

Les 2 versions de la couverture de Astonishing X-Men #1
Je vous passe le nombre impressionnant de one-shots, mini-séries de tous poils consacrées aux aventures de X-Men en solo, et autres annuals (des numéros qui sortent une fois l’an, avec une pagination augmentée et racontant à chaque fois une histoire complète) qu’il serait quasi-impossible de répertorier (en tout cas par moi !), sans même parler des apparitions des mutants dans d’autres séries ou crossovers de l’univers Marvel …

Aujourd’hui donc, pour les principales séries régulières nous en sommes à :
(chiffres valables au 05-2006)

473 épisodes de Uncanny X-Men (dont 27 épisodes réédités)
186 épisodes de X-Men (dont 41 épisodes sous le titre New X-Men)
14 épisodes de Astonishing X-Men
70 épisodes de Ultimate X-Men
235 épisodes de Wolverine (répartis en 3 volumes, 1 volume étant à chaque fois une série particulière)
26 épisodes de New X-Men : Academy X

Ces séries sont toutes encore en cours de parution aux USA (et en France également d’ailleurs).

Les X-Men des années 2000, mis en image par Salvador Larroca
(Pour de plus amples détails et des références en pagaille, je vous recommande chaudement l’excellent site francophone www.ComicsVF.com, une véritable mine de renseignements.)

 

 

 

 

 

 

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Lundi 27 mars 2006 1 27 /03 /Mars /2006 18:04

Vous avez déjà tous entendu parler des X-Men ? En BD, au cinéma, en jeu vidéo ou encore en dessin-animé, on a eu du mal à leur échapper ces dernières années. Les X-Men, créés dès 1963 dans Uncanny X-Men #1 par Stan Lee et Jack Kirby, après des débuts plus que timides, ont connu le succès à partir de 1975 et de la prise en main du scénario par Chris Claremont. Dans les années 80, leur popularité a littéralement explosé. Depuis ils sont devenus le fer de lance de l’éditeur Marvel, une véritable institution.

Face à ce succès sans égal, Marvel a été très réactive, et s’est empressée d’exploiter le filon. Tout un univers s’est alors développé autour des mutants, tout ce qui était de prêt ou de loin estampillé « X » se vendait comme des petits pains. Les séries spin-off ont donc fleuri : d’abord les Nouveaux Mutants, puis pêle-mêle X-Factor, Wolverine, X-Force, Cable, etc … sans parler des mini-séries évènementielles à n’en plus finir. En 1991, Chris Claremont et Jim Lee lancent une seconde série mensuelle consacrée aux X-Men, sobrement intitulée X-Men, et qui venait donc s’ajouter à Uncanny X-Men. Avec le succès, les personnages mutants s’étaient à ce point multipliés qu’il n’y avait aucun inconvénient à avoir deux équipes d’X-Men distinctes, une pour chaque série.

Couverture du #2
Tout récemment, c’est une troisième série régulière consacrée aux mutants qui a vu le jour. Pour éviter le phénomène de « ras-le-bol » des lecteurs devant toutes ces séries X, Marvel a joué la carte des « vedettes ». La nouvelle série, baptisée Astonishing X-Men, a été donc confiée aux mains d’une équipe choc : Joss Whedon au scénario (le créateur de  Buffy et les Vampires en personne) et John Cassaday au dessin (auteur de superbes épisodes de Planetary entre autres, également dessinateur de Je suis Légion en ce moment chez les Humanoïdes Associés).
Et la fine équipe a fait très fort : Astonishing X-Men #1 s’est vendu à plus de 210 000 exemplaires, et s’est stabilisé aux alentours des 135 000 ventes par numéro, là où ses aînées se vendent en moyenne à 90 000 unités pour Uncanny X-Men et 80 000 pour X-Men. Astonishing X-Men fait partie en ce moment des toutes meilleures ventes de comics aux USA.

Logan apprécie moyennement que Cyclope se console de la mort de Jean Grey dans les bras de Emma Frost... (cliquer pour agrandir)
Les personnages repris par Whedon et Cassaday pour former cette nouvelle équipe sont des « classiques » de l’univers mutant : Cyclope, Emma Frost, le Fauve, Kitty Pryde et l’incontournable Wolverine. Leur première aventure se compose d’un story-arc de 6 épisodes, nommé Gifted, qui plante à la fois le décor, précise d’entrée les relations entre les membres de l’équipe, introduit un nouvel ennemi (l’extraterrestre Ord), lance plusieurs subplots intéressants et surtout ramène d’entre les morts un autre illustre X-Man. Rien que ça !

L'extraterrestre Ord, version encrée uniquement (cliquer pour agrandir)
Quelques points importants à retenir de Gifted : d’abord les costumes en spandex sont de retour chez les X-Men. En effet, après le succès des films, le scénariste de l’époque, Grant Morrison, avait relégué les costumes bariolés au placard, histoire de mieux coller à la version cinématographique des personnages. Ces dernières années les X-Men arboraient donc un simple uniforme en cuir noir, très passe-partout et sobre. Le retour aux costumes de couleur marque ainsi une rupture avec ce qu’avait fait ces derniers temps Morrison. C’est aussi la volonté affirmée d’ancrer la série dans un contexte plus tourné « super-héros » que ne l’avait fait le scénariste britannique. Bref, Whedon marque sa différence et opère par la même occasion un « retour aux sources » graphiquement parlant.

Ensuite le ton de l’histoire évolue. Le côté très sombre, adulte et froid de Morrison fait place à un rythme plus dans la tendance « actioner », les thèmes graves restent présents mais Whedon insuffle une certaine dose d’humour à ses histoires. D’ailleurs l’expérience des séries télévisées de l’auteur se ressent tout particulièrement dans le découpage de l’action et dans les dialogues vraiment excellents.

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même,  elle voit les X-Men affronter un inconnu, Ord (qui semble leur en vouloir personnellement pour des raisons encore un peu obscures), pendant qu’une éminente généticienne, Kavita Rao, lâche une véritable bombe dans les médias : elle affirme que les mutants ne seraient pas une nouvelle étape dans l’évolution de l’homme, mais les victimes d’une maladie génétique. Maladie à laquelle elle aurait trouvé … un vaccin ! ce qui n’est pas sans susciter l’émoi au sein de la communauté mutante…
Au cours de leur enquête, les X-Men vont découvrir que Ord et le docteur Rao sont liés, mais surtout que l’un des leurs qu’ils croyaient mort (depuis Uncanny X-Men #390, en mars 2001) était en fait prisonnier et leur servait de cobaye pour l’élaboration du vaccin : Colossus, le géant à la peau métallique, bien vivant et en pleine forme. Celui-ci rejoint logiquement l’équipe dès sa libération.

Premier affrontement entre Ord et les X-Men (cliquer pour agrandir)
Scénaristiquement, Astonishing X-Men démarre vraiment bien, c’est indéniable. Moi qui avais certaines réserves sur Joss Whedon (non seulement il débute dans le monde des comics, mais surtout je suis tout sauf fan de ses séries télé Buffy et Angel…), je dois bien dire qu’il est vraiment à la hauteur du challenge. L’autre grande force de la série, c’est l’orfèvre John Cassaday. Il fait ici plus que confirmer son talent de dessinateur, il le magnifie. Dans son style pseudo-réaliste il introduit du punch, du rythme, de la force et du glamour, c’est je pense son meilleur travail à ce jour (du moins de ce que j’ai déjà pu lire de lui).

 Astonishing X-Men
est une « grosse machine », et elle tire vers le haut tout l’univers mutant de Marvel qui avait bien besoin d’un nouveau souffle depuis le départ de l’excellent Grant Morrison. Si vous ne deviez lire qu’une série X, choisissez Astonishing X-Men sans hésiter, c’est du tout bon.

  
(En VO ça se lit dans les épisodes #1-6 de Astonishing X-Men chez Marvel et en VF dans les #1-6 du magazine mensuel Astonishing X-Men chez Panini/Marvel France.)

 

 

 

 

 

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Mercredi 15 mars 2006 3 15 /03 /Mars /2006 19:29

Beaucoup de gens considèrent Watchmen comme l’ultime chef d’œuvre de Alan Moore. À mon humble avis, sans vouloir nier la force de son histoire de super-héros vieillissants, je crois qu’il n’a rien fait de mieux à ce jour que V for Vendetta. Ici point de super-héros. Le personnage principal, V, est bel et bien masqué, porte la cape et un costume identifiable, mais c’est dans le cadre du « rôle » qu’il joue, comme les comédiens de la Grèce antique ou du Nô oriental (le théâtre traditionnel japonais).

V n’a pas de nom, pas d’identité propre, car V échappe à toute classification, à tout ordre imposé. V n’est plus une personne, mais un concept, une idée.

Dans un monde post-apocalyptique (bien que l’histoire se déroule en 1997-98, à l’instar du New-York 97 de John Carpenter), l’Angleterre est aux mains d’une dictature qui s’appuie sur une organisation très rigide.
La Voix
, outil de propagande du régime en place, le Nez, l’équivalent de la police d’investigation, l’Oreille, qui épie les moindres paroles, faits et gestes des citoyens, et la Main , véritable force de frappe et de maintien de l’ordre, sont les différents « organes » du pouvoir. Le tout sous le commandement de la Tête , autrement dit de l’homme qui en concertation avec son super-ordinateur, prend toutes les décisions.

Dans ce contexte, V est comme un chien dans un jeu de quilles. V se rebelle, V se fait le défenseur et le porte-parole de la liberté bafouée.

Couverture de l'intégrale chez Delcourt
Alan Moore ne fait pas l’apologie de l’anarchie, comme on pourrait le croire au premier abord. Cette notion l’intéresse et il en profite pour nous livrer ses réflexions à ce sujet. Mais le fond du propos de Moore n’est pas là. Ce qu’il défend, ce dont V est l’étendard (et c’est peut-être également la raison pour laquelle il n’a pas de visage humain), c’est avant tout la liberté de penser.

Et pourtant V est également un terroriste au sens strict du terme. Il fait exploser des monuments, assassine ceux qui représentent le pouvoir et méritent de mourir selon lui. N’oublions pas le « Vendetta » du titre. Par moment, on se demande si c’est l’esprit de vengeance pure qui guide V, ou l’idéal dont il se fait l’icône …

Alan Moore, comme à son habitude, développe un monde complexe et n’a pas peur d’entrer dans les détails. Les personnages sont nombreux, mais tous très justes dans leurs traitements et leurs évolutions.

Certains butteront sur un dessin austère, un trait dur. Il est vrai que le style de David Lloyd n’est pas des plus engageants. Je soupçonne même Moore de choisir ses dessinateurs selon ce critère. Ça lui permet de s’assurer de faire passer le scénario avant le dessin, de capturer toute l’attention du lecteur et de la diriger sur l’histoire.

Le revers de la médaille, c’est que cela décourage nombre de lecteurs potentiels, plus attachés à la qualité graphique d’une BD. Et là encore, j’ai ma petite hypothèse. Moore l’a prouvé maintes fois dans ses travaux, il ne laisse rien au hasard. Et il me paraît évident également qu’il fournit à chaque fois un travail énorme, dense, très complet qui doit lui demander beaucoup d’investissement. Il n’est donc pas impossible qu’il exige en retour de ses lecteurs un effort de lecture et de concentration à la hauteur de ses œuvres … ce qui cadrerait aussi avec le côté mégalo du personnage …

Alan Moore est définitivement un phénomène hors-norme parmi les scénaristes de comics.

 

Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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Jeudi 9 mars 2006 4 09 /03 /Mars /2006 17:51

L’Affaire du voile, c’est le nouvel album des aventures de Jack Palmer, le privé en imperméable et personnage fétiche de René Pétillon. Rappelez-vous il y a quelques temps du précédent album qui avait déjà fait parler de lui : L’Enquête Corse. L’album avait même si bien marché (et disons le clairement : il l’a bien mérité car il était vraiment génial de drôlerie) qu’une adaptation au cinéma avait été tournée dans la foulée avec Christian Clavier et Jean Reno. D’ailleurs le film était lui-même assez plaisant, car il avait su conserver l’humour et l’esprit de la BD (ce qui avouons-le dans ce genre d’entreprise n’est jamais gagné d’avance).

Cette fois Pétillon entraîne son anti-héros dans une enquête au cœur de la communauté islamique, et surtout en plein dans un sujet d’actualité délicat : la religion musulmane en France. Rompu à l’exercice de style depuis ses nombreuses années de collaboration avec le journal du Canard Enchaîné, Pétillon sait croquer les thèmes d’actualité avec humour et justesse. Il avait déjà fait mouche quand il avait abordé avec brio le nationalisme insulaire et le terrorisme indépendantiste corse dans la précédente enquête de Jack Palmer, et cette fois encore il confirme son talent.

Il pointe du doigt les travers, les incohérences, dérives et exagérations de tout ce qui alimente la polémique aujourd’hui en France. Personne n’échappe au regard malicieux de l’auteur, et les personnages qu’il met en scène représentent plutôt bien l’ensemble des gens impliqués dans le vaste débat de la place de la religion dans un pays laïc tel que le notre.
Depuis les salafistes intégristes bornés, aux politiciens qui pensent régler les problèmes d’un coup de baguette magique, en passant par l’imam modéré et progressiste mais un peu dépassé par les évènements, les jeunes musulmanes qui revendiquent leur volonté de porter le voile, les petits bourgeois à côté de la plaque et complètement déconnectés de la réalité, et les jeunes paumés en plein conflit de générations et à la recherche d’une identité communautaire…


Ce qui est vraiment remarquable avec Pétillon, c’est qu’il appuie là où ça fait mal, se moque des contradictions et absurdités engendrées par les comportements des uns et des autres, mais tout cela sans jamais être méchant, provocateur ou accusateur. Bref, c’est fin et enlevé, même s’il faut bien le dire, cet album prête moins à rire aux éclats que le précédent (à cause d’un thème trop « chaud », d’un sujet trop tabou, de peur de choquer les convictions les plus affirmées ? Peut-être un peu de tout ça, peut-être aussi parce que les enjeux ont une certaine « gravité » parfois tétanisante, je ne sais pas vraiment en fait).

Il n’en reste pas moins quelques situations et répliques bien senties. Par exemple la femme de l’imam modéré qui interdit formellement à son fils aîné de « ramener à la maison » une fiancée voilée, ou quand un certain Saïd Asal (« Miel » en arabe), qui fait clairement référence à Tariq Ramadan soit dit en passant, parle de « moratoire sur la question sensible de la lapidation des femmes » …

Bref, Pétillon a réussi son coup avec cette nouvelle enquête de l’inénarrable Jack Palmer, mais malheureusement il semblerait d’après les premiers échos glanés dans les médias qu’il n’ait pas réussi à faire autant rire les musulmans qu’il n’était parvenu à faire rire les corses avec les tribulations de son détective en Corse…
Preuve supplémentaire qu’on peut de moins en moins rire avec (et encore moins remettre en question) des sujets comme la religion de nos jours ?

 

 

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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 01:15

Il est en ce moment une tendance dans le monde des comics, qui consiste à faire venir au sein des équipes créatives des artistes issus d’autres secteurs.
Est-ce pour s’attirer de nouveaux lecteurs que les maisons d’édition ont mis en place cette politique ? Ou peut-être pour gagner en crédibilité et en sérieux aux yeux de ceux qui voient les comics comme du sous-art ? (Aux USA les comics ne sont pas considérés comme la BD en France, on ne parle pas de forme d’art à leur sujet, mais juste de produits commerciaux)

Actuellement donc, on dénombre pas mal de transfuges de la télévision, du cinéma et de la littérature aux commandes de séries, et non des moindres, outre-atlantique. On peut citer John Michael Straczynski (créateur entre autres de Babylon 5 à la télévision) qui est scénariste de Amazing Spider-Man depuis quelques années. Joss Whedon (les séries télé Buffy et les Vampires et Angel, bientôt l’adaptation cinématographique de Wonder Woman) a également remporté un vif succès au scénario de la série Astonishing X-Men. Marvel a annoncé l’arrivée de Damon Lindelof, l’un des auteurs de la série vedette Lost sur une mini-série Hulk Vs Wolverine dans l’univers Ultimate. Même Thomas Jane (acteur) s’est piqué au jeu et va scénariser une mini-série consacrée au personnage qu’il a incarné à l’écran : le Punisher. Sans parler des romanciers et écrivains qui scénarisent des comics : Reginald Hudlin sur Black Panther par exemple, Robert Weinberg sur Cable, le fabuleux Neil Gaiman (1602, Sandman, Death, etc…), Michael Moorcock sur Tom Strong, Orson Scott Card, Brad Meltzer, Greg Rucka, Peter David, …

Bref, en quête de notoriété ou de crédit, l’industrie du comic sait diversifier ses auteurs et jouer sur le renom de ceux-ci dans d’autres arts pour donner une nouvelle image aux comics.
Mais dans ce débauchage massif d’écrivains, Marvel vient de frapper un grand coup. En effet, la Maison des Idées a dévoilé récemment son association avec le roi de la littérature fantastique Stephen King en personne !
Le maître incontesté des ventes de romans horrifico-fantastiques devrait scénariser l’adaptation en comics de sa saga La Tour Sombre , western post-apocalyptique qui raconte les aventures de Roland de Gilead, descendant d’une légendaire lignée de Pistoleros. L’adaptation devrait se faire sous forme de mini-séries de 6 épisodes, correspondants aux différents tomes de la saga, en commençant par l’enfance du Pistolero, en préquelle aux romans.

Projet de couverture (cliquer pour agrandir)   Crayonné du Pistolero (cliquer pour agrandir)
Le dessinateur retenu par Marvel pour ce projet n’est pas des moindres. Il s’agit de Jae Lee, un véritable virtuose du crayon, dont le style à l’encrage très particulier est somptueux. Il s’était fait connaître ave sa reprise de la série Namor il y a une quinzaine d’années après John Byrne, son style très sombre avait fait polémique.
Depuis, son trait s’est affiné, sa personnalité s’est affirmée et il a officié sur de nombreuses séries ou mini-séries (Hellshock, Inhumans, Fantastic Four – 1234, …). Associé au coloriste frenchie Richard Isanove ( Wolverine : Origin, 1602, …), les planches d’essai qu’ils ont produites ont convaincu Marvel et King qu’ils étaient les hommes de la situation. Je vous laisse juger par vous-mêmes sur les extraits que je mets en ligne.

Page d'intro par Lee / Isanove (cliquer pour agrandir)   Page d'intro par Lee / Isanove (cliquer pour agrandir)
Jae Lee et Richard Isanove, très motivés, ont d’ores-et-déjà prévenu qu’il s’agit d’un projet de longue haleine, qui leur demandera au minimum 3 années de travail s’il reste tel que prévu. Les dernières rumeurs viennent pourtant tempérer cet entrain. En effet Stephen King a proposé qu’un de ses associés le supplée au scénario, expliquant qu’il a déjà un calendrier chargé. Mais cela a créé un tel buzz négatif sur les forums internet spécialisés, que le mécontentement des lecteurs aurait fait changer d’avis l’écrivain, qui serait donc revenu sur sa décision de déléguer le scénario. Aux toutes dernières nouvelles donc, Stephen King est toujours de la partie et les premiers numéros du comic devraient sortir courant 2006.
Je suis très curieux de voir le résultat.

 

 

 

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Mercredi 22 février 2006 3 22 /02 /Fév /2006 17:40

Le Journal de mon Père est un manga.
Moi qui ai appris à lire avec Tintin, qui a été élevé avec Astérix et Gaston Lagaffe, et qui suis tombé dans les comics avant même d’entrer dans l’adolescence, j’ai mis très longtemps avant de lire un manga. Et c’est en écoutant les conseils avisés de connaisseurs en la matière, que j’ai décidé d’attaquer ce pan manquant à ma culture BD. Après le franco-belge et l’américain, je ne pouvais décemment pas rester à l’écart indéfiniment de l’art séquentiel japonais.
J’avais beaucoup d’a priori sur la question, mais l’auteur par lequel j’ai commencé ma découverte de ce continent de papier inexploré, en a balayé un bon nombre.
L’auteur en question, c’est Jirô Taniguchi, internationalement reconnu et primé pour ses mangas de qualité. Et Le Journal de mon Père est peut-être l’un de ses tous meilleurs.

Couverture de l'édition intégrale chez Casterman
Tout d’abord, mes réticences face aux mangas étaient dues au dessin. Bizarrement d’ailleurs, car je fais partie de cette génération qui a adulé Goldorak à la télé, et qui était passionnée par les aventures de Cobra ou des Chevaliers du Zodiaque, qui firent l’âge d’or du fameux Club Dorothée ! Mais je n’étais jamais parvenu à opérer le passage du petit écran au papier. À mes yeux, tous les mangas se ressemblaient, et j’ai toujours été bloqué par les collégiennes aux yeux immenses et par les grimaces grotesques des faire-valoir comiques. Évidemment, maintenant que j’ai pris la peine de feuilleter, comparer et découvrir plusieurs mangas différents, j’ai compris que le genre ne se limite pas à cette définition un peu primaire. J’ai pu me rendre compte de l’étendue d’auteurs différents, et surtout de la qualité de certains d’entre eux.

Deuxième a priori justement : les scénarios. Avant j’associais bêtement mangas et histoires aux scénarios sans fin, peu inventifs, très répétitifs, ultra-basiques, tirés en longueur et tournant toujours autour de deux axes principaux : l’humour et la baston (je passe volontairement sous silence le cas particulier des mangas érotiques).
En gros je m’imaginais qu’il ne s’agissait que de variation à l’infini d’histoires et de personnages à la Dragon Ball. Là encore, j’avais tout faux. Ou du moins sur le principe, car il faut avouer que ce genre est très présent dans la production nippone, mais le manga c’est aussi plein d’autres choses.

Le tout premier manga auquel j’ai vraiment accroché, c’était Quartier Lointain, lui aussi de Jirô Taniguchi. Et il y a quelques temps donc, j’ai pu lire Le Journal de mon Père, et là encore, j’ai été scotché.
L’histoire est celle de Yoichi, et des relations compliquées qu’il a eues avec son père tout au long de son existence. Du traumatisme qu’il a subi au divorce de ses parents, la disparition inexpliquée de sa mère alors qu’il était encore un enfant, et la communication quasi-inexistante entre un fils et un père dont la discrétion confine presque à l’austérité.
Le livre commence avec la mort du père de Yoichi, et nous invite à suivre le jeune homme au fil de ses pensées, qui en cette occasion va se remémorer toute sa vie. C’est avant les funérailles, en écoutant les amis et la famille raconter leurs souvenirs du père de Yoichi, que celui-ci va découvrir sous un jour nouveau l’homme qu’il croyait connaître et qui était devenu presque un étranger pour lui.
Cette histoire est l’histoire d’une profonde remise en question, par moment douloureuse mais finalement salvatrice pour Yoichi. Taniguchi nous plonge dans la culture japonaise si particulière, avec ses coutumes et son art de vivre, où le respect et l’honneur sont des valeurs traditionnelles et prépondérantes. Et pourtant le contexte, lui, reste universel. Au-delà du conflit des générations, la communication au sein d’une famille n’est pas toujours évidente. Quand les personnalités entrent en conflit, que le désir d’indépendance des uns est confronté à l’amour trop protecteur des autres, quand les silences et les non-dits l’emportent sur les mots et le partage des émotions.

Souvenirs d'enfance... (Cliquer pour agrandir)

En définitive, Le Journal de mon Père m’a vraiment subjugué malgré son rythme lent (il faut bien ça pour revenir sur une vie entière). L’histoire est belle bien que triste, et l’auteur dessine aussi bien qu’il raconte (ou peut-être est-ce l’inverse).
Je crois que les mangas n’ont pas fini de m’étonner, et c’est tant mieux.

 

 

 

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Vendredi 10 février 2006 5 10 /02 /Fév /2006 18:49

Après avoir vécu les nouvelles origines des Fantastiques version Ultimate dans les six premiers épisodes, voici le story-arc Doom, dans lequel nous apprenons ce qu'il est advenu de Victor Van Damme, seul des cinq participants à l'expérience de téléportation de Red, et dont on avait plus eu de nouvelle depuis lors.

Outre quelques flashbacks contant la jeunesse de Victor sous le joug d'un père tyrannique, froid et violent, on le retrouve lui aussi muté par son passage en Zone N. Alors que dans l'univers classique, Von Doom porte une armure de métal intégrale suite à l'accident qui l'a défiguré et dont il rend responsable Richards, ici Van Damme (rappelez-vous, son identité civile a été un peu remaniée dans cette version) a subi une transformation et possède des pouvoirs surhumains. Sa peau a été remplacée par du métal, il ne s'agit plus d'une armure. Son métabolisme s'est transformé en poison qu'il peut expulser par la bouche en un nuage toxique. Mais une chose n'a pas changé : dans l'univers ultimate aussi, il tient Red Richards pour responsable de son état, et à ce titre lui en veut mortellement.
Début d'un nouveau story-arc.
Ces six nouveaux épisodes nous amènent au premier confrontement entre Doom et les FF. L'équipe créatrice a changé, c'est Warren Ellis qui est au scénario, et Stuart Immonen qui assure les crayonnés. Si j'ai toujours apprécié Immonen dans ses différents travaux (Shock Rockets, Sebastian X, Superman : Identité secrète,...), je dois dire que je le trouve très irrégulier sur ces six épisodes-ci. Plutôt bon et fluide dans les quatre premiers épisodes, son trait se simplifie dans le plus mauvais sens du terme dans les deux derniers, on a presque l'impression de voir des esquisses et non ses dessins habituels, tant son style devient brouillon et minimaliste. Comme s'il avait été pris par le temps et avait fini en toute hâte, bâclant son travail. Très dommage.

Côté scénario par contre, Warren Ellis (The Authority, Planetary, StormWatch, Transmetropolitan,...) est fidèle à lui-même : c'est du bon et c'est varié.
À l'intrigue principale, il rattache habilement quelques subplots, flashbacks et digressions bienvenus. On apprend par exemple certaines choses qui en 40 ans n'ont jamais été abordées dans l'univers classique. Ellis s'attarde ainsi à donner des explications détaillées et scientifiquement documentées sur certains points telles que la téléportation ratée responsable de leur état, et répond à des questions cruciales comme « Que devient la nourriture que vient d'ingérer Red Richards quand il s'étire ? » ou encore «  La Chose va-t-elle aux toilettes ? ».
Le tout avec un humour qui fait mouche.
Question embarassante... (Cliquer pour agrandir)
Bref, on en apprend beaucoup sur les personnages auxquels on s’attache vraiment, l’originalité reste de mise et l’action est malgré tout au rendez-vous. Ellis s’impose sans difficulté alors que Immonen coince un peu sur la fin, mais dans l’ensemble ce story-arc est très intéressant, et reste une lecture que je recommande.
Réponse embarassée... (Cliquer pour agrandir)
(En VO ça se lit dans les épisodes #7-12 de UFF chez Marvel et en VF dans les #4-6 du magazine UFF chez Panini/Marvel France.)

 



Par Stéph - Publié dans : Pop Culture : Comics Story
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